cela fait environ 0.23% de la capacité totale, donc c'est ridicule.
La capacité de stockage hydro-électrique est bien plus importante, 3.5 GW, mais cela ne fait encore que 4% de la capacité totale solaire + éolien.
Donc le plus important, cela doit être l'adaptation de la production au prix du marché.
L'adaptation de la consommation, pour beaucoup, c.f. la courbe de conso espagnole dans la journée vs chez nous, où l'effort d'adaptation et de flexibilité n'en est qu'à ses balbutiements.
Note que pour stabiliser un système électrique face aux déséquilibres offre/demande (excédent ou déficit), le besoin en réserves est faible car le marché est structuré pour suivre les fluctuations.
De mémoire, RTE contractualise généralement entre 2 et 3GW de réserves pour une journée normale, puis il y a ~4-5GW de STEP.
Avant cela, les marchés de flex, par le biais des agrégateurs, a fait le plus gros du travail. Ils comprennent batteries, action sur la conso et sur une partie de la prod ENR.
Les marchés d'ajustement comme SPOT vont également avoir une forte incidence pour brider la prod ENR lorsqu'elle est excédentaire.
Donc finalement, l'explosion du stockage est plus là pour stabiliser les prix (absorber le solaire en excédent à ~1 euro/MWh, si ce n'est pas négatif, décharger aux pointes) et pour de nouveaux usages (limiter les coûts de renforcement du réseau de distribution pour les stations de recharge rapide le long des autoroutes, par exemple) que pour stabiliser le réseau.
Le stockage disponible actuellement pour effectuer du réglage de tension/fréquence est suffisant *si le réseau est bien opéré*.
On en a parlé de maintes fois, je n'interviens plus trop ici car je sonne probablement comme un disque rayé, mais l'incident espagnol était lié à un grid code qui n'a pas évolué avec le mix énergétique (spécifiquement: les centrales ENR devaient injecter à cos phi fixe plutôt que de participer à l'effort de régulation de tension). La capa de prod en puissance active étaient là, les réserves aussi, ce n'est pas le sujet.
La fréquence n'a dégringolé qu'après le début de la déconnexion en cascade des centrales solaires. Ces centrales solaires se sont déconnectés pour deux raisons:
1. au début, car les prix de gros sont passés négatifs, donc un premier (gros) lot de centrales s'est découplé volontairement.
Il n'y a pas eu à ce stade de déséquilibre de puissance active qui ne pouvait pas être compensé par les réserves (interco, centrales hydrauliques, thermiques et nucléaires, batteries) -> la fréquence a tenu.
2. le déséquilibre de puissance *réactive* occasionné par la déconnexion volontaire de ces centrales n'a pas pu être compensé par les autres moyens de productions connectés.
REE ne dispose que de très peu de moyens de régulation de tension dans le réseau, c'est à dire non dépendant d'un moyen de prod.
Certaines centrales restées couplées ont vu, localement, la tension s'élever du fait de ce déséquilibre de puissance réactive. Vu que leur contrat ne leur demande pas de participer à l'effort de régulation de tension, elles n'ont pas réagi car pas paramétrées pour, et le tir n'a pas été rectifié.
3. La tension moyenne constatée par ces centrales a fini par dépasser un hysteresis temporel et occasionner la déconnexion de ces centrales (ca, pour le coup, c'est exigé par le grid code et elles ont réagi comme demandé).
4. Ces centrales s'étant découplées, elles sont arrêtées à leur tour d'injecter de la puissance réactive -> la tension perçue en d'autres point du réseau a dépassé certains seuils de déconnexion spécifiés dans le grid code.
5. Un effet domino s'est produit, avec la déconnexion d'une grosse partie du parc de production (plusieurs GW, et pas seulement ENR: des centrales à gaz et nucléaires se sont aussi découplées sur critère de seuil de tension).
Ce n'est qu'à ce moment là que la fréquence a chuté et que le réseau s'est écroulé.