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Pourquoi Starlink est interdit en Polynésie française
La Polynésie française, c'est pas moins de 118 îles qui s'éparpillent sur une surface aussi grande que l'Europe.
La Polynésie française n'est pas un DOM (Département d'Outre-Mer) : les DOM (comme la Guadeloupe, la Martinique, La Réunion, la Guyane ou Mayotte) relèvent de l'article 73 de la Constitution, où les lois métropolitaines s'y appliquent de plein droit (principe d'assimilation législative).
La Polynésie française n'est plus un TOM (Territoire d'Outre-Mer) : la catégorie administrative des TOM a été supprimée lors de la révision constitutionnelle du 28 mars 2003.
La Polynésie française est une COM (Collectivité d'Outre-Mer) régie par l'article 74 de la Constitution. Elle bénéficie d'une dénomination particulière attribuée par sa loi organique d'autonomie de 2004 : « Pays d'outre-mer au sein de la République » (POM).
Du fait de son statut d'autonomie renforcée (loi organique n° 2004-192), la Polynésie française gère elle-même l'ensemble des compétences régaliennes secondaires et locales. L'État ne conserve que les compétences régaliennes strictes (défense, monnaie, justice, affaires étrangères, sécurité).
Les télécommunications et l'attribution des fréquences radioélectriques relèvent directement des compétences du gouvernement de la Polynésie française et de l'Assemblée de Polynésie française et non de l'Arcep.
Le secteur est régi par le Code des postes et télécommunications de la Polynésie française (et ses « Lois du Pays »), et non par le Code des postes et des communications électroniques métropolitain.
Les décisions relatives à l'encadrement des opérateurs, aux autorisations d'itinérance ou à l'attribution de fréquences sont gérées directement par les services de la collectivité (la Direction Générale des Affaires Économiques / le ministère local chargé du numérique), tandis que les questions de concurrence sur le marché télécom sont contrôlées par l'Autorité polynésienne de la concurrence (APC).
Starlink est interdit pour préserver les opérateurs locaux
Le président de la Polynésie française, Moetai Brotherson, craint la mort des opérateurs de téléphone polynésient, en cas d'autorisation généralisée de Starlink. "Pour les 3.000 personnes qui travaillent pour ces opérateurs, ce serait une catastrophe.".
Quitte à autoriser un opérateur de satellites, le gouvernement local préfèrerait en outre faire confiance à l'européen Eutelstat, qui exploite la constellation d'accès à internet OneWeb.
"Starlink paie zéro taxe en Polynésie, emploie zéro Polynésien et a fait zéro investissement. À l'inverse, OneWeb a investi des dizaines de millions dans des infrastructures à terre et a des contrats de distribution avec nos opérateurs locaux", selon le président de la Polynésie française.
L'opérateur historique ONATi a, lui indiqué à l'AFP ne pas être opposé au satellite, mais défendre l'équité entre acteurs : "À service comparable, les règles doivent être comparables. Si les clients rentables de Tahiti et Moorea, les deux îles les plus peuplées, migraient vers un service étranger non taxé, les opérateurs ne pourraient plus financer les réseaux déficitaires des archipels.".
Le gouvernement de Polynésie française a un projet de loi, qui autoriserait Starlink dans les "zones blanches", ces îles éloignées privées de connexion performante. Cela doit être examiné en commission à l'assemblée de la Polynésie française en septembre 2026.