Donc si le marché spot c'est de l'ordre de 10%, ce n'est donc pas lui qui représente le vrai prix de l'énergie vendue.
Non, la structure de prix est bien plus complexe que cela en effet, mais il ne faut pas perdre de vue que quasiment tous les acteurs achètent sur SPOT (ou vendent, parfois à prix négatif, c'est à dire *payent* pour que quelqu'un leur prenne leur excédent d'énergie). Et les volumes échangés par SPOT peuvent avoir un impact non négligeable sur le prix du MWh livré car c'est un marché très volatile (environ 150 euros/MWh ou plus aux pointes du matin et du soir, -25-50 euros du MWh aux alentours de 12-14h à la pointe solaire).
Donc un distributeur d'énergie (en réalité, un acteur responsable d'équilibre, mais on va faire simple) ayant majoritairement des sources intermittentes (ENR) ou majoritairement des sources avec des rampes très lentes (nucléaire) risque de voir sa part de SPOT, aussi bien en volume que financièrement, compter pour beaucoup dans le prix du MWh.
À l'inverse, un producteur ayant un mix de moyens de production ENR et dispatchables aura moins besoin de recourir à SPOT pour son approvisionnement ou pour vendre son excédent, potentiellement à prix négatif.
On peut comprendre pourquoi EDF s'est battu bec et ongles pour conserver ses concessions hydrauliques il y a quelques années (partiellement avec succès) : la flexibilité et la dynamique rapide de l'hydraulique, dispatchable, permet de compenser la dynamique lente du nucléaire et de réduire les besoins d'ajustement.
Bref, je pense que la CRE connait tous ces éléments, mais le prix spot n'est pas le principal critère pour gérer la production, ça reste l'état de la consommation, vu que quasi personne ne vend au prix spot.
Après, il y a certainement des ajustements car personne ne consomme exactement ce qu'il a commandé et que le fournisseur prévoit certainement une marge de manœuvre de son côté, bien que le surbooking soit possible aussi.
Je vais placer un billet sur le fait que la CRE a plus de visibilité dans les contrats de fourniture que toi et moi :-)
SPOT, c'est une bourse d'ajustement en J-1 avec des acteurs externes. Évidemment, pour un acteur qui possède des centrales modulables et dispatchables, le besoin en SPOT est réduit... quoi qu'encore, car ENEDIS n'informe pas l'acteur en temps réel de la consommation de ses clients (J+1 au mieux, souvent plusieurs jours après), donc ledit acteur ne peut jamais atteindre l'équilibre parfait.
De plus, pour peu qu'il ajuste à la hausse avec des centrales au gaz, il lui faut payer le gaz (~200 euros/MWh en ce moment). Si il peut acheter des volumes sur SPOT à moins cher (voir à prix négatifs, donc se faire du beurre en achetant des volumes SPOT), il aurait bien tort de ne pas le faire.
Et enfin, après tout cela, il y a l'ajustement en temps réel avec les marchés de réserve (pas SPOT, donc), facturés à posteriori par RTE.
A voir si la commande est réglée à l'avance ou pas ou partiellement, pour moi la facturation devrait se faire à la commande sur ces contrats, au moins partiellement.
Si le paiement est à la commande, la compensation n'a pas lieu d'être.
Vu que les volumes d'ajustement (après SPOT) peuvent être conséquents et sortir à des coûts très variables, surtout si ils sont réalisés au gaz/fioul, c'est difficile à pricer en amont, et certainement pas possible des mois ou années en avance. C'est pour cela que les marchés d'ajustement existent.
Je suppose qu'on pourrait forcer tous les producteurs à contribuer d'avance dans un fonds de compensation pour chaque MWh injecté, et qu'on pourrait lui rendre le trop payé à la fin de la période.