Auteur Sujet: Rachat de SFR : Orange, Bouygues Telecom et Free décrochent l’accord de Patrick Drahi  (Lu 25482 fois)

Fanch et 4 Invités sur ce sujet

Hammett

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2 - des dizaines d'étrangers peuvent débarquer

c'est invérifiable

Pour moi, c'est Altice qui va racheter le trio et puis c'est tout ! C'est invérifiable, oui et alors ?  :P

wanoubzh

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SFR dégage environ 1 milliard d'euros par an. Avec un coût de rachat de 20 milliards, le retour sur investissement est de 20 ans.
Aucun investisseur purement financier.

SFR est un opérateur purement franco-français ; son rachat ne permet pas à un opérateur chinois ou américain d'entrer directement sur plusieurs marchés simultanément. Le marché français n'est pas très rentable en raison de la guerre des prix et n'est pas franchement central dans le marché européen. Il n'y aura donc pas d'opérateurs étrangers.

Il reste donc les opérateurs en place, qui imaginent pouvoir surpayer l'opération pour plusieurs raisons. La première serait le gain immédiat de clients, ce qui permet de répartir plus largement les coûts fixes (répartir les mêmes coûts sur un million de clients de plus, par exemple, augmente la rentabilité par client). La seconde serait une moindre intensité concurrentielle, car un joueur de moins, c'est une compétition moins féroce. Mais je pense qu'ils se trompent dans les deux cas. D'abord, ils vont devoir financer un plan social colossal ou une coûteuse intégration d'une infrastructure existante (ce sera un mélange des deux). Ensuite, la guerre des prix va continuer en raison d'un acteur qui n'existe que pour cela.

Au final, je pense qu'il y aura un gagnant, deux statu quo et un perdant. Le gagnant sera Drahi. Free conservera une bonne dynamique et gagnera des clients sans trop modifier ses offres, tandis qu'Orange maintiendra son statut de leader. Le perdant sera Bouygues, qui paiera cher des parts de marché, tandis que Free continuera à lui tailler des croupières.

jacobaci

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Un prompt
c'est l'occasion pour eux de venir se diversifier en France et/ou à l'étroit chez eux

Voici une liste non exhaustive de grands FAI étrangers, classés par région, totalement indépendants du marché français :

🇺🇸 États-Unis & Canada
Comcast (Xfinity) : Le plus grand fournisseur d'accès à Internet par câble aux États-Unis.

Charter Communications (Spectrum) : Un des géants américains du câble et de la fibre.

Verizon Fios : Opérateur historique américain proposant un réseau fibre de grande envergure.

Cox Communications : FAI privé américain majeur, sans aucune activité en Europe.

Bell Canada / Rogers Communications : Les deux principaux géants des télécoms au Canada (centrés sur le marché nord-américain).

🇪🇺 Europe (Hors groupes présents en France)
Deutsche Telekom (Allemagne) : Bien qu'il soit un géant européen, il n'opère pas de réseau grand public en France (à ne pas confondre avec sa filiale pro T-Systems, mais aucun lien avec nos box résidentielles).

Swisscom (Suisse) : L'opérateur historique suisse, cantonné à son marché national et à l'Italie (via Fastweb).

KPN (Pays-Bas) : L'opérateur historique néerlandais, indépendant des réseaux français.

BT (British Telecom - Royaume-Uni) : Opérateur historique britannique axé sur le Royaume-Uni.

A1 Telekom Austria (Autriche) : Principal FAI en Autriche et très présent dans les Balkans.

🌏 Asie & Océanie
NTT Docomo / Nippon Telegraph and Telephone (Japon) : Le géant historique des télécoms au Japon.

SK Broadband (Corée du Sud) : L'un des principaux fournisseurs de fibre ultra-haute vitesse en Corée.

Telstra (Australie) : Le premier fournisseur d'accès à Internet et de télécoms en Australie.

China Telecom / China Unicom (Chine) : Les opérateurs d'État qui gèrent l'infrastructure chinoise.

Hammett

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Au final, je pense qu'il y aura un gagnant, deux statu quo et un perdant. Le gagnant sera Drahi. Free conservera une bonne dynamique et gagnera des clients sans trop modifier ses offres, tandis qu'Orange maintiendra son statut de leader. Le perdant sera Bouygues, qui paiera cher des parts de marché, tandis que Free continuera à lui tailler des croupières.

Pour les perdants et les gagnants, on va encore attendre un peu : le résultat de la vente, l'intégration et ses conséquences.

Concernant les parts de marché et en appliquant une répartition de 42%, 31% et 27%, soit le poids respectif en pourcentage de Bouygues Telecom, Free et Orange dans l'offre de rachat de SFR.

C'est juste un jeu de l'esprit, mais cela pourrait donner les parts de marché suivantes :

wanoubzh

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Un prompt
c'est l'occasion pour eux de venir se diversifier en France et/ou à l'étroit chez eux

Voici une liste non exhaustive de grands FAI étrangers, classés par région, totalement indépendants du marché français :

🇺🇸 États-Unis & Canada
Comcast (Xfinity) : Le plus grand fournisseur d'accès à Internet par câble aux États-Unis.

Charter Communications (Spectrum) : Un des géants américains du câble et de la fibre.

Verizon Fios : Opérateur historique américain proposant un réseau fibre de grande envergure.

Cox Communications : FAI privé américain majeur, sans aucune activité en Europe.

Bell Canada / Rogers Communications : Les deux principaux géants des télécoms au Canada (centrés sur le marché nord-américain).

🇪🇺 Europe (Hors groupes présents en France)
Deutsche Telekom (Allemagne) : Bien qu'il soit un géant européen, il n'opère pas de réseau grand public en France (à ne pas confondre avec sa filiale pro T-Systems, mais aucun lien avec nos box résidentielles).

Swisscom (Suisse) : L'opérateur historique suisse, cantonné à son marché national et à l'Italie (via Fastweb).

KPN (Pays-Bas) : L'opérateur historique néerlandais, indépendant des réseaux français.

BT (British Telecom - Royaume-Uni) : Opérateur historique britannique axé sur le Royaume-Uni.

A1 Telekom Austria (Autriche) : Principal FAI en Autriche et très présent dans les Balkans.

🌏 Asie & Océanie
NTT Docomo / Nippon Telegraph and Telephone (Japon) : Le géant historique des télécoms au Japon.

SK Broadband (Corée du Sud) : L'un des principaux fournisseurs de fibre ultra-haute vitesse en Corée.

Telstra (Australie) : Le premier fournisseur d'accès à Internet et de télécoms en Australie.

China Telecom / China Unicom (Chine) : Les opérateurs d'État qui gèrent l'infrastructure chinoise.

Les rachats d'opérateurs en Europe en bloc ces dernières années concernent uniquement des cibles soit facilement retournable soit à des prix assez faibles soit de petites tailles. SFR ne coche aucune de ces cases. Le prix de rachat raisonnable pour un étranger qui veut entrer sur le marché français, c'est 15 milliards pas celui proposé par le trio (d'ailleurs celui-ci avait proposé 17 milliards en première intention). Celui-ci est basé uniquement sur une hypothèse de réduction des coûts fixes rapportée au nombre d'abonnés et sur une possible paix des braves le temps de l'intégration des morceaux de SFR au sein des opérateurs et sur l'espérance que cette trêve sur poursuive ensuite.

Pure fiction : ce qui serait "marrant" c'est que l'opération se fasse, soit autorisé par l'adlc mais à la condition qu'un nouvel entrant arrive et que ce soit un digi qui s'installe (en faveur d'une redistribution de fréquence et de l'obligation par le trio de fournir des conditions favorables à l'entrée sur le marché français)

alain_p

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D'abord une chose, ce rachat a plus de probabilité d'être étudié par les autorités de la concurrence européenne, surtout que maintenant le rachat de Masmovil par Orange en Espagne est conclu, que par l'ADLC.

Et c'est là qu'il y a une autre considération,  qui a été relevée dans pas mal d'articles, c'est que depuis le rapport Draghi présenté à l'UE il y a 2 ans, préconisant des acteurs européens forts, et non plus éparpillés, qui a été reçu assez favorablement, les opérateurs pensent que les autorités de la concurrence européenne seraient moins opposées à des concentrations, même si elles font baisser la concurrence. Et ce sentiment a été renforcé par le fait que justement, en Espagne, le rachat de Masmovil par  Orange, finissent par être accepté par les autorités de la concurrence européenne, même si elles ont demandé pas mal de concessions.

Encore que récemment la commission européenne a présenté un projet de révisions de ses rèfles directrices en matière de concurrence, en examen jusqu'au 26 Juin prochain, demandant que de telles concentrations éventuelles le soit sous la condition de gain d'efficience et d'innovations. Pas évident dans ce cas, où ce sont plutôt des gains économiques qui ont été mis en avant.

Voir : https://www.agefi.fr/news/entreprises/la-commission-devoile-ses-nouvelles-lignes-directrices-sur-les-concentrations

Là je pense que si les 3 opérateurs se sont lancés dans cette opération risquée et coûteuse, c'est qu'il y a une grosse incertitude sur comment cela se terminerait fin 2027, si les créanciers n'ont pas récupéré leur mise, et prennent le contrôle d'Altice France, pour probablement  le vendre à la découpe.
D'autant plus qu'il y a des contraintes, comme le fait que certains actifs de SFR (comme le réseau fibre), sont plutôt considérés comme stratégiques par l'Etat français, et ne devant pas passer sous le contrôle de pays étrangers.

Mais bon, c'est une opération vraiment très compliquée à trois, d'autant que les découpages, 42% à l'un, 31% à l'autre, 27% au dernier, sont un peu théoriques, et que les abonnés ne sont pas obligés de suivre... Et que selon les concessions demandées par les autorités de la concurrence, céder ceci ou cela, le découpage peut ne plus tenir. On voit bien que la complication fait que ce n'est toujours pas réglé (et ne le sera peut être jamais, si un acteur jette l'éponge, la dernière fois, c'était Iliad).

Et en tout cas, cette offre de 20.35 milliards d'euros n'est pas une bonne nouvelle pour nous, car très chère, et les opérateurs vont évidemment chercher à se refaire sur les marges, les investissements en baisse dans le réseau (on commence à le voir en ce moment sur le déploiement des sites 5G 3500 MHz), et les prix des abonnements.