Auteur Sujet: Quel avenir pour la TNT ?  (Lu 17366 fois)

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hwti

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Quel avenir pour la TNT ?
« Réponse #120 le: Hier à 21:15:11 »
Mais est-ce que les chaines et ayants droits accepteraient de diffuser en DVB-I en clair, avec pour seule protection un blocage géographique des IP ?

vivien

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Quel avenir pour la TNT ?
« Réponse #121 le: Hier à 21:36:10 »
Il faut voir DVB-I comme la suite de DVB-T.

Même protections, même numérotation des chaines, mêmes obligations (respect d’un cahier des charges, obligations de contribution à la production d’œuvres cinématographiques et audiovisuelles, …), même bénéfices (visibilité, mise en avant,... on a vu que C8 n'a pas souhaité continuer après avoir été exclu de la TNT, ce qui montre bien que la visibilité apportée par le fait d'être "SIG" est importante)

Le cout d'une diffusion IP avec la technologie Multicast ABR (Adaptive Bit Rate) afin de ne pas multiplier les flux sur le réseau de l’opérateur couterait même moins cher que la diffusion DVB-T (par contre il y a une période d'au moins 10 ans avec les deux).

L'Arcom doit donc imposer la diffusion IP avec DVB-I pour pouvoir faire la transition, c'est en tout cas la proposition de la réponse faire à la consultation publique.

Comme l'UHD n'est pas disponible sur la TNT, je pense qu'il ne sera disponible en UHD via DBV-I que pour les FAI qui ont signé un accord de diffusion (avec les replays et tous les autres services annexes).

jerome34

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Quel avenir pour la TNT ?
« Réponse #122 le: Hier à 22:33:17 »
Il est absolument insensé et irréaliste de proposer de remplacer le DVB-T par du DVB-I « 100% Internet » même avec du multicast.
La TNT répond à un besoin de base, un souhait des diffuseurs, d’être disponible « partout », gratuitement, et dans tous les foyers. Aucun signal par Internet n’y arrivera. Il y aura toujours de nombreuses situations où Internet, peut importe le vecteur, ne passera jamais correctement. Soit de manière permanente, soit ponctuellement.
Elle répond à un demande, à diffuser dans les foyers sans Internet et les écrans secondaires des foyers, un bouquet de base gratuit et couvrant un certain nombre de besoins.

Sur le coût de la diffusion TNT, il y aurait beaucoup à dire en effet. Le monopole de TDF en la matière est quand même assez problématique. Et dire que la diffusion en IP serait assurément moins chère, faut regarder de près alors…

Bref, pousser vers le cercueil internet une diffusion broadcast globalement résiliente, la seule presque qui est capable de tenir informé les français en cas de situation de crise depuis l’abandon des grandes ondes, c’est osé. Je dirais même un poil suicidaire.


La TNT , je peut la recevoir avec un fourchette sur un coax et une petite TV sur batterie. Un signal Internet… mdr.  ;D  …

vivien

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Quel avenir pour la TNT ?
« Réponse #123 le: Aujourd'hui à 06:38:17 »
La TNT ne couvre pas toute la population. L’article 96-1 de la loi du 30 septembre 1986 impose à chaque service national de la TNT d’être diffusé, par voie hertzienne terrestre, auprès d’au moins 95 % de la population métropolitaine.

En pratique, on est entre 96,7% de la population pour R7 et 97% pour R1 avant extinction de certains émetteurs (Le multiplex UHD, le R9 est lui à 70,3% de la population après plusieurs extinctions).

L'arrêt de la TNT est clairement évoqué dans la consultation publique Arcom. Après 50 pages qui expliquent les raisons de façon détaillée la baisse de revenu lié à la TNT avec la hausse des couts, plusieurs scénarios de fermeture de la TNT sont mentionnés, et c'est là où je propose un scénario un peu différent avec une bascule vers DVB-I au lieu de seulement réduire, puis éteindre la TNT :

2.2.3) À plus long terme, envisager un resserrement de l’offre, voire un arrêt de la TNT ?

Malgré les mesures qui pourraient être mises en place pour accompagner les éditeurs, on ne peut exclure, sur le long terme, une poursuite de la dégradation des conditions économiques des acteurs. Face à de telles circonstances, la question de l’adaptation de l’offre de services serait légitime. À partir du moment où les coûts liés à la diffusion sur la TNT seraient considérés comme étant plus élevés que les avantages qu’elle procure, il est possible en effet que, dans de telles circonstances, certains éditeurs renoncent à l’autorisation dont ils disposent, comme cela a été le cas pour la TNT payante. Cela soulève la question d’un potentiel arrêt de la TNT qui, même si elle ne représente pas un enjeu de court terme et ne constitue pas un objectif à privilégier, présente cependant suffisamment d’impacts pour devoir être anticipé au plus tôt. Dans ce cadre, le rôle des pouvoirs publics est également à déterminer.

a) Scénarios d’évolution de la TNT et rôle des pouvoirs publics

Deux grands scénarios semblent envisageables pour tenir compte de la décroissance structurelle de l’offre de la TNT qui pourrait intervenir à plus long terme. Ils se différencient par la place que pourraient occuper les pouvoirs publics dans l’organisation, le cas échéant, d’une offre minimale durable et, à long terme si cela parait nécessaire pour des raisons économiques, d’un arrêt de la TNT. Des scénarios intermédiaires sont naturellement envisageables.

Scénario 1 : une évolution de l’offre largement liée aux stratégies individuelles des acteurs

Dans ce scénario, l’offre de la TNT évolue en fonction des stratégies propres à chaque acteur, sans que soit prévu de dispositif ad hoc destiné à accompagner la réduction de celle-ci.

Si un éditeur estime que les conditions ne sont plus réunies pour poursuivre une activité sur la TNT, il peut arrêter la diffusion hertzienne terrestre de son service à l’échéance de son autorisation ou demander à l’Arcom une abrogation de son autorisation avant son terme. Dans ce cas, et en l’absence de dispositions législatives particulières, l’Arcom apprécie la demande en tenant compte de l’intérêt des tiers et de l’intérêt général, selon la jurisprudence du Conseil d’État 130. En particulier, elle effectue un bilan entre l’intérêt du demandeur, et par exemple tient compte des perspectives d’exploitation du service sur la TNT, et l’existence d’un motif d’intérêt général qui serait susceptible de justifier un refus.
L’Arcom est ainsi appelée à examiner les demandes au fur et à mesure de leur réception et procède, le cas échéant, aux abrogations des autorisations.

Ces arrêts de diffusion sur la TNT rendent disponibles de la ressource radioélectrique, dont la réutilisation est examinée au fil de l’eau par le régulateur. Celui-ci doit évaluer si un appel aux candidatures doit être relancé, en se fondant sur les conditions prévues par l’article 31 de la loi du 30 septembre 1986.

Ces évolutions de l’offre peuvent conduire à des trous dans la numérotation des chaînes. Il appartient là encore à l’Arcom d’apprécier si des modifications de la numérotation sont nécessaires.

Par ailleurs, si la ressource vacante devient significative, cela peut conduire à devoir réorganiser les multiplex pour éviter qu’un nombre trop faible de services ne doivent, le cas échéant, se partager les coûts de diffusion d’un multiplex. C’est notamment ce qui a été fait en juin 2025 lors de l’arrêt des chaînes payantes de GCP qui étaient toutes diffusées depuis le multiplex R3 : les deux autres chaînes présentes sur ce multiplex, LCI et Paris Première, ont été transférées respectivement vers les multiplex R6 et R4 et le multiplex R3 a été arrêté.

Ce scénario laisse aux groupes audiovisuels l’entière maîtrise du calendrier d’évolution de leur offre sur la TNT. Ils la font ainsi évoluer quand ils le souhaitent, sous réserve de l’appréciation de l’Arcom, dans le cadre de la procédure décrite plus haut.

Toutefois, il faudrait a minima que le régulateur puisse pleinement apprécier la situation économique du secteur pour déterminer s’il doit lancer un appel aux candidatures sur la ressource radioélectrique laissée vacante au fur et à mesure. Or, l’article 31 de la loi du 30 septembre 1986 permet uniquement de différer le lancement d’un appel, pour une durée maximale de deux ans, renouvelable une fois. Il conviendrait que cet article soit modifié pour que le régulateur puisse disposer de toute la latitude nécessaire pour ne pas devoir relancer d’appel aux candidatures si les conditions ne s’y prêtent pas.

En outre, ce scénario présente plusieurs inconvénients.

Tout d’abord, il offre peu de visibilité aux éditeurs eux-mêmes alors que leurs stratégies de diffusion sur la TNT sont en partie liées. Le modèle économique d’un acteur sur la TNT dépend en effet notamment de l’offre globale proposée, et donc de son attractivité, ainsi que des coûts de diffusion, qui sont eux même dépendants du nombre d’acteurs sur cette plateforme. Il est probable que plus le nombre d’acteurs quittant la plateforme augmente, plus le mouvement d’arrêt risque de s’amplifier.

Ensuite, il place le régulateur dans des positions de court terme, l’invitant à réexaminer la situation de la TNT à chaque évolution et en cas de nouvelle disponibilité de fréquences. Il s’agit d’un processus peu efficace, chronophage et qui offre peu de perspectives de long terme et de sécurité économique pour les acteurs.

Par ailleurs, il pourrait être peu lisible pour les téléspectateurs. L’offre évoluerait périodiquement, sa numérotation également le cas échéant, et des recherches et mémorisation des chaînes devraient être effectuées dans certains cas. À plus long terme, l’arrêt de la TNT pourrait être difficile à accompagner. Or, pour les téléspectateurs, un changement de mode de réception de la télévision n’est pas toujours aisé, que ce soit du point de vue opérationnel ou financier.

Enfin, la plateforme TNT gratuite progressivement amputée d’une partie des services pourrait-elle continuer à être l’offre de référence sur les autres réseaux comme c’est le cas aujourd’hui, avec les privilèges qui s’y rapportent (reprise de la numérotation, visibilité sur les interfaces…) ou faudrait-il revoir, et dans ce cas à quel horizon, ce qui constituerait l’offre de référence de la télévision française et ses modalités gratuites d’accès au public (notamment par satellite) ?

vivien

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Quel avenir pour la TNT ?
« Réponse #124 le: Aujourd'hui à 06:42:03 »
Scénario 2 : une évolution de l’offre accompagnée plus étroitement par les pouvoirs publics

Plutôt que laisser les acteurs décider de l’évolution de l’offre en fonction de leurs seuls intérêts, les pouvoirs publics pourraient encadrer cette évolution, au nom de l’intérêt général.Les perspectives d’un éventuel arrêt de la TNT

L’offre évoluerait non pas au gré des demandes des acteurs, mais dans le cadre d’étapes clairement identifiées et de manière coordonnée. Il conviendrait notamment de déterminer le nombre de jalons : arrêt direct de la TNT ou au contraire plusieurs étapes intermédiaires avant un éventuel arrêt ? selon quels critères ferait-on évoluer l’offre ?

On pourrait par exemple envisager un basculement vers une offre plus réduite dont il faudrait déterminer notamment le périmètre, l’horizon à compter duquel cette nouvelle offre serait mise en place et l’accompagnement des téléspectateurs. Il en serait de même, à plus long terme, en cas d’arrêt de la TNT.

Ce scénario 2 nécessite une évolution profonde du cadre législatif pour encadrer ce processus, comme ce qui a été fait lors d’opérations précédentes d’une ampleur comparable. Ainsi, pour l’arrêt de la diffusion analogique, de 2009 à 2011, et la réaffectation de la bande 700 MHz au profit des opérateurs mobiles, de 2016 à 2019, des cadres législatifs ou règlementaires spécifiques 131 ont été mis en place afin d’accompagner les opérations à mener, aussi bien en termes de communication, de coordination, de calendrier, de gestion administrative des autorisations des services de télévision, d’aides financières pour les foyers éligibles, de financement plus général des opérations elles-mêmes. Il semble nécessaire que des cadres d’une ampleur au moins comparable soient mis en place pour décider puis mettre en œuvre une réduction d’ampleur voire un arrêt de l’offre gratuite de la TNT.

Si un tel scénario permet de pallier plusieurs inconvénients du scénario 1, il impose de fixer une stratégie collective entre l’ensemble des acteurs (pouvoirs publics, éditeurs, diffuseurs…), qui peuvent avoir des intérêts divergents ou, à tout le moins, ne pas vouloir faire évoluer leur offre dans le même calendrier.

En outre, la question des bénéfices dont disposent les acteurs de la TNT sur les autres plateformes et celle de la constitution d’une offre de référence alternative gratuite demeurent.

b) Enjeux soulevés par le scénario 2

Le scénario 2, plus encadré par les pouvoirs publics que le scénario 1, soulève plusieurs questions.


[...]

Les perspectives d’un éventuel arrêt de la TNT

Il conviendra que des cadres d’une ampleur au moins comparable soient mis en place pour décider puis mettre en œuvre un arrêt de l’offre gratuite de la TNT.

À ce titre, le Parlement a inscrit dans la loi le fait d’être formellement consulté sur les modifications d’affectation des ressources affectées à la radiodiffusion, compétence du Premier ministre, à travers la disposition du dernier alinéa de l’article 21 de la loi du 30 septembre 1986 prévoyant que la commission de la modernisation de la diffusion audiovisuelle soit « consultée préalablement par le Premier ministre sur tous les projets de réaffectation des fréquences affectées à l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique et de modernisation de la diffusion audiovisuelle. Elle rend son avis dans un délai de trois mois. ». Cette commission créée en 2013 succède à celle du dividende numérique qui avait été créée en 2007.

À l’instar du passage au tout numérique ou de la généralisation de la haute définition, un accompagnement du public apparaît souhaitable, tant dans le financement des moyens d’accès (raccordement, distribution, équipement de réception, etc.) à une offre alternative que dans son appropriation.

La pertinence d’attribuer des aides financières à une partie de la population, sous certaines réserves, pourrait ainsi être discutée. Un accompagnement des publics les plus sensibles, pour les familiariser avec les nouveaux usages, pourrait également être mis en place.

La circulation de l’information et la labellisation éventuelle des intervenants pourraient être confiée à un organisme ad hoc ou à une structure existante. En 2016, l’Agence nationale des fréquences avait ainsi été désignée pour piloter le projet de dégagement de la bande 700 MHz en s’assurant de l’information et de l’accompagnement du public. Dans la mesure où la bande de fréquences TNT serait vraisemblablement réattribuée à de nouveaux bénéficiaires, cette organisation pourrait être reconduite, et le financement des opérations soutenu, en tout ou partie, par ceux-ci.

Au-delà des modalités, la date à laquelle il serait mis fin à la diffusion hertzienne terrestre devrait être arrêtée suffisamment en amont, afin de ménager aux éditeurs et aux téléspectateurs le temps nécessaire pour s'y préparer et de garantir les conditions d'un accompagnement approprié. Sa détermination devra intégrer plusieurs facteurs, notamment l'évolution de la situation économique des acteurs et le recul de la TNT dans les modes de réception.

La définition d’une offre de référence en cas d’arrêt de la TNT

Les services disponibles sur la TNT disposent d’avantages, principalement liés aux obligations imposées aux distributeurs, tels que la reprise de l’offre sur les autres modes de distribution et le respect de la numérotation de la TNT. L’offre de la TNT constitue ainsi une offre visible de référence pour l’ensemble des modes de distribution des contenus audiovisuels.

En cas de forte réduction de l’offre de la TNT voire d’un arrêt de celle-ci, la question de la constitution d’une offre de référence alternative est centrale. Si son principe s’avère nécessaire dans le monde numérique, ses modalités restent indéfinies : quel serait son périmètre, quels services composeraient une telle offre de référence, et quelles modalités doivent être prévues ou renforcées pour garantir leur visibilité ?

Plus globalement, de nombreuses obligations sont aujourd’hui calibrées spécifiquement pour la TNT. Il conviendra de revoir l’ensemble de la réglementation et de la régulation qui s’appliquent aux services de télévision.


Source : Consultation publique Arcom

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