Auteur Sujet: Acquisition de SFR: Orange, Bouygues et Free signent un protocole d’accord  (Lu 10380 fois)

alain_p, Comancheiv et 4 Invités sur ce sujet

manuel-le-vieux

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Une interview de Benoit Coeuré, président président de l’Autorité de la concurrence (Le Monde, 10/06)

Extrait, le reste ici : https://lafibre.info/chiffres/parts-de-marche-dans-ladsl-la-fibre-optique-et-la-telephonie-mobile/msg1155799/#msg1155799. Si il faut le virer, je vire !

Bouygues Telecom, Free (dont le propriétaire, Xavier Niel, est actionnaire à titre individuel du Groupe Le Monde) et Orange se sont associés pour acheter chacun une partie de SFR. Que vous inspire cette opération ?
Elle ne va pas de soi parce qu’il s’agit d’un rapprochement sur un marché déjà très concentré. Mais si nous avions déjà conclu que le passage de quatre à trois opérateurs sur le marché français était nécessairement anticoncurrentiel, nous l’aurions dit, et nous n’aurions pas laissé les opérateurs s’épuiser pour trouver un accord et dépenser des millions d’euros en frais de conseil d’avocats et de banques d’affaires. Les autorités de concurrence regarderont ce dossier de manière absolument objective.

Mais si on ne fait pas l'opération que se passe t-il?

C'est la faillite d'Altice et Drahi va en prison pour dettes impayées (il aura sa cellule dans le quartier des VIP à coté de bruel.)

J'avais cru comprendre qu'il n'y avait pas le choix, c'est çà ou la vente à la découpe.

Hammett

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Drahi veut vendre et les créanciers veulent rentrer dans leurs investissements. Le trio surpaye pour avoir la paix et Drahi veut quand même retrouver son investissement de départ.
Un acteur externe paierait moins (coucou aux créanciers), mais devrait investir pour relancer SFR, être socialement propre et si c'est un étranger avoir l'accord de l'Etat et se taper la concurrence "amicale", mais "ferme" du trio. Mais Drahi pourrait aussi vendre à la découpe.
Bon courage à lui (le pigeon, le Père Noël), dans un secteur à croissance molle.

La meilleure solution franco française reste le rachat par le trio. Aucun opérateur européen s'est manifesté pour mettre 21 milliards sur la table.

alain_p

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En fait, Patrick Drahi peut vendre d'autres actifs, SFR Business, XP Fibre, le réseau fibre en ZTD, Intelcia (déjà en cours), etc..., pour dégager de quoi rembourser au moins en grande partie les créanciers.

SFR est rentable sans la dette, et donc pourrait continuer à exister pour le grand public, sans qu'il y ait besoin d'investissements massifs comme tu le prétends, s'il est déchargé de cette dette.
Ce qui le pénaliserait surtout, c'est la vente d'actifs comme les sites mobiles, le réseau fibre etc..., qu'il faut louer (c'est déjà le cas en fait pour XP Fibre, entité indépendante). Mais c'est la même chose pour le projet actuel...

J'ai du mal à comprendre pourquoi la consolidation du marché Télécom, néfaste pour les abonnés, et les investissements dans le réseau, t’excite tant.

zerocool

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concernant le chiffre de 5,6 M de clients mobile et fixe de SFR business j'ai demandé à l'IA une analyse? Cela donne :

| Segment                       | SFR Business (ordre réel plausible) |
| ----------------------------- | ----------------------------------- |
| Mobiles entreprises (humains) | ~2 à 4 M                            |
| Fixe + data B2B               | ~1 à 2 M                            |
| M2M / IoT (SIM actives)       | ~7 M+                               |
| **Total SIM M2M + B2B**       | >10 M                               |
| **Chiffre La Tribune (5,6M)** | ≈ périmètre “B2B télécom classique” |

apparemment les données existent dans une étude XERFI qui coute 2000€. Peut-être que la tribune y a accès

Hammett

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C'est déjà cela.

L'IA donne la méthodologie de l'étude ? Parce que, c'est quand même calculé un peu à la truelle.   

Dans son tableau, vivien donne 2 à 3 millions de clients pour SFR Business.

Décalage pour Bouygues de 5,2 millions (36,2 pour La Tribune vs 31) et décalage de 3,4 millions pour Orange (39 pour La Tribune vs 42,4), par contre Free est correct.
« Modifié: Aujourd'hui à 20:28:00 par Hammett »

jacobaci

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Pendant ce temps-là, Anthropic et OpenAI ferraillent pour la suprématie dans l'IA à coup de milliers de milliards de $ et pour ne pas laisser filer Google

En France, on parle du deal du siècle pour les 20 mds de SFR

Pas visionnaire Drahi l'X sur ce coup

Philoutix

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C'est divertissant GEMINI, à la question suivante : "En qualité d'analyste économique, est-ce qu'un acheteur étranger a été intéressé par le rachat de SFR en France ?", voici la réponse :

En tant qu'analyste économique, l'évaluation du dossier de cession de **SFR** (filiale d’Altice France) nécessite de distinguer l'intérêt purement financier manifesté par les marchés mondiaux de la réalité des contraintes géopolitiques et réglementaires françaises.

La réponse est **oui** : plusieurs acheteurs étrangers de premier plan se sont positionnés ou ont manifesté un intérêt concret pour SFR. Toutefois, cet appétit international s'est heurté à un principe de réalité souverain, menant à un dénouement purement domestique.

Voici l'analyse détaillée de la trajectoire internationale de ce dossier :

---

### 1. L’intérêt manifeste des géants du Golfe et du Private Equity

Face au mur de dette d'Altice France (plus de 24 milliards d'euros), Patrick Drahi a dû envisager dès 2024-2025 une cession majoritaire ou totale de son actif phare. Cette mise sur le marché a attiré deux profils d'investisseurs étrangers :

* **Les opérateurs télécoms du Moyen-Orient :** Les mastodontes **Emirates Telecommunications Group (e&)**, l'opérateur historique des Émirats arabes unis, ainsi que **Saudi Telecom Company (STC)**, ont analysé le dossier. Pour ces groupes assis sur d'importantes liquidités, SFR représentait une porte d'entrée majeure dans l'un des plus grands marchés télécoms d'Europe continentale.
* **Les fonds d'investissement américains :** Des géants du capital-investissement (Private Equity) comme **Blackstone** et **KKR** ont étudié des scénarios de rachat, certains envisageant des schémas de démantèlement ou de co-investissement.

> **Le précédent des Data Centers :** Si le cœur de métier (les abonnés et le réseau mobile) est resté disputé, une partie du patrimoine a bel et bien été vendue à l'étranger. En juin 2024, la branche d'investissement de la banque américaine **Morgan Stanley** (MSIP) a racheté 70 % des datacenters de SFR pour **764 millions d'euros**, créant l'entité *UltraEdge*.

---

### 2. Le verrou de l'État : L'argument de la souveraineté

Si l'intérêt étranger était réel, la faisabilité politique d'une telle opération s'est rapidement avérée quasi nulle.

En juillet 2025, face aux rumeurs persistantes d'offres en provenance du Golfe ou de fonds spéculatifs, le gouvernement français, par la voix de son ministre de l'Industrie Marc Ferracci, a posé un cadre très strict :

* **Infrastructures critiques :** Les réseaux de télécommunication et les infrastructures de fibre/5G sont classés comme des actifs stratégiques pour la sécurité nationale.
* **Le dispositif IEF :** L'État a brandi la menace d'un veto via la procédure de contrôle des **Investissements Étrangers en France (IEF)**. Le message envoyé au marché était clair : tout repreneur hors Union européenne s'exposait à un blocage politique et administratif lourd.

---

### 3. Le dénouement : L'union sacrée des opérateurs français

C’est précisément ce risque de blocage réglementaire pour les acheteurs étrangers — combiné à l'exigence d'un prix élevé par les créanciers d'Altice — qui a ouvert la voie à une solution 100 % tricolore.

L'épilogue s'est joué récemment : les trois concurrents historiques de SFR — **Orange, Bouygues Telecom et Iliad (Free)** — se sont exceptionnellement alliés au sein d'un consortium inédit. Ils ont trouvé un accord ferme avec Altice France pour racheter l'opérateur au carré rouge pour un montant de **20,35 milliards d'euros**.

### Conclusion de l'analyse

Si les capitaux étrangers (notamment émiratis et américains) ont sérieusement lorgné SFR pour en faire un levier d'expansion européenne, **le protectionnisme économique français a joué son rôle de repoussoir**. Le marché national se consolide finalement de 4 à 3 opérateurs entre acteurs locaux, une opération qui reste désormais soumise à l'approbation de l'Autorité de la concurrence.


vivien

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J'ai encore fait évoluer mon tableau (vider le cache du navigateur pour voir la mise à jour).

Avec les données de La Tribune sur SFR Business, on peut faire la répartition par clients.
- Total acquis par Bouygues Telecom 12 000 000 clients (incluant les 5 600 000 de SFR Business) soit 48 % des clients pour 8 547 M€ (42 %)
- Total acquis par Free : 8 100 000 soit 32 % des clients pour 6 309 M€ (31 %)
- Total acquis par Orange : 5 000 000 soit 20 % des clients pour 5 494 M€ (27 %)

À noter que je n'ai pas valorisé deux points importants : les fréquences et les bout de réseau (racheté par Bouygues).

Quand je regarde ces chiffres, Bouygues Telecom semble celui qui a le mieux négocié sa part.


(Cliquer sur le tableau pour l'ouvrir au format PDF)

Philoutix

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Extrait de l'article du monde.fr consacrée à l'interview du président de l'autorité de la concurrence.

(A propos des nouvelles règles européennes) Ces lignes directrices s’appliqueront-elles aux autorités de la concurrence des pays membres ?

Elles ne contraignent pas juridiquement les autorités nationales comme l’Autorité de la concurrence française. Néanmoins, elles constitueront une référence majeure. Il est évident que tout sera fait pour que l’examen des concentrations en France reste cohérent avec les futures lignes directrices de la Commission. Mais il subsistera dans le paysage juridique français ce qu’on appelle le pouvoir d’évocation du ministre de l’économie, qui lui permet d’autoriser une opération de concentration qu’aurait refusée l’Autorité de la concurrence à l’issue d’un examen approfondi, à condition que ce soit pour des raisons qui sont externes à la concurrence, qui pourraient être la sécurité nationale, la compétitivité, l’emploi. Dans de tels cas, les autorités politiques doivent prendre leurs responsabilités.


Parions que l'autorité de la concurrence s'opposera au deal et que ce sera au ministre de l'économie de décider, on ouvre les paris ??

Hammett

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5,6 millions de clients pour SFR Business ?
Orange n'en declare que 3,2 millions au 31 mars sur le mobile (hors m2m naturellement) et 690 000 sur le fixe.
Avec 5,6 millions de clients, SFR serait largement leader du marché et Orange largué et juste en position de challenger ? Qu'en pense l'ARCEP ?

C'est calculé comment ces 5,6 millions ?

vivien

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Le chiffre historique de référence communiqué par le groupe pour SFR Business est de 190 000 entreprises.

Mais selon la tribune, cela ferait 5,6 Millions de lignes ?

vivien

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J'ai (encore) mis à jour mon tableau pour parler de lignes.

J'en ai profité pour rajouter le chiffre d'affaires en % et en valeur absolue.

- Total acquis par Bouygues Telecom 12 000 000 lignes (incluant les 5 600 000 de SFR Business) soit 48 % des lignes / 52 % du chiffre d'affaires pour 8 547 M€ (42 %)
- Total acquis par Free : 8 100 000 soit 32 % des lignes / 27 % du chiffre d'affaires pour 6 309 M€ (31 %)
- Total acquis par Orange : 5 000 000 soit 20 % des lignes / 21 % du chiffre d'affaires pour 5 494 M€ (27 %)

52 % du chiffre d'affaires pour 42% de la somme avec en cadeau pleins de bouts de réseau, je continue de penser que Bouygues a très bien négocié.