Auteur Sujet: Grandir et vivre avec les réseaux sociaux : quels impacts sur la santé mentale ?  (Lu 1844 fois)

vivien et 1 Invité sur ce sujet

chad86

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je me rappelle quand j'étais au collège les portables étaient interdits dans toute l'enceinte du collège
si quelqu'un te voyait avec il était confisqué par le principal
je ne sais pas si c'était le règlement du collège ou si c'était national

certains adultes se moquaient en me disant de me faire greffer le portable dans le bras
mais techniquement 20 ans plus tard c'est ce qu'il s'est passé non ?
enfin on en est pas loin avec les montres connectées 😅
[j'ai quitté le collège en 2004]

vivien

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Cela a un peu changé...



Casiers pour stocker des téléphones dans un collège (un casier par classe) : Maintenant ces caissiers ne sont pas un remède à tout : certains jeunes ont deux téléphones : un qui est mis dans le casier et l'autre qu'ils gardent dans leur cartable.

Certains disent également avoir oublié leur portable alors qu'il est dans leur cartable.



Les dispositifs sont variés et pas encore généralisés. Certains collèges laissent le téléphone au collégien, mais dans une pochette anti-ondes verrouillée :

Afin de garantir le respect de cette règle, le collège a acquis des pochettes anti-ondes destinées aux élèves qui se présenteront avec un téléphone ou un dispositif électronique de communication. A l’entrée du collège, chaque élève concerné aura l’obligation de ranger son téléphone dans sa pochette qui restera close toute la journée. Il demeurera responsable de son téléphone. A la fin des cours, les pochettes seront déverrouillées au moyen de clefs magnétiques mises à disposition à la sortie de l’établissement.

Mise en place du dispositif « Portables en pause » à compter du lundi 9 mars 2026 dans un collège parisien :[/size]  cliquez sur les miniatures ci-dessous - les documents sont au format PDF)
     

vivien

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Le président de la République s'est rendu à Mirecourt le vendredi 28 novembre 2025, voici l'extrait où il parle de l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans



Version Texte :

Emmanuel MACRON

Et il est clair qu'avant 15-16 ans, les réseaux sociaux ne sont pas une bonne chose. Parce qu'à la fois, on n'a pas consolidé suffisamment sur le plan affectif, sur le plan émotionnel et sur le plan cognitif les choses. En fait, le cerveau n'est pas terminé, n'est pas mûr pour être exposé à ça. Et on peut le documenter assez facilement, c'est que cette génération malheureusement à laquelle on a laissé accès à peu à tout. On a vu une flambée du harcèlement en ligne qui a renforcé le harcèlement physique, mais on a vu une flambée des troubles du comportement alimentaire. Beaucoup de jeunes filles étant confrontées à la vision justement de corps idyllique par ces réseaux, etc., une flambée des formes de violence ou de désocialisation. On a beaucoup trop de jeunes qui, par les réseaux sociaux, accèdent à des contenus pornographiques. Et donc, on peut se battre tous les jours pour dire : l'égalité femmes-hommes est clé pour nous, le respect de la femme, la lutte contre les violences. On a de plus en plus de nos jeunes par rapport à nos générations dont l'éveil, si je puis dire, à la conscience affective, sentimentale, se fait par les réseaux et la pornographie en ligne. On a une flambée de solitude et, au fond, un problème de santé mentale de nos jeunes. Même si on n'arrive pas à faire vraiment un lien de cause à effet, on a clairement un lien de corrélation. Et donc, pour moi, la clé de tout ça, c'est qu'on doit prendre ces réseaux. Donc, 1) il faut avoir beaucoup plus l'école et la petite enfance avec nous. Maintenant, c'est fait, ce sont ces règles qu'on met en place. C'est pour ça qu'on a sorti le portable du collège maintenant dans tous les collèges à la rentrée dernière, qu'on va sans doute l'élargir au lycée à la rentrée prochaine avec le ministre. Il est en train de regarder ça. Et on prévient maintenant, on engage avec les parents sur ces sujets, dans les réunions parents-profs, et on va lancer une grande campagne nationale de communication et de prévention à l’égard des parents. Mais les parents, si on veut les engager, il faut pouvoir leur dire ce qu’est un consensus scientifique, c’est celui que je vous donne, et il faut leur dire, vous avez un rôle à jouer parce qu’aussi, on vous donne une norme. Et la dernière, on va peut-être y revenir, mais c’est de dire, avant 15 ans, il ne faut pas exposer les enfants devant les réseaux. Et donc, on va interdire les réseaux sociaux avant 15 ans. Pour que ça marche vraiment, il faut que les parents jouent le jeu. Mais on va donner aux parents une norme. Jusqu’à présent, il n’y en avait pas vraiment, parce qu’on n’en sait plus aujourd’hui.

Animatrice

C’est la majorité numérique que vous défendez, c’est ça ?

Réponse d'Emmanuel MACRON

Oui. Mais je ne sais pas s’il y a des questions de lecteurs là-dessus.

Animatrice

Pas exactement là-dessus.

Emmanuel MACRON

Alors, je peux vous le dire en deux mots, si vous voulez que je détaille. Mais je pense que la question de Monsieur était, à mon avis, aussi très importante, parce qu’en partant de la prévention, tout ce qu’on se dit ne marche que si les familles adhèrent. Parce qu’on peut dire, on va interdire les écrans avant 15 ans, il faut que les familles jouent le jeu. Alors moi, je pense qu’elles joueront le jeu. Aujourd’hui, les familles, elles n’ont pas de normes. On ne leur a rien dit, on les a laissées se débrouiller toutes seules. Mais on a progressivement, ça s’est fait il y a quelques décennies, interdit le vin pour les mineurs. Il y a 60 ans, on servait du vin aux gosses. On l’a interdit. Il y a peut-être toujours des gens qui servent de la bière aux nourrissons, mais à mon avis, ce n’est pas la majorité aujourd’hui dans le pays, parce que quand on donne une norme aux familles, elles savent que ce n’est pas bon pour leurs enfants, elles ne vont pas le faire. Bon, il faut bien dire qu’on n’a pas jusqu’alors porté un discours qui consistait à dire que c’était mauvais en soi. Là, maintenant, on le sait, on l’a établi, donc on va dire et on va porter cette règle. Comment on va le faire ensuite dans la loi ?

De deux manières. D’abord, on a — c’est pour ça que ça a pris du temps après la commission écrans — l’été dernier, il y a quelques mois, la Commission européenne, suite à nos questions et nos demandes, nous a donné des lignes directrices de cette fameuse directive sur les services numériques, et elle a dit : « oui, vous avez la possibilité de demander la vérification de l’âge. » C’est exactement ce qu’on avait utilisé sur les sites pornographiques. Pour interdire les sites pornographiques aux moins de 18 ans, on leur a imposé la vérification de l’âge. Ça a été une grande bataille. Maintenant, c’est fait en France et dans beaucoup de pays européens. Elle nous a dit : « vous pouvez le faire de manière plus large pour les réseaux sociaux. » Donc ça, on l’a. C’est une compétence européenne. OK. Et ensuite, elle dit : « c’est à chaque État de définir sa majorité numérique. » Donc ça, ça va être une loi nationale qui va définir la majorité numérique. Nous, on va proposer 15 ans. Et on va pouvoir activer ces moyens techniques qui existent pour dire : 15 ans, c’est la majorité numérique, donc on vous demande à vos plateformes, quand les gens s’inscrivent, de vérifier l’âge par différentes techniques et de bloquer l’accès à votre réseau à quelqu’un qui aurait moins de 15 ans. C’est comme ça qu’on va le mettre en place. Donc c’est ça. C’est une loi nationale, pour être très précis. Donc ça, les délais peuvent être raisonnables, parce qu’on a obtenu ce qu’on veut obtenir de niveau européen, qui est la vérification obligatoire.


Professeure de ventes (CAP au BAC Pro métiers du commerce et de la vente)

Bonjour Monsieur le Président, bonjour à tous. Je suis professeure de ventes depuis un peu moins de 5 ans. J’interviens dans différents établissements pour former un peu plus de 50 jeunes chaque semaine. J’ai fait un constat dans ces différents établissements, les jeunes sont vraiment dépendants d’abord de leur téléphone portable, puis des réseaux sociaux puisqu’ils utilisent comme moyen le téléphone portable pour accéder aux réseaux sociaux. Et malheureusement, en vente et commerce, on est dans l’obligation d’utiliser des ordinateurs et des téléphones pour s’adapter à l’évolution des méthodes de vente sur le marché. Dans l’école où j’exerce actuellement, il y a un dispositif qui a été mis en place. Il consiste à récupérer les téléphones portables pour les ranger dans un casier qui est fermé à clé. Mais ces jeunes trouvent quand même le moyen de contourner le dispositif. Nous avons des jeunes qui ont deux téléphones portables, qui en disposent un, qui conservent le second, d’autres qui mettent discrètement la coque de téléphone et qui conservent le téléphone, et d’autres qui nous font croire qu’ils n’ont pas leur téléphone, mais il est bien rangé dans un cartable. Difficile pour nous de faire la fouille, puisque nous sommes quand même limités. Il faut respecter ses élèves. Donc, on voit bien une réelle dépendance. Donc ma question est : quelle stratégie éducative et préventive prévoyez-vous pour lutter contre la dépendance aux réseaux sociaux chez les jeunes ?

Réponse d'Emmanuel MACRON

Merci beaucoup. Ce que vous décrivez, je crois que beaucoup d’enseignants l’ont vu et on le voit, ça rejoint ce que je viens d’évoquer. Alors, ça crée une dépendance et on a, en fond, une crise de l’attention, ce qui est terrible pour apprendre et pour vivre en société et échanger. Cette crise de l’attention, elle est due à quoi ? Beaucoup de ces jeunes sont sur les réseaux, y compris à la maison. Donc ils ne lisent plus, ils ne se posent plus sur un texte, non, etc. La moyenne pour ces jeunes, elle est de 4h20 par jour sur les réseaux. 4h20 par jour. Et du coup, on a beaucoup de jeunes, ça arrive, moi, j’en ai vu même qui m’expliquaient ça et ce qu’ils avaient vécu, bah ils sont devenus addicts, ils sont dépendants. C’est comme une drogue, parce qu’il y a ce phénomène de l’algorithme que j’évoquais.

Et donc, vous avez des jeunes qui arrivent épuisés en cours et qui, après, en effet, ont besoin d’être sur leur téléphone pour vérifier, échanger, aller sur les réseaux. Mais c’est vraiment une crise de l’attention et donc, de l’apprentissage, de la possibilité d’apprendre. Donc, d’abord, première chose, c’est la prévention des familles, des profs. Et la bataille qu’on est en train de remettre, on n’a jamais lâché, mais en avant, sur la lecture qui est clé, parce que c’est l’antidote absolu. Comme je dis à beaucoup de ces jeunes, que vous alliez sur les réseaux, mais encore plus sur l’IA, c’est une ode à la lecture, l’intelligence artificielle, parce qu’une intelligence artificielle, c’est juste un supercalculateur qui a lu beaucoup de livres. Donc, plutôt que de dépendre de lui, lisez vous-même un maximum de livres, ça vous rendra plus intelligents et autonomes, et ça vous débarrassera de ce truc.

Je ferme cette parenthèse, là aussi. Donc, c’est la prévention, c’est expliquer, c’est les accompagner. C’est ensuite faire ressortir qu’on est malheureux quand on est en situation de dépendance. Quelle qu’elle soit, on n’est pas bien. Et la troisième chose, c’est l’interdiction qui l’accompagne. Et donc la stratégie, c’est interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans. Et on va beaucoup mieux préparer les jeunes à cela, ce qui fait qu’on aura, c’est ce qu’on croit profondément, moins de comportements addictifs. Puis la deuxième chose, c’est l’interdiction assumée du portable. Je pense que vos jeunes sont plutôt lycéens, donc le portable n’est pas interdit. Donc comme c’est que l’établissement qui fait, il y a moins de consensus. On l’avait fait dans les collèges de manière expérimentale. On l’a généralisé, donc, en septembre dernier. Les retours qu’on a, je parle sous le contrôle, s’il y a des enseignants ici et des rectorats, c’est que ça marche plutôt bien, parce que comme c’est une interdiction nationale, c’est assumé. Alors, il y a des techniques diverses, il y en a qui ont mis des casiers, il y en a qui disent que c’est interdit de la cloche à la cloche. Mais en tout cas, ça, maintenant, on l’installe. Plus de portable au collège. Vous aurez du coup des jeunes qui, quand même, ont été habitués à autre chose. Et à partir de la rentrée prochaine, on veut faire plus de portables au lycée pour vraiment aller au bout de cette démarche et dire : ce n’est pas le lieu où vous devez faire ça, c’est le lieu où vous apprenez et puis, c’est le lieu où vous échangez. Parce que sinon, je vous défie d’aller en cours de récréation dans un lycée à la seconde. Vous pouvez avoir des jeunes, parfois les adultes ne sont pas mieux. Regardez les transports en commun ou autre qui sont la tête comme ça à 2 mètres. Il n’y a plus aucune interaction, il n’y a plus d’humanité. Et donc, je pense, c’est à la fois prévention, accompagnement et interdiction. Et on va le faire au niveau national.


Source : site de l'Élysée

vivien

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Réponse d'Emmanuel Macron sur le risque de contournement de l'interdiction



Version Texte :

Professeure de ventes (CAP au BAC Pro métiers du commerce et de la vente)

J’aimerais rebondir sur votre mesure qui consiste à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Je pense que c’est peut-être une méthode radicale qui pourrait avoir des conséquences à long terme par rapport à ce que je perçois, moi, avec les jeunes. Ça pourrait créer une frustration. Certains pourraient, par exemple, utiliser des méthodes contournées pour accéder à ces réseaux sociaux. On le voit, par exemple, avec l’alcool. La restriction n’a pas empêché les jeunes d’être alcooliques, de consommer l’alcool, des mineurs. Donc, ça veut dire que si on met en place une mesure radicale pour les moins de 15 ans, ils vont certainement s’allier à des jeunes de plus de 16 ans, 18 ans, pour accéder aux réseaux sociaux. Est-ce que cette mesure radicale est efficace ? Est-ce que ce ne serait pas un peu risqué ?

Réponse d'Emmanuel MACRON

Mais en vrai, si j’avais des réseaux sociaux qui coopèrent, je pourrais leur dire, faites des contenus pour les jeunes. Ils ne coopèrent pas. Ce n’est pas leur intérêt, ils ne le feront pas. Et ça va nous prendre des années, et je pense qu’on n’y arrivera pas. Ce que vous dites est tout à fait vrai. Mais d’abord, la première vertu de l’interdit, c’est de dire : on sait que c’est mauvais. Moi, ma responsabilité, c’est d’abord d’aller jusqu’au bout. On sait que c’est mauvais pour un jeune avant 15 ans. Il y a même des scientifiques qui disent avant 16 ans. Si je sais que c’est mauvais, est-ce que je suis bien inspiré de le laisser ? Non. 2) je donne une norme. Donc toutes les familles qui sont prêtes, qui disent : « on m’a dit que c’est mauvais, les scientifiques le disent, le Gouvernement français, le législateur français dit que c’est mauvais, on va voter une loi », là, je peux vous dire qu’une écrasante majorité des familles, elles diront : « non, on va le respecter. » Et c’est tout à fait vrai. Il y a malgré tout des gens qui essaieront de contourner. Mais est-ce que ce sera la majorité ? Non. Et ils vont progressivement réfléchir.

Vous avez pris la très bonne comparaison avec l’alcool. Aujourd’hui, combien de jeunes de 14 ans sont alcooliques ou boivent ? C’est très, très, très minoritaire. C’est tout petit. Alors, c’est des jeunes qui, parfois, d’ailleurs, sont laissés... La plupart du temps des jeunes qui sont dans des familles éclatées, des jeunes qui sont dans des situations familiales très dures. Mais sincèrement, je ne connais pas beaucoup de familles qui font boire leurs enfants. Je n’en connais pas. Avant l’âge, il y en a qui peut-être déroge, qui commence à 16 ans pour faire goûter tel ou tel alcool, ou dans les fêtes de famille. Mais on l’a tous pris. Il y a 50 ans, quand il n’y a pas d’interdiction qui était passée, enfin, ça a commencé sous Mendes, je peux vous dire que c’était très jeune. Donc ça marche. Et je ne peux pas, en sachant ça, en ayant un consensus, dire : on laisse les familles sans normes. Donc est-ce que ce sera 100 % du jour au lendemain ? Non, parce qu’on ne va pas mettre un contrôle social derrière chacun. Mais enfin, comme il y aura une vérification d’identité, il faudra que l’adulte ou un majeur de la famille aille ouvrir le compte ou la plateforme pour que le jeune y aille. Il y en aura, vous avez raison. Mais je pense quand même qu’on aura avancé dans la bonne direction et qu’on aura engagé un maximum de jeunes. Un maximum. Et de ce qu’on a fait pour l’alcool comme ce qu’on a fait pour le tabac, comparaison n’est pas raison, bah il faut le faire pour les réseaux. Et c’est la même chose que ce que vous avez dit sur l’alcool. Il y a des jeunes, très jeunes parfois, qui fument. Et c’est interdit. On leur fait comprendre. Donc, on ne passera pas à zéro. Mais je pense que c’est la méthode la plus efficace si on considère, et c’est ce que maintenant nous disent les scientifiques, que c’est un vrai risque. Et c’est un risque affectif, émotionnel et cognitif. C’est ça qu’il faut comprendre. C’est-à-dire que ça change la manière de se comporter avec les autres, les réseaux sociaux. Ça change la manière d’évoluer en société. Et ça change la manière d’apprendre et ça l’abîme. Donc, pour toutes ces raisons, je crois vraiment qu’il faut le faire.


Source : site de l'Élysée