Il y avait déjà des usines électro-intensives, c'est sûr, mais là, je pense que l'on change d'échelle avec l'IA, et la multiplicité des projets. En France, historiquement, les usines de production d’aluminium, qui fonctionnent par électrolyse de la bauxite, ont été implantée dans les Alpes, près des barrages électriques, parce que l'électricité était moins chère, ou dans le nord, près de Gravelines, et des centrales nucléaires (Péchiney Aluminium).
Là, on a un exemple, effectivement énorme, qui utilise le gaz pas cher de Bahrein. Ils doivent d'ailleurs avoir un peu de mal à exporter leur aluminium en ce moment.
Mais cela n'a rien à voir avec la frénésie de l'IA, où selon un article de Reuters, on passerait de 24 GW de centrales à gaz aux Etats-Unis en 2025, à 80 GW en 2030, selon les projets en cours, soit 56 GW en plus (+233%), avec des accroissements annuels de 8 à 16 GW, voir ci-dessous. Et il n'y a a que les Etats-Unis, voir le pays voisin, le Canada.
https://www.reuters.com/business/energy/power-developers-adapt-gas-turbine-strategies-mitigate-tight-supply--reeii-2026-03-02/Ce qui est choquant à mon avis, c'est la différence entre les discours et la réalité, "On est Green, on lutte contre le changement climatique, on a pour objectif la neutralité carbone en 2040". Mais on construit des centrales à gaz de plusieurs GW pour alimenter nos datacenters IA.
Et jamais des projets, comme celui de Bahrein, n'ont entrainé de pénurie de turbines à gaz, comme le fait ce boom de centrales à gaz pour les datacenters IA. Tout ce que touche l'IA entraine des pénuries, vue la frénésie de construction, et les ressources immenses des GAFAM et autres acteurs, pour ces investissements hors norme. Le coût des turbines à gaz aurait triplé depuis 2023, comme ce qu'il s'est passé pour la Ram. Même si les datacenters s'équipent de leurs propres centrales, les opérateurs traditionnels de centrales électriques et leurs consommateurs risquent quand même de payer la note, sur le renchérissement des équipements. Et on peut penser que même les prix du gaz, vu la demande, risquent d'augmenter. Et vu les circonstances actuelles, boycott de la Russie, blocage du détroit d'Ormuz, cela ne fait qu'empirer la situation.
On n'est pas prêts d'avoir une baisse des émissions de gaz à effet de serre, et là dedans, la France, et même l'Europe, comptent pour du beurre. Déjà qu'elles continuent à s’accroitre en Asie du Sud-Est.