La CRE, Commission de Régulation de l'Energie, présidée par Emmanuelle Wagon, a publié un rapport le 9 Septembre dernier sur les coûts de l'électricité en France, très favorable aux EnR, et à mon avis avec des affirmations fausses, comme quoi les EnR auraient fait baisser les coûts de l'électricité en France pour le consommateur final, ce qui est factuellement faux, les factures ont continué à augmenter, notamment les taxes sur les factures, comme la taxe TURPE, qui finance le déploiement et l'entretien des réseaux électriques. Or le besoin de financement de ces réseaux augmente, en partie à cause des EnR, qu'il faut raccorder au réseau, alors que les parcs solaires et éoliens sont souvent situés loin des lieux de consommation, et des lignes THT.
D'autre part, si en particulier le solaire, a fait chuter les prix de gros sur l'électricité, en journée et surtout au printemps, à cause de la surcapacité du solaire à ces heures, conduisant comme on le sait à des prix de gros spot négatifs à ces heures, ce n'est pas le cas aux heures de pointe, surtout en ce moment avec la hausse du prix du gaz, qui fait monter les prix spot à ces heures, au delà des 200 €/MWh.
Les prix spot négatifs en journée n'ont pas profité aux consommateurs, et ont réduit les revenus d'EDF, avec ses centrales nucléaires, baissant ses capacités de financement des nouveaux EPR2, non subventionnés. Et au contraire, l'augmentation des Charges de Service Public des EnR (CSPE), à cause de la compensation des prix négatifs, conduit à coût de plus de 10 milliards d'euros pour les finances publiques.
Par exemple au 1er Août dernier, le coût de l'électricité a augmenté de 2.5% à cause de l'augmentation de la taxe TURPE.
Certains médias affirment que ce rapport aurait agacé EDF et le gouvernement, et aurait conduit Emmanuelle Wagon et la CRE a édulcorer son rapport, trop favorable aux EnR (elle affirme que l'on peut encore rajouter 50% d'EnR, malgré une consommation stagnante), en rappelant la baisse des revenus pour EDF et les producteurs traditionnels.
Pour le rapport, voir :
https://www.cre.fr/actualites/toute-lactualite/la-cre-presente-son-rapport-sur-leconomie-du-systeme-electrique-francais-hexagonal.htmlL'article des Echos du 20 Septembre dernier :
Comment la Commission de régulation de l'énergie a « édulcoré » son rapport controversé sur les énergies renouvelables
Selon plusieurs sources concordantes, le régulateur de l'énergie a nuancé son rapport favorable à une forte croissance de l'éolien et du solaire, après des échanges avec le gouvernement notamment. La CRE dément avoir « retravaillé le message final » sur ce sujet politiquement sensible.
Par Amélie Laurin - Publié le 20 sept. 2026 à 15:22Mis à jour le 20 sept. 2026 à 15:23
Emmanuelle Wargon n'a pas peur de froisser les opposants au photovoltaïque et à l'éolien. A quelques mois de l'élection présidentielle qui ravive les tensions entre pronucléaires et pro-renouvelables, la présidente de la Commission de régulation de l'énergie (CRE) n'a pas hésité à publier une étude inédite sur les coûts de l'électricité en France… dont les conclusions ont fait bondir les partisans de l'atome. Par le biais de communiqués et sur les réseaux sociaux, certains dénoncent une prise de position politique et partiale de l'ancienne ministre macroniste, déjà dans le viseur du RN.
« On peut continuer à rajouter encore des ENR [énergies renouvelables, NDLR] pour faire baisser les prix » payés par les consommateurs, a en effet affirmé Emmanuelle Wargon le 9 septembre, lors d'une conférence de presse. Il y a encore de la place pour « 50 % » d'éolien et de solaire en plus dans l'Hexagone malgré la « surcapacité » actuelle du système électrique, selon le document de 67 pages présenté par l'autorité indépendante.
Situation « extrêmement difficile » pour EDF
Il s'agit peu ou prou de ce que prévoit la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3) du gouvernement Lecornu pour 2030. Avec toutefois une différence de taille. L'exécutif fait le pari, en parallèle, d'un net rebond de la consommation d'électrons grâce aux véhicules électriques et aux data centers, alors que la CRE estime son scénario tenable même en cas de stagnation (non souhaitée) de la demande.
« La CRE fait de la mauvaise politique et dépasse son champ d'action. Cela risque de lui revenir en boomerang lors de la prochaine audition d'Emmanuelle Wargon à l'Assemblée nationale, le 30 septembre », s'insurge un dirigeant d'EDF, le géant français du nucléaire. « Le timing est surprenant, à quelques mois de la présidentielle. On ne lui demandait rien », regrette une autre source, proche des pouvoirs publics.
Dans les couloirs du ministère de l'Energie, le rapport n'a provoqué « ni hurlements, ni applaudissements », glisse, prudent, un interlocuteur. La conclusion de la CRE sur les énergies renouvelables s'accompagne en effet d'un avertissement : alors que la demande d'électrons stagne depuis vingt ans dans l'Hexagone, la croissance de la production éolienne et solaire subventionnée par l'Etat (donc le contribuable) rend la situation « extrêmement difficile » pour EDF car « ça réduit les revenus » des centrales nucléaires, a reconnu Emmanuelle Wargon devant la presse.
Or le modèle économique de l'électricien public est déjà fragile, comme l'a montré la Cour des comptes, alors que se profilent des centaines de milliards d'euros d'investissements pour financer la prolongation des réacteurs existants et la construction des réacteurs EPR2.
L'alerte de la CRE sur les « problèmes économiques » des producteurs qui ne sont pas soutenus au quotidien - rappelons toutefois qu'EDF a été renationalisé à 100 % en 2023 - ne figurait pas telle quelle dans la version initiale, affirment plusieurs bons connaisseurs du dossier. « Le rapport a été édulcoré car il prenait plus le parti du consommateur que d'EDF », assure l'un d'eux.
« Il devait sortir avant l'été mais il a été remodelé. Le message n'était pas clair et risquait d'être mal interprété, confirme une source proche de la CRE. Mais finalement, l'accent sur les ENR est resté en fond sonore ».
Consultations cet été
Durant l'été, la CRE a mené des consultations pour affermir son propos. Notamment avec l'administration et le gouvernement, indiquent plusieurs sources. « Nous avons échangé avec la CRE sur les conclusions, mais nous n'étions ni demandeur, ni relecteur du rapport », précise le ministère de l'Energie, qui se défend d'interférer dans le travail de cette autorité indépendante dont la « raison d'être » est la défense des consommateurs.
« La CRE a fait tourner ses modèles durant l'été pour modifier non pas les conclusions mais leur ampleur », constate le ministère qui juge la « conclusion mesurée sur les gains d'un mix [électrique] équilibré, avec une attention portée à la cannibalisation entre filières ». « Il n'y a pas eu de relecture du gouvernement, mais cela n'interdit pas de s'assurer que telle ou telle hypothèse est validée », décrypte la source proche de la CRE qui évoque des « pressions » d'EDF. L'électricien public, lui, ne fait pas de commentaires.
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https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/comment-la-commission-de-regulation-de-lenergie-a-edulcore-son-rapport-controverse-sur-les-energies-renouvelables-2252556