D'abord une chose, ce rachat a plus de probabilité d'être étudié par les autorités de la concurrence européenne, surtout que maintenant le rachat de Masmovil par Orange en Espagne est conclu, que par l'ADLC.
Et c'est là qu'il y a une autre considération, qui a été relevée dans pas mal d'articles, c'est que depuis le rapport Draghi présenté à l'UE il y a 2 ans, préconisant des acteurs européens forts, et non plus éparpillés, qui a été reçu assez favorablement, les opérateurs pensent que les autorités de la concurrence européenne seraient moins opposées à des concentrations, même si elles font baisser la concurrence. Et ce sentiment a été renforcé par le fait que justement, en Espagne, le rachat de Masmovil par Orange, finissent par être accepté par les autorités de la concurrence européenne, même si elles ont demandé pas mal de concessions.
Encore que récemment la commission européenne a présenté un projet de révisions de ses rèfles directrices en matière de concurrence, en examen jusqu'au 26 Juin prochain, demandant que de telles concentrations éventuelles le soit sous la condition de gain d'efficience et d'innovations. Pas évident dans ce cas, où ce sont plutôt des gains économiques qui ont été mis en avant.
Voir :
https://www.agefi.fr/news/entreprises/la-commission-devoile-ses-nouvelles-lignes-directrices-sur-les-concentrationsLà je pense que si les 3 opérateurs se sont lancés dans cette opération risquée et coûteuse, c'est qu'il y a une grosse incertitude sur comment cela se terminerait fin 2027, si les créanciers n'ont pas récupéré leur mise, et prennent le contrôle d'Altice France, pour probablement le vendre à la découpe.
D'autant plus qu'il y a des contraintes, comme le fait que certains actifs de SFR (comme le réseau fibre), sont plutôt considérés comme stratégiques par l'Etat français, et ne devant pas passer sous le contrôle de pays étrangers.
Mais bon, c'est une opération vraiment très compliquée à trois, d'autant que les découpages, 42% à l'un, 31% à l'autre, 27% au dernier, sont un peu théoriques, et que les abonnés ne sont pas obligés de suivre... Et que selon les concessions demandées par les autorités de la concurrence, céder ceci ou cela, le découpage peut ne plus tenir. On voit bien que la complication fait que ce n'est toujours pas réglé (et ne le sera peut être jamais, si un acteur jette l'éponge, la dernière fois, c'était Iliad).
Et en tout cas, cette offre de 20.35 milliards d'euros n'est pas une bonne nouvelle pour nous, car très chère, et les opérateurs vont évidemment chercher à se refaire sur les marges, les investissements en baisse dans le réseau (on commence à le voir en ce moment sur le déploiement des sites 5G 3500 MHz), et les prix des abonnements.