Après le blackout, la question de la sortie du nucléaire en Espagne se posait, avec en particulier la fermeture d'un premier réacteur à la centrale d'Almaraz en 2027, puis un 2eme en 2028, pour 2 GW. Finalement, le premier ministre, Pedro Sanchez, ménage la chèvre et le choux, il repousse à 2030. La fermeture du détroit d'Ormuz, et la hausse du prix du gaz, a aussi joué.
Voir par exemple des Échos :
Championne des renouvelables, l'Espagne prolonge la centrale nucléaire d'Almaraz jusqu'en 2030
Madrid prolonge jusqu'en 2030 l'exploitation de la centrale nucléaire d'Almaraz. Une décision qui illustre le revirement du débat énergétique espagnol depuis le gigantesque black-out d'avril 2025.
Par Matthieu Holyman - Publié le 14 août 2026 à 13:21Mis à jour le 14 août 2026 à 14:25
Le gouvernement espagnol a décidé officiellement de prolonger jusqu'au 8 juin 2030 l'exploitation des deux réacteurs de la centrale nucléaire d'Almaraz, en Estrémadure. Le décret publié ce vendredi accorde ainsi un répit de près de deux ans à cette installation, qui devait initialement cesser son activité entre 2027 et 2028 dans le cadre du calendrier de sortie progressive du nucléaire adopté en 2019.
Cette décision met un terme à plusieurs mois d'intenses négociations entre l'exécutif de Pedro Sanchez et les trois propriétaires de la centrale (Iberdrola, Endesa et Naturgy) qui réclamaient une prolongation de l'exploitation. Madrid avait conditionné son feu vert à un avis favorable de l'autorité de sûreté nucléaire (CSN), obtenu mi-juillet, ainsi qu'à l'absence de coûts supplémentaires pour les finances publiques.
Avec ces deux réacteurs qui produisent environ 2.000 mégawatts électriques (MWe), la première centrale nucléaire du pays, mise en service en 1983, fournit près de 7 % de l'électricité espagnole.
Le black-out de 2025 a rebattu les cartes du débat énergétique
La fermeture d'Almaraz semblait acquise jusqu'à la gigantesque panne d'électricité qui a plongé l'Espagne et le Portugal dans le noir en avril 2025. Cette panne a finalement été attribuée à une combinaison de facteurs, dominée par une défaillance de contrôle de la tension sur le réseau espagnol. Il a notamment pointé les limites de certaines installations renouvelables raccordées via des convertisseurs, incapables de contribuer suffisamment à la stabilisation du système lors de la surtension, tout en relevant des défaillances dans la gestion du réseau et dans certaines centrales conventionnelles.
Même si le rapport n'a jamais conclu que les énergies renouvelables étaient responsables du black-out, l'événement a profondément ravivé le débat sur la sécurité d'approvisionnement et sur le rythme de la sortie du nucléaire. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et leur impact sur les marchés de l'énergie ont renforcé ces interrogations.
Un compromis sans abandon de la sortie du nucléaire
Pour autant, le gouvernement Sanchez ne renonce pas officiellement à sa stratégie énergétique. Madrid maintient son objectif de fermer l'ensemble des réacteurs espagnols d'ici à 2035 et de porter la part des énergies renouvelables de près de 60 % aujourd'hui à 81 % de la production électrique espagnole en 2030.
Selon les calculs du gouvernement, maintenir la centrale jusqu'en 2030 réduirait le recours aux centrales à gaz, avec un impact limité sur le développement des renouvelables.
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https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/championne-des-renouvenables-lespagne-prolonge-la-centrale-nucleaire-dalmaraz-jusquen-2030-2247102Le problème, c'est qu'il faut des sources d'électricité pilotables, alors que les renouvelables comme l'éolien et le solaire ne le sont pas. En particulier, le solaire surproduit le jour au printemps et à l'été, et amène à des prix de gros négatifs (où les EnR ont intérêt à arrêter de produire...), mais ne produit pas la nuit, et en hiver, où la consommation est la plus importante, les nuits sont longues. On le voit en Allemagne, où ils ont prévu de rajouter 20 GW de centrales à gaz, pour avoir des sources pilotables, et remplacer à terme les centrales à charbon.