Auteur Sujet: Accident ferroviaire d'Adamuz en Espagne du 18 janvier 2026  (Lu 37966 fois)

thibthib et 2 Invités sur ce sujet

vivien

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Accident ferroviaire d'Adamuz en Espagne du 18 janvier 2026
« Réponse #96 le: 28 octobre 2026 à 21:13:31 »
Collision du 28 octobre 2026 : L'Espagne est en deuil, avec ce second accident sur LGV de l'année. Il a fait au moins 68 morts. La collision a eu lieu ce matin sur la ligne ferroviaire reliant Madrid à l’Andalousie.

Le ministre des Transports espagnol a dit « Une collision par rattrapage est un accident invraisemblable », et c'est vrai que c'est vraiment étonnant d'avoir ce type d'accident en 2026, vu la fiabilité des systèmes de protections des cantons.

A 8 h 30, une panne de communication a affecté trois ordinateurs du réseau, ce qui a provoqué l’interruption du système de sécurité LZB sur un tronçon de 63 kilomètres, près d’Urda, déclenchant l’arrêt automatique des 6 trains situés sur ce tronçon. Le dispositif LZB, utilisé aussi en Allemagne et en Autriche. Il repose sur des installations de contrôle sur le sol, d'un câble installé dans la voie et d'un terminal consulté par le conducteur depuis sa cabine. Il détermine la vitesse maximale autorisée et garantit le respect des distances de freinage requises. LZB déclenche un freinage d'urgence automatique, quand les conditions de sécurité ne sont plus respectées.

D'autres systèmes sécurisés existent, comme l'ancien système de signalisation automatique (ASFA). Le Système européen de gestion du trafic ferroviaire (ERTMS) était en cours d'installation (il n'était pas opérationnel).

La cause de la collision est assez étonnante : Suite à la panne, le contrôleur du poste d'Atocha est passé en mode manuel et a ordonné aux six trains arrêtés de redémarrer et de circuler à vitesse normale, La réglementation prévoit que les trains doivent circuler « en marche à vue », à une vitesse maximale de 40 km/h en Espagne (30 Km/h en France, il me semble). Cette faible vitesse permet de s'arrêter avant une collision si le conducteur aperçoit un train devant lui.

Je suis autant étonné par l'ordre de reprise de la vitesse normale du contrôleur que son application par le train AVE. Il me semble qu'en France la reprise à vitesse normale sans système de signalisation fonctionnel n'est pas une option possible.

A 8h53, le train à grande vitesse opéré par l’AVE a donc repris de la vitesse et a percuté 25 km plus loin le train à grande vitesse opéré par l’Yrio qui lui n'avait pas redémarré (l'enquête devra dire pourquoi). Les deux trains allaient tous les deux vers Séville et étaient parfaitement situés et localisés à tout moment par le poste d'Atocha, la panne ne touchait que le système de sécurité LZB .

Cochonou

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Accident ferroviaire d'Adamuz en Espagne du 18 janvier 2026
« Réponse #97 le: 28 octobre 2026 à 21:22:00 »
Oui, c'est dramatique et... très surprenant.
Ça me rappelle un peu l'accident de 2013 à Saint-Jacques de Compostelle où l'on a "découvert" que le contrôle de vitesse automatique n'était pas généralisé sur les lignes espagnoles.

alain_p

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Accident ferroviaire d'Adamuz en Espagne du 18 janvier 2026
« Réponse #98 le: 28 octobre 2026 à 22:47:00 »
Dramatique et stupide.

simon

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Accident ferroviaire d'Adamuz en Espagne du 18 janvier 2026
« Réponse #99 le: 29 octobre 2026 à 05:21:05 »
Suite à la panne, le contrôleur du poste d'Atocha est passé en mode manuel et a ordonné aux six trains arrêtés de redémarrer et de circuler à vitesse normale.

A 8h53, le train à grande vitesse opéré par l’AVE a donc repris de la vitesse et a percuté 25 km plus loin le train à grande vitesse opéré par l’Yrio qui lui n'avait pas redémarré (l'enquête devra dire pourquoi). Les deux trains allaient tous les deux vers Séville et étaient parfaitement situés et localisés à tout moment par le poste d'Atocha, la panne ne touchait que le système de sécurité LZB .[/size]

Outre le fait que les trains aient accepté de rouler à plus de 30-40km sans signalisation (problème technique? erreur humaine lors de la configuration? défaillance de gestion interne de l'entreprise ou de la réglementation qui permet au système de contrôle du train de le faire?)...

1. le poste de contrôle perd la visibilité sur la position des trains
2. il sait que plusieurs trains roulent sur la même voie, dont deux qui sont à 25km l'un de l'autre (il avait la position avant la panne, je suppose)
3. la reprise du trafic est ordonnée sans confirmation du bon redémarrage de tous les trains (ce qui, je suppose, est autorisé lorsqu'on roule à vue? le ferroviaire n'est pas mon domaine)
4. un train n'arrive pas à redémarrer pour une raison inconnue, et soit le poste n'en est pas informé par son conducteur, soit cette information n'est pas prise en compte,
5. le poste autorise les trains à reprendre leur vitesse normale
(l'ordre de ces points n'est pas chronologique, je n'ai pas d'info).

Whoa. Si on ajoute à cela le fait que l'Espagne a vécu plusieurs accidents ferroviaires importants ces dernières années, c'est assez stratosphérique.

vivien

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Accident ferroviaire d'Adamuz en Espagne du 18 janvier 2026
« Réponse #100 le: 29 octobre 2026 à 07:04:58 »
Selon le ministre des transports espagnol, Oscar Puente, « les trains étaient parfaitement situés et localisés à tout moment ».

De plus le premier train (Iryo 6076), celui qui a été percuté, a signalé au contrôle qu'il n'arrivait pas à redémarrer. Le contrôleur du poste d'Atocha à :
- Autorisé le train AVE 2080 à reprendre sa marche à pleine vitesse, alors que le système de signalisation est en panne
- N'a pas communiqué au train AVE 2080 que le train devant lui, Iryo 6076, ne parvenait pas à redémarrer.



Steph

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Accident ferroviaire d'Adamuz en Espagne du 18 janvier 2026
« Réponse #101 le: 29 octobre 2026 à 07:50:05 »
Whoa. Si on ajoute à cela le fait que l'Espagne a vécu plusieurs accidents ferroviaires importants ces dernières années, c'est assez stratosphérique.
C'est trop chiant les procédures rigoureuses.
Cela entrave le marché.

Cochonou

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Accident ferroviaire d'Adamuz en Espagne du 18 janvier 2026
« Réponse #102 le: 29 octobre 2026 à 07:50:53 »
Je me demande comment il faut interpréter ce qu'a dit le ministre des transports. Si le LZB est en défaillance et se met en mode de protection (tous les signaux cabine avec ordre d'arrêt), est-il vraiment possible que la localisation des trains soit 100% opérationnelle ?
Ou cela veut-il juste dire que le poste de contrôle savait à quel point kilométrique les trains étaient arrêtés ? En tout cas suite aux discussions qu'on a eues précédemment, on sait maintenant que cette ligne utilise des circuits de voie classiques pour la localisation des trains. Le fait même que l'accident soit survenu semble au contraire indiquer que le poste de contrôle n'avait pas une visualisation en temps réelle de la position des trains.

On parle beaucoup d'erreur humaine, mais comme l'a dit Vivien, on dirait qu'au-delà de ça c'est davantage un problème de procédure. Comment les trains ont pu la circulation à marche normale sans signalisation opérationnelle ? Comment la procédure peut-elle l'autoriser ? Et si la procédure ne l'autorise pas, comment les conducteurs ont-il pu suivre cette autorisation ?

Cet article donne d'autres informations intéressantes :
https://www.democrata.es/fr/actualite/les-enregistrements-audio-de-l-accident-de-train-d-urda-revelent-l-ordre-donne-a-l-ave-de-poursuivre-a-marche-normale-et-l-avertissement-d-iryo-avant-la-collision/


Les communications antérieures à l’accident ferroviaire d’Urda apportent de nouveaux détails sur les instructions que les conducteurs ont reçues avant la collision. Selon une exclusivité publiée par EL PAÍS, le contrôleur d’Atocha a autorisé l’AVE à reprendre la circulation avec « marche normale ». La conductrice de l’Iryo a également reçu cette instruction, mais elle a repris contact ensuite pour avertir qu’elle était toujours à l’arrêt et ne parvenait pas à redémarrer le train.
...
Le passage le plus pertinent de la transcription publiée par EL PAÍS correspond à la communication avec le train 2080 de Renfe. On y identifie le destinataire et l’heure de 08:36 est indiquée.
Le contrôleur indique au conducteur de déconnecter et de reconnecter le système LZB puis de reprendre la marche. Il précise ensuite qu’il doit le faire sous le régime du BSL et avec « marche normale ».
Le conducteur demande expressément si l’instruction est de continuer en marche normale. La réponse du contrôleur est affirmative.
...
Selon la reconstitution d’EL PAÍS, l’AVE se trouvait à quelque 25 kilomètres derrière l’Iryo. L’interprétation du Gouvernement est que l’autorisation violait la procédure applicable à cette situation, qui exigeait une circulation restreinte, avec une limitation de 40 kilomètres à l’heure.
...
Selon l’exclusivité, la conductrice du Iryo a également reçu l’autorisation de reprendre la marche normale. Cependant, cette instruction ne s’est pas traduite par un mouvement effectif du convoi : sept minutes plus tard, elle a rappelé parce qu’elle ne parvenait pas à redémarrer le train et qu’elle était toujours à l’arrêt.

Cette distinction est fondamentale pour reconstituer l’accident. Autoriser un train à continuer ne prouve ni qu’il a démarré ni que le tronçon qu’il occupait est resté libre. Le deuxième appel du Iryo communiquait précisément cette différence entre l’ordre reçu et la situation réelle du convoi. D’après la chronologie publiée, il manquait cinq minutes avant l’impact.


On parle ici de BSL, block à signalisation latérale. Ca voudrait donc dire que contrairement à nos LGV il y a un système de signalisation lumineuse en plus du LZB, probablement utilisé en cas de panne du LZB avec cantonnement classique. On comprend donc pourquoi les trains auraient pu circuler à marche normale à terme (enfin probablement plus exactement à vitesse réduite de 200 km/h max pour pouvoir voir la signalisation latérale). Mais normalement ils auraient du tous circuler en marche à vue jusqu'au prochain signal indiquant que le canton était libre...
Et si la procédure n'autorise que la marche à vue, les conducteurs auraient du refuser la marche normale, indépendamment des indications du poste de contrôle.

vivien

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Accident ferroviaire d'Adamuz en Espagne du 18 janvier 2026
« Réponse #103 le: 29 octobre 2026 à 09:34:05 »
Oui, il y a une signalisation classique (ASFA) en plus du LZB qui était en panne.

On peut voir ça également sur la ligne 14 du métro parisien : Il y a une signalisation classique en cas de panne. Les cantons de la signalisation classique sont de grande taille, en situation normale, les métros 14 en conduite automatique grillent les sémaphores (feu rouge).




Un passager qui se trouvait à l'arrière du TGV de la Renfe est sorti par ses propres moyens juste après la collision et a filmé une vidéo en marchant à côté des trains.

Sur les images, on voit les rames des deux convois (Iryo et TGV) ainsi que l'état de la voie et des wagons après la collision. Tout en filmant, il commente à voix haute la gravité de ce qu'il a devant lui et précise que l'impact principal s'est concentré à l'avant, car à l'arrière, ils l'ont à peine ressenti.

C'est l'un des premiers témoignages visuels pris au sol par un survivant de l'accident survenu ce matin près d'Urda (Tolède).



Source : X de @oyalapost, traduit de l'Espagnol.