Auteur Sujet: Rachat de SFR : Orange, Bouygues Telecom et Free décrochent l’accord de Patrick Drahi  (Lu 25744 fois)

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Hammett

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2 - des dizaines d'étrangers peuvent débarquer

c'est invérifiable

Pour moi, c'est Altice qui va racheter le trio et puis c'est tout ! C'est invérifiable, oui et alors ?  :P

wanoubzh

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SFR dégage environ 1 milliard d'euros par an. Avec un coût de rachat de 20 milliards, le retour sur investissement est de 20 ans.
Aucun investisseur purement financier.

SFR est un opérateur purement franco-français ; son rachat ne permet pas à un opérateur chinois ou américain d'entrer directement sur plusieurs marchés simultanément. Le marché français n'est pas très rentable en raison de la guerre des prix et n'est pas franchement central dans le marché européen. Il n'y aura donc pas d'opérateurs étrangers.

Il reste donc les opérateurs en place, qui imaginent pouvoir surpayer l'opération pour plusieurs raisons. La première serait le gain immédiat de clients, ce qui permet de répartir plus largement les coûts fixes (répartir les mêmes coûts sur un million de clients de plus, par exemple, augmente la rentabilité par client). La seconde serait une moindre intensité concurrentielle, car un joueur de moins, c'est une compétition moins féroce. Mais je pense qu'ils se trompent dans les deux cas. D'abord, ils vont devoir financer un plan social colossal ou une coûteuse intégration d'une infrastructure existante (ce sera un mélange des deux). Ensuite, la guerre des prix va continuer en raison d'un acteur qui n'existe que pour cela.

Au final, je pense qu'il y aura un gagnant, deux statu quo et un perdant. Le gagnant sera Drahi. Free conservera une bonne dynamique et gagnera des clients sans trop modifier ses offres, tandis qu'Orange maintiendra son statut de leader. Le perdant sera Bouygues, qui paiera cher des parts de marché, tandis que Free continuera à lui tailler des croupières.

jacobaci

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Un prompt
c'est l'occasion pour eux de venir se diversifier en France et/ou à l'étroit chez eux

Voici une liste non exhaustive de grands FAI étrangers, classés par région, totalement indépendants du marché français :

🇺🇸 États-Unis & Canada
Comcast (Xfinity) : Le plus grand fournisseur d'accès à Internet par câble aux États-Unis.

Charter Communications (Spectrum) : Un des géants américains du câble et de la fibre.

Verizon Fios : Opérateur historique américain proposant un réseau fibre de grande envergure.

Cox Communications : FAI privé américain majeur, sans aucune activité en Europe.

Bell Canada / Rogers Communications : Les deux principaux géants des télécoms au Canada (centrés sur le marché nord-américain).

🇪🇺 Europe (Hors groupes présents en France)
Deutsche Telekom (Allemagne) : Bien qu'il soit un géant européen, il n'opère pas de réseau grand public en France (à ne pas confondre avec sa filiale pro T-Systems, mais aucun lien avec nos box résidentielles).

Swisscom (Suisse) : L'opérateur historique suisse, cantonné à son marché national et à l'Italie (via Fastweb).

KPN (Pays-Bas) : L'opérateur historique néerlandais, indépendant des réseaux français.

BT (British Telecom - Royaume-Uni) : Opérateur historique britannique axé sur le Royaume-Uni.

A1 Telekom Austria (Autriche) : Principal FAI en Autriche et très présent dans les Balkans.

🌏 Asie & Océanie
NTT Docomo / Nippon Telegraph and Telephone (Japon) : Le géant historique des télécoms au Japon.

SK Broadband (Corée du Sud) : L'un des principaux fournisseurs de fibre ultra-haute vitesse en Corée.

Telstra (Australie) : Le premier fournisseur d'accès à Internet et de télécoms en Australie.

China Telecom / China Unicom (Chine) : Les opérateurs d'État qui gèrent l'infrastructure chinoise.

Hammett

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Au final, je pense qu'il y aura un gagnant, deux statu quo et un perdant. Le gagnant sera Drahi. Free conservera une bonne dynamique et gagnera des clients sans trop modifier ses offres, tandis qu'Orange maintiendra son statut de leader. Le perdant sera Bouygues, qui paiera cher des parts de marché, tandis que Free continuera à lui tailler des croupières.

Pour les perdants et les gagnants, on va encore attendre un peu : le résultat de la vente, l'intégration et ses conséquences.

Concernant les parts de marché et en appliquant une répartition de 42%, 31% et 27%, soit le poids respectif en pourcentage de Bouygues Telecom, Free et Orange dans l'offre de rachat de SFR.

C'est juste un jeu de l'esprit, mais cela pourrait donner les parts de marché suivantes :

wanoubzh

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Un prompt
c'est l'occasion pour eux de venir se diversifier en France et/ou à l'étroit chez eux

Voici une liste non exhaustive de grands FAI étrangers, classés par région, totalement indépendants du marché français :

🇺🇸 États-Unis & Canada
Comcast (Xfinity) : Le plus grand fournisseur d'accès à Internet par câble aux États-Unis.

Charter Communications (Spectrum) : Un des géants américains du câble et de la fibre.

Verizon Fios : Opérateur historique américain proposant un réseau fibre de grande envergure.

Cox Communications : FAI privé américain majeur, sans aucune activité en Europe.

Bell Canada / Rogers Communications : Les deux principaux géants des télécoms au Canada (centrés sur le marché nord-américain).

🇪🇺 Europe (Hors groupes présents en France)
Deutsche Telekom (Allemagne) : Bien qu'il soit un géant européen, il n'opère pas de réseau grand public en France (à ne pas confondre avec sa filiale pro T-Systems, mais aucun lien avec nos box résidentielles).

Swisscom (Suisse) : L'opérateur historique suisse, cantonné à son marché national et à l'Italie (via Fastweb).

KPN (Pays-Bas) : L'opérateur historique néerlandais, indépendant des réseaux français.

BT (British Telecom - Royaume-Uni) : Opérateur historique britannique axé sur le Royaume-Uni.

A1 Telekom Austria (Autriche) : Principal FAI en Autriche et très présent dans les Balkans.

🌏 Asie & Océanie
NTT Docomo / Nippon Telegraph and Telephone (Japon) : Le géant historique des télécoms au Japon.

SK Broadband (Corée du Sud) : L'un des principaux fournisseurs de fibre ultra-haute vitesse en Corée.

Telstra (Australie) : Le premier fournisseur d'accès à Internet et de télécoms en Australie.

China Telecom / China Unicom (Chine) : Les opérateurs d'État qui gèrent l'infrastructure chinoise.

Les rachats d'opérateurs en Europe en bloc ces dernières années concernent uniquement des cibles soit facilement retournable soit à des prix assez faibles soit de petites tailles. SFR ne coche aucune de ces cases. Le prix de rachat raisonnable pour un étranger qui veut entrer sur le marché français, c'est 15 milliards pas celui proposé par le trio (d'ailleurs celui-ci avait proposé 17 milliards en première intention). Celui-ci est basé uniquement sur une hypothèse de réduction des coûts fixes rapportée au nombre d'abonnés et sur une possible paix des braves le temps de l'intégration des morceaux de SFR au sein des opérateurs et sur l'espérance que cette trêve sur poursuive ensuite.

Pure fiction : ce qui serait "marrant" c'est que l'opération se fasse, soit autorisé par l'adlc mais à la condition qu'un nouvel entrant arrive et que ce soit un digi qui s'installe (en faveur d'une redistribution de fréquence et de l'obligation par le trio de fournir des conditions favorables à l'entrée sur le marché français)

alain_p

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D'abord une chose, ce rachat a plus de probabilité d'être étudié par les autorités de la concurrence européenne, surtout que maintenant le rachat de Masmovil par Orange en Espagne est conclu, que par l'ADLC.

Et c'est là qu'il y a une autre considération,  qui a été relevée dans pas mal d'articles, c'est que depuis le rapport Draghi présenté à l'UE il y a 2 ans, préconisant des acteurs européens forts, et non plus éparpillés, qui a été reçu assez favorablement, les opérateurs pensent que les autorités de la concurrence européenne seraient moins opposées à des concentrations, même si elles font baisser la concurrence. Et ce sentiment a été renforcé par le fait que justement, en Espagne, le rachat de Masmovil par  Orange, finissent par être accepté par les autorités de la concurrence européenne, même si elles ont demandé pas mal de concessions.

Encore que récemment la commission européenne a présenté un projet de révisions de ses règles directrices en matière de concurrence, en examen jusqu'au 26 Juin prochain, demandant que de telles concentrations éventuelles le soit sous la condition de gain d'efficience et d'innovations. Pas évident dans ce cas, où ce sont plutôt des gains économiques qui ont été mis en avant.

Voir : https://www.agefi.fr/news/entreprises/la-commission-devoile-ses-nouvelles-lignes-directrices-sur-les-concentrations

Là je pense que si les 3 opérateurs se sont lancés dans cette opération risquée et coûteuse, c'est qu'il y a une grosse incertitude sur comment cela se terminerait fin 2027, si les créanciers n'ont pas récupéré leur mise, et prennent le contrôle d'Altice France, pour probablement  le vendre à la découpe.
D'autant plus qu'il y a des contraintes, comme le fait que certains actifs de SFR (comme le réseau fibre), sont plutôt considérés comme stratégiques par l'Etat français, et ne devant pas passer sous le contrôle de pays étrangers.

Mais bon, c'est une opération vraiment très compliquée à trois, d'autant que les découpages, 42% à l'un, 31% à l'autre, 27% au dernier, sont un peu théoriques, et que les abonnés ne sont pas obligés de suivre... Et que selon les concessions demandées par les autorités de la concurrence, céder ceci ou cela, le découpage peut ne plus tenir. On voit bien que la complication fait que ce n'est toujours pas réglé (et ne le sera peut être jamais, si un acteur jette l'éponge, la dernière fois, c'était Iliad).

Et en tout cas, cette offre de 20.35 milliards d'euros n'est pas une bonne nouvelle pour nous, car très chère, et les opérateurs vont évidemment chercher à se refaire sur les marges, les investissements en baisse dans le réseau (on commence à le voir en ce moment sur le déploiement des sites 5G 3500 MHz), et les prix des abonnements.
« Modifié: Aujourd'hui à 20:23:47 par alain_p »

Rom 1

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L’exclusivité, c'est justement pour empêcher qu’un concurrent vienne sur le dossier pendant les négo.
L'acheteur veut sécuriser pendant un certain temps sans parler des frais engagés 

“ça ne se bouscule pas au portillon” c'est invérifiable
Les discussions sont rarement publiques et l'intervention politique encore moins
Non ça ne sert pas qu'à ça. Et comme je le disais, l'entrée en négociations exclusives c'est le standard dans ce type d'opérations, ça ne signifie strictement rien.

C'est totalement vérifiable au contraire. Encore une fois alors que Patrick Drahi a envoyé le signal à tout le monde, les opérateurs étrangers ou des fonds d'investissement auraient pu faire des offres bien avant la première du trio. Ce qui n'a pas été le cas. De même entre le rejet de la première offre le 14 octobre et l'entrée en négociations exclusives le 17 avril, soit six mois, un temps suffisamment long pour en faire une, il ne s'est rien passé. La période de vérification diligente (« due diligence ») entre janvier et fin février n'empêchait rien non plus.

Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas eu d'autres marques d'intérêt mais que ce n'était pas suffisamment intéressant et pertinent pour aller jusqu'à faire une offre. Et cela s'explique pour plusieurs raisons. Le marché français est mature, il y a peu de croissance à en attendre. Il suffit de voir les chiffres de recrutement ces derniers trimestres. Le taux d'équipement en mobile et en fixe (ce dernier étant plus visqueux par ailleurs) est très élevé. De plus, le marché français est ultra concurrentiel avec des prix parmi les plus bas de l'OCDE. Les remonter pour améliorer la marge et les dividendes est une gageure, malgré les tentatives de Bouygues Telecom à coup d'options imposées et de Free avec son forfait mobile à 29,99 euros pour monter l'ABPU. Sans compter la dette abyssale de SFR, mais aussi les créanciers qui « imposent » le prix à Drahi pour la vente. Sans compter également l'actif stratégique qu'est un opérateur télécom et donc les contraintes vis-à-vis de l'État (même si ce sont pas les pires à satisfaire en réalité). Sans compter enfin le changement de doctrine sur les concentrations à la Commission européenne.
Ces principales raisons mises bout à bout expliquent pourquoi ça ne se bouscule pas au portillon. Le jeu n'en vaut pas la chandelle dans les conditions actuelles.

SFR dégage environ 1 milliard d'euros par an. Avec un coût de rachat de 20 milliards, le retour sur investissement est de 20 ans.
Aucun investisseur purement financier.

SFR est un opérateur purement franco-français ; son rachat ne permet pas à un opérateur chinois ou américain d'entrer directement sur plusieurs marchés simultanément. Le marché français n'est pas très rentable en raison de la guerre des prix et n'est pas franchement central dans le marché européen. Il n'y aura donc pas d'opérateurs étrangers.

Il reste donc les opérateurs en place, qui imaginent pouvoir surpayer l'opération pour plusieurs raisons. La première serait le gain immédiat de clients, ce qui permet de répartir plus largement les coûts fixes (répartir les mêmes coûts sur un million de clients de plus, par exemple, augmente la rentabilité par client). La seconde serait une moindre intensité concurrentielle, car un joueur de moins, c'est une compétition moins féroce. Mais je pense qu'ils se trompent dans les deux cas. D'abord, ils vont devoir financer un plan social colossal ou une coûteuse intégration d'une infrastructure existante (ce sera un mélange des deux). Ensuite, la guerre des prix va continuer en raison d'un acteur qui n'existe que pour cela.

Au final, je pense qu'il y aura un gagnant, deux statu quo et un perdant. Le gagnant sera Drahi. Free conservera une bonne dynamique et gagnera des clients sans trop modifier ses offres, tandis qu'Orange maintiendra son statut de leader. Le perdant sera Bouygues, qui paiera cher des parts de marché, tandis que Free continuera à lui tailler des croupières.
Et encore 20 ans c'est optimiste, le milliard de SFR se réduit d'année en année tant les performances, enfin plutôt les échecs, commerciales s'accumulent.

Pas d'accord avec l'analyse de conclusion qui repose sur des choses inexactes. Free n'a pas de bonne dynamique non. Ils stagnent. Ça fait plusieurs années qu'ils ont un atteint un plafond de verre et a même reculé un temps sur le mobile. Il ne taille pas des croupières à Bouygues Telecom, qui même sans croissance externe fait de la croissance organique en étant le plus dynamique commercialement. Free n'est plus l'agitateur du secteur, mais est devenu un suiveur autant sur son marché historique (Pop S en réponse à la Pure fibre) que sur le mobile où ses forfaits Série Free ne sont pas à la hauteur des promos des concurrents. Il se lance même sur du haut de gamme (d'apparence en tout cas) en créant un forfait sur le haut du marché et pas sur le bas. L'unique but est d'augmenter les revenus, comme il l'a fait sur le fixe où il ne propose plus le meilleur pour 29,99 euros par mois, comme ça a été longtemps son credo.
Bref, je n'affirmerai pas que la concurrence restera intensive avec un retour à trois par la seule présence de Free qui s'est endormi. Faire émerger un quatrième nouvel opérateur ne serait pas une solution mais renforcer l'existence de MVNO en régulant plus fortement les prix de gros pourrait déjà être une piste. La fameuse solution à 3,5 opérateurs.

En revanche, je suis d'accord sur le plus grand gagnant de l'affaire si elle arrive à son terme, à savoir Patrick Drahi. Il aura réussi à valoriser une entreprise lourdée de dettes et qui voit les créanciers prendre le pouvoir petit à petit, empochant un joli chèque après avoir bien essoré l'entreprise et ses salariés dont les effectifs ont fondu depuis son rachat contrairement à ses promesses illusoires auxquelles seuls les naïfs ont cru.

wanoubzh

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D'abord une chose, ce rachat a plus de probabilité d'être étudié par les autorités de la concurrence européenne, surtout que maintenant le rachat de Masmovil par Orange en Espagne est conclu, que par l'ADLC.

La concurrence européenne sera consultée au regard du niveau d'activité des protagonistes mais elle renverra l'affaire vers l'ADLC car il n'y a que des français.

manuel-le-vieux

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Concernant Free j'ai été déçu par la qualité, chez moi le décodeur Télé n'a jamais vraiment fonctionné et le service client n'a jamais résolu le problème : moralité  je ne suis resté chez eux que trois mois.

Ce que je préfère chez Free c'est leurs pub Reef que je trouve excellente, cela doit être générationnel, je suis un boomer et retrouve un peu l'esprit contestataire de la vieille télévision, pour les plus anciens "Palace" .

alain_p

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La concurrence européenne sera consultée au regard du niveau d'activité des protagonistes mais elle renverra l'affaire vers l'ADLC car il n'y a que des français.

On a déjà évoqué ce sujet, qui avait été traité dans un article de l'informé. Si l'acheteur fait plus des 2/3 de son chiffre d'affaire en France, alors c'est l'autorité de la concurrence française qui traite le projet, sinon, c'est l'autorité européenne. Or Iliad (Italie, Pologne, Suède...), et Orange, depuis la conclusion finale du rachat de Masmovil en Espagne, fin Mars, font moins des 2/3 de leur chiffre d'affaire en France. Seul Bouygues Telecom fait 100% de son chiffre d'affaire en France (mais pas le groupe Bouygues).

C'est pour cela qu'il est devenu plus probable que le dossier soit vu au niveau européen.

La réponse dépend de la ventilation du chiffre d’affaires. Si l’acquéreur réalise dans l’Hexagone plus des deux tiers de ses revenus européens, alors l’examen relève des sages de la rue de l’Échelle à Paris. Sauf que la vente de SFR représente un cas inédit, avec une alliance de trois acquéreurs aux profils très différents. Surtout, la répartition du chiffre d’affaires d’Orange va être modifiée d’ici fin mars lorsque l’ex-France Télécom clôturera le rachat des 50% qu’il ne détenait pas encore dans MasOrange en Espagne. Dès lors, l’Hexagone représentera moins des deux tiers des revenus de l’opérateur historique sur le Vieux Continent. Une nouveauté pour Orange alors que c’est déjà le cas pour le groupe NJJ/Iliad de Xavier Niel [actionnaire de l’Informé ndlr], présent en Italie, en Pologne ou en Irlande. Résultat : passé fin mars, deux des trois acquéreurs devraient notifier l’opération à la Commission européenne. Seul Bouygues, dont l’essentiel du revenu provient de l’Hexagone, relèverait alors d’un examen à Paris. « Mais en droit européen des concentrations, la logique est celle du guichet unique. Le dossier devrait donc être examiné soit par l’autorité tricolore, soit par la Commission, pas par les deux en parallèle », souligne un avocat.

https://www.linforme.com/tech-telecom/article/sfr-pourquoi-orange-bouygues-et-free-ont-interet-a-boucler-le-deal-avant-fin-mars_3712.html