SFR dégage environ 1 milliard d'euros par an. Avec un coût de rachat de 20 milliards, le retour sur investissement est de 20 ans.
Aucun investisseur purement financier.
SFR est un opérateur purement franco-français ; son rachat ne permet pas à un opérateur chinois ou américain d'entrer directement sur plusieurs marchés simultanément. Le marché français n'est pas très rentable en raison de la guerre des prix et n'est pas franchement central dans le marché européen. Il n'y aura donc pas d'opérateurs étrangers.
Il reste donc les opérateurs en place, qui imaginent pouvoir surpayer l'opération pour plusieurs raisons. La première serait le gain immédiat de clients, ce qui permet de répartir plus largement les coûts fixes (répartir les mêmes coûts sur un million de clients de plus, par exemple, augmente la rentabilité par client). La seconde serait une moindre intensité concurrentielle, car un joueur de moins, c'est une compétition moins féroce. Mais je pense qu'ils se trompent dans les deux cas. D'abord, ils vont devoir financer un plan social colossal ou une coûteuse intégration d'une infrastructure existante (ce sera un mélange des deux). Ensuite, la guerre des prix va continuer en raison d'un acteur qui n'existe que pour cela.
Au final, je pense qu'il y aura un gagnant, deux statu quo et un perdant. Le gagnant sera Drahi. Free conservera une bonne dynamique et gagnera des clients sans trop modifier ses offres, tandis qu'Orange maintiendra son statut de leader. Le perdant sera Bouygues, qui paiera cher des parts de marché, tandis que Free continuera à lui tailler des croupières.