Auteur Sujet: L’Arcep publie l’édition 2021 de son rapport sur l’état d’internet en France  (Lu 72425 fois)

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vivien

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L’Arcep - Chapitre 3: Accélérer la transition vers IPv6
« Réponse #24 le: 14 juillet 2021 à 21:59:21 »
Il y a quand même des nouveautés dans le rapport, comme les explications sur les accès IPv6 et le mécanisme de 464XLAT :





Bouygues Telecom, Free et Orange proposent par défaut à leurs clients mobiles un accès à internet en IPv6 sans proposer d’accès natif IPv4, ce qui nécessite d’utiliser un mécanisme pour accéder aux ressources de l’internet disponibles uniquement en IPv4. SFR propose de la double pile : IPv4 privée + IPv6.

1/ Le couple DNS64+NAT64 : une solution pour accéder en IPv6 côté client à un site hébergé en IPv4-only

Comme une partie importante d’internet est accessible uniquement en IPv4, Bouygues Telecom et Orange proposent un DNS64 : le résolveur DNS n’envoie pas une adresse IPv4 pour les sites hébergés en IPv4-only, mais une IPv6 spéciale : c’est une IPv6 qui pointe vers une plateforme NAT64, placée sur le réseau de l’opérateur. La plateforme NAT64 permet de faire communiquer la pile réseau IPv6 du client avec internet IPv4. La plateforme NAT64 fait une traduction d’adresse classique (NAT) mais en remplaçant l’IPv4 privée par une adresse IPv6.


2/ Encapsulation de l’adresse destination IPv4 dans l’adresse IPv6

Le DNS64 génère une IPv6 construite à partir du préfixe réservé 64:ff9b::/96. Les 32 derniers bits de l’IPv6 créé sont les 32 bits de l’adresse du site en IPv4. La plateforme NAT64 sur le réseau de l’opérateur récupère l’IPv4 de destination dans l’IPv6 destination qu’il a reçu. L’opérateur sait alors créer une traduction NAT à la volée vers l’IPv4 de destination, et envoyer le paquet sur l’internet IPv4.


3/ Certains usages ne fonctionnent pas avec le DNS64 : naissance du 464XLAT

Certaines applications et services peuvent ne pas fonctionner coté client avec une IPv6. C’est par exemple le cas quand une application utilise une IPv4 littérale (87.65.43.21) au lieu d’utiliser des noms DNS qui seraient résolus par le DNS64. Par exemple, une application peer-to-peer a de fortes chances d’utiliser une IPv4 littérale à la place d’un nom de domaine. On se retrouve également en IPv4 quand une application ne fait pas appel au DNS64 proposé par le système d’exploitation, mais utilise son propre résolveur DNS qui n’est pas DNS64 (Certains terminaux n’utilisent pas le serveur DNS proposé par l’opérateur, mais le DNS 8.8.8.8 de Google). Enfin, certains opérateurs (Free mobile en France), ne proposent pas de DNS64.
Historiquement, le 464XLAT est né de développeurs équipés de Nokia N900 qui ont cherché à utiliser le service IPv6-only proposé par T-Mobile aux USA. Plusieurs applications ne fonctionnaient pas, malgré la présence d’un DNS64 et d’un NAT64 chez l’opérateur. Ces développeurs ont commencé à expérimenter la traduction locale d’IPv4 en IPv6 sur le smartphone Nokia N900 en août 2010. Cela a permis à diverses applications de fonctionner correctement sur des réseaux IPv6-only qui, autrement, nécessiteraient IPv4. Cette même idée et ce même code ont ensuite été portés sur Android et intégrés au projet Android Open Source en novembre 2012. Cela a donné naissance à la RFC6877*, publiée en avril 2013.

Le 464XLAT est intégré à partir d’Android 4.3 Jellybean, sortie en juillet 2013. Pour le partage de connexion IPv6 lorsqu’il n’y a qu’un seul préfixe /64 délégué au combiné, il a fallu attendre la RFC7278**, publiée en juin 2014 et son intégration à Android à partir de 5.1 Lollipop sortie en mars 2015.


* RFC6877 : « 464XLAT: Combination of Stateful and Stateless Translation ».
** RFC7278 : « Extending an IPv6 /64 Prefix from a Third Generation Partnership Project Mobile Interface to a LAN Link ».


4/ Le 464XLAT : une solution lorsque le client force l’utilisation de l’IPv4

Le 464XLAT consiste à introduire le CLAT (partie cliente du NAT) dans le système d’exploitation du client, pour que les applications disposent en apparence d’une adresse IPv4 privée fonctionnelle alors que le terminal n’est connecté qu’à un réseau IPv6-only.
Les IPv4 utilisées côté smartphone appartenant généralement à la petite plage 192.0.0.0/29, ce sont les mêmes IP pour chaque terminal. Le CLAT va traduire algorithmiquement les IPv4 en IPv6 pour le flux sortant, comme le ferait le DNS64 en utilisant le préfixe réservé 64:ff9b::/96 ou un autre préfixe découvert via une requête DNS vers un nom de domaine particulier : ipv4only.arpa (voir RFC 8683). Dans tous les cas, les 32 derniers bits sont les 32 bits de l’adresse du site en IPv4.
Coté opérateur, c’est le PLAT, la plateforme NAT64, qui récupère l’IPv4 de destination dans l’IPv6 destination qu’il a reçue, afin de former l’IPv4 destination, envoyé sur l’internet IPv4.





5/ Est-il possible pour un opérateur de ne pas mettre de DNS64 ? (L’intégralité du trafic à destination de serveurs IPv4 passe par le 464XLAT)

Oui, il est possible de ne pas faire de DNS64, avec pour avantage de permettre au client de faire du DNSSEC (Domain Name System Security Extensions), mais pour inconvénient de rajouter une latence imperceptible et d’avoir potentiellement un impact sur la batterie d’alimentation de l’appareil*. Une charge du processeur peut également affecter négativement les très hauts débits utilisant le CLAT : c’est pour cette raison que la majorité des opérateurs mettent en place un DNS64 qui habituellement permet d’écouler plus de 99 % du trafic IPv4 sans risque de régression du débit ou d’impact sur l’autonomie du terminal.
En absence de DNS64, les terminaux qui n’ont pas de CLAT, ou qui n’arrivent pas à l’activer, se retrouvent sans aucune connectivité IPv4.


* Source : RFC8683 Using 464XLAT with/without DNS64.


6/ Pourquoi sous Android l’IPv4 publique utilisée par le DNS64 est différent de celle utilisée pour le 464XLAT ?

De nombreux mobiles Android utilisent une IPv6 source pour le CLAT différente de l’IPv6 source utilisée pour les flux qui partent directement sur internet. La plateforme NAT64 de l’opérateur va attribuer une adresse IPv4 source différente aux flux provenant de deux IPv6 source distinctes. Il en résulte que l’IPv4 source utilisée par le NAT64 pour un même mobile est différente si la requête est réalisée via le DNS64 ou via le CLAT.

vivien

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L’Arcep - Chapitre 3: Accélérer la transition vers IPv6
« Réponse #25 le: 14 juillet 2021 à 22:00:12 »
Le BEREC, l'Organe des régulateurs européens des communications électroniques a lancé un Workshop sur IPv6 :

Face à la pénurie d’adresses IPv4 que connait l’Europe depuis plus d’un an, la transition vers IPv6 s’est imposée comme un enjeu majeur d’innovation et de compétitivité. Dans ce contexte, le BEREC a organisé le 7 octobre dernier un workshop interne afin de faire un état des lieux du déploiement d’IPv6 en Europe. Les principaux objectifs de ce workshop étaient de donner un aperçu de l'état d'IPv6 en Europe, mettre en évidence les problèmes liés au retard du déploiement d'IPv6, recueillir des informations sur les actions des États membres / ARN pour favoriser la transition vers IPv6, partager les bonnes pratiques et échanger sur les actions qui pourraient être menées au niveau du BEREC pour favoriser le déploiement d'IPv6 en Europe.

En plus des témoignages des régulateurs belge (BIPT), finnois (Traficom) et français (Arcep) sur leurs actions pour favoriser le déploiement, le RIPE NCC, Internet Society et Europol ont apporté leur expertise sur le sujet tout en soulignant l’objectif commun qui est de généraliser le déploiement d’IPv6 pour garantir les évolutions futures d’internet. Le workshop était l’occasion de présenter les résultats du questionnaire interne auquel les différents membres du BEREC ont répondu en amont du workshop. Ce questionnaire concernait l’impact de la pénurie d’IPv4 au niveau national, les actions nationales mises en place, les différents cadres juridiques pour encadrer le déploiement d’IPv6, ainsi que des propositions d’action à mener au sein du BEREC pour accélérer la transition vers IPv6.

Lors du workshop, le BEREC a rappelé l'importance de l'IPv6 pour internet et son rôle en tant que condition préalable essentielle à une Europe numérique. Cependant, actuellement, les trois quarts de la population de l'Espace économique européen (EEE) n'ont pas accès à IPv6 et il existe de grandes différences entre les pays dans le déploiement d'IPv6. En effet, certains pays ont environ la moitié de leurs utilisateurs en IPv6 (Belgique, Allemagne, Grèce, Suisse, France), tandis que d’autres n’ont pas commencé le déploiement de ce protocole (Malte, Monténégro, Serbie, etc.). Par ailleurs, des disparités importantes entre les pays sont observées en ce qui concerne la collecte de données, les effets de la pénurie d'IPv4, les compétences des autorités dans la transition vers l'IPv6 ou encore les mesures prises au niveau national pour favoriser cette transition.

Plusieurs propositions d’actions à mener au sein du BEREC ont émergé suite au workshop notamment sensibiliser davantage les Etats membres / ARN sur les avantages de la transition vers l'IPv6 ou mettre en place une plateforme de partage d'expériences et de bonnes pratiques.

A la suite de ce workshop, deux autres workshops ont été planifié pour alimenter le plan de travail du BEREC de 2022 : un workshop externe rassemblant les acteurs IPv6 au niveau européen en mai 2021 et un workshop interne en juin 2021.

Les différentes actions entreprises par le BEREC sur IPv6 visent à partager les bonnes pratiques et à encourager les acteurs à accélérer la transition, afin qu'internet continue de fonctionner comme un moteur d'innovation et de croissance.

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L’Arcep - Chapitre 3: Accélérer la transition vers IPv6
« Réponse #26 le: 14 juillet 2021 à 22:00:58 »
Il y a également des contributions intéressantes, comme celle où Alexandre Petrescu explique pourquoi un /64 est trop petit pour l'IPv6 sur le mobile :


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L’Arcep - Chapitre 3: Accélérer la transition vers IPv6
« Réponse #27 le: 14 juillet 2021 à 22:01:20 »
Contributions des opérateurs sur IPv6 :

Contribution de Bouygues Telecom et Orange :


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L’Arcep - Chapitre 3: Accélérer la transition vers IPv6
« Réponse #28 le: 14 juillet 2021 à 22:01:37 »
Contribution de Blue Networks Technologies (opérateur qui exploite une Boucle Locale Numérique en fibre optique dans les régions Rhône Alpes et Occitanie) et Vialis (opérateur FTTH et du câble sur la région de Colmar)


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L’Arcep - Chapitre 3: Accélérer la transition vers IPv6
« Réponse #29 le: 14 juillet 2021 à 22:01:51 »
Contribution d'iBloo (opérateur qui propose du FttH sur es réseaux d'initiative publique Altitude Infrastructure, Axione, Covage, Gironde Haut Méga, SFR Collectivités, TDF et THD Bretagne) et K-Net (opérateur qui propose du FttH sur les réseaux d'initiative publique Altitude, Covage, Axione, TDF et sur RESO-LIAIN)


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L’Arcep - Chapitre 4: Garantir la neutralité d’internet
« Réponse #30 le: 14 juillet 2021 à 22:02:39 »
Lien directs sur les différents sujets du rapport :
- Les réseaux pendant la crise sanitaire (Covid-19)
- Chapitre 1 : Améliorer la mesure de la qualité d’internet
- Chapitre 2 : Superviser l’interconnexion de données
- Chapitre 3 : Accélérer la transition vers IPv6
- Chapitre 4 : Garantir la neutralité d’internet
- Chapitre 5 : Terminaux et plateformes, maillons structurants de l’accès à internet
- Chapitre 6 : Intégrer l'empreinte environnementale des réseaux à la régulation
- Les faits marquants de l'Arcep en 2020

Chapitre 4 : Garantir la neutralité d’internet

À retenir :
- 12 mois de suivi pour l’Arcep et ses homologues européens sur la résilience des réseaux pendant la crise sanitaire.
- Décembre 2020 : lancement d’une nouvelle version de Wehe comprenant un test de différenciation amélioré et un nouveau test de détection de blocage de port.
- 304 signalements remontés en 2020 via la plateforme J’alerte l’Arcep.


Présentation vidéo par Emmanuel Leroux :


Lien vers la première page du rapport traitant de la neutralité d'internet :

(cliquez sur la miniature ci-dessous - le document est au format PDF)



Le règlement européen n°2015/2120 garantit l’accès pour tous à un internet ouvert. L’Arcep est chargée de sa mise en œuvre en France et veille au respect de la neutralité du net par les fournisseurs d’accès à internet (FAI). Pour assurer sa mission, l’Autorité dispose d’une pluralité d’outils techniques, réglementaires et collaboratifs, qu’elle mobilise dans cet objectif.

Les principes fondateurs d’internet, notamment l’ouverture « by design », font d’internet un espace de liberté d’expression, de communication, d’accès au savoir et de partage, mais aussi d’innovation. L’émergence du concept de neutralité du net a pour objectif de protéger l’exercice de ces libertés fondatrices d’internet. En effet, le principe de neutralité du net exclut la création d’accès à internet « à plusieurs vitesses », par une gestion favorisant certains flux d’information au détriment d’autres (pratiques discriminantes), ou la création d’accès à internet limités (à certains contenus ou certaines plateformes). Ainsi, le principe de neutralité du net vise à assurer que le fonctionnement d’internet reste en accord avec les principes fondateurs qui le gouvernent.

Internet est un réseau ouvert, dont le fonctionnement repose sur une architecture stratifiée en différentes couches, appelées couches réseaux. Chaque couche réseau fonctionne de manière autonome et répond à une fonctionnalité propre d’internet, comme par exemple l’accès au réseau, le transport des données ou encore le fonctionnement d’une application. La séparation effective des couches réseaux provient de l’utilisation de standards de communication propres à chaque couche réseau, appelées protocoles réseaux, qui assurent la communication entre les éléments d’une même couche. In fine, l’architecture d’internet repose sur un modèle théorique commun : le modèle TCP/IP, nommé d’après ses deux principaux protocoles.

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L’Arcep - Chapitre 4: Garantir la neutralité d’internet
« Réponse #31 le: 14 juillet 2021 à 22:03:00 »
Le DPI (Deep packet inspection) est interdit, même pour catégoriser le trafic :

Extrait du rapport Arecp état de l'internet 2020 (page 66) : Le règlement Internet ouvert permet aux FAI d’accéder qu’aux informations contenues dans l’en-tête du parquet IP et dans l’en-tête du protocole de la couche transport (par exemple l’en-tête TCP ou l’en-tête UDP) dont les noms de domaine et URL sont exclus. Par ailleurs, dans une lettre rendue publique, le Comité européen de la protection des données (EDPB) qui a été saisi pour avis, précise que le nom de domaine et l’URL peuvent être qualifiés de données à caractères personnels et à ce titre sont protégées par les dispositions de la directive vie privée et communications électroniques et du règlement général sur la protection des données. Ainsi, les FAI qui utiliseraient le nom de domaine ou les URL à des fins de catégorisation de trafic ou de facturation s’exposeraient non seulement à une violation potentielle du règlement internet ouvert, mais aussi à une possible violation de la protection des données à caractère personnel de leurs clients.

Cette année, en 2021, l'Arcep nous propose de nouveaux schémas explicatif sur TCP/IP, ce qui est neutre ou pas :

Plusieurs principes intrinsèques au fonctionnement d’internet découlent du modèle TCP/IP : le fonctionnement autonome des couches réseaux (layering principle), le principe du « meilleur effort » dans l’acheminement des données (best effort principle), le principe de bout-en-bout (end-to-end principle) ou encore le principe de transparence du réseau (network transparency).
Chaque couche réseau fonctionne de manière autonome : la segmentation des différentes fonctionnalités d’internet implique que les couches réseaux inférieures se concentrent sur l’acheminement des données utiles qui leur sont confiées (adressage et routage de l’information transmise), laissant la responsabilité des autres fonctionnalités (traitement et présentation des données acheminées) à la couche supérieure, dite applicative (cf. schéma synthétique du modèle TCP/IP). Pour éviter que les données transmises ne se perdent lorsqu’elles passent successivement les couches réseaux, chaque couche réseau ajoute des informations essentielles aux données transmises, qui sont regroupées dans un en-tête positionné au début de chaque paquet de données transféré par la couche précédente (cf. schéma synthétique du mécanisme d’encapsulation).





Seules les informations contenues dans l’en-tête destinée à une couche réseau sont utilisées par cette dernière. A titre d’exemple, la couche transport utilise les informations de l’en-tête « transport » pour acheminer les données reçues, mais n’est théoriquement pas en mesure de savoir si les données reçues de la couche applicative sont celles d’un email, d’une vidéo ou d’une page web. Cela implique de facto la circulation des données transmises de manière indifférenciée et de la meilleure manière possible dans les différentes couches traversées, conformément au principe du « meilleur effort ». Selon le principe de « bout-en-bout », seuls les services de la couche applicative, s’assurent de vérifier de l’intégralité et de la conformité des données transmises. Enfin, la segmentation des différentes fonctionnalités d’internet en couches réseaux rend le fonctionnement des couches réseaux inférieures transparent pour les services appartenant à la couche applicative. Ainsi, l’utilisateur final est en théorie libre d’utiliser le terminal ou le système opérateur de son choix, car leur fonctionnement reste indépendant du fonctionnement des couches réseaux inférieures.



L’architecture d’Internet selon le modèle TCP/IP permet une segmentation de ses fonctionnalités et le recours à des conventions communes de fonctionnement que sont les protocoles réseaux. Cette uniformisation offre un cadre homogène au sein duquel les utilisateurs finaux disposent d’une égalité de traitement dans l’accès ou la diffusion par les réseaux de leurs contenus, de leurs services ou de leurs applications. En effet, internet incite les utilisateurs finaux à avoir une participation active dans la création de nouveaux contenus au niveau de la couche applicative, en disposant d’un cadre connu et en leur évitant de prendre en compte le fonctionnement des couches réseaux inférieures (cf. le principe de transparence du réseau). De plus, le recours à des protocoles réseaux, communément admis au sein d’une même couche, réduit les coûts de création d’un nouveau service par l’utilisateur final, favorisant de facto l’innovation. Ainsi, internet reste un environnement moteur de l’innovation.



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« Réponse #32 le: 14 juillet 2021 à 22:04:52 »
Le principe de neutralité du net protège les principes fondateurs d’internet

Les principes fondateurs d’internet, explicités brièvement ci-dessus, innervent le principe même de neutralité du net : garantir la circulation des contenus, des services et des applications de la meilleure manière possible, indépendamment de l’origine et du contenu des paquets en circulation ; n’utiliser que les en-têtes de données nécessaires à l’acheminement des paquets en circulation  ou encore assurer le libre recours à l’équipement de son choix par l’utilisateur final. In fine, la neutralité du net est un cadre réglementaire qui préserve l’ouverture « by design » d’internet, offrant aussi des externalités positives importantes en matière d’innovation et de protection des droits des utilisateurs finaux.



Les principes essentiels au fonctionnement d’Internet promeuvent un acheminement non discriminatoire des flux de données, assurant en conséquence un accès et une diffusion indifférenciée des contenus, des services et des applications en ligne. Cette liberté permet à chaque utilisateur final de décider librement la manière dont il utilise internet. Cette capacité de recevoir et de communiquer librement contribue directement à promouvoir certains droits des utilisateurs finaux : le maintien de la diversité et du pluralisme des contenus médiatiques, la liberté d’expression ou encore le droit d’accès à l’information. Préserver la neutralité d'internet, c’est aussi préserver l’exercice effectif des droits fondamentaux des utilisateurs finaux.

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« Réponse #33 le: 14 juillet 2021 à 22:06:41 »
L’année 2020 a pourtant été marquée par de nombreuses limites à la neutralité du net dans plusieurs pays du monde, au risque de restreindre les droits fondamentaux des populations concernées.

En Asie, plusieurs États mettent en œuvre continuellement des pratiques dénoncées comme limitant l’ouverture d’internet, en contrôlant l’accès aux contenus ou aux informations par leur population. En Chine, l’accès à internet est filtré par le « Grand Firewall chinois » qui contrôle les informations qui entrent et qui sortent du pays. En Birmanie, les autorités au pouvoir ont ordonné à plusieurs reprises des coupures d’internet et l’usage restreint des réseaux sociaux afin de limiter les échanges entre manifestants et soutiens de la précédente dirigeante du pays. Au Vietnam, les autorités brident les débits d’accès à certains réseaux sociaux afin qu’ils acceptent leurs demandes de censure.



Au Moyen Orient, différentes pratiques ont été décriées : certains Etats restreignent l’accès à la totalité d’internet pour leur population. En Iran, seul un internet « national » dont le contenu est approuvé par le gouvernement sera prochainement accessible aux iraniens. Au Qatar, certains services sont interdits d’accès, tels que les services de communication VoIP . Enfin aux Emirats Arabes Unis, plusieurs contenus jugés politiquement sensibles ne sont pas accessibles, ainsi que les services de communication VoIP ou encore les services VPN  dont l’usage est pénalement répréhensible.

Les Etats-Unis font également l’objet de vives critiques concernant la restriction de l’accès à certains services en ligne. Le 6 août 2020, l’administration américaine a pris un décret bannissant deux applications chinoises, TikTok et WeChat, des magasins d’applications au motif d’un risque pour la sécurité nationale. Toutefois, la juridiction fédérale américaine a suspendu ce décret estimant qu’un tel acte administratif posait de sérieuses questions au regard de la liberté d’expression, illustrant à nouveau le lien étroit entre droits fondamentaux et neutralité d’accès à internet. De plus, la nomination de la nouvelle présidente par intérim de la Federal Communications Commission (FCC), Madame Jessica Rosenworcel,  favorable à la neutralité du net, pourrait conduire une politique réglementaire très différente de celle mise en œuvre par la FCC ces dernières années.



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« Réponse #34 le: 14 juillet 2021 à 22:07:06 »
WeHe



Parmi l’étendu des outils mobilisés, l’Arcep met à la disposition du grand public depuis 2018 l’application Wehe, qui permet de détecter un traitement différencié de certains services en ligne par les FAI. Vous pouvez d’ailleurs télécharger Wehe sur iOS, Android et récemment sur l’app-store F-droid.



Afin d’encore améliorer cette application, une nouvelle version de Wehe a été lancée fin 2020, après un an de travaux menés par les équipes de l’Arcep et de la Northeastern University. Elle intègre une liste étendue des services testés afin de mieux correspondre aux usages des français, crée de nouvelles catégories de tests, afin de faciliter la sélection des services testés et offre une présentation optimisée des résultats de tests.



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« Réponse #35 le: 14 juillet 2021 à 22:08:24 »


L’Arcep a également souhaité que la nouvelle version de Wehe comporte un test de détection d’éventuels blocages de ports, qui pourraient affecter les modalités d’accès à certains services par les utilisateurs.



Enfin, en cas de dissemblance détectée, la nouvelle version de Wehe permet aux utilisateurs de relayer leurs difficultés directement sur la plateforme « J’alerte l’Arcep », offrant ainsi à l’Autorité la possibilité d’examiner au cas par cas les situations rencontrées.