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Veille technologique => Discussion démarrée par: vivien le 18 février 2026 à 22:04:34
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En février, ce sont les "Safer Internet Day". Créé par la Commission Européenne en 2004, c'est un événement annuel de sensibilisation aux usages responsables du numérique à destination des jeunes.
(https://lafibre.info/images/doc/logo_safer_internet_days.webp)
Le contenu ci-dessous va surtout intéresser les parents.
Je vais commencer par faire un résumé plus accessible d'un rapport essentiel :
« Enfants et écrans. À la recherche du temps perdu »
À gauche le rapport complet, à droite mon résumé avec des images, également repris ci-dessous :
(cliquez sur les miniatures ci-dessous - les documents sont au format PDF)
(https://lafibre.info/images/doc/202404_enfants_et_ecrans_rapport.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202404_enfants_et_ecrans_rapport.pdf) (https://lafibre.info/images/doc/202404_synthese_enfants_et_ecrans_a_la_recherche_du_temps_perdu.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202404_synthese_enfants_et_ecrans_a_la_recherche_du_temps_perdu.pdf)
Le président de la République a commandé, à une Commission constituée d’experts de la société civile, un rapport pour évaluer les impacts de l’exposition des enfants aux écrans et formuler des recommandations. Le rapport de 142 pages comporte de nombreuses informations à destination pouvoirs publics ou des professionnels en contact avec les enfants. On y retrouvera, par exemple, une proposition de « démarrage des cours au collège et au lycée à 10 h 00 (https://lafibre.info/images/doc/202404_enfants_et_ecrans_demarrer_les_cours_a_10h00.webp) ; étant précisé qu’il ne s’agit pas là d’une réponse à laquelle on pourrait substituer l’intention de coucher plus tôt les adolescents […], mais d’un enjeu qui a trait directement au rythme biologique des enfants et des adolescents ».
La synthèse ci-dessous se limite aux principales informations à destination des parents.
Cette synthèse, que j'ai réalisée, tente d’être aussi fidèle que possible au rapport, toutefois, il est recommandé de se référer à la source. De plus, j'ai approfondi et actualisé certaines ressources externes citées par le rapport.
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1 Panorama de la présence des écrans auprès des mineurs
Dans la première partie « Exposition des enfants et des adolescents aux écrans : de quoi parle-t-on ? », la Commission, co-présidée par Servane Mouton, neurologue, et Amine Benyamina, psychiatre addictologue fait un état des lieux de la présence des écrans et de leur usage par les mineurs.
1.1 Niveau d’équipement en écrans des enfants et adolescents
Les écrans sont omniprésents, en moyenne un foyer français détient 11,2 écrans :
• 3,1 téléphones mobiles/smartphones ;
• 2,2 téléviseurs (il peut être relevé que le nombre de téléviseurs tend à diminuer) ;
• 2,2 ordinateurs (portables ou fixes) ;
• 1,4 tablette ;
• 1,2 console de jeu portable ;
• 1,1 montre ou bracelet connecté.
Source : données du baromètre du numérique, édition 2026 (cliquez sur la miniature ci-dessous - le document est au format PDF)
(https://lafibre.info/images/doc/202602_barometre_du_numerique_edition_2026.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202602_barometre_du_numerique_edition_2026.pdf)
Le taux d’équipement personnel (véritablement dédiés à leur usage propre), des enfants et des adolescents :
• Les 7 – 12 ans détiennent en moyenne 1,6 écran personnel : 35 % détiennent smartphone personnel ; 19 % sont équipés d’un ordinateur personnel ; 58 % d’une console de jeux personnelle.
• Les 13 – 19 ans détiennent en moyenne 2,9 écrans personnels : 89 % détiennent un smartphone (+12 points par rapport à 2016) ; 69 % sont équipés d’un ordinateur et 63 % d’une console de jeux.
Parmi les jeunes qui possèdent un smartphone personnel à l’âge de 10,5 ans (34 % en 2022), l’âge moyen d’acquisition était estimé à 9 ans et 8 mois (étude IPSOS, Junior Connect’, Edition 2022 (https://www.ipsos.com/fr-fr/malgre-un-temps-croissant-passe-sur-les-ecrans-les-jeunes-lisent-toujours-autant)).
1.2 Usage des écrans : vidéos, jeux et réseaux sociaux
D’après une enquête de e-Enfance avec Toluna-Harris Interactive de février 2023 (https://harris-interactive.fr/wp-content/uploads/sites/6/2023/03/Presentation-Toluna-Harris-Les-enfants-les-parents-et-les-enjeux-numeriques-Google-VF.pdf), les parents interrogés indiquaient que leurs enfants avaient commencé à utiliser Internet (avec un adulte) à 5 ans et 10 mois et que l’âge auquel ils avaient commencé à utiliser Internet seul était de 6 ans et 10 mois.
Les premiers usages d’Internet par les 6-10 ans concernent surtout des activités en lien avec le divertissement, dans le but de se détendre, de s’amuser et d’assouvir sa curiosité : 44 % pour regarder des vidéos, 34 % pour utiliser des applications créatives et 33 % pour écouter de la musique. Une étude de l’association e-Enfance 3080-Caisse d'épargne de juin 2023 (https://e-enfance.org/wp-content/uploads/2023/10/20231017_Infographie_Etude-Caisse-dEpargne_e_Enfance_Cyberharcelement.pdf) montre que 86 % des 8-18 ans sont inscrits sur les réseaux sociaux.
Les enfants âgés de moins de 13 ans sont inscrits en nombre sur des réseaux sociaux, pourtant en théorie interdits au moins de 13 ans : selon une étude Génération numérique de février 2022 (https://asso-generationnumerique.fr/wp-content/uploads/2022/02/Enquete-pratiques-nume%CC%81riques-2022.pdf), 58 % des jeunes de 11 – 12 ans en 2021 avaient un compte sur au moins l’un des réseaux sociaux. Le rapport du Sénat sur TikTok de juillet 2023 a signalé que 45 % des Français de 11-12 ans sont inscrits sur l’application TikTok.
D’après une enquête de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) de février 2020 (https://www.cnil.fr/sites/cnil/files/atoms/files/sondage_ifop_-_comportements_digitaux_des_enfants_-_fevrier_2020.pdf), la première inscription sur un réseau social interviendrait en moyenne vers l’âge de 8 ans et demi et plus de la moitié des enfants de 10 à 14 ans seraient présents sur ces plateformes.
Une étude de l’ARCOM de mars 2023 (https://www.arcom.fr/sites/default/files/2023-05/La_frequentation_des_sites_adultes_par_les_mineurs%20-%20Etude_Arcom_0.pdf), effectuée via les mesures d’audience Internet de Médiamétrie, précise pour sa part que 2,3 millions de mineurs en France fréquenteraient des sites pornographiques chaque mois, dont la moitié des garçons à partir de l’âge de 12 ans et deux tiers des garçons âgés entre 16 et 17 ans. Ces données sont en nette progression (+600 000 en 5 ans, soit +36 %). Pour 75 % des moins de 18 ans, les contenus sont visionnés sur un téléphone portable. Il doit être souligné que ces contenus sont inadaptés à un public mineur, qui parfois n’a pas explicitement cherché ce contenu et y a eu accès alors qu’il cherchait à se renseigner sur la sexualité.
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2 Les impacts des écrans sur les enfants et adolescents
La seconde partie « Exposition des enfants et des adolescents aux écrans : Est-ce grave ? » va synthétiser en 34 pages les nombreuses études publiées sur le sujet.
2.1 Résumé des effets présumés des écrans par âge
• Avant 2 ans, les effets de l’exposition aux écrans sont associés à de moins bonnes performances au niveau du langage et des capacités attentionnelles ;
• De 2 à 6 ans, un temps d’écran supérieur à une heure par jour ou de télévision supérieur à 30 minutes par jour est souvent associé à de moins bonnes performances cognitives globales, attentionnelles, langagières et socio-émotionnelles ;
• De 6 à 17 ans : un temps d’écran supérieur à deux heures par jour pourrait être associé pour certains usages à de moindres capacités attentionnelles et à de moindres performances en lecture et scolaires, mais cela reste à confirmer ;
• Entre 15 et 18 ans : un usage à haute fréquence du smartphone (plusieurs fois par jour) a été associé à une augmentation des symptômes de type inattention, impulsivité et hyperactivité.
2.2 Temps moyen de consultation des écrans par les jeunes
Le temps d’écran moyen par jour : (moyenne des 4 grandes enquêtes de l’Anses et de Santé publique France)
• 3 à 6 ans : 1 heure et 58 minutes par jour ;
• 7 à 10 ans : 2 heures et 41 minutes par jour ;
• 11 à 14 ans : 3 heures et 47 minutes par jour ;
• 15 à 17 ans : 4 heures et 23 minutes par jour.
C’est beaucoup trop ! La tendance assez nette est celle d’une augmentation assez sensible du temps d’écran des enfants et des adolescents quand on regarde les études disponibles sur les périodes antérieures.
L’utilisation des écrans contribue, directement ou indirectement, aux déficits de sommeil.
Le rapport rappel les recommandations de durée de sommeil, en fonction de l’âge : (Source (https://www.sleephealthjournal.org/action/showPdf?pii=S2352-7218(15)00015-7))
(https://lafibre.info/images/doc/202404_enfants_et_ecrans_temps_sommeil.webp)
Dès la période intra-utero et jusqu’à l’âge de 25 ans environ, le cerveau est en développement et dispose d’une grande plasticité pour assimiler toutes les informations utiles et donc, dans le même temps, par une vulnérabilité plus forte encore aux événements néfastes de l’environnement.
Les perturbations susceptibles d’intervenir durant les moments clés du développement des systèmes perceptifs, notamment chez le très jeune enfant, entraîneront parfois des conséquences irréversibles. De manière similaire l’exposition à des substances psychoactives (alcool, cannabis et autres drogues) chez les jeunes adolescents avant 15 ans produisent des effets non réversibles sur le cerveau et les systèmes de régulation de l’impulsivité.
En contrepartie, ces périodes « sensibles » sont aussi des fenêtres d’opportunité pour intervenir sur l’environnement et pour agir positivement au bénéfice de la santé et de l’éducation des enfants et des adolescents.
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3 Qu’a-t-on fait jusqu’à présent pour réguler, conseiller et sécuriser l’usage des écrans par les mineurs ?
Le site Internet grand public « je protège mon enfant.gouv.fr (https://jeprotegemonenfant.gouv.fr/) » est cité, mais il est indiqué qu’il reste cependant assez peu connu du grand public et assez peu fréquenté.
3.1 La règle du « 3-6-9-12 » de Serge Tisseron
Parmi les recommandations les plus connues, la règle du « 3-6-9-12 » proposée dès 2008 par le psychiatre Serge Tisseron (https://www.3-6-9-12.org/les-balises-3-6-9-12/). Concrètement, cette règle se détaille de la façon suivante :
• Pas d’écran avant 3 ans ;
• Pas de console de jeu portable avant 6 ans ;
• Pas d’Internet avant 9 ans (puis Internet « accompagné » jusqu’à l’entrée en collège) ;
• Internet seul possible à partir de 12 ans, mais avec prudence.
(https://lafibre.info/images/doc/202404_regle_du_3-6-9-12_de_serge_tisseron_2.avif)
Depuis 2011, cette règle, qui a le mérite de la clarté et de la lisibilité, a été fortement relayée par les pédiatres et dans les PMI et s’est imposée comme une référence.
(https://lafibre.info/images/doc/202404_regle_du_3-6-9-12_de_serge_tisseron_1.avif)
(cliquez sur la miniature ci-dessous - le document est au format PDF)
(https://lafibre.info/images/doc/202404_regle_du_3-6-9-12_de_serge_tisseron.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202404_regle_du_3-6-9-12_de_serge_tisseron.pdf)
3.2 Des recommandations sur les temps d’écran par âge insuffisamment harmonisées
Serge Tisseron précise que la règle des « 3-6-9-12 » est nécessaire, mais qu’elle n’est pas suffisante à elle seule. Il recommande en complément de « cadrer le temps d’écran à tout âge ». Interview de Serge Tisseron par Lyon Capitale : « Comment poser des limites » (https://sergetisseron.com/wp-content/uploads/2021/02/interviewSergeTisseron.pdf).
De son côté, l’Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA) ne donne pas de bornes de temps par âge, mais conseille comme base aux parents de se référer à la capacité d’attention moyenne (https://afpa.org/dossier/ecrans/) de la tranche d’âge de leur enfant, soit :
• De 3 à 6 ans : 20 minutes ;
• De 6 à 8 ans : 30 minutes ;
• De 8 à 10 ans : 45 minutes ;
• Après 10 ans : 1 heure.
Au niveau international, l’OMS a émis de premières « lignes directrices » sur les interventions de santé numérique en 2019 (https://iris.who.int/server/api/core/bitstreams/e296ab3f-d4cc-441b-a5c2-e64cc96692c1/content), dans lesquelles elle recommande :
• Moins de 2 ans : ne pas du tout exposer les enfants aux écrans ;
• De 2 à 5 ans : « pas plus d’une heure, moins c’est mieux ».
(https://lafibre.info/images/doc/202004_oms_lignes_directrices_sante_enfants_de_moins_de_5ans_1.avif)
(cliquez sur la miniature ci-dessous - le document est au format PDF)
(https://lafibre.info/images/doc/202004_oms_lignes_directrices_sante_enfants_de_moins_de_5ans.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202004_oms_lignes_directrices_sante_enfants_de_moins_de_5ans.pdf) (https://lafibre.info/images/doc/202404_serge_tisseron_interview.avif)
3.3 La règle des « quatre pas » de Sabien Duflo
Autre recommandation, celle des « quatre pas » émise par la psychologue clinicienne Sabien Duflo (http://www.sabineduflo.fr/vous-et-les-ecrans-conseils-pratiques/), proposant les règles suivantes : « pas d’écran avant d’aller à l’école, pas d’écran dans la chambre à coucher, pas d’écran avant d’aller se coucher et pas d’écran pendant les repas » :
(Cliquer sur l'image pour ouvrir l'affiche au format A4 - le document est au format PDF)
(https://lafibre.info/images/doc/202404_regle_des_quatre_pas_sabine_duflo.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202312_regle_des_quatre_pas_sabine_duflo.pdf)
3.4 Des effets limités, faute de connaissance des recommandations et de cadre d’action harmonisé
En résumé, il ressort des constats faits pas la Commission que :
• Des recommandations et des conseils en termes de bonnes pratiques sur les usages des écrans par les enfants existent (que ce soit en fonction de leur âge, du temps passé, de la qualité des contenus…). Leur diversité, un manque d’harmonisation et de coordination dans les messages diffusés conduisent cependant à brouiller la lisibilité de la communication. Finalement, ces recommandations semblent insuffisamment connues du grand public et, quand elles le sont, semblent peu mises en œuvre.
• Beaucoup des règles proposées indiquent ce qu’il ne faut pas faire, mais pas toujours suffisamment comment il faut faire et pourquoi.
• Des actions locales intéressantes de mise en œuvre de certaines des recommandations sont proposées, mais elles restent encore très isolées ou localisées.
Un besoin de clarification des messages semble s’imposer, ainsi qu’une démarche de communication d’envergure pour atteindre et diffuser de façon massive les recommandations utiles sont nécessaires.
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4 Recommandations de mesures opérationnelles pour protéger les jeunes des effets néfastes des écrans
À l’issue de réflexions sur le bénéfice/risque, la Commission propose les principes d’action suivants :
• Renforcer la recommandation en vigueur de ne pas exposer les enfants de moins de 3 ans aux écrans ;
• Déconseiller l’usage des écrans jusqu’à l’âge de 6 ans, ou tout au moins qu’il soit fortement limité, occasionnel, avec des contenus à qualité éducative et accompagné par un adulte ;
• Après 6 ans, appeler à une exposition modérée et contrôlée.
La Commission se garde, en l’état actuel des connaissances, d’émettre des recommandations en termes de temps d’écran, car le temps d’écran est une variable très imparfaite pour réguler les activités numériques dont les effets s’avèrent souvent « usage-dépendant ». La Commission est en faveur de l’abandon de la logique du « temps maximum par jour », qui délivre insidieusement le message que regarder des écrans tous les jours est acceptable pour un jeune enfant. La Commission suggère qu’une limite de temps hebdomadaire serait plus à même de signifier qu’il est acceptable de regarder, de temps en temps, des programmes adaptés à l’âge de l’enfant, sur des moments balisés et accompagnés par un adulte.
La Commission déconseille les écrans non éducatifs les jours d’école : « les activités récréatives sur écran trouvent difficilement leur place les jours d’école. Elles ne sont pas forcément incontournables les jours de congés ».
La Commission propose par ailleurs d’interdire l’usage des « jouets connectés » destinés aux enfants de moins de 6 ans, à l’exclusion des boites à histoire connectées. Elle rappelle qu’il existe au contraire des alternatives stimulantes : lecture, mais aussi livres audio et histoires interactives, jeu libre, jeux de société, jeux de rôles, activités créatives, sportives et artistiques, discussions avec les pairs.
(https://lafibre.info/images/doc/202404_mpedia_les_propositions_de_la_commission_par_age.avif)
4.1 Les propositions de la Commission par age
• Moins de 3 ans : ne pas exposer les enfants aux écrans.
• De 3 à 5 ans (école maternelle) : écrans occasionnels, avec des contenus à qualité éducative et accompagné par un adulte.
• De 6 à 10 ans (école élémentaire) : exposition aux écrans modérée et contrôlée.
• De 11 à 12 ans (entrée au collège) : possibilité pour les jeunes de disposer de leur premier téléphone « briques » ou « à clapet ». Ce téléphone doit cependant être limité à la seule possibilité de téléphoner et d’envoyer de messages, mais pas encore de pouvoir aller sur internet de façon autonome.
• De 13 à 15 ans : sans inciter pour autant à un équipement dès l’âge de 13 ans, il pouvait être considéré comme possible d’équiper les jeunes de téléphones avec internet à partir de 13 ans, à la condition que l’accès aux réseaux sociaux et aux contenus illégaux ne leur soit pas permis.
• De 15 ans à 17 ans (entrée au lycée) : accès complémentaire aux réseaux sociaux éthiques.
• À partir de 18 ans : accès complet à internet.
(https://lafibre.info/images/doc/202404_enfants_et_ecrans_pas_de_tel_avant_11_ans_1.webp)
L’âge du premier téléphone et de l’accès ou non à internet sur ce téléphone cristallisent une grande partie des enjeux et des réflexions en matière d’écrans. L’identification de bornes d’âge est expliquée par la Commission, pour répondre à la demande des parents qui cherchent parfois à être étayés dans leur décision face à leurs enfants.
Un téléphone, et a fortiori un smartphone possédé avant l’âge de 11 ans expose en effet trop fortement les enfants aux différents risques sanitaires, à un âge où ils sont tout particulièrement vulnérables, qu’il s’agisse par exemple des risques de myopie, d’exposition à la lumière bleue, de troubles du sommeil ou encore des risques de sédentarité.
Une première étape est envisageable à l’âge de 11 ans. Cet âge correspond à une étape importante dans la vie du jeune qui sort progressivement de l’enfance et prépare son entrée dans l’adolescence. C’est l’âge à partir duquel, le plus souvent, il fait son entrée au collège. Le lien avec les parents évolue et le jeune commence à entrer dans un cycle de vie dans lequel il sera un peu plus autonome. L’éloignement du collège du domicile familial, l’usage des transports sans accompagnement des parents ou encore le début de certaines activités en autonomie (loisirs extérieurs ou activités sportives par exemple) peuvent justifier un besoin souvent plus important de pouvoir joindre ou être joint ses parents, ses éducateurs, voire ses amis. Pour l’ensemble de ces raisons, il paraît cohérent de proposer que le cap des 11 ans s’accompagne de la possibilité pour les jeunes de disposer de leur premier téléphone. Ce téléphone doit cependant être limité à la seule possibilité de téléphoner et d’envoyer de messages, avec des forfaits limités, mais pas encore de pouvoir aller sur Internet de façon autonome. La Commission recommande donc de privilégier plutôt des téléphones « briques » ou « à clapet » à cet âge. Elle considère que les acteurs du numérique ont un rôle essentiel à jouer en termes d’offre en appareils adaptés et de forfaits limités aux communications téléphoniques et aux textos, et ce faisant moins chers.
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4.2 L’âge du premier smartphone : 13 ans, mais sans les réseaux sociaux
Concernant le premier smartphone, au vu de la difficulté à protéger les jeunes des contenus addictogènes et toxiques, et des enjeux de santé somatique (notamment visuelle), la borne de 15 ans pour accéder à un smartphone pourrait être défendue ; elle a en outre la cohérence d’être conforme à la majorité numérique et au RGPD qui ouvre la possibilité de partager ses données personnelles sans consentement parental à cet âge ; d’être cohérente avec l’étape symbolique de l’entrée au lycée alors que les portables ne peuvent être utilisés au collège ; et permettrait enfin de faire fortement baisser la pression sociale sur l’acquisition du téléphone, attentes qu’ont pu exprimer certains collectifs et acteurs de la société civile.
Mais, dans le même temps, à 13 ans déjà, les enfants sont pleinement entrés dans l’adolescence, ont encore progressé en autonomie. Leurs activités en dehors du foyer sont plus nombreuses et s’ils ont toujours besoin naturellement de l’appui et de l’accompagnement de leurs parents, la place des pairs et de l’information qu’ils peuvent obtenir par eux-mêmes prennent une part plus importante. Et certains défendent à ce titre que cet âge de 13 ans puisse être considéré, sous réserve que l’étape du téléphone connecté soit fortement préparée avec les enfants.
À l’issue de sa réflexion, la Commission a considéré que, sans inciter pour autant à un équipement dès l’âge de 13 ans, il pouvait être considéré comme possible d’équiper les jeunes de téléphones avec Internet à partir de 13 ans, à la condition que l’accès aux réseaux sociaux et aux contenus illégaux ne leur soit pas permis.
(https://lafibre.info/images/doc/202404_enfants_et_ecrans_resume_parents_2.avif)
4.3 Le cas des téléphones au collège et au lycée
Collège :
La Commission considère que, dans l’ensemble, l’interdiction du téléphone portable au collège est respectée et ne présente pas de difficultés majeures. Les deux motifs principaux de consultation du téléphone en classe étant les messages envoyés par les parents eux-mêmes à leurs enfants pendant le temps scolaire et le fait de pouvoir consulter l’heure pour les élèves pourraient être limités en :
• Faisant signer une charte à tous les parents leur rappelant la règle d’interdiction des téléphones portables dans l’établissement et leur demandant de s’engager à ne pas envoyer de messages en journée aux collégiens.
• Remettant des horloges dans toutes les salles de classe, pour renseigner les enfants sur l’heure.
Lycée :
La Commission estime intéressant, et utile, que puissent être proposée dans les lycées la définition d’une stratégie partagée sur la place et l’usage des téléphones. Elle suggère pour cela que soient prévus, par exemple :
• La définition d’espaces « sans portables » (en plus des salles de cours) à déterminer en lien et autour du projet d’établissement, et en accord avec le conseil de la vie lycéenne ;
• L’accompagnement des établissements volontaires pour des expérimentations de « lycées sans smartphone », et évaluer les impacts de cette action, notamment sur l’ambiance générale de l’établissement ou les relations entre les élèves.
Temps d’échange sur l’état d’exposition de l’enfant aux écrans :
Ce temps pourrait ainsi être organisé lors des « visites annuelles » de santé prévues de l’âge de 3 ans à l’âge de 6 ans, puis aux trois « périodes » prévues jusqu’à l’âge de 16 ans : 8-9 ans ; 11-13 ans ; 15-16 ans.
Ces moments seraient aussi l’occasion pour les parents :
• De bénéficier d’un regard extérieur sur l’état des usages fait des écrans par leur enfant ;
• D’être à nouveau sensibilisés aux côtés de leurs enfants, aux bonnes pratiques et d’être conseillés et accompagnés si besoin par les professionnels de santé.
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5 Les réseaux sociaux : pas avant 15 ou 18 ans
L’adolescence étant une période critique à bien des titres : il convient d’engager d’ores et déjà les moyens de mieux protéger les adolescents, et notamment les filles, de tout ce qui n’est pas éthique dans les médias sociaux, en particulier la mobilisation de procédés de type addictifs et enfermants. En effet, la communauté scientifique s’accorde pour dire que les médias sociaux ont le potentiel de tout à la fois créer des bénéfices aux adolescents, et nuire à leur santé mentale. Or, alors que l’usage des réseaux sociaux est aujourd’hui quasi universel, l’impact négatif, même limité, peut concerner un nombre très important d’adolescents fragilisés. Les médias sociaux constituent pour eux un facteur de risque supplémentaire dont il faut les protéger.
En matière de réseaux sociaux, la loi du 7 juillet 2023 (dite « loi Marcangeli ») (http://) a fixé une majorité numérique à 15 ans, pour l’inscription et l’utilisation des réseaux sociaux. En dessous de cet âge, l’inscription à un réseau social ne peut se faire que sur autorisation expresse de l’un des titulaires de l’autorité parentale. Ce principe important n’est cependant pas encore mis en œuvre en France, en raison notamment d’un sujet de cohérence avec le droit de l’Union européenne. Il convient au passage de noter, concernant les conditions d’accès aux réseaux sociaux, l’influence du droit américain. En effet, les règles d’âge déterminées par les réseaux eux-mêmes pour l’inscription, sont fixées à 13 ans le plus souvent, ce qui correspond aux exigences du droit américain (Children's Online Privacy Protection Act de 1998 (https://fr.wikipedia.org/wiki/Children's_Online_Privacy_Protection_Act)).
(https://lafibre.info/images/doc/202404_enfants_et_ecrans_reseaux_sociaux_15ans.webp)
La Commission recommande de soumettre désormais la possibilité de s’inscrire sur un réseau social au respect de deux conditions cumulatives :
• Une condition d’âge, comme c’est déjà le cas actuellement sur le principe, mais dans une logique renforcée : en établissant cet âge à 15 ans (plus de dérogation possible avant 15 ans) et en se donnant les moyens de faire appliquer le respect de cette condition.
• Une condition liée aux modalités de conception même du réseau social, de fonctionnement de ses algorithmes, de définition de ses paramétrages. L’idée consisterait ainsi à ce que, pour les mineurs à partir de 15 ans la possibilité de s’inscrire sur un réseau ou une plateforme soit limitée aux seuls réseaux considérés comme éthiques, car fonctionnant selon des principes connus et garantissant l’absence de mécanismes addictogènes et enfermants ainsi que de contenus préjudiciables pour les jeunes.
5.1 Limiter l’accès aux réseaux sociaux considérés comme toxiques pour les moins de 18 ans
La Commission considère qu’il faut accompagner les jeunes pour répondre à leurs besoins en termes de sociabilisation et d’échanges. Il est important que l’utilisation des réseaux sociaux puisse avoir lieu de façon sécurisée. Aussi, la Commission est favorable à une règle claire et homogène permettant d’autoriser la mobilisation des réseaux sociaux à compter de 15 ans, mais auprès d’acteurs vertueux, et non de prédateurs.
La Commission n’est naturellement pas en mesure matériellement de dresser elle-même une « liste blanche » des « réseaux éthiques » sur lesquels les adolescents pourraient s’inscrire à partir de l’âge de 15 ans et considère que, quand bien même elle aurait été en mesure matériellement de le faire, cette tâche ne saurait lui incomber.
La question est alors avant tout de savoir comment identifier les services, environnements et activités les plus toxiques pour les mineurs, pour ensuite imposer un contrôle strict de l’âge (≥ 18 ans). Ainsi, il devrait revenir aux autorités étatiques d’identifier les réseaux sociaux qui devraient être soumis à une obligation de contrôle strict de non-accessibilité. En France, ce rôle pourrait être confié à l’Arcom, sous le contrôle du juge.
Un faisceau d’indices pourrait être défini à cette fin et composé, par exemple, des comportements suivants :
• Nuire aux enfants de manière générale ;
• Conduire à ce que les enfants subissent ou soient la cible de contacts préjudiciables ;
• Soumettre les enfants à des comportements préjudiciables sans recours efficace ;
• Exposer les enfants à l’exploitation par des contacts préjudiciables ;
• Collecter des informations personnelles sensibles ;
• Nuire aux enfants par ses systèmes de publicité ;
• Nuire aux enfants par ses algorithmes, en particulier ceux reposant sur des flux addictifs ;
• Porter atteinte aux enfants par des fonctions d’incitation ou d’engagement, notamment l’exposition aux likes et aux commentaires ;
• Conduire à l’adoption de comportements compulsifs et sans limite de temps.
Plus largement, la Commission recommande qu’une démarche de convergence soit initiée au niveau européen, sous l’égide de la France et de tous les États membres qui souhaiteraient s’associer, pour que le respect de ce dispositif à deux conditions devienne la règle pour l’inscription des jeunes sur les réseaux sociaux dans l’ensemble de l’Union européenne.
7 jeunes sur 10 ont déjà été exposés à du contenu choquant sur internet ou sur les réseaux sociaux :
(https://lafibre.info/images/doc/202302_generation_numerique_enquete_contenus_choquants_accessibles_aux_mineurs_1.avif)
Source : Génération numérique, Enquête sur les contenus choquants accessibles aux mineurs, février 2023. (https://asso-generationnumerique.fr/wp-content/uploads/2023/02/Enquete-2023-les-contenus-choquants-accessibles-aux-mineurs.pdf)
(cliquez sur la miniature ci-dessous - le document est au format PDF)
(https://lafibre.info/images/doc/202302_generation_numerique_enquete_contenus_choquants_accessibles_aux_mineurs.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202302_generation_numerique_enquete_contenus_choquants_accessibles_aux_mineurs.pdf)
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5.2 La prison des réseaux sociaux : l’enfermement algorithmique hyper-personnalisé
L’avènement du numérique constitue une opportunité en ce qu’il offre une liberté inégalée d’accès à la connaissance. Dans l’étude 2024 du Pew Research Center (https://www.pewresearch.org/short-reads/2024/02/23/majorities-in-most-countries-surveyed-say-social-media-is-good-for-democracy/), le sentiment majoritaire en Europe est que les médias sociaux sont davantage une « mauvaise chose » qu’une « bonne chose » pour le fonctionnement démocratique.
(cliquer sur le schéma pour l'agrandir)
(https://lafibre.info/images/doc/202402_pew_research_center_social_media_democracy.avif)
Si certains médias sociaux font le choix de sanctuariser des espaces d’information conformes à des lignes directrices, d’autres sont construits avec les seuls objectifs du temps passé en ligne et de la satisfaction des préférences. Ils n’ont pas pour objet de présenter une information pertinente, ni de la diversifier, mais de choisir celle qui va le plus capter l’attention de l’utilisateur, ce qui conduit à mettre en avant des messages provoquant des réactions émotionnelles fortes.
Eli Pariser, qui a popularisé en 2011 le terme de « bulle de filtre » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Bulle_de_filtres), a proposé de définir l’enfermement algorithmique comme une forme de prison dans laquelle la possibilité d’une découverte fortuite devient exclue. La question ainsi posée, en particulier pour les jeunes, est celle de l’accès au pluralisme de l’information : les modèles de certaines grandes plateformes, qui ne permettent pas aux utilisateurs de savoir ce que les algorithmes ont exclu en termes de contenu, conduisent-ils à ce que nous passions d’une culture de la recherche d’information, à une logique de « confirmation » de ses propres opinions ? Certains évoquent ainsi le risque de communautés enfermées dans leurs propres convictions, et refusant de « faire société ». (Morin, 2021)
Cet effet d’amplification des algorithmes est particulièrement sensible pour les enfants et les adolescents qui sont en pleine construction de leur identité et de leur rapport au monde. Il est de la responsabilité des adultes de bâtir les bonnes digues en termes d’esprit critique, ainsi que de faire connaître, pour mieux les déjouer, les biais cognitifs possibles dans le traitement de l’information.
Le CSA (aujourd’hui l’Arcom) a publié en novembre 2020 une étude sur la propagation des fausses informations sur Twitter (https://www.csa.fr/content/download/259475/793066/version/1/file/La%20propagation%20des%20fausses%20informations%20sur%20les%20r%C3%A9seaux%20sociaux%20-%20%C3%A9tude%20du%20service%20Twitter.pdf).
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(https://lafibre.info/images/doc/202011_csa_propagation_des_fausses_informations_sur_les_reseaux_sociaux.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202011_csa_propagation_des_fausses_informations_sur_les_reseaux_sociaux.pdf)
Il est montré que le nombre d’abonnés aux comptes dits « non fiables » est significativement plus faible que celui de la majorité des comptes d’information dits « fiables » ; en revanche ces comptes « non fiables » affichent une quantité de Retweets équivalente sur le plan numérique, les abonnés de ces comptes « non fiables » ayant une propension beaucoup plus élevée à la diffusion des informations. L’étude montre que ces comptes « non fiables » privilégient largement les thèmes d’actualité et clivants, comme la politique, l’immigration, la santé, la religion ou encore le terrorisme.
Plusieurs études montrent en outre que les fausses nouvelles de nature politique ou en contexte de crise ne sont consommées quasi exclusivement que par des personnes en accord avec le point de vue qu’elles expriment.
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5.3 L’amplification des représentations et stéréotypes et violences sexistes et sexuelles
Il est difficile d’agir contre les « représentations » véhiculées par la consommation des réseaux sociaux, ou encore l’écoute d’influenceurs. Ils peuvent façonner chez les enfants et les adolescents une vision des rapports sociaux, des rapports de genres, du travail… discutables sur le plan éthique.
(https://lafibre.info/images/doc/202404_mpedia_les_ecrans_sexisme.avif)
Internet permet de relayer dans ses contenus les plus vus, des stéréotypes et violences sexistes et sexuelles. Pour les jeunes filles, pour leur développement, pour leurs relations aux hommes, ces évolutions sont « gravissimes ». Le rapport annuel de 2024 du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (https://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/rapport-6eme-etat-des-lieux-du-sexisme-en-france-sattaquer-aux-racines-du-sexisme) alerte sur le fait que ces stéréotypes sont encore plus présents sur les services dédiés aux enfants, faisant courir le risque de représentations ancrées durablement chez ces derniers.
(cliquez sur la miniature ci-dessous - le document est au format PDF)
(https://lafibre.info/images/doc/202402_hce_rapport_sur_etat_du_sexisme_en_france.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202402_hce_rapport_sur_etat_du_sexisme_en_france.pdf)
L’activité d’influenceuses les plus populaires de France renforce les rôles genrés qui leur sont traditionnellement attribués (rôle maternel, enceintes, jeunes mamans, dévouées à leur grossesse ou leurs enfants en bas âge). Le sexisme présent dans les contenus est reproduit à grande vitesse permettant sa banalisation et son ancrage profond dans la société.
Enfin, le Haut conseil met le projecteur sur la diffusion via le numérique des contenus pornographiques, alertant sur le fait que « l’initiation précoce au porno semble avoir des effets réels sur les représentations que se font les hommes des femmes dans les relations sexuelles qu’ils et elles peuvent entretenir. Selon l’Ifop en 2023 (https://www.monpetitforfait.com/vpn/wp-content/uploads/2023/09/120319_Porno_Resultats_ifop_2023.09.28.pdf), plus les jeunes hommes ont été exposés tôt à du contenu hard, plus ils adhèrent à des représentations violentes ».
Audience des sites « Adultes » par les mineurs :
(https://lafibre.info/images/doc/202305_arcom_frequentation_des_sites_adultes_par_les_mineurs_1.webp)
Diapositive extraite du rapport de mai 2023 de l’Arcom sur la fréquentation des sites « Adultes » par les mineures (https://www.arcom.fr/sites/default/files/2023-05/La_frequentation_des_sites_adultes_par_les_mineurs%20-%20Etude_Arcom_0.pdf).
(cliquez sur la miniature ci-dessous - le document est au format PDF)
(https://lafibre.info/images/doc/202305_arcom_frequentation_des_sites_adultes_par_les_mineurs.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202305_arcom_frequentation_des_sites_adultes_par_les_mineurs.pdf)
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5.4 Le cas de l’application TikTok, qui encourage les idées suicidaires et l’automutilation
Le rapport de la commission d’enquête du Sénat de juillet 2023 (https://www.senat.fr/rap/r22-831-1/r22-831-11.pdf) sur l’utilisation du réseau social TikTok, son exploitation des données, sa stratégie d’influence mentionne, page 150 « Constat : malgré l’interdiction de principe de s’y inscrire, près de 45 % des jeunes Français de 11 à 12 ans ont un compte TikTok ».
La chambre haute du Parlement français a publié une vidéo de deux heures sur les conclusions de la commission d’enquête. La vidéo est disponible sur videos.senat.fr (https://videos.senat.fr/video.4029911_64a655880a37a.tiktok--les-conclusions-de-la-commission-d-enquete).
La Commission « Enfants et écrans. À la recherche du temps perdu » mentionne également un rapport de 100 pages dédiées à TikTok et publié par Amnesty International en 2023 : Poussé·e·s vers les ténèbres : Comment le fil « Pour toi » encourage l’automutilation et les idées suicidaires (https://www.amnesty.org/fr/wp-content/uploads/sites/8/2023/12/POL4073502023FRENCH.pdf).
(cliquez sur la miniature ci-dessous - le document est au format PDF)
(https://lafibre.info/images/doc/202311_amnesty_international_tiktok_encourage_les_idees_suicidaires.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202311_amnesty_international_tiktok_encourage_les_idees_suicidaires.pdf)
Le rapport explique la stratégie menée par TikTok pour obtenir l’attention des utilisateurs et des utilisatrices. Il mentionne le risque d’aggraver les problèmes de santé mentale comme la dépression, l’anxiété et l’automutilation. L’étude technique se fonde sur plus d’une trentaine de comptes automatisés qui ont été paramétrés de manière à représenter des enfants de 13 ans au Kenya et aux États-Unis afin de mesurer les effets du système de recommandation de ce réseau social sur les jeunes utilisateurs et utilisatrices. Une deuxième simulation, exécutée manuellement, a été réalisée sur un compte au Kenya, un aux Philippines et un aux États-Unis.
(https://lafibre.info/images/doc/202311_amnesty_international_tiktok_encourage_les_idees_suicidaires_1.webp)
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6 Conclusion : Le numérique, pour être promoteur d’égalité chez les enfants, doit être accompagné
(https://lafibre.info/images/doc/202404_enfants_et_ecrans_resume_parents_1.avif)
La fracture numérique n’est pas le seul fait de l’accès ou non aux équipements, de l’accès ou non au savoir. L’égalité réelle se déplace vers la capacité des familles à accompagner ou non les enfants dans leurs pratiques et leurs usages numériques.
Les enfants et les adolescents qui sont en pleine construction de leur identité et de leur rapport au monde, les procédés addictifs et enfermants sont un vrai danger.
Les réseaux sociaux ont le potentiel de tout à la fois créer des bénéfices aux adolescents, et nuire à leur santé mentale. Face à l’enfermement algorithmique, à l’amplification des représentations et stéréotypes et violences sexistes et sexuelles, les enfants, qui ne doivent pas être laissés seuls face à ce façonnement des réalités et de leurs comportements sociaux. Il est impératif de pouvoir déconstruire en temps réel ces représentations, et de se doter d’une ambition à hauteur de ces alertes en matière d’éducation.
La Commission insiste enfin sur l’importance qu’il y aurait à ses yeux à ce que les jeunes de moins de 15 ans, encore trop jeunes donc pour accéder aux réseaux sociaux, puissent toutefois autant que possible bénéficier d’un accompagnement préalable. Ces moments de « préparation » à leur future rencontre avec les réseaux sociaux doivent être à la hauteur des enjeux, afin de ne pas arriver complètement démunis à l’âge de la majorité numérique (15 ans). Cela devra être construit et proposé dans le cadre, notamment, des mesures envisagées en termes de formation, de sensibilisation et de préparation des jeunes au numérique.
6.1 Tableau récapitulatif des propositions des 29 propositions
(https://lafibre.info/images/doc/202404_enfants_et_ecrans_29_propositions.webp)
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6.2 Parler de numérique avec les enfants
En lien avec les recommandations d’accompagner les enfants dans leurs pratiques et leurs usages numériques, voici des conseils pour entamer une discussion avec les jeunes.
(https://lafibre.info/images/doc/202404_internetmatters_conversation_enfant.webp)
Démarreurs de conversation pour comprendre la vie en ligne de votre enfant (source : Internet Matters (https://www.internetmatters.org/fr/resources/guide-to-encourage-kids-to-share-their-digital-lives/))
• Réputation en ligne :
◦ Comprendre comment l’activité en ligne crée une « empreinte numérique » qui dure pour toujours ;
◦ Être un bon citoyen numérique, par exemple traiter des personnes comme si vous étiez face à face ;
◦ Réfléchir avant de poster.
• Pensée critique :
◦ Leur faire prendre conscience que certaines personnes se cachent derrière de faux profils ;
◦ Être critique sur ce qu’ils voient en ligne, car tout n’est pas vrai ;
◦ Convenir de limites numériques pour leur permettre de prendre des décisions en connaissance de cause.
• Sécurité personnelle :
◦ Protection des informations confidentielles sur les appareils et les applications qu’ils utilisent via les paramètres de confidentialité ;
◦ À quoi ressemble un bon profil de média social ;
◦ Créez des mots de passe forts pour chaque compte en ligne.
• Résoudre les problèmes en ligne :
◦ Outils et stratégies pour faire face aux problèmes auxquels ils peuvent être confrontés en ligne, tels que la cyberintimidation ou la visualisation de contenu inapproprié ;
◦ Où et comment signaler un problème – les encourager à parler à un adulte.
• Le meilleur du net :
◦ Ce qu’ils aiment le plus à propos de leurs applications ou sites préférés ;
◦ Les sites et les applications les plus cools parmi leur groupe d’amis ;
◦ Parler de choses en ligne que vous pouvez apprécier ensemble et des moyens de rester impliqué dans leur monde numérique.
Guide « Internet, comment accompagner et protéger votre enfant sur internet » de la Fédération Française des Télécoms (https://www.fftelecoms.org/app/uploads/2024/02/FFTelecoms-Guide-parents-accompagner-son-enfant-sur-Internet.pdf) (février 2024), qui donne des conseils pour activer le contrôle parental, encadrer l’usage de l’internet et sur ce qu’il faut faire en cas de cyberharcèlement.
(cliquez sur la miniature ci-dessous - le document est au format PDF)
(https://lafibre.info/images/doc/202402_fftelecoms_internet_comment_accompagner_son_enfant_sur_internet.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202402_fftelecoms_internet_comment_accompagner_son_enfant_sur_internet.pdf)
6.3 Supports gratuits pour intéresser votre enfant à l’information, sans l’exposer à du contenu violent
• Vidéo : ARTE Junior (https://www.arte.tv/fr/videos/info-et-societe/junior/), dédié aux enfants de 6 à 12 ans. Contenu intelligent, curieux et ouvert sur le monde, sans publicité. Ensuite Le Dessous des Cartes (https://www.arte.tv/fr/videos/RC-014036/le-dessous-des-cartes/) (Quotidien, produit par Arte) et le Le dessous des images (https://www.arte.tv/fr/videos/RC-023176/le-dessous-des-images/) (également produit par Arte) à partir de 10 ans.
(https://lafibre.info/images/logo/logo_arte_dessous_des_cartes.webp) (https://www.arte.tv/fr/videos/RC-014036/le-dessous-des-cartes/) (https://lafibre.info/images/logo/logo_arte_dessous_des_images.avif) (https://www.arte.tv/fr/videos/RC-023176/le-dessous-des-images/)
• Podcast : Salut l’info ! (https://www.franceinfo.fr/replay-radio/salut-l-info/) (Hebdomadaire, produit par France Info / Astrapi) et Le Quart d’heure d’Actu (https://www.bayardeducation.com/le-quart-d-heure-actu/) (Quotidien, produit par MK2 / Bayard) 6 minutes d’information, Mon petit France Inter (https://www.radiofrance.fr/podcasts/enfants), c’est LA radio des enfants (contenu de 3 ans à 12 ans).
(https://lafibre.info/images/logo/logo_franceinfo_salut_l_info.avif) (https://www.franceinfo.fr/replay-radio/salut-l-info/) (https://lafibre.info/images/logo/logo_le_quart_heure_actu.webp) (https://www.bayardeducation.com/le-quart-d-heure-actu/) (https://lafibre.info/images/logo/logo_mon_petit_france_inter.webp) (https://www.radiofrance.fr/podcasts/enfants)
• Informatique : Pix.fr (https://pix.fr/) Plateforme publique pour tester et certifier ses compétences numériques (utilisée au collège/lycée) - PrimTux (https://primtux.fr/) système d’exploitation Linux dédié à l’apprentissage (de 3 à 11 ans), conçu par des pédagogues, pour l’école et la maison. PrimTux est recommandé par l’Éducation Nationale.
(https://lafibre.info/images/logo/logos_pix.svg) (https://pix.fr/) (https://lafibre.info/images/logo/logo_primtux.webp) (https://primtux.fr/)
Les points forts de PrimTux
1. Des environnements adaptés par âge L'interface change selon le niveau de l'enfant
• Mini (3-6 ans / Cycle 1) : Très visuel, rose, avec des icônes simplifiées.
• Super (6-8 ans / Cycle 2) : Jaune, introduit plus de fonctionnalités.
• Maxi (8-11 ans / Cycle 3) : Rouge, ressemble plus à un bureau classique pour préparer l'entrée au collège.
• Prof : Un accès sécurisé pour l'administration et la préparation des cours.
2. Sécurité et protection
• Filtrage Web : Intègre par défaut Qwant Junior et un dispositif de filtrage pour éviter que les enfants ne tombent sur du contenu inapproprié.
• Pas de publicité : Contrairement aux tablettes classiques, l'environnement est totalement protégé des sollicitations commerciales.
3. Une logithèque impressionnante PrimTux arrive "clés en main" avec près de 300 logiciels éducatifs préinstallés, couvrant toutes les matières
Liste et descriptif des logiciels inclus dans PrimTux 8 : (cliquez sur la miniature ci-dessous - le document est au format PDF)
(https://lafibre.info/images/linux/202404_primtux8_liste_logiciels.avif) (https://lafibre.info/images/linux/202404_primtux8_liste_logiciels.pdf)
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Grandir et vivre avec les écrans : quels impacts sur la santé mentale ?
Ce colloque s’est tenu le mardi 10 février 2026 au Ministère de la Santé. Il a réuni experts scientifiques, institutions publiques et acteurs associatifs autour de tables rondes pour partager constats, analyses et solutions concrètes, dans le prolongement des travaux engagés depuis le rapport « Enfants et écrans. À la recherche du temps perdu ».
🎯 Objectif : éclairer les enjeux, valoriser les actions existantes et ouvrir des pistes concrètes pour mieux accompagner et protéger les jeunes face à des usages numériques de plus en plus précoces.
Synthèse que j'ai réalisée en version PDF - c'est le même contenu qui est repris ci-dessous : (cliquez sur la miniature ci-dessous - le document est au format PDF)
(https://lafibre.info/images/doc/202602_grandir_et_vivre_avec_les_ecrans_impacts_des_reseaux_sociaux_sur_la_sante.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202602_grandir_et_vivre_avec_les_ecrans_impacts_des_reseaux_sociaux_sur_la_sante.pdf)
Introduction du colloque par Sarah Saubermont, directrice générale adjointe à la santé
(https://lafibre.info/images/doc/202502_grandir_et_vivre_avec_les_ecrans.avif)
Diagnostique de santé publique France :
• 15 % des enfants de 6 ans ont une tablette ;
• 1 enfant sur 4 de la tranche 9 -11 ans utilisent les réseaux sociaux ;
• 1 enfant sur 2 a un smartphone à 11 ans ;
• Les enfants et adolescents passent en moyenne cinq heures par jour devant les écrans.
Le rapport « Enfants et écrans. À la recherche du temps perdu » (2024) est considéré comme une boussole.
La puissance publique doit agir simultanément pour faire évoluer le cadre de régulation :
• Augmenter la responsabilité des plateformes. Les algorithmes addictifs de TikTok pourraient contrevenir aux règles de l’UE ;
• Pas de smartphone au collège ;
• Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans ;
• Fermeture des ENT le soir, pour éviter l’hyperconnexion des jeunes ;
• Diffuser les bonnes pratiques (notamment les repaires sur les usages en fonction des ages).
Replay du colloque :
(https://lafibre.info/images/doc/202502_grandir_et_vivre_avec_les_ecrans_video.avif) (https://www.youtube.com/watch?v=iDPVybbT6J8)
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Présentation du professeur Hoertel : Modèle de micro-simulation pour évaluer l'impact des réseaux sociaux sur le risque de dépression chez les adolescents en France
Sous la coordination du professeur Nicolas Hoertel, les équipes du service de psychiatrie de l’hôpital Corentin-Celton AP-HP, de l’Université Paris Cité, de l’Inserm et de l’Institut de psychiatrie et neuroscience de Paris, ont développé un modèle de micro-simulation pour évaluer l'impact des réseaux sociaux sur le risque de dépression chez les adolescents en France. Cette étude, dont les résultats ont été publiés le 21 octobre 2025 dans PLOS Medicine (https://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.1004737), révèle qu’un usage excessif des réseaux sociaux serait associé à 590 000 cas supplémentaires de dépression chez les jeunes nés entre 1990 et 2012.
(https://lafibre.info/images/doc/202602_aphp_reseaux_sociaux_600000_cas_supplementaires_de_depression_chez_les_adolescents_francais_1.avif)
En France, la prévalence annuelle de la dépression caractérisée chez les adolescents a fortement augmenté ces dernières années, passant de 2 % en 2014 à 9 % en 2021, une tendance particulièrement marquée chez les adolescentes. Les filles sont en effet plus exposées sur les réseaux sociaux (les filles utilisent plus les réseaux sociaux que les garçons comme le montre le graphique ci-dessous, elles utilisent davantage des réseaux sociaux fondés sur le partage d’images et sur la mise en scène de soi, elles subissent davantage de pression sociale liée aux stéréotypes de genre, elles sont plus souvent cyberharcelées que les garçons et elles semblent accorder plus d’importance aux contenus des réseaux sociaux, avec un engagement émotionnel plus marqué).
Cette évolution s’accompagne d’une augmentation rapide du temps passé sur les réseaux sociaux, estimé à 2 h 12 par jour en moyenne en 2021.
(https://lafibre.info/images/doc/202602_aphp_reseaux_sociaux_600000_cas_supplementaires_de_depression_chez_les_adolescents_francais_2.avif)
Les chercheurs ont développé une approche innovante de modélisation avec un modèle de micro-simulation inédit fondé sur les données démographiques françaises de 18,6 millions d’adolescents nés entre 1990 et 2012 et suivis entre 2000 et 2022. Ce modèle intègre 95 paramètres, tels que les habitudes d’utilisation des réseaux sociaux et les facteurs de risque classiques de dépression (adversités durant l'enfance et l'adolescence, pathologies chroniques, inactivité physique, obésité ou usage de substances). La validation de ce modèle a été réalisée sur des données américaines prospectives indépendantes.
(https://lafibre.info/images/doc/202602_aphp_reseaux_sociaux_600000_cas_supplementaires_de_depression_chez_les_adolescents_francais_5.avif)
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Les résultats de ces simulations montrent que l’usage excessif des réseaux sociaux serait associé, chez cette génération d’adolescents (cohorte de 18,6 millions d’adolescents français, nés entre 1990 et 2012, qui ont été suivis entre 2000 et 2022 sur 6 plateformes : Snapchat, TikTok, Instagram, WhatsApp, Twitter et Facebook).
Les réseaux sociaux sont responsables : (sur ces 18,6 millions d’adolescents)
• 590 000 cas supplémentaires de dépression au cours de leur vie (intervalle de crédibilité à 95 % : 400 000 – 760 000) - Les adolescentes sont plus à risque que les adolescents ;
• 799 décès par suicide supplémentaires (intervalle de crédibilité à 95 % : 547 – 1 028) ;
• 137 000 années de vie en bonne santé perdues (intervalle de crédibilité à 95 % : 94 000 - 176 000) ;
• 3,94 milliards d’euros de coûts économiques et sociaux liés à ces troubles (intervalle de crédibilité à 95 % : 2,70-5,07).
(https://lafibre.info/images/doc/202602_aphp_reseaux_sociaux_600000_cas_supplementaires_de_depression_chez_les_adolescents_francais_3.avif)
Ces chiffres soulignent l’enjeu majeur de santé publique que constitue l’impact des médias sociaux sur la santé mentale.
À partir de ces résultats, les chercheurs ont testé plusieurs pistes concrètes de prévention :
• La limitation de l’usage des réseaux sociaux à 1 heure par jour pourrait réduire la prévalence cumulée de la dépression de 14,7 % ;
• Le remplacement de 30 minutes de réseaux sociaux par 30 minutes d’activité physique permettrait une baisse de cette même prévalence de 12,9 % ;
• L’arrêt complet des réseaux sociaux pour les 8,5 % d’adolescents les plus à risque pourrait réduire cette même prévalence de 12,0 %.
(https://lafibre.info/images/doc/202602_aphp_reseaux_sociaux_600000_cas_supplementaires_de_depression_chez_les_adolescents_francais_4.avif)
À noter, toutefois, que cette micro-simulation ne permet pas d’établir un lien causal direct et repose sur des mesures d'exposition basées uniquement sur la durée d'utilisation, sans capturer le type de contenu consulté ou la nature de l'interaction entre utilisation active et passive. Elle représente néanmoins le plus haut niveau de preuve scientifique accessible pour étudier cette question, les essais cliniques randomisés à long terme n'étant pas réalisables pour des raisons éthiques et logistiques.
Les résultats suggèrent fortement que l’usage excessif des réseaux sociaux a contribué de manière substantielle à la hausse récente de la dépression chez les jeunes en France et qu’il est essentiel de renforcer l'information et les mesures de prévention ciblées pour les enfants et adolescents, particulièrement ceux à risque de dépression.
Cette étude, promue par l’AP-HP, a été menée en collaboration avec des équipes de Columbia University (New York, États-Unis), National Institute on Drug Abuse et de Public Health Expertise.
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Présentation de l’Anses : Sécuriser les usages des réseaux sociaux pour protéger la santé des adolescents
(https://lafibre.info/images/doc/202601_anses_usages_des_reseaux_sociaux_et_sante_des_adolescents_1.avif)
Le développement extrêmement rapide des usages des réseaux sociaux numériques par les adolescents suscite des préoccupations croissantes. L’Anses a mené une expertise scientifique collective approfondie des risques sanitaires associés à ces usages. Elle identifie de nombreux risques possibles, en particulier pour la santé mentale des adolescents. Les réseaux sociaux tels que conçus aujourd’hui pour capter l’attention et maintenir l’engagement exploitent les vulnérabilités propres à cet âge.
En France, un adolescent sur deux passe entre deux et cinq heures par jour sur un smartphone, souvent pour s’y connecter aux réseaux sociaux numériques, une pratique de plus en plus répandue et fréquente. Selon le baromètre du numérique 2025, 58 % des 12-17 ans déclarent consulter quotidiennement les réseaux sociaux. La plupart y publient leurs propres contenus ou partagent et commentent ceux des autres.
Les chiffres de l'Arcom (publication de novembre 2024) sont cités. Le temps passé par les ados sur les très grandes plateformes et moteurs de recherche (VLOPSEs) est détaillé par application.
Le VLOPSEs (Very Large Online Platforms Search Engines) sont définis et désignés par la Commission européenne dans le cadre du Règlement sur les Services Numériques (DSA - Digital Services Act). C'est la Commission européenne qui détient le pouvoir exclusif de désignation, quand elle dépasse 45 millions d'utilisateurs mensuels actifs dans l'Union européenne (10 % de la population européenne).
Liste des VLOPSEs en 2026 : AliExpress, Amazon Store, App Store, Pornhub, Booking.com, Google Search, Google Play, Google Maps, Google Shopping, YouTube, Shein, LinkedIn, Facebook, Instagram, Bing, XNXX, Pinterest, Snapchat, Stripchat, TikTok, X (ex Twitter), Temu, XVideos, Wikipedia, Zalando.
(https://lafibre.info/images/doc/202411_arcom_observatoire_audience_plateformes_en_ligne_1.webp)
Le modèle économique des réseaux sociaux vise à maximiser le temps d’utilisation à des fins commerciales. L’objectif est de vendre à la fois des espaces publicitaires et des données sur les préférences et habitudes des utilisateurs. Les entreprises qui développent les réseaux sociaux mettent donc en œuvre des stratégies de captation de l’attention visant à maintenir l’engagement des utilisateurs le plus longtemps possible. Ces stratégies s’appuient sur des dispositifs incitatifs puissants comme des interfaces manipulatrices (dark patterns) et des algorithmes qui proposent des contenus ultra personnalisés. Ces algorithmes peuvent générer un “effet spirale” où les utilisateurs se voient enfermés dans des contenus de plus en plus ciblés, parfois extrêmes.
(https://lafibre.info/images/doc/202411_arcom_observatoire_audience_plateformes_en_ligne_2.webp)
Edit les chiffres de l'Arcom pour 2025 sont parus en mars 2026 :
(https://lafibre.info/images/doc/202603_arcom_observatoire_audience_plateformes_en_ligne_1.webp)
(https://lafibre.info/images/doc/202603_arcom_observatoire_audience_plateformes_en_ligne_2.webp)
Le rapport complet :
(cliquez sur la miniature ci-dessous - le document est au format PDF)
(https://lafibre.info/images/doc/202603_arcom_observatoire_audience_plateformes_en_ligne.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202603_arcom_observatoire_audience_plateformes_en_ligne.pdf)
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Les experts ont étudié les mécanismes utilisés par les réseaux sociaux pour capter l’attention des adolescents. « Pour évaluer les effets des réseaux sociaux sur la santé, il était important d’aller plus loin que le temps passé sur les réseaux, et de considérer ce que font réellement des adolescents sur les réseaux sociaux, leurs motivations et leur engagement émotionnel » explique Olivia Roth-Delgado, coordinatrice de l’expertise.
(https://lafibre.info/images/doc/202411_arcom_observatoire_audience_plateformes_en_ligne_3.webp)
Observatoire de l'audience des plateformes en ligne de l'Arcom :
(cliquez sur la miniature ci-dessous - le document est au format PDF)
(https://lafibre.info/images/doc/202411_arcom_observatoire_audience_plateformes_en_ligne.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202411_arcom_observatoire_audience_plateformes_en_ligne.pdf)]
Baromètre du numérique 2026 :
(cliquez sur la miniature ci-dessous - le document est au format PDF)
(https://lafibre.info/images/doc/202602_barometre_du_numerique_edition_2026.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202602_barometre_du_numerique_edition_2026.pdf)
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L’Anses recommande donc que les mineurs puissent accéder uniquement aux réseaux sociaux conçus et paramétrés pour protéger leur santé.
« L’adolescence est une période sensible dans le développement et la construction de l’identité individuelle et sociale. Les adolescents ont moins de capacités de régulation émotionnelle et comportementale que les adultes, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux effets délétères des réseaux sociaux » expliquent les experts.
(https://lafibre.info/images/doc/202601_anses_usages_des_reseaux_sociaux_et_sante_des_adolescents_2.avif)
De nombreux effets sur la santé identifiés, en particulier dans le champ de la santé mentale.
• Altération du sommeil : En maximisant le temps passé sur les réseaux sociaux, l’heure du coucher est retardée et le processus d’endormissement peut être perturbé, ce qui va entraîner une altération du sommeil. Un sommeil de mauvaise qualité provoque notamment une somnolence la journée, de l’irritabilité, de la tristesse et peut favoriser des symptômes dépressifs.
• Dévalorisation de soi : Les échanges de contenus visuels centrés sur l’apparence physique, au travers d’images retouchées ou non, peuvent altérer l’image de son corps. Ces pratiques, associées aux injonctions sociales à se conformer à des idéaux corporels, peuvent exacerber les troubles alimentaires. De plus, l’expertise confirme que l’exposition sur les réseaux à des contenus fictifs ou idéalisés peut engendrer une dévalorisation de soi et constitue donc un terrain fertile pour l’émergence de symptômes dépressifs.
• Comportements à risques : Les algorithmes de personnalisation de contenu amplifient l’exposition à des contenus pouvant porter sur des comportements à risques comme des troubles alimentaires, l’automutilation, la consommation de drogues ou des tentatives de suicide.
(https://lafibre.info/images/doc/202601_anses_usages_des_reseaux_sociaux_et_sante_des_adolescents_3.avif)
- Exposition aux cyberviolences : Les cyberviolences et le cyberharcèlement (insultes, rumeurs, exclusion, chantage ou encore diffusion d’images intimes sans consentement) ont des répercussions sur la santé mentale. L’anonymat et la facilité de diffusion des menaces amplifient l’engagement dans la cyberviolence.
(https://lafibre.info/images/doc/202601_anses_usages_des_reseaux_sociaux_et_sante_des_adolescents_4.avif)
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Les filles plus exposées sur les réseaux sociaux
L’expertise montre que sur l’ensemble de ces effets, les filles sont plus impactées que les garçons. Ce constat s’explique par plusieurs facteurs :
• les filles utilisent plus les réseaux sociaux que les garçons ;
• elles utilisent davantage des réseaux sociaux hautement visuels fondés sur l’échange et le partage d’images et sur la mise en scène de soi ;
• elles subissent davantage de pression sociale liée aux stéréotypes de genre ;
• elles sont plus souvent cyberharcelées que les garçons ;
• elles semblent aussi accorder plus d’importance aux contenus des réseaux sociaux numériques, avec un engagement émotionnel plus marqué.
(https://lafibre.info/images/doc/202601_anses_usages_des_reseaux_sociaux_et_sante_des_adolescents_5.avif)
Les plateformes doivent garantir des réseaux respectueux de la santé des mineurs.
Pour protéger la santé des adolescents, l’Anses préconise d’agir en priorité à la source des usages délétères des réseaux sociaux. Elle recommande donc que les mineurs puissent accéder uniquement aux réseaux sociaux conçus et paramétrés pour protéger leur santé.
Cela implique également une révision en profondeur des principes de fonctionnement des réseaux sociaux : ne pas avoir recours aux techniques d’interfaces manipulatrices, interdire la diffusion de contenus délétères pour la santé (conduites à risques, jeux d’argent, régimes alimentaires extrêmes, contenus violents, pornographiques, haineux, harcèlement, etc.), limiter l’amplification de contenus préjudiciables à la santé, encadrer les fonctionnalités destinées à augmenter, maintenir ou étendre l’utilisation du service par l’utilisateur.
L’Agence rappelle d’ailleurs qu’il incombe aux plateformes de garantir des services de réseaux sociaux qui préservent la santé des utilisateurs mineurs. Faire respecter cette responsabilité implique des mesures réglementaires et des actions de contrôle robustes. À cette fin, l’Anses souligne l’importance d’œuvrer au respect du Règlement européen sur les services numériques (https://eur-lex.europa.eu/FR/legal-content/summary/digital-services-act.html) (Digital Services Act), applicable depuis le 17 février 2024.
(https://lafibre.info/images/doc/202601_anses_usages_des_reseaux_sociaux_et_sante_des_adolescents_6.avif)
Lire l'avis et rapport de l'Anses sur les usages des réseaux sociaux numériques et santé des adolescents : (si le fichier ne fait que 7 Mo, il comporte pas moins de 562 pages)
(cliquez sur la miniature ci-dessous - le document est au format PDF)
(https://lafibre.info/images/doc/202601_anses_usages_des_reseaux_sociaux_et_sante_des_adolescents.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202601_anses_usages_des_reseaux_sociaux_et_sante_des_adolescents.pdf)
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Présentation du PEReN : exploration des fonctionnalités engageantes des plateformes numériques utilisées par les mineurs
Les plateformes numériques, en particulier les réseaux sociaux, qui cherchent à maximiser l'attention de leurs utilisateurs pour générer des revenus, déploient des mécanismes conçus pour encourager une utilisation fréquente et prolongée de leurs services, susceptibles de nuire au bien-être des utilisateurs, en particulier des mineurs.
Ces pratiques soulèvent des préoccupations majeures eu égard à la manipulation en ligne des comportements des utilisateurs, notamment mineurs, et aux conséquences spécifiques sur leur développement physique, mental et social.
Le PEReN a réalisé une étude technique pour caractériser les principales fonctionnalités engageantes (visant à prolonger le temps passé sur le service) mises en œuvre par les plateformes numériques et qui impactent les mineurs.
Objectif : Éclairer le débat autour des fonctionnalités et conceptions des plateformes numériques qui seraient préjudiciables aux mineurs en les regroupant selon différents critères pour faciliter leur analyse et les réflexions sur les possibilités de paramétrage visant à assurer un usage plus sûr des plateformes par les mineurs.
(https://lafibre.info/images/doc/202512_peren_exploration_des_fonctionnalites_engageantes_des_plateformes_numeriques_1.avif)
Les dark patterns sont un exemple d’un design persuasif, avec l’objectif d’inciter l’utilisateur à accomplir une action qu’il n’aurait pas effectuée sinon.
Le « Feature fog » désigne les modèles d'interface utilisateur qui induisent l'inconscience en réduisant l'autonomie du contrôle du temps passé par l'utilisateur. Ces modèles d'interface utilisateur sont conçus de manière que l'utilisateur soit moins en mesure d'obtenir un retour d'information sur le temps passé lors d'une session de visionnage. Par exemple, la fonction « temps écoulé » qui permet à l'utilisateur de contrôler le temps écoulé depuis le début de la vidéo est absente de Netflix.
Le « Extrême countdown », soit « compte à rebours extrême » fait référence aux modèles d'interface utilisateur dotés d'une minuterie et qui s'exécutent automatiquement s'ils ne sont pas interrompus dans un court laps de temps.
(cliquer sur la photo pour zoomer)
(https://lafibre.info/images/doc/202512_peren_exploration_des_fonctionnalites_engageantes_des_plateformes_numeriques_2.avif)
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Dans le tableau ci-dessous, le PEReN a :
1) répertorier un ensemble de fonctionnalités présentes sur les applications de réseaux sociaux (TikTok, Snapchat, YouTube, Instagram, Pinterest, X, BeReal) et de jeux immersifs (Roblox) ;
2) regrouper ces fonctionnalités selon différents critères pour faciliter leur analyse, dans le cadre des débats réglementaires et législatifs sur les possibilités de paramétrage dans une perspective d’un usage d’internet plus sûr pour les mineurs.
Colonne « Phase » : Les fonctionnalités peuvent être groupées en fonction de la phase d’utilisation de l’application :
• les fonctionnalités utilisées pour l’initialisation de l’usage, par exemple, l’expérience ludique de création d’avatar (Bitmoji) lors de la création d’un compte sur Snapchat. Ce groupe de fonctionnalités a pour objectif de fidéliser l’utilisateur, prolonger le temps moyen d’une première visite et l’intéresser dès ses premiers instants sur l’application ; en effet une part importante des applications ne sont lancées qu’une unique fois par les utilisateurs. Il est donc capital pour un développeur de préparer une première expérience fluide et engageante ;
• les fonctionnalités utilisées pour induire une récurrence de l’usage, par exemple, les notifications. Ce deuxième ensemble de fonctionnalités a pour objectif de faire revenir les utilisateurs sur l’application en leur rappelant par différentes manières son existence ;
• les fonctionnalités utilisées pour la prolongation de l’usage, par exemple, le scroll infini ou une messagerie. Ce groupe de fonctionnalités sert à garder l’utilisateur sur la même application plus longtemps.
Colonne « Catégorie de fonctionnalité » : il y a une grande diversité de fonctionnalités qui peuvent être groupées par « type » de fonctionnalité :
• Gamification : des fonctionnalités ludiques pour « gamifier » l’usage, comme l’existence de récompense, de badge de récompense, de barres de progression ou encore l’usage des filtres pour photos ou vidéos ;
• Signal d’attention : des fonctionnalités qui servent à attirer l’attention et rappeler l’existence d’une application d’une façon récurrente, comme les notifications ;
• Bundling : des fonctionnalités pratiques qui ne sont pas liées à l’objectif principal d’une application, comme les services de messageries intégrés dans une application type réseau social (Inbox sur TikTok), ou l’intégration d’un assistant IA (myAI sur Snapchat) ou encore le déploiement d’une place de marché (TikTok Shop ou Snap store) ;
• Personnalisation : des fonctionnalités qui servent à offrir une expérience différente en fonction des intérêts de chaque utilisateurs, comme la personnalisation du fil des contenus sur TikTok (For You feed) ;
• Sociabilisation : des fonctionnalités qui servent à retrouver un cercle social déjà existant dans le monde physique ou une nouvelle communauté dans le monde virtuel (Find Friends sur Snapchat ou Friends of friends sur BeReal) ;
• Assimilation : des fonctionnalités qui servent à faciliter l’adoption immédiate d’une fonctionnalité essentielle d’une application et à rendre l’usage passif. Par exemple, l'Autoplay de YouTube rend la consommation de la plateforme passive. Ce n'est plus l'utilisateur qui choisit le contenu qu'il regarde, la plateforme affiche, potentiellement infiniment, du contenu à l'utilisateur. Les tutoriels interactifs peuvent également pousser l’utilisateur à assimiler un « geste » facilement – comme le Swipe sur TikTok.
(cliquer sur le tableau pour zoomer)
(https://lafibre.info/images/doc/202512_peren_exploration_des_fonctionnalites_engageantes_des_plateformes_numeriques_3.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202512_peren_exploration_des_fonctionnalites_engageantes_des_plateformes_numeriques_3.avif)
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(https://lafibre.info/images/doc/202512_peren_exploration_des_fonctionnalites_engageantes_des_plateformes_numeriques.avif)
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Présentation d'Internet Sans Crainte : un programme national de sensibilisation des jeunes au numérique
(https://lafibre.info/images/logo/logo_internet_sans_crainte.webp)
Internet Sans Crainte propose des ressources numériques pédagogiques gratuites à destination des professionnels de l’éducation et des familles : éducation au numérique, sécurité en ligne, protection de la vie privée, cyberharcèlement, réseaux sociaux, impact environnemental du numérique, fabrique de l’information, parentalité numérique.
(https://lafibre.info/images/doc/202502_internet_sans_crainte_programme_de_sensibilisation_1.avif)
(https://lafibre.info/images/doc/202502_internet_sans_crainte_programme_de_sensibilisation_2.avif)
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(https://lafibre.info/images/doc/202502_internet_sans_crainte_programme_de_sensibilisation_3.avif)
Kit interactif primaire / collège / lycée à l'occasion du Safer Internet Day 2026 : Les écrans et toi, comment ça va ?
(cliquez sur les miniatures ci-dessous - les documents sont au format PDF)
(https://lafibre.info/images/doc/202502_internet_sans_crainte_kit_primaire.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202502_internet_sans_crainte_kit_primaire.pdf) (https://lafibre.info/images/doc/202502_internet_sans_crainte_kit_college_lycee.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202502_internet_sans_crainte_kit_college_lycee.pdf)
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Présentation de l'Association e-Enfance
(https://lafibre.info/images/logo/logo_e-enfance_3018.webp)
L’association est « signaleur de confiance » : statut récent (introduit par le DSA qui encadre l’usage des réseaux sociaux par les mineurs) conféré par l’Arcom à des structures qui ont une expérience et une indépendance dans le signalement.
• Contenu illicite ;
• Contenu préjudiciable (pas illicite, mais dangereux pour les mineurs).
Numéro de téléphone 3018 (https://e-enfance.org/le3018/) pour signaler les violences numériques (hors et en ligne). Ouvert 7j/7, de 9h à 23h. 30 écoutants professionnels et 5 encadrants. 115 000 appels chaque année (en augmentation). Application "3018" pour Android et iOS qui permet de stocker des preuves.
L’association remonte que de plus en plus d’utilisateurs très jeunes (7-8 ans) sont victimes de violence numérique.
Les mineurs sont des victimes faciles pour abuser (piratage de compte, hameçonnage, vol d’identité, deek fake sexuel, pédocriminalité).
Les réseaux sociaux et les jeux vidéos sont des portes d’entrée. Le prédateur peut inciter le jeune à changer de réseau, pour un réseau moins surveillé / sécurisé.
L’association intervient sur tous les fronts de la vie digitale des jeunes. Son objectif est double : prévenir les risques et guérir quand le mal est fait. Le nom « contrôle parental » n’est pas bon. Il faut co-construire les limites avec l’enfant. Ne pas oublier de débrider les choses au fur et à mesure que l’enfant grandit.
Elle traite principalement :
• Le cyber-harcèlement (insultes, menaces, exclusion).
• L’exposition à la pornographie et aux contenus violents.
• Le chantage à la webcam (sextorsion).
• L’addiction aux écrans et aux jeux vidéo.
• L'usurpation d'identité en ligne.
Au-delà de l'urgence, e-Enfance agit sur le terrain pour éduquer :
• Interventions scolaires : Ils sensibilisent des milliers d'élèves, de parents et d'enseignants chaque année.
• Études : L'association publie régulièrement des baromètres sur le harcèlement scolaire et cyber pour alerter les pouvoirs publics.
• Conseils aux parents : Ils fournissent des guides pratiques sur le contrôle parental et le paramétrage des consoles ou smartphones.
(https://lafibre.info/images/doc/202602_e-enfance_safer_internet_day_fiches_conseils_parents_1.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202602_e-enfance_safer_internet_day_fiches_conseils_parents_2.avif)
Fiches conseils pour les parents (à gauche) pour les enfants (à droite) : (cliquez sur les miniatures ci-dessous - les documents sont au format PDF)
(https://lafibre.info/images/doc/202602_e-enfance_safer_internet_day_fiches_conseils_parents.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202602_e-enfance_safer_internet_day_fiches_conseils_parents.pdf) (https://lafibre.info/images/doc/202602_e-enfance_safer_internet_day_fiches_conseils_enfants.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202602_e-enfance_safer_internet_day_fiches_conseils_enfants.pdf)
Un rapport de transparence est réalisé (et imposé à tous les « signaleur de confiance »). Premier rapport pour e-Enfance au S1 2026.
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La solution c’est l’interdiction pour les mineurs. Qui aura le courage politique de le dire ?
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Pour l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, c'est voté. Il reste la mise en œuvre.
Pour les réseaux toxiques pour les 15-18 ans, les algorithmes addictifs de TikTok pourraient contrevenir aux règles de l’UE et donc la plateforme va être obligé de les changer ou elle pourrait être bloquée en Europe. Les sanctions des réseaux sociaux VLOPSEs seraient du ressort de la Commission européenne.
Le VLOPSEs (Very Large Online Platforms Search Engines) sont définis et désignés par la Commission européenne dans le cadre du Règlement sur les Services Numériques (DSA - Digital Services Act). C'est la Commission européenne qui détient le pouvoir exclusif de désignation, quand elle dépasse 45 millions d'utilisateurs mensuels actifs dans l'Union européenne (10 % de la population européenne).
Liste des VLOPSEs en 2026 : AliExpress, Amazon Store, App Store, Pornhub, Booking.com, Google Search, Google Play, Google Maps, Google Shopping, YouTube, Shein, LinkedIn, Facebook, Instagram, Bing, XNXX, Pinterest, Snapchat, Stripchat, TikTok, X (ex Twitter), Temu, XVideos, Wikipedia, Zalando.
L’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans approuvée par les députés
Les députés ont approuvé, lundi 26 janvier 2026, par 130 voix contre 21, la proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Emmanuel Macron a salué le vote, le qualifiant d’« étape majeure ».
Le texte modifié et adopté dit que « l’accès à un service de réseau social en ligne fourni par une plateforme en ligne est interdit aux mineurs de 15 ans » Dans l’exposé des motifs de l’amendement, on trouve « les plateformes devront mettre en œuvre des dispositifs de vérification d’âge pour assurer l’effectivité de cette mesure ».
Un amendement de la députée Parti socialiste du Val-d’Oise adopté par l’Assemblée nationale, énonce par exemple que les réseaux sociaux « garantissent que les mineurs ne sont pas exposés à une pression commerciale excessive. La promotion de produits ou services susceptibles d’altérer la santé physique ou mentale des mineurs est proscrite ». Les sanctions des réseaux sociaux VLOPSEs seraient du ressort de la Commission européenne, même si tous les pays ne mettent pas la même limite d'age (on parle de 16 ans dans certains pays, j'aimerais bien que tout soit unifié, mais c'est compliqué).
Officiellement, cela rentre en vigueur au 1er septembre 2026 pour les nouveaux comptes et au 31 décembre 2026 pour les comptes existants :
https://lafibre.info/videos/loi/202601_france24_la_france_en_passe_interdire_les_reseaux_sociaux_aux_moins_de_15ans.mp4
Source : France 24, le 26 janvier 2026 et RTL pour l'interviw de Gabriel Attal (président du groupe Ensemble pour la République à l'Assemblée nationale)
Maintenant quand on voit les nombreux problèmes rencontrés (y compris au niveau judiciaire) par l’Arcom pour le blocage des sites pornographiques qui n’ont pas de vérification d’âge strict, je pense personnellement que cela va prendre du temps à être mis en place, même si l'Australie a depuis le 10 décembre dernier interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans (avec contrôle d'âge obligatoire). L'Australie est le premier pays démocatrique à imposer un contrôle strict de l'age.
Le texte adopté lundi 26 janvier 2026 prévoit également l’interdiction de l’usage des téléphones portables dans l’enceinte des lycées par les adolescents. Les représentants syndicaux estiment que cela sera très compliqué (ce n'est pas encore généralisé dans les collèges, même si c'est en train de s'accélérer suite à ce vote, plusieurs collèges qui n'avaient rien mis en place pour éloigner les élèves des portables prévoient de le faire au plus tard à la rentrée prochaine). Edouard Geffray tentait de rassurer sur Franceinfo : « Il y a le principe d’interdiction, et ensuite il y a les dérogations qui seront fixées dans le règlement intérieur ».
Mise en place du dispositif « Portables en pause » à compter du lundi 9 mars 2026 dans un collège parisien : cliquez sur les miniatures ci-dessous - les documents sont au format PDF)
(https://lafibre.info/images/doc/202602_college_courrier_mise_en_place_de_portables_en_pause.webp) (https://lafibre.info/images/doc/202602_college_courrier_mise_en_place_de_portables_en_pause.pdf) (https://lafibre.info/images/doc/202602_college_modification_du_reglement_intérieur.webp) (https://lafibre.info/images/doc/202602_college_modification_du_reglement_intérieur.pdf)
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Mineurs et réseaux sociaux : un vent d’interdiction va souffler sur l’Europe
Alors que la France a interdit fin janvier les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, plusieurs pays européens devraient faire de même. La balle est dans le camp de la Commission européenne pour mettre en œuvre techniquement l’application de cette interdiction et mieux réguler les plateformes numériques qui hébergent ces réseaux, notamment les géants de la tech américains. C’est le débat de la semaine dans Ici l’Europe, sur France 24, LCP et Public Sénat (diffusée samedi 14 février à 16h30).
https://www.youtube.com/watch?v=BCqBYV8nJio
C’est une première en Europe. L’Assemblée nationale a voté, fin janvier, l’interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans. Une interdiction qui vise à protéger les jeunes des effets nocifs de ces réseaux : trouble de l’attention, stress et anxiété, exposition à la violence, harcèlement… “Le constat du danger de ces plateformes pour la santé mentale des jeunes est désormais partagé. Début 2024, le président de la République Emmanuel Macron avait lancé une commission d’experts sur les effets des écrans sur les enfants, et parmi les conclusions, il y avait cette majorité numérique”, se réjouit Stéphanie Yon-Courtin, eurodéputée française, membre du groupe centriste Renew au Parlement européen, interrogée dans l’émission Ici l’Europe, sur France 24, LCP et Public Sénat.
Alors que le Parlement européen a voté, en novembre dernier, un rapport préconisant cette interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 16 ans, plusieurs états-membres de l’Union européenne souhaitent emboîter le pas de la France. C’est le cas de l’Espagne, du Portugal, du Danemark ou encore de la Roumanie. A l’automne dernier, l’Australie a été le premier pays au monde à adopter cette interdiction. “Je ne suis pas sûr que cette mesure fonctionne réellement, car les jeunes trouveront toujours un moyen de contourner cette interdiction”, estime Ivaylo Valchev, eurodéputé bulgare, membre du groupe des Conservateurs et Réformistes européen, à la droite de l’hémicycle. “Comme on dit en Bulgarie, la loi est une porte au milieu du champ. On peut passer par cette porte, mais on peut aussi la contourner.”
“Les contournements existeront toujours, mais il faut une protection minimale de nos jeunes”, lui répond son homologue française. “C’est la même situation que pour l’alcool, interdite aux moins de 18 ans. Mais quel jeune n’a pas essayé de boire un peu d’alcool avant cet âge ?”
Dans le cadre de son plan de lutte contre le cyberharcèlement présenté ce mardi, l’Union européenne va mettre en place un groupe d’experts sur la protection de l’enfance afin de la conseiller sur une future restriction d’âge à l’échelle européenne.
Un système de vérification d’âge solide
Si chaque état-membre peut voter l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs, la mise en œuvre technique de cette mesure relève de la compétence de la Commission européenne qui régule le secteur du numérique en Europe. Une carte d’identité numérique est testée en ce moment dans 5 pays de l’UE, dont la France, afin de permettre une identification sécurisée des utilisateurs des plateformes.
Une possible atteinte aux données personnelles et de surveillance politique, estime l’eurodéputé bulgare Ivaylo Valchev, qui prend l’exemple “d’un jeune qui deviendrait journaliste par la suite. Toutes ces traces numériques pourraient être utilisées contre lui par le pouvoir.”
Un aveu d’échec dans la régulation des plateformes numériques
Cette interdiction des réseaux sociaux aux mineurs révèle-t-elle l’échec de la régulation européenne des plateformes numériques qui les hébergent, notamment les géants de la tech américains ? L’Union européenne a pourtant adopté ces dernières années le règlement sur les services numériques (DSA pour Digital Services Act) qui oblige ces plateformes à lutter contre les contenus violents, la désinformation et faire la transparence sur leurs algorithmes. D’ailleurs la justice française enquête actuellement sur Grok, l’intelligence artificielle de ce réseau social X (ex-Twitter), propriété d’Elon Musk, qui détourne de personnes réelles pour les dénuder.
“J’ai appelé à suspendre Grok pendant 6 mois si jamais cette IA continue à dénuder des femmes. Le principe est simple : ce qui est interdit dans la vie réelle doit l’être sur le numérique”, rappelle Stéphanie Yon-Courtin.
Source : Public Sénat (https://www.publicsenat.fr/actualites/education/mineurs-et-reseaux-sociaux-un-vent-dinterdiction-va-souffler-sur-leurope), publié le 14 février 2026 par Alexandre Poussart
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On voit certains pays partir sur une interdiction des réseaux sociaux au moins de 16 ans : C'est la limite proposée par les députés européens, avec une exception possible après accord parental, tandis que la commission française constituée d’experts de la société civile qui a réalisé le rapport « Enfants et écrans. À la recherche du temps perdu » prône une :
- Un accès aux " réseaux sociaux éthiques " à partir de 15 ans (donc sans TikTok pour donner un exemple concret)
- Un accès complet à internet à partir de 18 ans
En France :
5 Les réseaux sociaux : pas avant 15 ou 18 ans
L’adolescence étant une période critique à bien des titres : il convient d’engager d’ores et déjà les moyens de mieux protéger les adolescents, et notamment les filles, de tout ce qui n’est pas éthique dans les médias sociaux, en particulier la mobilisation de procédés de type addictifs et enfermants. En effet, la communauté scientifique s’accorde pour dire que les médias sociaux ont le potentiel de tout à la fois créer des bénéfices aux adolescents, et nuire à leur santé mentale. Or, alors que l’usage des réseaux sociaux est aujourd’hui quasi universel, l’impact négatif, même limité, peut concerner un nombre très important d’adolescents fragilisés. Les médias sociaux constituent pour eux un facteur de risque supplémentaire dont il faut les protéger.
En matière de réseaux sociaux, la loi du 7 juillet 2023 (dite « loi Marcangeli ») (http://) a fixé une majorité numérique à 15 ans, pour l’inscription et l’utilisation des réseaux sociaux. En dessous de cet âge, l’inscription à un réseau social ne peut se faire que sur autorisation expresse de l’un des titulaires de l’autorité parentale. Ce principe important n’est cependant pas encore mis en œuvre en France, en raison notamment d’un sujet de cohérence avec le droit de l’Union européenne. Il convient au passage de noter, concernant les conditions d’accès aux réseaux sociaux, l’influence du droit américain. En effet, les règles d’âge déterminées par les réseaux eux-mêmes pour l’inscription, sont fixées à 13 ans le plus souvent, ce qui correspond aux exigences du droit américain (Children's Online Privacy Protection Act de 1998 (https://fr.wikipedia.org/wiki/Children's_Online_Privacy_Protection_Act)).
(https://lafibre.info/images/doc/202404_enfants_et_ecrans_reseaux_sociaux_15ans.webp)
La Commission recommande de soumettre désormais la possibilité de s’inscrire sur un réseau social au respect de deux conditions cumulatives :
• Une condition d’âge, comme c’est déjà le cas actuellement sur le principe, mais dans une logique renforcée : en établissant cet âge à 15 ans (plus de dérogation possible avant 15 ans) et en se donnant les moyens de faire appliquer le respect de cette condition.
• Une condition liée aux modalités de conception même du réseau social, de fonctionnement de ses algorithmes, de définition de ses paramétrages. L’idée consisterait ainsi à ce que, pour les mineurs à partir de 15 ans la possibilité de s’inscrire sur un réseau ou une plateforme soit limitée aux seuls réseaux considérés comme éthiques, car fonctionnant selon des principes connus et garantissant l’absence de mécanismes addictogènes et enfermants ainsi que de contenus préjudiciables pour les jeunes.
5.1 Limiter l’accès aux réseaux sociaux considérés comme toxiques pour les moins de 18 ans
La Commission considère qu’il faut accompagner les jeunes pour répondre à leurs besoins en termes de sociabilisation et d’échanges. Il est important que l’utilisation des réseaux sociaux puisse avoir lieu de façon sécurisée. Aussi, la Commission est favorable à une règle claire et homogène permettant d’autoriser la mobilisation des réseaux sociaux à compter de 15 ans, mais auprès d’acteurs vertueux, et non de prédateurs.
La Commission n’est naturellement pas en mesure matériellement de dresser elle-même une « liste blanche » des « réseaux éthiques » sur lesquels les adolescents pourraient s’inscrire à partir de l’âge de 15 ans et considère que, quand bien même elle aurait été en mesure matériellement de le faire, cette tâche ne saurait lui incomber.
La question est alors avant tout de savoir comment identifier les services, environnements et activités les plus toxiques pour les mineurs, pour ensuite imposer un contrôle strict de l’âge (≥ 18 ans). Ainsi, il devrait revenir aux autorités étatiques d’identifier les réseaux sociaux qui devraient être soumis à une obligation de contrôle strict de non-accessibilité. En France, ce rôle pourrait être confié à l’Arcom, sous le contrôle du juge.
Un faisceau d’indices pourrait être défini à cette fin et composé, par exemple, des comportements suivants :
• Nuire aux enfants de manière générale ;
• Conduire à ce que les enfants subissent ou soient la cible de contacts préjudiciables ;
• Soumettre les enfants à des comportements préjudiciables sans recours efficace ;
• Exposer les enfants à l’exploitation par des contacts préjudiciables ;
• Collecter des informations personnelles sensibles ;
• Nuire aux enfants par ses systèmes de publicité ;
• Nuire aux enfants par ses algorithmes, en particulier ceux reposant sur des flux addictifs ;
• Porter atteinte aux enfants par des fonctions d’incitation ou d’engagement, notamment l’exposition aux likes et aux commentaires ;
• Conduire à l’adoption de comportements compulsifs et sans limite de temps.
Plus largement, la Commission recommande qu’une démarche de convergence soit initiée au niveau européen, sous l’égide de la France et de tous les États membres qui souhaiteraient s’associer, pour que le respect de ce dispositif à deux conditions devienne la règle pour l’inscription des jeunes sur les réseaux sociaux dans l’ensemble de l’Union européenne.
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Limite proposée par les députés européens : bien noter la phrase "tout en permettant l’accès des 13-16 ans avec le consentement parental." qui a permis son adoption.
Communiqué de presse du parlement Européein du 26 novembre 2025 :
Il faut avoir au moins 16 ans pour accéder aux réseaux sociaux, selon les députés
Résumé :
- Forte inquiétude concernant les risques physiques et psychiques encourus par les mineurs en ligne, dont 25% font un usage "problématique" du smartphone
- Une application plus stricte de la règlementation numérique de l’UE, des amendes et d’éventuelles interdictions prévues pour les plateformes non conformes
- Interdiction des algorithmes de recommandation basés sur le profilage et des "boîtes à butin" dans les jeux
- Un appel à agir contre les outils d’IA générative, comme les deepfakes et les applications de nudité
Les députés demandent une action ambitieuse pour protéger les mineurs en ligne, l'harmonisation de l'âge minimum à 16 ans et l’interdiction des pratiques addictives les plus nocives.
Mercredi, les députés ont adopté un rapport non-législatif par 483 voix pour, 92 contre et 86 abstentions, exprimant leur profonde inquiétude face aux risques pour la santé physique et mentale auxquels les mineurs sont exposés en ligne. Ils ont appelé à renforcer la protection contre les stratégies manipulatrices susceptibles d’accentuer la dépendance et de nuire à la capacité des enfants à se concentrer ou à interagir sainement avec les contenus numériques.
Un âge minimum pour les plateformes de médias sociaux
Afin d’aider les parents à gérer la présence numérique de leurs enfants et à garantir une utilisation adaptée à leur âge, le Parlement propose de fixer à 16 ans l’âge minimum harmonisé dans l’UE pour accéder aux réseaux sociaux, aux plateformes de partage de vidéos et aux compagnons d’IA, tout en permettant l’accès des 13-16 ans avec le consentement parental.
Soutenant les travaux de la Commission sur le développement d’une application européenne de vérification de l’âge et du portefeuille européen d’identité numérique (eID), les députés insistent pour que les systèmes de confirmation de l’âge soient fiables et respectent la vie privée des mineurs. Ces systèmes ne dispensent pas les plateformes de leur responsabilité de veiller à ce que leurs produits soient sûrs et adaptés à l'âge dès leur conception, ajoutent-ils.
Pour encourager le respect du règlement sur les services numériques (DSA) et des autres législations pertinentes, les députés suggèrent que les cadres supérieurs pourraient être tenus personnellement responsables en cas de non-respect grave et persistant, notamment en ce qui concerne la protection des mineurs et la vérification de l’âge.
Une action renforcée de la Commission
Le Parlement demande également:
- l’interdiction des pratiques addictives les plus dangereuses et la désactivation par défaut des autres fonctionnalités addictives pour les mineurs (notamment le défilement infini, la lecture automatique, le rechargement de la page "pull-to-refresh", les boucles de récompense et les pratiques préjudiciables de ludification) ;
- l’interdiction des sites ne respectant pas la règlementation européenne ;
- des mesures pour lutter contre les technologies de persuasion, comme la publicité ciblée, le marketing d’influence, la conception addictive et les interfaces trompeuses, dans le futur règlement sur l’équité numérique ;
- l’interdiction pour les mineurs des systèmes de recommandation basés sur l'engagement ;
- l’application des règles du DSA aux plateformes vidéo en ligne et l’interdiction des boîtes à butin et autres mécanismes aléatoires présents dans les jeux (monnaie intégrée, roue de la fortune, progression payante) ;
- la protection des mineurs contre l’exploitation commerciale, notamment en interdisant aux plateformes d’offrir des incitations financières au "kidfluencing" (mineurs agissant comme influenceurs) ;
- une action urgente pour répondre aux enjeux éthiques et juridiques posés par les outils d’IA générative, y compris les deepfakes, les chatbots de compagnie, les agents d’IA et les applications de nudité alimentées par l’IA (capables de générer des images manipulées non consenties).
Citation
La rapporteure Christel Schaldemose (S&D, Danemark) a déclaré au cours du débat : "Je suis fière de ce Parlement, qui nous permet d'agir ensemble pour protéger les mineurs en ligne. Associées à une application stricte et cohérente de la loi sur les services numériques, ces mesures renforceront considérablement le niveau de protection des enfants. Nous tirons enfin un trait sur le passé. Nous disons clairement aux plateformes : vos services ne sont pas conçus pour les enfants. Et l'expérience s'arrête là."
Contexte
Selon les études citées dans le rapport, 97% des jeunes se connectent à internet chaque jour et 78% des 13 à 17 ans consultent leur appareil au moins une fois par heure. Dans le même temps, un mineur sur quatre présente un usage du smartphone qualifié de "problématique" ou "dysfonctionnel", c’est-à-dire assimilable à une dépendance.
Selon l’Eurobaromètre 2025, plus de 90% des Européens estiment qu’il est urgent d’agir pour protéger les enfants en ligne, notamment face à l’impact négatif des réseaux sociaux sur la santé mentale (93%), au cyberharcèlement (92%) et à la nécessité de limiter l’accès aux contenus inadaptés (92%).
Les États membres commencent à agir et mettent en place des mesures telles que des limites d’âge et des systèmes de vérification.
Source : Communiqué de presse du parlement Européein (https://www.europarl.europa.eu/news/fr/press-room/20251120IPR31496/il-faut-avoir-16-ans-pour-acceder-aux-reseaux-sociaux-selon-les-deputes) - le 26 novembre 2025
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La solution c’est l’interdiction pour les mineurs. Qui aura le courage politique de le dire ?
bah la loi vient d'être votée (encore en navette avec le Sénat...)
pareil en Australie et en Espagne et dans certains états américains
(les autres vont suivre)
c'est juste un cheval de Troie pour imposer l'identité numérique pour tous
puisque tous les adultes devront prouver leur majorité...
bien anticipé dans certains romans...
tout ça va se goupiller avec l'euro numérique (et donc la fin du cash) d'ici 2030 et au delà
"""
depuis 25 ans, de nombreux chercheurs, institutions et auteurs ont décrit un futur où :
-l’identité numérique devient obligatoire
-l’accès au web est conditionnel
-le web se fragmente en zones contrôlées
-les plateformes deviennent des gardiens d’accès
-l’anonymat disparaît
-la surveillance est intégrée à l’infrastructure
aujourd’hui, les lois (Australie, UE, Royaume‑Uni, Canada) et les technologies (IA, biométrie, identité numérique) rendent ces scénarios techniquement réalisables
"""
_______________________________
The End of Privacy – Reg Whitaker [1999]
-les États pousseront vers une identité numérique centralisée
-les services privés deviendront des “gardiens d’accès”
-la frontière entre surveillance publique et privée disparaîtra
________________________________
The Net Delusion – Morozov [2011]
-les gouvernements utiliseront la sécurité et la protection des mineurs comme justification
-l’accès au web deviendra conditionnel à une identité vérifiée
-les plateformes deviendront des outils de contrôle
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sinon les RS sont toxiques pour tous, adultes compris
le pire étant TikTok avec un impact sur le circuit dopaminergique particulièrement marqué
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C'est une analyse complétement erronée pour la France et probablement l'Europe ! (mais valable pour la Russie ou la Chine)
La vérification de l’âge en France doit être effectuée par un prestataire de système de vérification de l’âge qui doit être indépendant du site. Ni le gouvernement, ni le réseau social n'ont connaissance de votre véritable identité.
Le recours à un tiers vérificateur indépendant est au cœur des recommandations de la CNIL depuis 2021 (https://www.cnil.fr/fr/verification-de-lage-en-ligne-trouver-lequilibre-entre-protection-des-mineurs-et-respect-de-la-vie).
Le référentiel de l’Arcom prévoit que les sites concernés, après une période transitoire, proposent aux internautes au moins une solution de vérification de l’âge dite en « double anonymat ». Ce type de solution permet de protéger au mieux la vie privée des internautes :
- le site auquel l’internaute accède reçoit la preuve de sa majorité, mais ne connaît pas son identité ;
- le prestataire de la solution de contrôle d’âge connaît l’identité de l’internaute, mais ne sait pas quels sites il consulte.
Confier ces fonctions à des acteurs différents rend possible une triple protection de la vie privée :
- celui qui fournit la preuve d’âge connaît l’identité de l’internaute mais ne sait pas quel site celui-ci consulte ;
- celui qui transmet la preuve d’âge au site peut connaître le site ou service que l’internaute consulte mais ne connaît pas son identité (dans la solution « idéale » développée plus bas, la preuve d’âge transite par l’utilisateur, ce qui permet un compartimentage entre les acteurs) ;
- le site ou service connaît l’âge de l’internaute (ou juste sa majorité) et sait qu’il consulte ce site, mais ne connaît pas son identité ni, dans certains cas, le service de vérification de l’âge utilisé.
Source : CNIL Vérification de l’âge en ligne : trouver l’équilibre entre protection des mineurs et respect de la vie privée (https://www.cnil.fr/fr/verification-de-lage-en-ligne-trouver-lequilibre-entre-protection-des-mineurs-et-respect-de-la-vie)
Le protocole repose principalement sur un concept cryptographique appelé « signature de groupe ». En termes cryptographiques, cette primitive permet à un utilisateur de signer anonymement au sein d’un groupe. Le terme « anonymement » est à prendre au sens cryptographique ici, au sens RGPD on parlerait de pseudonymat.
Étant donné une signature générée par un membre du groupe, il est impossible (hormis pour une autorité) de savoir quel membre l’a généré. Pour construire une telle primitive, nous combinons deux blocs fondamentaux en cryptographie :
- d’un côté des signatures numériques (qui permettent à quelqu’un de certifier une donnée et à quiconque de vérifier ensuite ce certificat) ;
- et de l’autre des preuves à divulgation nulle de connaissance (dites Zero-Knowledge ou ZK), qui permettent de prouver la connaissance d’un secret sans pour autant révéler ce dernier.
Grâce à la combinaison de ces primitives, une autorité peut générer une clé publique, ajouter des membres au groupe, en leur fournissant un certificat, valide sous la clé principale du groupe, de leur propre clé publique. Ensuite, les membres du groupe vont pouvoir signer des challenges à l’utilisateur, et ce dernier va pouvoir prouver qu’il possède une signature d’un challenge, par quelqu’un appartenant au groupe. De cette façon, les preuves ZK garantissent à la fois le pseudonymat de l’autorité qui a signé (via la propriété de ZK) et le fait que celle-ci est bien membre du groupe (via la propriété dite de soundness, c’est-à-dire que personne ne peut faire une fausse preuve). Ainsi, le site fournisseur de service est sûr de la validité de l’âge de l’utilisateur sans pour autant savoir qui l’a certifié.
Les schémas ci-dessous permettent de comprendre comment la preuve de faisabilité fonctionne :
Pour la personne, cette fonctionnalité puisse être « à sa main » :
(https://lafibre.info/images/doc/202206_cnil_mecanisme_verification_age_respectueux_vie_privee_1.webp)
Plus généralement, sur l’écosystème : les différents acteurs en présence et le système de gouvernance nécessaire à son fonctionnement.
(https://lafibre.info/images/doc/202206_cnil_mecanisme_verification_age_respectueux_vie_privee_2.webp)
Source : Laboratoire d'inovation Numériques de la Cnil (https://linc.cnil.fr/demonstrateur-du-mecanisme-de-verification-de-lage-respectueux-de-la-vie-privee), le 16 juin 2022 par Olivier Blazy, Jérôme Gorin, Martin Biéri et Côme Brocas
Pour donner un exemple de prestataire tiers de confiance, Yoti ID (https://www.yoti.com/personal/) est en mesure de transmettre une classe d'age (exemple +15 ans) et uniquement cette information à un site qui le demande. Ton identité n'est pas dévoilée au site qui en fait la demande et Yoti ID ne sais pas sur quel site tu t'authéntifie.
Bien sur, cela nécessite d'avoir confiance dans Yoti ID.
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peu importe le fait que l'intermédiaire soit fiable ou non
ça veut dire la fin de l'internet sans devoir scanner ta tronche ou fournir une identité authentifiée
du moins en partie, car l'hypothèse d'un internet totalement verrouillé à moyen terme est peu probable (même en Chine c'est imparfait)
on peut envisager une intégration dans le navigateur. tout les sites devront refuser les navigateurs n'appliquant pas la vérification de l'e-id
et pénaliser le fait d'installer un navigateur non officiel
bien sur cette hypothèse est peu probable en occident dans l'état
mais ça veut dire e-id pour les administrations en ligne, les banques, les réseaux sociaux, le divertissement (Netflix...)
c'est déjà en place pour le porno (même s'il reste plein de sites encore accessibles et les VPN. une député de la majorité a dit vouloir interdire les VPN. ça viendra)
maintenant qu'on a "sauvé" les mineurs du porno
on s'attaque aux RS
après ça sera le gaming
et les gens vont s'y plier
c'est fou comme on accepte une société dystopique
en avançant par paliers et en invoquant des causes "louables"
la santé et la sécurité
imposer cela brutalement il y'a 10 ans aurait été totalement impossible
mais maintenant que les gens sont totalement accros au web...
même pour subvenir à leurs besoins
une partie de la population déjà habituée pour le porno
elle va s'habituer pour TikTok (elle ne pourra pas s'en passer c'est une drogue dure)
et ensuite ça s'étendra
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j'aime beaucoup cette vidéo écrite à l'époque des gilets jaunes et publiée pendant le covid
joli talent d'écriture
mais il n'invente rien. les faits sont déjà là.
et des chercheurs + artistes préviennent depuis des décennies
c'est juste que la technologie devient vraiment mature
https://www.youtube.com/watch?v=Xpy7GTAIg6g
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Personnellement, et même si c'est un peu HS par rapport à ce fil de discussion, je suis bien plus inquiet de l'effet futur de l'IA générative sur les enfants que celui des écrans ou des réseaux sociaux.
Sauront-ils encore raisonner par eux-mêmes... quand l'IA leur fournira des réponses à la plupart de leurs questionnements "presque" parfaites ?
Sauront-ils encore se sociabiliser... quand l'IA leur fournira un compagnon épistolaire ou plus "presque" parfait ?
On pourrait rétorquer qu'on devait se poser les mêmes questions à l'époque de l'invention de la calculatrice pour le calcul, mais je ne pense pas que ce soit comparable. Jamais l'illusion de personnalité ou d'alterité n'a été aussi grande...
On a déjà vu sur ce forum que les interventions de l'IA avaient plus tendance à faire baisser le niveau de la discussion que le contraire...
-
Le temps de réaction des autorités sur un sujet aussi complexe est toujours un peu long : Il faut des multiples études qui montrent les problèmes.
Il y a bien des cas de suicides documentés d'adolescents, suite à des conversations des IA conversationnels, mais cela va peut-être réglé directement par les acteurs.
Après, il y a des cas plus simples ou il va y avoir des mesures, je pense par exemple à Grok qui permettait de générer des images sexualisées de mineurs sur X en réponse à la demande d’utilisateurs. « Grok, enlève-lui ses vêtements » fonctionnerait encore sur des adultes et L’Autorité irlandaise de protection des données a annoncé, mardi 17 février, l’ouverture d’une enquête européenne sur la création et la publication de deepfakes à caractère sexuel générés par l’outil d’intelligence artificielle Grok et publié sur X.
Sur les problèmes des réseaux sociaux, c'est plus communément admis qu'il y a un problème de fond avec les jeunes, d'où la décision d'interdiction au moins de 15 ans. Voici une étude de Meta (traduction Google) :
Les propres recherches de Meta ont montré que la supervision parentale ne contribue pas vraiment à freiner l'utilisation compulsive des médias sociaux par les adolescents.
Une étude interne menée chez Meta, baptisée « Projet MYST » et réalisée en partenariat avec l' Université de Chicago , a révélé que la supervision et le contrôle parental — tels que les limites de temps et la restriction d'accès — avaient peu d'impact sur l'utilisation compulsive des réseaux sociaux par les enfants. L'étude a également montré que les enfants ayant vécu des événements stressants étaient plus susceptibles d'avoir des difficultés à modérer leur utilisation des réseaux sociaux.
Il s'agit là d'une des allégations marquantes révélées lors du procès pour dépendance aux réseaux sociaux qui a débuté la semaine dernière devant la Cour supérieure du comté de Los Angeles. La plaignante, identifiée par ses initiales « KGM » ou par son prénom, « Kaley », accuse, avec sa mère et d'autres personnes s'étant jointes à la procédure, les entreprises de réseaux sociaux d'avoir créé des produits « addictifs et dangereux » qui ont conduit les jeunes utilisateurs à souffrir d'anxiété, de dépression, de dysmorphie corporelle, de troubles alimentaires, d'automutilation, d'idées suicidaires, et bien plus encore.
Cette affaire figure parmi plusieurs procès marquants qui se tiendront cette année, accusant les réseaux sociaux de nuire aux enfants. L'issue de ces poursuites influencera la manière dont ces entreprises traitent leurs jeunes utilisateurs et pourrait inciter les autorités de régulation à prendre des mesures supplémentaires.
Dans cette affaire, le plaignant a poursuivi Meta, YouTube, ByteDance (TikTok) et Snap, mais les deux dernières sociétés avaient réglé leurs différends avant le début du procès.
Lors du procès devant jury qui se déroule actuellement à Los Angeles, l'avocat de Kaley, Mark Lanier, a évoqué une étude interne menée chez Meta, qui, selon lui, a mis en évidence que Meta avait connaissance de ces préjudices spécifiques, mais ne les avait pas rendus publics.
Dans le cadre du projet MYST (Meta and Youth Social Emotional Trends survey), les recherches de Meta ont conclu que « les facteurs parentaux et familiaux ont peu d'influence sur le niveau d'attention que les adolescents portent à leur utilisation des médias sociaux ».
Autrement dit, même lorsque les parents tentent de contrôler l'utilisation des réseaux sociaux par leurs enfants, que ce soit par le biais du contrôle parental ou simplement par l'instauration de règles à la maison et d'une surveillance, cela n'a aucune incidence sur le risque d'utilisation excessive ou compulsive des réseaux sociaux par l'enfant. L'étude repose sur un sondage mené auprès de 1 000 adolescents et de leurs parents concernant leur utilisation des réseaux sociaux.
L'étude a également noté que les parents et les adolescents étaient d'accord sur ce point, affirmant qu'« il n'y a pas de lien entre les déclarations des parents ou des adolescents concernant la supervision parentale et les mesures d'attention ou de capacité des adolescents dans le cadre d'enquêtes ».
Si les conclusions de l'étude sont exactes, cela signifierait que l'utilisation de fonctionnalités telles que le contrôle parental intégré à l'application Instagram ou les limites de temps d'utilisation des smartphones n'aiderait pas nécessairement les adolescents à réduire leur propension à abuser des réseaux sociaux, a plaidé l'avocat du plaignant. Comme le souligne la plainte initiale, les adolescents sont exploités par les réseaux sociaux, dont les défauts incluent des flux algorithmiques conçus pour inciter les utilisateurs à faire défiler les publications, des récompenses variables et intermittentes qui manipulent la libération de dopamine, des notifications incessantes, des outils de contrôle parental insuffisants, et bien d'autres encore.
Lors de son témoignage, Adam Mosseri, le directeur d'Instagram, a affirmé ne pas connaître le projet MYST de Meta, même si un document semblait indiquer qu'il avait donné son accord pour poursuivre l'étude.
« Nous menons de nombreux projets de recherche », a déclaré Mosseri, après avoir affirmé ne se souvenir de rien de précis concernant MYST, hormis son nom.
L'avocat de la plaignante a toutefois cité cette étude pour démontrer que, pour les préjudices allégués, ce sont les entreprises de réseaux sociaux qui devraient être tenues responsables, et non les parents. Il a notamment souligné que la mère de Kaley avait tenté de freiner l'addiction de sa fille aux réseaux sociaux, allant jusqu'à lui confisquer son téléphone à plusieurs reprises.
De plus, l'étude a révélé que les adolescents ayant vécu davantage d'expériences de vie difficiles — comme des parents alcooliques, du harcèlement scolaire ou d'autres problèmes — étaient moins attentifs à leur utilisation des réseaux sociaux. L'avocat a donc soutenu que les jeunes confrontés à des traumatismes dans leur vie réelle étaient plus exposés au risque de dépendance.
À la barre, Mosseri a semblé partiellement approuver cette conclusion, déclarant : « Il existe plusieurs raisons à cela. J’ai souvent entendu dire que les gens utilisent Instagram pour échapper à une réalité plus difficile. » Meta prend soin de ne pas qualifier d’addiction toute forme d’utilisation excessive ; Mosseri a précisé que l’entreprise utilise plutôt le terme « usage problématique » pour désigner une personne « passant plus de temps sur Instagram qu’elle ne le juge approprié ».
Les avocats de Meta, quant à eux, ont insisté sur le fait que l'étude visait principalement à comprendre si les adolescents estimaient utiliser les réseaux sociaux de manière excessive, et non à déterminer s'ils en étaient réellement dépendants. Ils ont également cherché à imputer davantage la responsabilité aux parents et aux réalités de la vie, plutôt qu'aux produits des entreprises sur les réseaux sociaux, comme facteur déclencheur des états émotionnels négatifs chez les jeunes comme Kaley.
Par exemple, les avocats de Meta ont souligné que Kaley était une enfant de parents divorcés, avec un père violent, et qu'elle était victime de harcèlement scolaire.
Il reste à voir comment le jury interprétera les conclusions d'études telles que le projet MYST et d'autres, ainsi que les témoignages des deux parties. Mosseri a toutefois souligné que les conclusions de MYST n'avaient pas été publiées et qu'aucune mise en garde n'avait été adressée aux adolescents ou à leurs parents suite à ces recherches.
Contacté pour obtenir des commentaires, un porte-parole de Meta a déclaré : « Outre le fait que cette analyse n’a rien démontré quant à l’impact de la surveillance parentale sur le comportement des adolescents, les parents nous disent sans cesse qu’ils souhaitent et ont besoin d’outils de contrôle numérique. C’est pourquoi nous les développons. »
Source : TechCrunch (https://techcrunch.com/2026/02/17/metas-own-research-found-parental-supervision-doesnt-really-help-curb-teens-compulsive-social-media-use/) le 17 février 2026
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C'est une analyse complétement erronée pour la France et probablement l'Europe ! (mais valable pour la Russie ou la Chine)
[...]
Étant donné une signature générée par un membre du groupe, il est impossible (hormis pour une autorité) de savoir quel membre l’a généré.
[...]
L'histoire se répète. On a déjà vécu cela avec tous les exemples passés...
Vu et écouté par camera sur l'espace public, par ton téléphone, par tes enceintes connectées, tes IOT, etc, etc...
Reste à définir l'autorité sachant que pour beaucoup, la police n'est pas au service de tous mais de l'état, ce qui est différent.
Comme d'ab, les autres sont les méchants et nous les gentils...
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je suis bien plus inquiet de l'effet futur de l'IA générative sur les enfants que celui des écrans ou des réseaux sociaux
c'est un vrai sujet
et les adultes sont touchés
les neurologues ont déjà des données...
pour résumer
si tu as marché toute ta vie (comme certains africains qui font 15km par jour pour aller à l'école)
puis que du jour au lendemain tu as accès au bus ou à la voiture
tu vas plus vite, tu te fatigues moins, tu gagnes du temps
mais...
si on te retires ces "facilitateurs", rien ne dit que tu récupéreras ton niveau de marche d'avant
le cerveau n'est pas physiologiquement un muscle mais fonctionne comme tel
il faut se faire violence
faire de nouvelles activités, lire des livres, s'oxygéner (l'activité est bonne pour le cerveau), liens sociaux...
à savoir que le cerveau finit sa pleine maturation vers 28 ans...
bien plus tard que la majorité civile...
les réseaux sociaux et les écrans sont hautement toxiques également
à fortiori sur un cerveau non terminé
le pire c'est TikTok qui t'envoie des shoots permanents de dopamine et autres neurotransmetteurs
je l'ai senti tout de suite
j'ai tout coupé au bout d'une semaine d'utilisation
c'est vraiment toxique
au sens propre
les neurologues tirent la sonnette d'alarme depuis un moment !
l'ia c'est un autre niveau
mais au moins elle n'affecte pas le système de récompense
elle n'épuise pas les stocks de noradrénaline et autre dopamine
Vu et écouté par camera sur l'espace public, par ton téléphone, par tes enceintes connectées, tes IOT, etc, etc...
tu vas aimer le wifi sensing !
tout ces systèmes atteignants leur pleine capacité grâce...
...à l'ia
"""
Sans caméra, sans smartphone sur vous, juste les ondes radio suffisent désormais à identifier n'importe qui avec une précision de près de 100%.
Une menace technologique qui s'inscrit déjà dans les futurs standards WiFi
(...)
un principe physique relativement simple : chaque corps humain perturbe les ondes radio de manière unique lorsqu'il se déplace dans un environnement saturé de signaux WiFi.
Les chercheurs ont démontré qu'en analysant ces perturbations des ondes radio, il est possible de créer une véritable empreinte biométrique individuelle
"""
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Les équipements numériques des enfants
(https://lafibre.info/images/doc/202512_fondation-enfance_outils_numeriques_usage_sphere_familiale_1.avif)
(cliquez sur la miniature ci-dessous - le document est au format PDF)
(https://lafibre.info/images/doc/202512_fondation-enfance_outils_numeriques_usage_sphere_familiale.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202512_fondation-enfance_outils_numeriques_usage_sphere_familiale.pdf)
Source : 4e baromètre de l’impact du numérique sur le développement des enfants (https://www.fondation-enfance.org/2026/02/16/enfance-et-numerique-4e-barometre-croise-parents-enfants/) - décembre 2025
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dommage qu'il n'y ait pas "avant 8 ans"...
pour moi, un smartphone avec accès internet ça devrait attendre la sixième
voir plus tard
la TV dans la chambre c'est en baisse
il y'en avait beaucoup plus avant
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Chad86 je suis d'accord avec toi, c'est tout le monde qui va pâtir de ces restrictions, pas seulement les mineurs. Il faut toujours se justifier de tout et payer les pots cassés d'une minorité
(Je ne dis pas ça parce que je suis orginaire de Lencloître ;) [size=78%] > d'ailleurs je n'y habite plus depuis 2008)[/size]
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le contrôle est l'objectif de tout gouvernement
leur rêve ultime est sur le point de devenir réalité (je ne parle pas juste de l'e-id, c'est un package)
sympa j'ai bossé à Scorbé l'été dernier
j'y allais en vélo en passant par l'ancienne voie de chemin de fer :D ;)
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Les équipements numériques des enfants
(https://lafibre.info/images/doc/202512_fondation-enfance_outils_numeriques_usage_sphere_familiale_1.avif)
(cliquez sur la miniature ci-dessous - le document est au format PDF)
(https://lafibre.info/images/doc/202512_fondation-enfance_outils_numeriques_usage_sphere_familiale.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202512_fondation-enfance_outils_numeriques_usage_sphere_familiale.pdf)
Source : 4e baromètre de l’impact du numérique sur le développement des enfants (https://www.fondation-enfance.org/2026/02/16/enfance-et-numerique-4e-barometre-croise-parents-enfants/) - décembre 2025
Pour ma part je comprends toujours pas pourquoi le smartphone est toujours autorisé aux mineurs, surtout aux moins de seize ans. QU'un ado ait un téléphone appels/SMS uniquement pourquoi pas, même si de mon temps jusqu'au moins au bac, on vivait sans difficultés sans, mais là, l'internet dans la main en permanence, autonomie..
Vous connaissez, la différence, entre un ado qui a dans les mains :
-un calibre .33, chargé
-un pétard de cannabis
-un smartphone connecté à internet
non? trouvez pas? Y'a pas de quoi, c'est normal : y'en a aucune.
le smartphone, tant dans son contenant que son contenu, est très addictif, et dangereux, pour les non initiés, non préparés, que son nos têtes blondes.
L'accompagnement à l'informatique, à l'age le plus jeune (~10 ans), sans problème, sous responsabilité, et surveillance permanente, d'un adulte responsable.
Refiler un appareil connecté à internet en permanence, à un mome de 10/12 ans, reste symbolique de l'échec parental de facto, et devrait être puni par la loi, d'irresponsabilité des parents (avec amende salée à la clé). Sans passer par une répression, il n'y aura jamais de changement, toujours des élèves drogués et qui ne jurent qu'en leur Précieux.
Pareil en établissement scolaire :
attrapé une première fois en flagrant délit, smartphone conservé jusqu'au vendredi soir, avec remise de l'appareil aux parents dans le bureau du proviseur. L'appareil n'est pas remis tant que les deux parents n'y sont pas, le vendredi 18h.
pour la fois suivante, exclusion définitive et immédiate de l'élève. Aussi radical que l'influence de l'appareil et des r sociaux sur le comportement de nos chères têtes blondes, qui ne sont pas assez matures pour avoir du recul (suicide, djihadisme, violence, etc)
C'est maintenant qu'on fait semblant de comprendre qu'il y a "peut être" un gros pépin dans la matrice, qui formate un peu difficilement les générations à venir, qualifiées d'irrécupérables par de nombreux observateurs : ils n'apprennent plus, ils consultent et restent consommateurs compulsifs. En plus de cela avec des parents dans le déni, ce pays est terminé..
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c'est la pression sociale et la norme !
le gamin qui va se ramener au collège avec un dumbphone va se faire moquer (ou pire)
et c'est pareil chez les adultes
je passe pour un dégénéré avec mon dumbphone !
tu peux lui prendre un smartphone sans data mais il se connectera au wifi dès que possible (y compris en partage de connexion avec le copain)
c'est la société qui est malade
ramener un contrôle via e-id va juste nous faire plonger un peu plus dans la dystopie
et c'est pareil avec les vêtements de marque...
TikTok est pire que le cannabis sur bien des points
ce ne sont pas les mêmes circuits de la récompense
le cannabis ne t'envoie pas de shoots de dopamine aussi puissants
(il a d'autres effets néfastes comme la perte de la mémoire de travail...)
on est plutôt de l'ordre de la cocaïne
ou du sucre
https://youtu.be/Xdd50JlTo5k?si=cDhS5AyT5wdvkfLp
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De ce que je comprends, c'est que les collégiens échangent essentiellement via des applications entre copains et que de nombreux collégiens n'ont même pas connaissances du numéro de téléphone de leurs potes, car ce n'est pas le canal utilisé.
Les applications en question :
(https://lafibre.info/images/doc/202411_arcom_observatoire_audience_plateformes_en_ligne_2.webp)
Dans ces conditions, un ado avec un téléphone qui ne fait que téléphone / SMS peut se retrouver exclu.
Le problème n'est donc pas simple et il a été vu qu'il faut que les parents d'élèves se concertent pour retarder l'âge du smartphone pour ne pas créer d'exclusion. Cf https://pactesmartphone.fr/ (le site définitif n'est toujours pas arrivé).
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sans oublier les applis pour étudier et échanger avec les profs !
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sans oublier les applis pour étudier et échanger avec les profs !
C'est compté dans la part "Non VLOPSEs"
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C'est tellement sécure le contrôle d'identité par un tiers c'est certain. On a des nouvelles de Sumsub ?
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De ce que je comprends, c'est que les collégiens échangent essentiellement via des applications entre copains et que de nombreux collégiens n'ont même pas connaissances du numéro de téléphone de leurs potes, car ce n'est pas le canal utilisé.
Les applications en question :
(https://lafibre.info/images/doc/202411_arcom_observatoire_audience_plateformes_en_ligne_2.webp)
Dans ces conditions, un ado avec un téléphone qui ne fait que téléphone / SMS peut se retrouver exclu.
Le problème n'est donc pas simple et il a été vu qu'il faut que les parents d'élèves se concertent pour retarder l'âge du smartphone pour ne pas créer d'exclusion. Cf https://pactesmartphone.fr/ (le site définitif n'est toujours pas arrivé).
sans oublier les applis pour étudier et échanger avec les profs !
Je connais plusieurs familles, parents d'élèves, parents ne possédant pas de smartphone, interdisant évidemment la même chose pour leur progéniture. Vivant sans aucune appli, ils ont l'air de s'en sortir. Et je les comprends largement.
PPS : l'exemple espagnol, qui au même titre que l'Australie, fait l'inverse d'une Suède droguée aux smartphones (dès l'age de 6 ans chez eux):
https://youtu.be/D7WBQb0VBhA?t=97
Certains enseignants témoignent sur internet en disant qu'ils innovent de plusieurs façons pour interdire complètement l'appareil en cours : portable dans le sac, déposé en fond de classe, téléphones posés dans une boite récupérée auprès de l'enseignant à la fin, ou plus simplement :
toutes prises de notes sur papier/crayon.
J'en connais une qu'est littéralement revenue au tout papier, ne mettant que l'administratif sur Pronote.
Je pense que c'est un bon réflexe, garder l'outil numérique pour compléter la vie pratique des adultes, et encadrer la vie des enfants en les préservant de tout écran individuel/portable. Question de santé mentale.
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je me rappelle quand j'étais au collège les portables étaient interdits dans toute l'enceinte du collège
si quelqu'un te voyait avec il était confisqué par le principal
je ne sais pas si c'était le règlement du collège ou si c'était national
certains adultes se moquaient en me disant de me faire greffer le portable dans le bras
mais techniquement 20 ans plus tard c'est ce qu'il s'est passé non ?
enfin on en est pas loin avec les montres connectées 😅
[j'ai quitté le collège en 2004]
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Cela a un peu changé...
https://lafibre.info/videos/loi/202509_france24_college_rentree_sans_telephone_portable.mp4
Casiers pour stocker des téléphones dans un collège (un casier par classe) : Maintenant ces caissiers ne sont pas un remède à tout : certains jeunes ont deux téléphones : un qui est mis dans le casier et l'autre qu'ils gardent dans leur cartable.
Certains disent également avoir oublié leur portable alors qu'il est dans leur cartable.
(https://lafibre.info/images/doc/202509_france24_college_rentree_sans_telephone_portable_casiers.avif)
Les dispositifs sont variés et pas encore généralisés. Certains collèges laissent le téléphone au collégien, mais dans une pochette anti-ondes verrouillée :
Afin de garantir le respect de cette règle, le collège a acquis des pochettes anti-ondes destinées aux élèves qui se présenteront avec un téléphone ou un dispositif électronique de communication. A l’entrée du collège, chaque élève concerné aura l’obligation de ranger son téléphone dans sa pochette qui restera close toute la journée. Il demeurera responsable de son téléphone. A la fin des cours, les pochettes seront déverrouillées au moyen de clefs magnétiques mises à disposition à la sortie de l’établissement.
Mise en place du dispositif « Portables en pause » à compter du lundi 9 mars 2026 dans un collège parisien :[/size] cliquez sur les miniatures ci-dessous - les documents sont au format PDF)
(https://lafibre.info/images/doc/202602_college_courrier_mise_en_place_de_portables_en_pause.webp) (https://lafibre.info/images/doc/202602_college_courrier_mise_en_place_de_portables_en_pause.pdf) (https://lafibre.info/images/doc/202602_college_modification_du_reglement_intérieur.webp) (https://lafibre.info/images/doc/202602_college_modification_du_reglement_intérieur.pdf)
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Le président de la République s'est rendu à Mirecourt le vendredi 28 novembre 2025, voici l'extrait où il parle de l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans
https://lafibre.info/videos/loi/202511_elysee_president_republique_proteger_les_plus_jeunes.mp4
Version Texte :
Emmanuel MACRON
Et il est clair qu'avant 15-16 ans, les réseaux sociaux ne sont pas une bonne chose. Parce qu'à la fois, on n'a pas consolidé suffisamment sur le plan affectif, sur le plan émotionnel et sur le plan cognitif les choses. En fait, le cerveau n'est pas terminé, n'est pas mûr pour être exposé à ça. Et on peut le documenter assez facilement, c'est que cette génération malheureusement à laquelle on a laissé accès à peu à tout. On a vu une flambée du harcèlement en ligne qui a renforcé le harcèlement physique, mais on a vu une flambée des troubles du comportement alimentaire. Beaucoup de jeunes filles étant confrontées à la vision justement de corps idyllique par ces réseaux, etc., une flambée des formes de violence ou de désocialisation. On a beaucoup trop de jeunes qui, par les réseaux sociaux, accèdent à des contenus pornographiques. Et donc, on peut se battre tous les jours pour dire : l'égalité femmes-hommes est clé pour nous, le respect de la femme, la lutte contre les violences. On a de plus en plus de nos jeunes par rapport à nos générations dont l'éveil, si je puis dire, à la conscience affective, sentimentale, se fait par les réseaux et la pornographie en ligne. On a une flambée de solitude et, au fond, un problème de santé mentale de nos jeunes. Même si on n'arrive pas à faire vraiment un lien de cause à effet, on a clairement un lien de corrélation. Et donc, pour moi, la clé de tout ça, c'est qu'on doit prendre ces réseaux. Donc, 1) il faut avoir beaucoup plus l'école et la petite enfance avec nous. Maintenant, c'est fait, ce sont ces règles qu'on met en place. C'est pour ça qu'on a sorti le portable du collège maintenant dans tous les collèges à la rentrée dernière, qu'on va sans doute l'élargir au lycée à la rentrée prochaine avec le ministre. Il est en train de regarder ça. Et on prévient maintenant, on engage avec les parents sur ces sujets, dans les réunions parents-profs, et on va lancer une grande campagne nationale de communication et de prévention à l’égard des parents. Mais les parents, si on veut les engager, il faut pouvoir leur dire ce qu’est un consensus scientifique, c’est celui que je vous donne, et il faut leur dire, vous avez un rôle à jouer parce qu’aussi, on vous donne une norme. Et la dernière, on va peut-être y revenir, mais c’est de dire, avant 15 ans, il ne faut pas exposer les enfants devant les réseaux. Et donc, on va interdire les réseaux sociaux avant 15 ans. Pour que ça marche vraiment, il faut que les parents jouent le jeu. Mais on va donner aux parents une norme. Jusqu’à présent, il n’y en avait pas vraiment, parce qu’on n’en sait plus aujourd’hui.
Animatrice
C’est la majorité numérique que vous défendez, c’est ça ?
Réponse d'Emmanuel MACRON
Oui. Mais je ne sais pas s’il y a des questions de lecteurs là-dessus.
Animatrice
Pas exactement là-dessus.
Emmanuel MACRON
Alors, je peux vous le dire en deux mots, si vous voulez que je détaille. Mais je pense que la question de Monsieur était, à mon avis, aussi très importante, parce qu’en partant de la prévention, tout ce qu’on se dit ne marche que si les familles adhèrent. Parce qu’on peut dire, on va interdire les écrans avant 15 ans, il faut que les familles jouent le jeu. Alors moi, je pense qu’elles joueront le jeu. Aujourd’hui, les familles, elles n’ont pas de normes. On ne leur a rien dit, on les a laissées se débrouiller toutes seules. Mais on a progressivement, ça s’est fait il y a quelques décennies, interdit le vin pour les mineurs. Il y a 60 ans, on servait du vin aux gosses. On l’a interdit. Il y a peut-être toujours des gens qui servent de la bière aux nourrissons, mais à mon avis, ce n’est pas la majorité aujourd’hui dans le pays, parce que quand on donne une norme aux familles, elles savent que ce n’est pas bon pour leurs enfants, elles ne vont pas le faire. Bon, il faut bien dire qu’on n’a pas jusqu’alors porté un discours qui consistait à dire que c’était mauvais en soi. Là, maintenant, on le sait, on l’a établi, donc on va dire et on va porter cette règle. Comment on va le faire ensuite dans la loi ?
De deux manières. D’abord, on a — c’est pour ça que ça a pris du temps après la commission écrans — l’été dernier, il y a quelques mois, la Commission européenne, suite à nos questions et nos demandes, nous a donné des lignes directrices de cette fameuse directive sur les services numériques, et elle a dit : « oui, vous avez la possibilité de demander la vérification de l’âge. » C’est exactement ce qu’on avait utilisé sur les sites pornographiques. Pour interdire les sites pornographiques aux moins de 18 ans, on leur a imposé la vérification de l’âge. Ça a été une grande bataille. Maintenant, c’est fait en France et dans beaucoup de pays européens. Elle nous a dit : « vous pouvez le faire de manière plus large pour les réseaux sociaux. » Donc ça, on l’a. C’est une compétence européenne. OK. Et ensuite, elle dit : « c’est à chaque État de définir sa majorité numérique. » Donc ça, ça va être une loi nationale qui va définir la majorité numérique. Nous, on va proposer 15 ans. Et on va pouvoir activer ces moyens techniques qui existent pour dire : 15 ans, c’est la majorité numérique, donc on vous demande à vos plateformes, quand les gens s’inscrivent, de vérifier l’âge par différentes techniques et de bloquer l’accès à votre réseau à quelqu’un qui aurait moins de 15 ans. C’est comme ça qu’on va le mettre en place. Donc c’est ça. C’est une loi nationale, pour être très précis. Donc ça, les délais peuvent être raisonnables, parce qu’on a obtenu ce qu’on veut obtenir de niveau européen, qui est la vérification obligatoire.
Professeure de ventes (CAP au BAC Pro métiers du commerce et de la vente)
Bonjour Monsieur le Président, bonjour à tous. Je suis professeure de ventes depuis un peu moins de 5 ans. J’interviens dans différents établissements pour former un peu plus de 50 jeunes chaque semaine. J’ai fait un constat dans ces différents établissements, les jeunes sont vraiment dépendants d’abord de leur téléphone portable, puis des réseaux sociaux puisqu’ils utilisent comme moyen le téléphone portable pour accéder aux réseaux sociaux. Et malheureusement, en vente et commerce, on est dans l’obligation d’utiliser des ordinateurs et des téléphones pour s’adapter à l’évolution des méthodes de vente sur le marché. Dans l’école où j’exerce actuellement, il y a un dispositif qui a été mis en place. Il consiste à récupérer les téléphones portables pour les ranger dans un casier qui est fermé à clé. Mais ces jeunes trouvent quand même le moyen de contourner le dispositif. Nous avons des jeunes qui ont deux téléphones portables, qui en disposent un, qui conservent le second, d’autres qui mettent discrètement la coque de téléphone et qui conservent le téléphone, et d’autres qui nous font croire qu’ils n’ont pas leur téléphone, mais il est bien rangé dans un cartable. Difficile pour nous de faire la fouille, puisque nous sommes quand même limités. Il faut respecter ses élèves. Donc, on voit bien une réelle dépendance. Donc ma question est : quelle stratégie éducative et préventive prévoyez-vous pour lutter contre la dépendance aux réseaux sociaux chez les jeunes ?
Réponse d'Emmanuel MACRON
Merci beaucoup. Ce que vous décrivez, je crois que beaucoup d’enseignants l’ont vu et on le voit, ça rejoint ce que je viens d’évoquer. Alors, ça crée une dépendance et on a, en fond, une crise de l’attention, ce qui est terrible pour apprendre et pour vivre en société et échanger. Cette crise de l’attention, elle est due à quoi ? Beaucoup de ces jeunes sont sur les réseaux, y compris à la maison. Donc ils ne lisent plus, ils ne se posent plus sur un texte, non, etc. La moyenne pour ces jeunes, elle est de 4h20 par jour sur les réseaux. 4h20 par jour. Et du coup, on a beaucoup de jeunes, ça arrive, moi, j’en ai vu même qui m’expliquaient ça et ce qu’ils avaient vécu, bah ils sont devenus addicts, ils sont dépendants. C’est comme une drogue, parce qu’il y a ce phénomène de l’algorithme que j’évoquais.
Et donc, vous avez des jeunes qui arrivent épuisés en cours et qui, après, en effet, ont besoin d’être sur leur téléphone pour vérifier, échanger, aller sur les réseaux. Mais c’est vraiment une crise de l’attention et donc, de l’apprentissage, de la possibilité d’apprendre. Donc, d’abord, première chose, c’est la prévention des familles, des profs. Et la bataille qu’on est en train de remettre, on n’a jamais lâché, mais en avant, sur la lecture qui est clé, parce que c’est l’antidote absolu. Comme je dis à beaucoup de ces jeunes, que vous alliez sur les réseaux, mais encore plus sur l’IA, c’est une ode à la lecture, l’intelligence artificielle, parce qu’une intelligence artificielle, c’est juste un supercalculateur qui a lu beaucoup de livres. Donc, plutôt que de dépendre de lui, lisez vous-même un maximum de livres, ça vous rendra plus intelligents et autonomes, et ça vous débarrassera de ce truc.
Je ferme cette parenthèse, là aussi. Donc, c’est la prévention, c’est expliquer, c’est les accompagner. C’est ensuite faire ressortir qu’on est malheureux quand on est en situation de dépendance. Quelle qu’elle soit, on n’est pas bien. Et la troisième chose, c’est l’interdiction qui l’accompagne. Et donc la stratégie, c’est interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans. Et on va beaucoup mieux préparer les jeunes à cela, ce qui fait qu’on aura, c’est ce qu’on croit profondément, moins de comportements addictifs. Puis la deuxième chose, c’est l’interdiction assumée du portable. Je pense que vos jeunes sont plutôt lycéens, donc le portable n’est pas interdit. Donc comme c’est que l’établissement qui fait, il y a moins de consensus. On l’avait fait dans les collèges de manière expérimentale. On l’a généralisé, donc, en septembre dernier. Les retours qu’on a, je parle sous le contrôle, s’il y a des enseignants ici et des rectorats, c’est que ça marche plutôt bien, parce que comme c’est une interdiction nationale, c’est assumé. Alors, il y a des techniques diverses, il y en a qui ont mis des casiers, il y en a qui disent que c’est interdit de la cloche à la cloche. Mais en tout cas, ça, maintenant, on l’installe. Plus de portable au collège. Vous aurez du coup des jeunes qui, quand même, ont été habitués à autre chose. Et à partir de la rentrée prochaine, on veut faire plus de portables au lycée pour vraiment aller au bout de cette démarche et dire : ce n’est pas le lieu où vous devez faire ça, c’est le lieu où vous apprenez et puis, c’est le lieu où vous échangez. Parce que sinon, je vous défie d’aller en cours de récréation dans un lycée à la seconde. Vous pouvez avoir des jeunes, parfois les adultes ne sont pas mieux. Regardez les transports en commun ou autre qui sont la tête comme ça à 2 mètres. Il n’y a plus aucune interaction, il n’y a plus d’humanité. Et donc, je pense, c’est à la fois prévention, accompagnement et interdiction. Et on va le faire au niveau national.
Source : site de l'Élysée
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Réponse d'Emmanuel Macron sur le risque de contournement de l'interdiction
https://lafibre.info/videos/loi/202511_elysee_president_republique_proteger_les_plus_jeunes_contournement_interdiction.mp4
Version Texte :
Professeure de ventes (CAP au BAC Pro métiers du commerce et de la vente)
J’aimerais rebondir sur votre mesure qui consiste à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Je pense que c’est peut-être une méthode radicale qui pourrait avoir des conséquences à long terme par rapport à ce que je perçois, moi, avec les jeunes. Ça pourrait créer une frustration. Certains pourraient, par exemple, utiliser des méthodes contournées pour accéder à ces réseaux sociaux. On le voit, par exemple, avec l’alcool. La restriction n’a pas empêché les jeunes d’être alcooliques, de consommer l’alcool, des mineurs. Donc, ça veut dire que si on met en place une mesure radicale pour les moins de 15 ans, ils vont certainement s’allier à des jeunes de plus de 16 ans, 18 ans, pour accéder aux réseaux sociaux. Est-ce que cette mesure radicale est efficace ? Est-ce que ce ne serait pas un peu risqué ?
Réponse d'Emmanuel MACRON
Mais en vrai, si j’avais des réseaux sociaux qui coopèrent, je pourrais leur dire, faites des contenus pour les jeunes. Ils ne coopèrent pas. Ce n’est pas leur intérêt, ils ne le feront pas. Et ça va nous prendre des années, et je pense qu’on n’y arrivera pas. Ce que vous dites est tout à fait vrai. Mais d’abord, la première vertu de l’interdit, c’est de dire : on sait que c’est mauvais. Moi, ma responsabilité, c’est d’abord d’aller jusqu’au bout. On sait que c’est mauvais pour un jeune avant 15 ans. Il y a même des scientifiques qui disent avant 16 ans. Si je sais que c’est mauvais, est-ce que je suis bien inspiré de le laisser ? Non. 2) je donne une norme. Donc toutes les familles qui sont prêtes, qui disent : « on m’a dit que c’est mauvais, les scientifiques le disent, le Gouvernement français, le législateur français dit que c’est mauvais, on va voter une loi », là, je peux vous dire qu’une écrasante majorité des familles, elles diront : « non, on va le respecter. » Et c’est tout à fait vrai. Il y a malgré tout des gens qui essaieront de contourner. Mais est-ce que ce sera la majorité ? Non. Et ils vont progressivement réfléchir.
Vous avez pris la très bonne comparaison avec l’alcool. Aujourd’hui, combien de jeunes de 14 ans sont alcooliques ou boivent ? C’est très, très, très minoritaire. C’est tout petit. Alors, c’est des jeunes qui, parfois, d’ailleurs, sont laissés... La plupart du temps des jeunes qui sont dans des familles éclatées, des jeunes qui sont dans des situations familiales très dures. Mais sincèrement, je ne connais pas beaucoup de familles qui font boire leurs enfants. Je n’en connais pas. Avant l’âge, il y en a qui peut-être déroge, qui commence à 16 ans pour faire goûter tel ou tel alcool, ou dans les fêtes de famille. Mais on l’a tous pris. Il y a 50 ans, quand il n’y a pas d’interdiction qui était passée, enfin, ça a commencé sous Mendes, je peux vous dire que c’était très jeune. Donc ça marche. Et je ne peux pas, en sachant ça, en ayant un consensus, dire : on laisse les familles sans normes. Donc est-ce que ce sera 100 % du jour au lendemain ? Non, parce qu’on ne va pas mettre un contrôle social derrière chacun. Mais enfin, comme il y aura une vérification d’identité, il faudra que l’adulte ou un majeur de la famille aille ouvrir le compte ou la plateforme pour que le jeune y aille. Il y en aura, vous avez raison. Mais je pense quand même qu’on aura avancé dans la bonne direction et qu’on aura engagé un maximum de jeunes. Un maximum. Et de ce qu’on a fait pour l’alcool comme ce qu’on a fait pour le tabac, comparaison n’est pas raison, bah il faut le faire pour les réseaux. Et c’est la même chose que ce que vous avez dit sur l’alcool. Il y a des jeunes, très jeunes parfois, qui fument. Et c’est interdit. On leur fait comprendre. Donc, on ne passera pas à zéro. Mais je pense que c’est la méthode la plus efficace si on considère, et c’est ce que maintenant nous disent les scientifiques, que c’est un vrai risque. Et c’est un risque affectif, émotionnel et cognitif. C’est ça qu’il faut comprendre. C’est-à-dire que ça change la manière de se comporter avec les autres, les réseaux sociaux. Ça change la manière d’évoluer en société. Et ça change la manière d’apprendre et ça l’abîme. Donc, pour toutes ces raisons, je crois vraiment qu’il faut le faire.
Source : site de l'Élysée
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C’est la majorité numérique que vous défendez, c’est ça ?
Macron n'a rien à voir là dedans c'est une initiative européenne et même mondiale
le but, encore une fois, c'est l'imposition de l'identité numérique pour tous
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Pour moi, c'est la France qui a amené l'Europe à travailler sur ce sujet.
Un petit peu d'histoire : L’intention de la France, portée par la loi du 7 juillet 2023 (dite loi Marcangelli) visant à instaurer une « majorité numérique » à 15 ans, a en effet percuté de plein fouet le cadre juridique de l'Union européenne.
Lors de l'examen de la loi, le Conseil d'État et les juristes du gouvernement avaient identifié un risque majeur lié à la directive sur le commerce électronique (2000/31/CE).
La règle : Une plateforme (comme Meta ou TikTok) est soumise à la loi du pays où se trouve son siège social européen (souvent l'Irlande).
Le conflit : La France ne peut pas, en théorie, imposer unilatéralement ses propres règles techniques à des entreprises établies ailleurs dans l'UE, sauf dérogations très strictes.
Comme toute loi touchant au numérique, le texte a dû être « notifié » à la Commission européenne. Celle-ci a rendu un avis très réservé, voire négatif, estimant que :
- La France empiétait sur le DSA (Digital Services Act), qui est un règlement européen s'appliquant directement à tous les États membres sans qu'ils aient besoin de légiférer de leur côté.
- La mesure était jugée disproportionnée par rapport à la liberté d'expression et d'accès à l'information des mineurs.
Le gouvernement a retardé la publication des décrets d'application pour éviter d'être attaqué devant la Cour de Justice de l'Union européenne (CJUE).
En novembre 2023, un arrêt de la CJUE a confirmé qu'un État ne pouvait pas imposer d'obligations générales à des plateformes situées dans un autre État membre, ce qui a quasiment condamné la version initiale de la loi française.
Pour lever le blocage, la France a fait du lobbying au niveau Européen, qui a abouti en 2025 à la possibilité que les états mettent des limites d'ages.
Comme je l'ai déjà écrit plus haut, tout est fait pour garantir l'anonymat. Il faut juste avoir confiance dans le prestataire tiers de confiance, qui est le seul à connaitre ton identité. Ce tiers de confiance pourrait être ta banque. Il est probable que La Poste se positionne sur ce segment en plus de société étrangères comme Yoti ID (développée au Royaume-Uni, avec un siège à Londres).
Limite proposée par les députés européens : bien noter la phrase "tout en permettant l’accès des 13-16 ans avec le consentement parental." qui a permis son adoption.
Communiqué de presse du parlement Européein du 26 novembre 2025 :
Il faut avoir au moins 16 ans pour accéder aux réseaux sociaux, selon les députés
Résumé :
- Forte inquiétude concernant les risques physiques et psychiques encourus par les mineurs en ligne, dont 25% font un usage "problématique" du smartphone
- Une application plus stricte de la règlementation numérique de l’UE, des amendes et d’éventuelles interdictions prévues pour les plateformes non conformes
- Interdiction des algorithmes de recommandation basés sur le profilage et des "boîtes à butin" dans les jeux
- Un appel à agir contre les outils d’IA générative, comme les deepfakes et les applications de nudité
Les députés demandent une action ambitieuse pour protéger les mineurs en ligne, l'harmonisation de l'âge minimum à 16 ans et l’interdiction des pratiques addictives les plus nocives.
Mercredi, les députés ont adopté un rapport non-législatif par 483 voix pour, 92 contre et 86 abstentions, exprimant leur profonde inquiétude face aux risques pour la santé physique et mentale auxquels les mineurs sont exposés en ligne. Ils ont appelé à renforcer la protection contre les stratégies manipulatrices susceptibles d’accentuer la dépendance et de nuire à la capacité des enfants à se concentrer ou à interagir sainement avec les contenus numériques.
Un âge minimum pour les plateformes de médias sociaux
Afin d’aider les parents à gérer la présence numérique de leurs enfants et à garantir une utilisation adaptée à leur âge, le Parlement propose de fixer à 16 ans l’âge minimum harmonisé dans l’UE pour accéder aux réseaux sociaux, aux plateformes de partage de vidéos et aux compagnons d’IA, tout en permettant l’accès des 13-16 ans avec le consentement parental.
Soutenant les travaux de la Commission sur le développement d’une application européenne de vérification de l’âge et du portefeuille européen d’identité numérique (eID), les députés insistent pour que les systèmes de confirmation de l’âge soient fiables et respectent la vie privée des mineurs. Ces systèmes ne dispensent pas les plateformes de leur responsabilité de veiller à ce que leurs produits soient sûrs et adaptés à l'âge dès leur conception, ajoutent-ils.
Pour encourager le respect du règlement sur les services numériques (DSA) et des autres législations pertinentes, les députés suggèrent que les cadres supérieurs pourraient être tenus personnellement responsables en cas de non-respect grave et persistant, notamment en ce qui concerne la protection des mineurs et la vérification de l’âge.
Une action renforcée de la Commission
Le Parlement demande également:
- l’interdiction des pratiques addictives les plus dangereuses et la désactivation par défaut des autres fonctionnalités addictives pour les mineurs (notamment le défilement infini, la lecture automatique, le rechargement de la page "pull-to-refresh", les boucles de récompense et les pratiques préjudiciables de ludification) ;
- l’interdiction des sites ne respectant pas la règlementation européenne ;
- des mesures pour lutter contre les technologies de persuasion, comme la publicité ciblée, le marketing d’influence, la conception addictive et les interfaces trompeuses, dans le futur règlement sur l’équité numérique ;
- l’interdiction pour les mineurs des systèmes de recommandation basés sur l'engagement ;
- l’application des règles du DSA aux plateformes vidéo en ligne et l’interdiction des boîtes à butin et autres mécanismes aléatoires présents dans les jeux (monnaie intégrée, roue de la fortune, progression payante) ;
- la protection des mineurs contre l’exploitation commerciale, notamment en interdisant aux plateformes d’offrir des incitations financières au "kidfluencing" (mineurs agissant comme influenceurs) ;
- une action urgente pour répondre aux enjeux éthiques et juridiques posés par les outils d’IA générative, y compris les deepfakes, les chatbots de compagnie, les agents d’IA et les applications de nudité alimentées par l’IA (capables de générer des images manipulées non consenties).
Citation
La rapporteure Christel Schaldemose (S&D, Danemark) a déclaré au cours du débat : "Je suis fière de ce Parlement, qui nous permet d'agir ensemble pour protéger les mineurs en ligne. Associées à une application stricte et cohérente de la loi sur les services numériques, ces mesures renforceront considérablement le niveau de protection des enfants. Nous tirons enfin un trait sur le passé. Nous disons clairement aux plateformes : vos services ne sont pas conçus pour les enfants. Et l'expérience s'arrête là."
Contexte
Selon les études citées dans le rapport, 97% des jeunes se connectent à internet chaque jour et 78% des 13 à 17 ans consultent leur appareil au moins une fois par heure. Dans le même temps, un mineur sur quatre présente un usage du smartphone qualifié de "problématique" ou "dysfonctionnel", c’est-à-dire assimilable à une dépendance.
Selon l’Eurobaromètre 2025, plus de 90% des Européens estiment qu’il est urgent d’agir pour protéger les enfants en ligne, notamment face à l’impact négatif des réseaux sociaux sur la santé mentale (93%), au cyberharcèlement (92%) et à la nécessité de limiter l’accès aux contenus inadaptés (92%).
Les États membres commencent à agir et mettent en place des mesures telles que des limites d’âge et des systèmes de vérification.
Source : Communiqué de presse du parlement Européein (https://www.europarl.europa.eu/news/fr/press-room/20251120IPR31496/il-faut-avoir-16-ans-pour-acceder-aux-reseaux-sociaux-selon-les-deputes) - le 26 novembre 2025
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Afin de garantir le respect de cette règle, le collège a acquis des pochettes anti-ondes destinées aux élèves qui se présenteront avec un téléphone ou un dispositif électronique de communication. A l’entrée du collège, chaque élève concerné aura l’obligation de ranger son téléphone dans sa pochette qui restera close toute la journée. Il demeurera responsable de son téléphone. A la fin des cours, les pochettes seront déverrouillées au moyen de clefs magnétiques mises à disposition à la sortie de l’établissement.
Bizarre, il n'y a pas d'externes ?
Je ne vois pas sur quelle base le collège pourrait interdire l'usage des téléphones "toute la journée", donc en dehors de l'établissement le midi.
Comme je l'ai déjà écrit plus haut, tout est fait pour garantir l'anonymat. Il faut juste avoir confiance dans le prestataire tiers de confiance, qui est le seul à connaitre ton identité. Ce tiers de confiance pourrait être ta banque. Il est probable que La Poste se positionne sur ce segment en plus de société étrangères comme Yoti ID (développée au Royaume-Uni, avec un siège à Londres).[/size]
Non, tout n'est pas fait, les lois n'imposent pas clairement :
- le double anonymat (et des sanctions dissuasives en cas de fuites ou de mauvaises implémentations)
- l'interdiction de se servir de cette excuse pour du profiling supplémentaire (là c'est très difficile de réglementer, et en l'absence de système de vérification public et gratuit les sites sont naturellement conduits à forcer la création de comptes pour limiter leur couts)
Et se reposer sur un prestataire qu'on ne peut pas contrôler et qui peut forcément être piraté est risqué.
Personnellement, je ne ferais pas confiance en tout système "online" pour lequel je ne peux pas vérifier quelle est la nature des informations transmises.
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c'est la France qui a amené l'Europe à travailler sur ce sujet
pas du tout
"""
L’UE discute d’identité numérique depuis longtemps (eIDAS 2014), mais l’idée d’une identité numérique pour tous, utilisable pour se connecter aux services en ligne, devient centrale avec :
eIDAS 2.0, proposé en 2021, négocié jusqu’en 2023–2024
création du “European Digital Identity Wallet”
USA =>
auditions au Congrès sur Meta et Instagram (2021)
premiers projets de loi sur la sécurité des mineurs (KOSA, 2022)
"""
c'est classique quand on veut imposer quelque chose de mondial
de faire des pseudos "initiatives" nationales
pour dire "ah regarde l'Australie l'a fait"
tout ça est dans les cartons depuis longtemps
comme la fin du cash (c'est lié)
en 2018 je lisais le rapport de l'UE (l'objectif de contrôle total de la monnaie est bien plus ancien)
ayant pour objectif la fin du cash
en commençant par les gros billets
"""
En réponse à l’invitation du Conseil européen, elle a défini une boussole numérique pour traduire les ambitions de l’UE pour 2030 en termes concrets.
Cette boussole définit un certain nombre d’étapes et d’objectifs que l’identité numérique européenne contribuera à atteindre.
Par exemple, d’ici à 2030, tous les services publics clés devront être disponibles en ligne, 80 % des citoyens pourront utiliser un moyen d’identification numérique et chaque citoyen aura accès à son dossier médical électronique.
En matière d’identité numérique, l’ambition de la Commission européenne est nettement affichée : donner aux entreprises, aux citoyens et aux résidents européens les moyens d’agir. Cette ambition est clairement définie dans la Déclaration de Principes Numériques adoptée ce 26 janvier 2022 par la Commission européenne en vue d’être signée de manière conjointe par les trois institutions de l’UE
"""
https://ingroupe.com/fr/observatoire/identite-numerique-transformation-union-europeenne/
https://ec.europa.eu/info/law/better-regulation/have-your-say/initiatives/13017-Declaration-de-principes-numeriques-une-approche-europeenne-pour-la-societe-numerique_fr
5 septembre 2018
""Accès pour tous à une identité numérique d’ici 2030 : les dirigeants africains, le Groupe de la Banque mondiale et les partenaires se mobilisent""
https://www.banquemondiale.org/fr/news/press-release/2018/09/25/african-leaders-the-world-bank-group-and-partners-catalyze-action-to-ensure-that-everyone-in-africa-has-a-digital-identity-by-2030
"""
L'identification électronique (eID) est un élément essentiel pour assurer la sûreté et la sécurité des transactions numériques.
Il sert de preuve d'identité numérique, permettant aux individus d'accéder à des services en ligne, d'effectuer des transactions électroniques et d'interagir avec les plateformes gouvernementales avec un niveau de confiance plus élevé.
Un système d’identification électronique vérifie l’identité d’une personne, en veillant à ce que les services soient fournis à la personne légitime, en particulier dans des domaines sensibles tels que les services bancaires. Le défi consiste à créer un système qui fonctionne de manière transparente au-delà des frontières et des industries.
Avant 2014, l’absence de base juridique commune a empêché les pays de l’UE de reconnaître et d’accepter les schémas d’identification électronique délivrés dans d’autres pays de l’UE. L’interopérabilité transfrontière insuffisante des systèmes nationaux a également empêché les citoyens et les entreprises de tirer pleinement parti d’une UE numérique.
Le règlement sur l’identification électronique, l’authentification et les services de confiance (eIDAS),
introduit en 2014, a permis l’utilisation d’identifiants électroniques nationaux pour les services publics en ligne au-delà des frontières de l’UE
"""
https://digital-strategy.ec.europa.eu/fr/policies/electronic-identification
2030 approche
l'euro numérique (et les autres monnaies de banques centrales partout dans le monde) c'est pour 2029
il faut accélérer
le porno c'est fait
maintenant on passe aux RS
bon tout est dit par nos grands capitalistes je pense =>
"""
Nous avons besoin d'une stratégie nationale d'identité numérique cohérente et axée sur les résultats — une stratégie qui mesure les progrès, qui donne au secteur privé les moyens d'aller au-delà du gouvernement et qui permette à l'identité numérique de devenir un moteur de croissance économique et de confiance d'ici 2030
(...)
Bien mise en œuvre, l'identité numérique ne sera pas perçue comme un outil de surveillance ou de contrôle ; elle constituera la pierre angulaire d'un Royaume-Uni numérique plus sûr, plus efficace et respectueux de la vie privée, donnant aux citoyens les moyens d'agir, permettant aux entreprises de prospérer et aidant le gouvernement à fournir des services publics plus intelligents et mieux connectés.
L'identité numérique est un élément fondamental de l'infrastructure numérique britannique qui permettra l'identification, les paiements et le partage intelligent des données afin de développer notre économie numérique tout en garantissant sa sécurité"""
https://www.techuk.org/resource/digital-id-2030-building-a-digital-uk-based-on-a-digital-government-backbone.html
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""Les internautes [chinois] doivent soit se prendre en photo avec leur pièce d’identité, soit entrer leur numéro de téléphone, les cartes SIM n’étant elles-mêmes délivrées qu’après enregistrement de l’identité réelle en magasin et reconnaissance faciale""
https://www.lemonde.fr/international/article/2025/07/17/une-nouvelle-identite-numerique-pour-controler-encore-davantage-l-internet-chinois_6621732_3210.html
""La Chine introduira [à la mi juillet] un numéro d’identification numérique personnel pour les internautes
(...)
Son introduction est prévue dans la loi sur les «mesures de gestion d’un service national d’authentification de l’identité virtuelle», qui a été présentée l’année dernière comme projet de loi et a été adoptée depuis
(...)
Interrogé par CNN, Xiao Qiang, qui fait des recherches sur la liberté d’Internet à l’Université de Berkeley, a critiqué le nouveau système gouvernemental : «Il s’agit d’un système d’identification unifié contrôlé par le gouvernement, capable de surveiller et de bloquer les internautes en temps réel.»
Selon lui, c’est bien plus qu’un «simple outil de surveillance». «L’infrastructure du totalitarisme numérique» est en passe d’être construite. Il a averti qu’il sera ainsi à l’avenir beaucoup plus facile pour le gouvernement de retirer l’accès des internautes à plusieurs plateformes à la fois.
(...)
Il y a aussi des doutes quant à la promesse des autorités selon laquelle l’identifiant Internet est facultatif.""
https://posteo.de/fr/news/la-chine-introduit-un-identifiant-internet-officiel
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en 2023 l'Assemblée française a votée une loi pour l'identité numérique d'ici 2027
à l'époque il n'était pas question que cela soit obligatoire pour les RS
tout comme le pass sanitaire ne devait pas au départ empêcher l'accès aux bars
[désolé pour le pavé]
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il faut bien comprendre que cette histoire de RS interdits aux moins de 15 ans n'est qu'un prétexte bidon pour la suite
que la France ait poussé sur ce point précis peut-être
mais c'est du théâtre
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j'ai oublié l'Inde
je ne pense pas assez souvent à ce pays
"""
Aadhaar (en place depuis 2016, mais toujours en évolution)
Identité numérique biométrique obligatoire pour de nombreux services publics.
Utilisé pour : prestations sociales, fiscalité, ouverture de comptes bancaires, cartes SIM, etc.
Encadré par l’Aadhaar Act (2016), régulièrement amendé pour limiter les usages abusifs
"""
"""
Digital Personal Data Protection Act (DPDP Act, 2023–2024)
Elle encadre notamment :
la collecte et le traitement des données d’identité,
les obligations des plateformes,
la vérification de l’âge et le consentement parental pour les mineurs
Elle est au cœur des discussions actuelles sur l’accès des mineurs aux réseaux sociaux
"""
"""
India Stack : un ensemble d’API publiques (Aadhaar, eKYC, signatures numériques, DigiLocker).
DigiLocker : coffre-fort numérique officiel pour documents (permis, diplômes…).
National Digital Health Mission (NDHM) : identité numérique de santé (Health ID).
Ces projets visent à créer un écosystème complet d’identité numérique
"""
"""
Le gouvernement indien envisage :
Une restriction d’accès pour les moins de 16 ans, inspirée du modèle australien.
Un système d’accès différencié : certains types de comptes seraient accessibles, d’autres non.
Un renforcement de la vérification d’âge (via DPDP Act).
Un consentement parental vérifiable pour tout mineur de moins de 18 ans (déjà obligatoire via DPDP)
"""
c'est beau cette synchronisation mondiale ;D ;D
c'est dans les cartons depuis plus de 10 ans en réalité
c'est juste que là c'est le bon moment et 2030 approche
fin du cash, id numérique...
tout ceci ne sont que des outils de plus
(mais particulièrement puissants.
plus de cash = plus aucune transaction anonyme
je pense d'ailleurs que c'est un des buts principaux)
Snowden en 2013 =>
"""
les régimes autoritaire clef en main deviennent possibles grâce aux outils de surveillance
"""
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Comme je l'ai déjà écrit plus haut, tout est fait pour garantir l'anonymat. Il faut juste avoir confiance dans le prestataire tiers de confiance, qui est le seul à connaitre ton identité. Ce tiers de confiance pourrait être ta banque. Il est probable que La Poste se positionne sur ce segment en plus de société étrangères comme Yoti ID (développée au Royaume-Uni, avec un siège à Londres).
Désolé mais c'est faux. Un tiers de confiance comme Sumsub met 1 an et demi à voir une fuite de données. Un prestaire pour des mineurs, c'est donc sans banque, on veut vraiment stocker les cartes d'identités, photos ou empreinte si jeune avec le risque que cela engendre. Sachant qu'on met le point sur les mineurs, mais si ce n'est pas contournable par un simple " j'ai plus de 18 ans " à cocher, ça s'appliquera donc à tout le monde.
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ça sera étatique à terme
sûrement européen comme ce qui est en cours de déploiement dans les aéroports
encore une fois les RS ne sont qu'une facette du projet
eIDAS 2.0 (identité numérique européenne)
en cours de déploiement
permettra d’utiliser une identité numérique pour certaines démarches
pas encore utilisée dans les aéroports
"""
le règlement impose que chaque pays mette à disposition un “EU Digital Identity Wallet”
au plus tard en 2026
année où l’identité numérique européenne doit être disponible dans tous les pays
2025 : premiers portefeuilles pilotes (Allemagne, France, Italie, Espagne, etc.)
2026 : obligation pour les États d’en proposer un
2027 : obligation pour les grandes plateformes (Google, Facebook, Amazon, banques, etc.) d’accepter l’identité numérique européenne comme moyen de connexion
"""
tout est déjà dans la loi
ça ne protège pas des fuites de données ceci dit, si c'est cela qui vous inquiète :D ???
https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/eudi-regulation
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Un prestaire pour des mineurs, c'est donc sans banque
Généralement, on a un compte en banque, quand on a 15 ans, l'age minimum pour les réseaux sociaux.
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Généralement, on a un compte en banque, quand on a 15 ans, l'age minimum pour les réseaux sociaux.
Généralement ? Euh pas du tout…
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Généralement, on a un compte en banque, quand on a 15 ans, l'age minimum pour les réseaux sociaux.
15 ans sur les sociaux c'est déjà très très tot (aucune maturité, pas de recul..)
Je savais même pas qu'il était possible d'avoir un compte bancaire sous la majorité, cela devrait être interdit : à cet âge là tout est supposé être encadré par les parents, dépenses incluses.. J'ai pas du de CB avant mes 21 ans. Et encore, la majorité française est très basse (elle n'aurait jamais du être mise à 18 ans), dans cerains pays/états, elle n'est pas avant 21 ans (ce qui est déjà très bas, aujoud'hui l'adolescence court facilement jusqu'à 25 ans minimum, voire 30 balais).
Dire que certains mineurs dépensent un smic de leurs parents en une soirée en boite de nuit (le fameux reportage de canal+ qu'avait beaucoup tourné y'a quelques années)
Je connais personne qui a disposé d'un compte bancaire avant 18 ans. Les banques devraient purement l'interdire. C'est comme cette décision idiote d'abaisser le permis à 17 ans, alors que les moins de 25 ans sont en première ligne des accidents, et que les examens du permis sont saturés depuis des années.. au lieu de gérer le pb, on allonge la file d'attente.. Bref la jeunesse n'a presque plus aucun cadre aujourd'hui. Après on s'étonne de tomber là dessus :
https://www.20min.ch/fr/story/zurich-une-offre-d-emploi-choque-en-demandant-generation-z-s-abstenir-103501771
Plus aucune surprise :)
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Je pensais plutôt à un compte de dépôts pour les jeunes (ou il met son argent de poche). Il y a généralement une carte de retrait pour retirer de l'argent dans les distributeurs du réseau (mais pas de paiement, même si c'est possible à cet âge, mais avec vérification systématique pour vérifier que l'argent est bien sûr le compte avant d'autoriser le paiement du commerçant).
Il y a une incitation des banques pour la création de ces comptes (avec habituellement un bonus de quelques dizaines d'euros pour l'enfant).
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à partir de 12 ans tu peux avoir une carte de retrait
tu peux ouvrir un livret A dès la naissance pour faire des intêrets...
mais les jeunes ils paient surtout avec leurs smartphones
l'adolescence court facilement jusqu'à 25 ans minimum, voire 30 balais
le cerveau humain n'atteint sa pleine maturité que vers 28 ans en moyenne
(biologiquement parlant)
et on fabrique de nouveaux neurones jusqu'à notre mort
on a longtemps pensé le contraire
(pas partout, surtout dans l'hippocampe)
Je connais personne qui a disposé d'un compte bancaire avant 18 ans. Les banques devraient purement l'interdire
bah comment ils vont faire quand le cash aura disparu (dans moins de 10 ans) ? :D
sinon il y'a les mineurs émancipés (dès 16 ans) ou les mineurs isolés en contrat avec l'ASE
c'était mon cas
pas envie de me trimballer avec du cash dans les hôtels sociaux glauques que j'ai fréquenté à Paris
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C’est le festival des fakes news ici ? Entre le cash qui disparaîtra dans 10 ans et la majorité qui devrait être à 30 ans car 18 ans c’est trop bas… :)
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Je connais personne qui a disposé d'un compte bancaire avant 18 ans.
Moi de mon temps (lire avec l'intonation qui va bien), en fin de 10e (CM2), on recevait un livret de caisse d'épargne de chez l'écureuil avec un peu de sous dessus en fonction des résultats scolaires (5, 10, 15 ou 20 Francs). C'était en juin 1973 en ce qui me concerne.
Le dispositif, souvent remanié, remontait à 1834 de l'idée d'un professeur de l'Ecole polytechnique de 1818.
Education civique et morale
L'épargne scolaire
Un professeur de l'Ecole polytechnique, M. Francoeur, présente, le 30 septembre 1818 à la Société pour
l'instruction élémentaire, un mémoire où il considère la Caisse d'épargne comme un des instruments de
l'éducation populaire.
En 1834 nous trouvons véritablement le premier essai de l'exercice de l'épargne dans l'école.
Un instituteur dévoué, M. Dulac, organise une caisse privée dans l'école communale d'enseignement
mutuel de la ville du Mans, considérant ses écoliers comme les membres d'une famille.
Dans un petit ouvrage, intitulé : Lectures diverses et recueil de prières et de chants en usage dans l'École
communale d'enseignement mutuel du Mans, il écrit :
« Entre les différents moyens auxquels nous avons eu recours pour arriver à notre but d'éducation morale
auprès des élèves qui nous sont confiés, il en est que nous croyons utile de rappeler, c'est le dépôt des
petites économies de nos enfants d'adoption à la Caisse d'épargne et de prévoyance. Pour faciliter les
versements à cette Caisse, nous avons établi à notre école, le 4 mai 1834, sous les auspices de
l'administration municipale, une caisse privée dans laquelle ils déposent leurs économies, sou par sou,
jusqu'à ce qu'elles forment une somme assez forte, un franc, pour être reçu à !a Caisse départementale.»
La Caisse d'épargne scolaire du Mans fonctionne jusqu'à la guerre de 1870.
La tentative de l’école du Mans de 1834, est signalée par les journaux et recommandée en France et à
l'étranger : de là, plusieurs essais analogues sont faits à Amiens, Grenoble, Périgueux, Lyon, Châtenay,
Paris, etc...
L'article complet. (http://www.le-temps-des-instituteurs.fr/ens-epargne-scolaire.html)
l'adolescence court facilement jusqu'à 25 ans minimum, voire 30 balais
À la même époque que ci dessus, si la majorité était à 21 ans (25 de 1579 à 1792 et 14h 12f avant) et que les bagnoles n'étaient pas encore à l'ordre du jour, il était enseigné aux élèves l'art de la guerre, le tir et tout le tintouin. Il existait des modèles réduits des fusils de ligne destinés à former les garçons ...
Les bataillons scolaires (http://www.le-temps-des-instituteurs.fr/ens-bataillons-scolaires.html)
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Pour moi (1989), en fin de CM2, on avait de mémoire une calculatrice scientifique et graphique Texas instrument (avec 400 octets pour de la programmation) et un dictionnaire, mais pas d'argent.
Aujourd'hui, je vois de plus en plus de départements où il y a un PC portable à l'entrée en 6ème (exemple : le Val-de-Marne)
https://lafibre.info/videos/loi/202409_val-de-marne_ordival_ordinateur_entree_6eme.mp4
Transcription texte :
[Justine:] D'abord, pouvez-vous vous présenter ?
[Olivier Capitanio:] Oui, Alors mon nom est Olivier Capitanio. Je suis le président du Conseil départemental du Val-de-Marne. Alors le Département du Val-de-Marne, on gère beaucoup de politiques publiques mais on gère surtout aussi pour les collèges. Pour ce qui te concerne directement, c'est à dire que le département,il est en charge des collèges, alors il n'est pas en charge de l'éducation, de l'instruction, des cours. Ça c'est les professeurs, c'est l'éducation nationale, On s'occupe de la construction, de l'entretien, de la maintenance, de la modernisation, d'assurer la sécurité des bâtiments. Et puis ensuite on s'occupe aussi de la restauration pour l'ensemble des collèges.
[Justine:] D'accord. En quoi consiste le dispositif Ordival?
[Olivier Capitanio:] Alors, le dispositif Ordival, c'est un dispositif qui est assez original puisqu'il y a très peu de départements où ça existe. Le Département du Val-de-Marne a fait le choix de mettre à disposition de tous les élèves qui rentrent en sixième un ordinateur portable pour chacun des élèves, que ce soit les élèves des collèges publics ou des collèges privés sous contrat. On donne quand même chaque année près de 16 à 17000 ordinateurs micro-ordinateurs aux jeunes collégiens qui rentrent au collège.
[Justine:] D'accord. Pourquoi vous donnez un ordinateur portable à tous les élèves qui vont au collège ?
[Olivier Capitanio:] Alors le choix, il a été fait de donner un ordinateur portable à tous les collégiens. Parce qu'on se rend compte qu'on vit dans un monde aujourd'hui numérique. Et donc ça s'apprend parce que ce n'est pas parce que les jeunes savent souvent bien manier les jeux électroniques, etc qu'ils savent nécessairement bien utiliser un ordinateur. Et donc, comme le numérique joue un rôle essentiel dans la vie sociale et dans la vie professionnelle, il faut qu'ils puissent utiliser à bon escient cet outil numérique dès le plus jeune âge. Et donc nous, on s'occupe à partir des élèves de sixième.
[Justine:] D'accord. Quels sont les avantages d'avoir un ordinateur portable pour nous, élèves du collège ?
[Olivier Capitanio:] D’abord, ça te permet d'être, à toi et aux autres élèves, d'être autonomes, d'avoir un outil qui te permet par exemple de faire tes devoirs à la maison, à avoir accès à internet. Donc il y a une multitude de connaissances qui te permettent d'enrichir tout ton savoir et puis de pouvoir travailler aussi en collectif, au collège avec les autres élèves, si par exemple ton professeur est volontaire pour le faire.
[Justine:] Comment choisissez-vous les modèles d'ordinateur que vous distribuez ?
[Olivier Capitanio:] Alors ça, ce sont les services qui font le travail avec une idée en tête bien précise, faire en sorte que l'outil soit pratique pour vous. Donc à la fois il faut qu'il soit petit, léger, solide, parce que vous le transportez et puis voilà, il faut qu'il puisse être protégé et puis qu'il dispose de tous les outils nécessaires. Ça peut être la souris, une clé USB, caméra, casque, etc pour que ce soit un outil utile. Voilà donc. Et puis en plus, si on le choisit ensuite avec des logiciels qui sont intégrés pour vous aider à travailler utilement.
[Justine:] Et vous m'avez dit tout à l'heure qu'il y avait 17 000 ordinateurs distribués. Ça coûte combien, tout ça ?
[Olivier Capitanio:] Alors ça coûte de l'argent, Incontestablement, ça coûte à peu près 8 millions d'euros par an. Alors, c'est un gros investissement pour le Département, mais c'est un choix qui est vraiment volontaire, surtout en ce moment. Parce que je ne te cache pas que les finances du Département, comme de tous les Départements de France, sont très difficiles en ce moment. Et donc on a choisi quand même de maintenir cet investissement parce qu'on trouve que La mise à disposition de cet ordinateur, pour toutes les raisons qu'on a vu, est essentielle pour la réussite des élèves au collège et leur apprendre le numérique le plus tôt possible.
[Justine:] D'accord. Et qu'est ce que vous faites pour que nous soyons en sécurité en ligne avec Ordival?
[Olivier Capitanio:] Ça, c'est important parce que tout à l'heure, on disait que l'accès, le numérique, l'accès à Internet, c'était formidable parce que ça ouvre sur le monde, sur la culture, sur la connaissance. Et en même temps, quand on a un contact avec le monde, eh bien il y a aussi des dangers. Et donc il est important de faire attention quand on utilise ces outils numériques. Et donc il y a mis en place sur le micro-ordinateur, sur l’Ordival, il y a un contrôle parental notamment, qui est donc une manière pour vos parents de gérer à la fois ce à quoi vous avez le droit d'avoir accès. La durée d'utilisation quotidienne de votre micro-ordinateur. Donc ça, c'est un accès qui peut être limité en fonction du souhait de vos familles, de vos parents.
Source : valdemarne.fr le Département du Val-de-Marne a lancé la distribution annuelle des ordinateurs portables Ordival pour les élèves de 6e des collèges publics et privés du département. Cette initiative, qui en est à sa 14e édition, vise à donner à tous les collégiens les mêmes chances de réussite en leur fournissant un outil numérique performant (https://www.valdemarne.fr/vivre-en-val-de-marne/actualites/ordival-cest-reparti-lancement-des-distributions-au-college-willy-ronis)
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En 1973 le marché de la calculatrice scientifique et graphique était à peu près aussi calme que celui de l'automobile en 1870 ;)
Celui de la carabien à plomb battait encore son plein, la Diana 25 (https://www.toptir.fr/blog/carabine-diana-25/) faisait des cartons de vente.
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le festival des fakes news ici ? le cash qui disparaîtra dans 10 ans
oui je peux te retrouver le PDF de l'Europe si tu veux (de 2017 je crois)
c'est un objectif officiel (mais discret)
en pratique c'est déjà plus ou moins le cas
les distributeurs disparaissent très vite (5000 par an en moins aux USA, 1500 en Europe)
tu ne peux plus payer au dessus de 1000e en cash
aux USA les paiements espèces c'est moins de 20%
en Europe moins de 50% en 2025
ce n'est qu'une question de temps
mais ils ont besoin de l'écosystème qui va avec
que les plus anciens (personnes âgés) disparaissent
que l'économie souterraine soit réduite au maximum
que les MNBC* soient en place
l'e-id
éventuellement la 6G satellitaire mais je pense que cela ne sera pas nécessaire
bref 10 ans c'est pas mal
2040 max
*
https://fr.wikipedia.org/wiki/Monnaie_num%C3%A9rique_de_banque_centrale
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oui je peux te retrouver le PDF de l'Europe si tu veux (de 2017 je crois)
c'est un objectif officiel (mais discret)
en pratique c'est déjà plus ou moins le cas
les distributeurs disparaissent très vite (5000 par an en moins aux USA, 1500 en Europe)
tu ne peux plus payer au dessus de 1000e en cash
aux USA les paiements espèces c'est moins de 20%
en Europe moins de 50% en 2025
ce n'est qu'une question de temps
mais ils ont besoin de l'écosystème qui va avec
que les plus anciens (personnes âgés) disparaissent
que l'économie souterraine soit réduite au maximum
que les MNBC* soient en place
l'e-id
éventuellement la 6G satellitaire mais je pense que cela ne sera pas nécessaire
bref 10 ans c'est pas mal
2040 max
*
https://fr.wikipedia.org/wiki/Monnaie_num%C3%A9rique_de_banque_centrale
Pour plein de raisons, ça n’arrivera pas. Ne serait-ce parce que il empêcherait tout financement d’une campagne électorale.
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ne t'en fais pas les cryptos (entre autres) sont là :D
des dealers se font payer en crypto depuis plus de 5 ans
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Moi de mon temps (lire avec l'intonation qui va bien), en fin de 10e (CM2), on recevait un livret de caisse d'épargne de chez l'écureuil avec un peu de sous dessus en fonction des résultats scolaires (5, 10, 15 ou 20 Francs). C'était en juin 1973 en ce qui me concerne.
J'ai eu la même chose (à peu près 30 ans plus tard), pas lié aux résultats, mais pour placer les quelques billets reçus à Noël et anniversaire. Et ça me semble de très bon sens d'en avoir un, confier la conservation de l'argent à l'enfant étant la garantie qu'il soit perdu dans une armoire, un coffre, des poches etc. Le compte était géré par mes parents et ce sont eux qui retiraient si je voulais m'acheter une BD ou un bibelot en vacances.
Pour moi (1989), en fin de CM2, on avait de mémoire une calculatrice scientifique et graphique Texas instrument (avec 400 octets pour de la programmation) et un dictionnaire, mais pas d'argent.
Aujourd'hui, je vois de plus en plus de départements où il y a un PC portable à l'entrée en 6ème (exemple : le Val-de-Marne)
J'ai connu les dernières années où l'utilisation de l'ordinateur en cours était une exception (2010-2015) : j'en ai toujours bavé avec l'écriture manuscrite à cause d'une douleur au poignet, et avec le début des cours dictés en 5e, ça devenait intenable. Mes parents ont fait en sorte que je puisse utiliser mon ordinateur et à ce moment, ça représentait des démarches dignes du laisser-passer A38. Ordinateur acheté pour l'occasion, je n'en aurais pas eu jusqu'à mon premier PC fixe à 16 ans, sinon. Dans la première semaine où je me baladais avec, j'avais le projecteur braqué sur moi, l'étiquette mondiale du "mec qui a un ordi" (j'imagine que la sacoche qui faisait ministre pouvait en être à l'origine), j'étais bombardé de questions, et les profs étaient sceptiques (passaient 80% de leur temps de surveillance derrière moi). J'étais digne de confiance et peu intéressé par réseaux sociaux et jeux en douce, mais ils ne pouvaient pas le deviner.
Les effets secondaires n'étaient pas des plus agréables mais j'avais l'impression d'avoir une Bugatti à côté de 29 qui continuent avec une charrette, tout en n'ayant plus mal, alors je faisais le sacrifice sans problème :D. Mais constater la bascule du tout au tout vers l'acceptation intégrale implicite du PC et son achat spontané par la région, quand ce fut le moment pour mes frères, m'a fait un peu tomber de ma chaise.
J'imagine que le contrôle étant impossible sur de tels effectifs, la responsabilité est laissée aux élèves de ne pas trop s'égarer. Je ne sais pas si c'est ça qui sert de point d'entrée aux réseaux sociaux, j'ai cru remarquer que la plupart n'en avaient pas besoin et commençaient à les utiliser avec leur smartphone ou le PC familial.
J'ai créé un compte Facebook un peu plus tard et ce fut une grosse connerie qui n'a pas été bonne pour mon développement. Ce qui figurait dessus globalement très malveillant et troublant. J'ai eu la présence d'esprit de laisser tomber au bout d'un an, mais par exemple en rétrospective j'aurais apprécié une forme de contrôle qui m'empêche de le créer, parce que je me serais tout aussi bien porté sans. Mon compte Twitter m'a beaucoup plus tiré vers le haut qu'autre chose parce que c'était une très bonne source d'information sur informatique, télécoms, automobile et photo à l'époque, plutôt sérieuse, heureux hasard. Mais aujourd'hui, sans plus aucun RS qui ne soit pas une décharge à ciel ouvert, je trouve de bon sens qu'il y ait un âge limite, et même que 15 ans est encore trop tôt. Un ado qui commence à défiler Twitter aujourd'hui a la garantie de devenir un légume.
Maintenant par rapport à la problématique de la manière de contrôler, je trouve que c'est de la responsabilité des parents et qu'ils devraient se charger d'empêcher leurs enfants de s'y inscrire. Les miens encore très vieux jeu à l'époque ne connaissaient toujours pas FB et Twitter en 2012 donc n'ont pas pensé contrôler leur usage, ça n'a plus cours aujourd'hui. Il y a AdGuardHome avec lequel on peut bloquer des services au niveau DNS, les routeurs Ubiquiti qui font du WAF accessible, squid pour les parents sysadmin un peu dégourdis etc.
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Je ne sais pas si c'est ça qui sert de point d'entrée aux réseaux sociaux
il y'a des proxy sur les PC des écoles (analyse de trafic web) empêchant l’accès à beaucoup de sites
et pour ce qui pousse les gamins à s’inscrire c'est le mimétisme social
typique des primates
"""
Le mimétisme social désigne la tendance à imiter les comportements, les expressions, les postures ou les actions d’un autre individu.
Chez les primates, ce n’est pas un simple copier‑coller : c’est un outil d’apprentissage, de communication et de survie.
On distingue plusieurs formes :
Imitation : reproduire une action précise
Émulation : reproduire le résultat sans copier exactement le geste
Contagion émotionnelle : bâillements contagieux, cris d’alerte, agitation collective
Synchronisation sociale : se toiletter ensemble, adopter des postures similaires, se déplacer en groupe
"""
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je viens de tomber sur cette vidéo par hasard
lui il parle de miroir social
ça rejoins ce que je viens de dire en plus subtile
avant quand tu prenais un café en terrasse
tu prenais un café en terrasse
aujourd'hui tu prends ton café
tout en réfléchissant à comment mettre en scène cette action sur les RS
l'humain est devenu un producteur de contenus
un metteur en scène permanent de sa propre vie
ça modifie profondément le rapport à ta propre image
est ce mieux ou pire qu'avant ?
personnellement je suis content d'avoir eu 16 ans quand Facebook est sorti
et pas 10 ans
probablement que 16 ans est un âge correct pour accéder aux RS
pas avant en tous cas
https://www.youtube.com/watch?v=NT2Rk9oboe8
2010 => généralisation du "scroll"
les RS ne sont plus justes des connecteurs sociaux mais ça devient l'économie de l'attention
TikTok est l'aboutissement ultime du scroll
une rumeur dit qu'il a été inventé par les chinois pour abrutir l'occident :D
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2010 => généralisation du "scroll"
2010, vous avez remonté la machine un peu trop loin.. c'est huit-dix ans plus tard, plus précisément à partir de 2016-18 que snap/tok/insta deviennent très populaires ; ils l'étaien déjà avant mais pas autant qu'aujourd'hui.
précision simple : avant 2015-20 très peu d'ados ont des smartphones ; raison simple : ça coute un bras. Un vrai bras. Pour les adultes notamment. En 2015, tout le monde (adultes) n'en possède aps un : trop fragile, lourd à porter, à recharger tous les jours, il faut apprendre à s'en servir (bcp plus compliqué qu'un portable classique), ça attise les vols, faut l'abonnement data qui va avec..
c'est à partir de leur obsolescence programmée, que je situe vers 2016-18, lors du passage à l'arm64, que des centaines de millions d'appareils -iphone, android- vont être mis au rebus, ou filé aux ados, parce qu'incompatibles avec les applis modernes. Et là, la production de masse va envoyer, à partir de 2020, des millions d'appareils entre lse mains des mineurs, chose qui était inconcevable avant 2015 : ça coutait beaucoup trop cher, c'était un budget, un peu comme s'acheter un nouveau pc : c'est un choix réfléchi et de longue haleine, on achète pas des céréales. Aujourd'hui, les mineurs ont un/plusieurs smartphones comme tshirt. Pour eux, c'est un objet "quelconque, à posséder absolument" (et les dégats derrière..)
les premiers jeunes que j'ai vu s'équiper à parir de 2015? les lycéens.
Maintenant par rapport à la problématique de la manière de contrôler, je trouve que c'est de la responsabilité des parents et qu'ils devraient se charger d'empêcher leurs enfants de s'y inscrire. Les miens encore très vieux jeu à l'époque ne connaissaient toujours pas FB et Twitter en 2012 donc n'ont pas pensé contrôler leur usage, ça n'a plus cours aujourd'hui. Il y a AdGuardHome avec lequel on peut bloquer des services au niveau DNS, les routeurs Ubiquiti qui font du WAF accessible, squid pour les parents sysadmin un peu dégourdis etc.
La plupart des parents sont démissionnaires depuis très longtemps (voire pour certains, avant d'accepter le poste), et ont même parfois poussé le vice jusqu'à encourager le mome à s'en droguer, parfois en congagiant aussi les parents de tiers : une ministre, l'année dernière, voyageant avec son enfant dans le train, qui s'était mis à pleurer, s'est vue proposer par une autre voyageuse, de mettre un écran entre les mains du mome pour le faire arreter de pleurer : "si vous aviez vu comme je l'ai reçue !"
pour moi c'est un critère aussi religieux qu'une secte (au point que des "pour le smarphone avant 15 ans", y'en a sur le forum.
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Ça, c'est toute la suite du problème. Et autant je suis pour que les réseaux sociaux ne fassent pas plus de dégâts, autant je tolère mal le paternalisme venant de l'état. Sujet épineux, il y a conflits d'intérêt. Enfin pour ce que j'en pense, de toutes manières, l'application de la mesure est en marche et c'est impossible de contenter tout le monde.
il y'a des proxy sur les PC des écoles (analyse de trafic web) empêchant l’accès à beaucoup de sites
Aucun réseau social n'était bloqué à mon lycée. Facebook et Snapchat avaient déjà commencé à faire des dégâts, mais depuis trop peu d'années pour que les établissements s'en mêlent. Il est très possible que ça ait changé depuis.
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2010, vous avez remonté la machine un peu trop loin
c'est pourtant à cette date que Facebook a mis en place le scroll
avant ça ne fonctionnait pas comme ça
c'est Insta qui l'a fait exploser vers 2014
Aucun réseau social n'était bloqué à mon lycée
possible que ça soit parce que maintenant il y'a les groupe de travail entre élèves sur FB ou autres...
à mon époque Facebook était bloqué au lycée...
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La date d'arrivée des réseaux sociaux est mentionnée sur cette diapositive, avec le temps passé par jour sur ces réseaux, pour les filles en rouge, pour les garçons en bleu :
Cette évolution s’accompagne d’une augmentation rapide du temps passé sur les réseaux sociaux, estimé à 2 h 12 par jour en moyenne en 2021.
(https://lafibre.info/images/doc/202602_aphp_reseaux_sociaux_600000_cas_supplementaires_de_depression_chez_les_adolescents_francais_2.avif)
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c'est sûrement plus que ça
et pour autant il y'a plein d'autres raisons pour les jeunes (et les moins jeunes) d'aujourd'hui de vouloir en finir
j'ai cotoyé beaucoup de jeunes faisant des tentatives de suicide lors de mon adolescence
les filles ont toujours été plus concernées
c'est leur façon d'appeler à l'aide
les garçons sont le plus souvent dans une autre forme d'appel à l'aide
transgressions, drogue, violence...
fait un peu transverse mais pas hors sujet
un jeune sur 2 n'a pas eu de relation sexuelle l'année dernière (ou 2024)
adultes compris
et ça c'est clairement les écrans et la coupure d'avec le réel (et les contacts qui vont avec)
c'est encore plus révélateur que les suicides je crois
edit =
"""
Si 7% des hommes et 11% des femmes étaient inactifs sexuellement en 2007, ces chiffres montent aujourd’hui à 22% et 26% respectivement.
(...)
«La concurrence d'activités numériques» explique également la baisse inédite, analyse l’institut de sondage.
Chez les jeunes de moins de 35 ans vivant en couple sous le même toit, «la moitié des hommes (50%, contre 42% des femmes) reconnaissent avoir déjà évité un rapport sexuel pour regarder des films ou de séries à la télévision».
Les chiffres sont quasi identiques concernant les jeux vidéo - près 53% des hommes de moins de 35 ans déclarent avoir évité un rapport sexuel pour y jouer - et les réseaux sociaux - «préférés au sexe par 48% des hommes» du même âge
"""
https://www.lefigaro.fr/actualite-france/les-francais-sont-touches-par-une-recession-sexuelle-d-apres-une-etude-ifop-20240206
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Pour ce dernier point, cela serait lié à l'essort des sites pornographiques ?
Audience des sites « Adultes » par les mineurs :
(https://lafibre.info/images/doc/202305_arcom_frequentation_des_sites_adultes_par_les_mineurs_1.webp)
Diapositive extraite du rapport de mai 2023 de l’Arcom sur la fréquentation des sites « Adultes » par les mineures (https://www.arcom.fr/sites/default/files/2023-05/La_frequentation_des_sites_adultes_par_les_mineurs%20-%20Etude_Arcom_0.pdf).
(cliquez sur la miniature ci-dessous - le document est au format PDF)
(https://lafibre.info/images/doc/202305_arcom_frequentation_des_sites_adultes_par_les_mineurs.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202305_arcom_frequentation_des_sites_adultes_par_les_mineurs.pdf)
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non je ne pense pas
enfin si en partie
mais ça fait longtemps qu'on a accés au porno
ça ne suffit pas à expliquer la débandade qui s'amplifie
et aussi la baisse de la natalité
(j'ai édité mon message précédent)
quand j'avais 12 ans (en 2000), je trouvais déjà que les humains ne se côtoyaient pas assez
ne faisaient pas assez la fête...
heureusement j'ai eu une jeunesse festive et pleine d'échanges
mais je pense que je n'étais déjà plus dans la majorité
et ça n'a fait qu'empirer
écrans, RS, internet en général
ça touche toutes les classes d'ages
sauf peut-être, récemment, une partie des plus agés qui sont plus connectés qu'avant
on vit aussi dans une société qui se replie sur elle même
de plus en plus communautaire et qui a peur de l'autre
internet et les RS ne suffisent pas à expliquer le phénomène
bien qu'ils soient probablement un élément puissant rentrant en jeu
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il y a tout de même quelque chose qui a changé avec le porno et qui est en rapport avec la consommation moderne des RS
notamment de TikTok
je m'explique
le porno ça fait longtemps qu'on le consomme
avant l’accès web, il y'avait Canal+ et le câble
quand j'avais 12/13 ans, on s'échangeait des VHS...
ça a pris de l'ampleur avec ma génération
et ça a changé notre rapport à l'autre et à l'intimité ; oui
mais ce qui est frappant aujourd'hui
c'est la complémentarité dans l'addiction
le visionnage de porno devient compulsif
et
possible partout tout le temps grâce à la 4G/5G
neurologiquement et en addictologie
cela stimule les mêmes zones du cerveau ou des zones qui se renforcent mutuellement
que certains usage des RS
une heure de TikTok
30 minutes de porno
la finalité n'est pas forcément la jouissance mais juste les shoots de neurotransmetteurs
ça épuise totalement nos stocks de dopamine et de noradrénaline (entre autres)
d'ailleurs en parallèle la consommation de drogues et d'alcool baisse chez les jeunes
ils en ont moins besoin ou envie
leur cerveau est déjà saturé...
visionnage compulsif du porno, utilisation particulière des RS, sucre, gaming (?)...
tout ça est complémentaire
et il y'a des dégats neurologiques, psychiatriques et sociétaux
for sure :)
à mon avis les garçons sont plus à risque sur la partie neuro-comportementale de tout ça
les filles c'est plus l'image de soi, le rapport au réél...
bien sur ce n'est pas cloisonné
mais les filles vont faire moins de gaming et d'usage du porno
plus se mettre en scène sur les RS
avec des répercussions dramatiques si elles ne reçoivent pas "l'admiration" attendue
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un jeune sur 2 n'a pas eu de relation sexuelle l'année dernière (ou 2024)
adultes compris
et ça c'est clairement les écrans et la coupure d'avec le réel (et les contacts qui vont avec)
c'est encore plus révélateur que les suicides je crois
Les réseaux sociaux perturberaient les cycles MMS?
Rappel, les cycles MMS:
- 20 ans: Matin, Midi et Soir
- 40 ans: Mardi, Mercredi, Samedi
- 60 ans: Mars, Mai, Septembre
- 80 ans: Mes Meilleurs Souvenirs
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Arte Regards a diffusé le 23 avril 2025 un documentaire "Portables : la révolte des parents" sur le mouvement "adolescents sans portable" en Espagne.
Voici un extrait sur l'impact sur le cerveau : le fait de regarder de "shorts" sur un réseau social met le cerveau en standby, dans une sorte de léthargie [Engourdissement complet].
https://lafibre.info/videos/loi/202504_arte_espagne_mouvement_adolescents_sans_portable_impact_cerveau.mp4
Réalisation : Lucie Aimard
Image : Paul Cabanis
Montage : Elise Leygnier
Production : Kraken Films
Producteur : David Muntaner
Pays : France
Année : 2024
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Aucun réseau social n'était bloqué à mon lycée. Facebook et Snapchat avaient déjà commencé à faire des dégâts, mais depuis trop peu d'années pour que les établissements s'en mêlent. Il est très possible que ça ait changé depuis.
Ça dépend le lycée, souvent le privé a plus de liberté sur la gestion alors que le public non, tout est piloté par l'académie avec des solutions unifiées.
Chez nous (public) les RS étaient bien bloqués même si c'était très facilement contournable, il suffisait d'effacer le proxy des paramètres (non bloqué, merci Firefox) pour le https et magie, FB était accessible.
Dans mon cas (académie de Grenoble) c'était le projet SLIS (https://fr.wikipedia.org/wiki/Serveur_de_communications_Linux_pour_l%27Internet_scolaire) (base Debian, qui n’existe plus depuis 2016, remplacé par le projet EOLE, utilisé par d'autres académies)
Y'avait aussi le logiciel Harp, également un dev de l'académie (racheté à une boite début 2000) pour verrouiller les postes (c'était vraiment hard pour le coup), qui n'existe plus non plus, ils préconisent désormais de se baser sur... les GPO ;D Je soupçonne l’abandon car la solution était vieillissante et inadaptée à windows 10 (dernière doc en date pour windows 7). Faut dire aussi que ça devait être un sacré morceau à maintenir et coûter une petite fortune.
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Dans les témoignages du colloque qui s’est tenu le mardi 10 février 2026 au Ministère de la Santé, il y a eu un père geek qui avait tout verrouillé chez lui et qui s'étonnait que son fils, en rentrant au lycée a reçu un PC sans contrôle parental et que le Wi-Fi du lycée n'a pas non plus de contrôle parental : Le premier jour même où il a reçu son PC, son fils a été sur un site porno avec le Wi-Fi du lycée et cela a parfaitement fonctionné.
Il n'a pas parlé des réseaux sociaux, mais je pense que si le porno passe, les réseaux sociaux aussi.
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C'était peut-être un qui y avait échappé. Dans mon lycée non plus la liste n'était pas parfaite et j'ai bien trouvé quelques sites accessibles, mais les principaux étaient bien bloqués. Il y en a tellement que tout bloquer est impossible.
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les réseaux sociaux aussi.
Dans la mesure ou ils ont tous un iPhone avec de la 5G, se connecter sur un PC n'a aucun intérêt. Surtout pour de réseaux comme Snapchat ou Instagram, conçu pour le mobile.
Le temps ou Facebook devait être interdit sur les PC est révolu.
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Dans la mesure ou ils ont tous un iPhone avec de la 5G, se connecter sur un PC n'a aucun intérêt. Surtout pour de réseaux comme Snapchat ou Instagram, conçu pour le mobile.
Le temps ou Facebook devait être interdit sur les PC est révolu.
Ce tir sera forcément corrigé, à défaut d'entrainer le pays vers Idiocraty. Il y a déjà une première prise de conscience.
Tout les pays ne sont pas comme en Inde où respecter le "code de la route" est facultatif : en France les morts ont forcé le législateur à s'adapter, rouler en faisant des infractions (ou pire), ou sans permis de conduire, est à minima redevable de sanctions si on est pris la main dans le sac.
Sauf si les parents complices, forcant les ados à en avoir un (paix sociale, pseudo praticité) deviennent Rois, il y aura une régression obligatoire vers un modèle punissant ados ET parents par la sanction pénale : qui laisserait aujourd'hui un mome de 13 ans avec un fusil de chasse ou un cocktail molotov entre les mains? Les irresponsables. Et pénalement la sanction doit être. Le smartphone ne pourra y échapper.
Comme ceux qui soutiennent qu'"un retour d'une société sans écrans est impossible", alors que chaque année l'idée que la société "connectée" apporte dorénavant plus d'inconvénients que d'avantages, le virage ayant été amorçé : sauf à vouloir une régression générale à grande vitesse de la société, un changement en profondeur est habitudes, parentales en premier lieu, sera un impératif absolu.
Comme le jurent certains : "un retour aux années 2000, voire avant, est plus qu'indispensable, mais vital, avec fort encadrement du numérique (ou interdiction pure avant 15 ans)"
pas comme si les scientifiques alertaient depuis des années sur le sujet, et que l'AU/CN/etc avaient déjà pris conscience de cette "drogue".
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On parle surtout des +15 , trekker.
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la Californie impose la vérification de l'âge dès 2027 dans le système d'exploitation
à l'installation de l'OS
Linux est de fait interdit là bas dans quelques mois
https://youtube.com/shorts/Xh3KOgqGT3Q?si=mlrCiV80K9pDqnov
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Est-on sûr que Linux soit concerné ?
En Europe, on se limite généralement aux grands acteurs par mesure de proportionnalité.
Si des distributions Linux seraient concernées par un texte de ce type, cela se limiterait probablement aux plus grosses distributions.
La loi pourrait aussi s'attaquer non pas directement au logiciel lui-même, mais à la commercialisation des PC neufs (donc dans ce cas-là, le PC neufs avec Linux pré-installé cela réduit fortement les acteurs impactés - SteamOS et Ubuntu).
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Arte Regards a diffusé le 23 avril 2025 un documentaire "Portables : la révolte des parents" sur le mouvement "adolescents sans portable" en Espagne.
Voici un extrait sur l'impact sur le cerveau : le fait de regarder de "shorts" sur un réseau social met le cerveau en standby, dans une sorte de léthargie [Engourdissement complet].
Et le fait de regarder Arte met le cerveau en coma dépassé :P
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Normal : Propagande contre propagande...
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Pour les portables au Collège, j'ai cité les caissiers sur ce message (https://lafibre.info/techno-du-web/grandir-et-vivre-avec-les-reseaux-sociaux/msg1146726/#msg1146726), la problématique étant qu'il faut s'assurer que c'est bien le propriétaire qui récupère son téléphone et non un camarade.
L'alternative, c'est une pochette qui bloque les ondes et empêche l'ado de récupérer son téléphone avant la sortie des cours (pochette proposée par CAPCOM SAS) :
https://lafibre.info/videos/loi/202502_france3_college_portables_ranges_dans_pochettes_anti-ondes.mp4
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Arte Regards a diffusé le 23 avril 2025 un documentaire "Portables : la révolte des parents" sur le mouvement "adolescents sans portable" en Espagne.
Voici un extrait sur l'impact sur le cerveau : le fait de regarder de "shorts" sur un réseau social met le cerveau en standby, dans une sorte de léthargie [Engourdissement complet].
https://lafibre.info/videos/loi/202504_arte_espagne_mouvement_adolescents_sans_portable_impact_cerveau.mp4
Réalisation : Lucie Aimard
Image : Paul Cabanis
Montage : Elise Leygnier
Production : Kraken Films
Producteur : David Muntaner
Pays : France
Année : 2024
A quel point c'est scientifique que c'est mal d'avoir un cerveau au repos au moins par moment ? Dormir met le cerveau au repos et c'est pourtant bien recommandé pourtant.
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bah c'est justement le problème de notre époque
cerveau constamment stimulé
on ne sait plus s'ennuyer
notre cerveau n'est pas fait pour ça
au final ça fait des zombies sans capacité de concentration
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Est-on sûr que Linux soit concerné ?
En Europe, on se limite généralement aux grands acteurs par mesure de proportionnalité.
Si des distributions Linux seraient concernées par un texte de ce type, cela se limiterait probablement aux plus grosses distributions.
La loi pourrait aussi s'attaquer non pas directement au logiciel lui-même, mais à la commercialisation des PC neufs (donc dans ce cas-là, le PC neufs avec Linux pré-installé cela réduit fortement les acteurs impactés - SteamOS et Ubuntu).
Vu ce que dit le texte, pour l'instant, tous les systèmes sont concernés. J'ai même trouvé sur reddit un développeur de systèmes embarqués qui se pose des questions sur l’applicabilité dans son cas...
Que les GAFAM refusent tous de se mettre en conformité et coupent l'utilisation de windows/android/iOS en Californie, qu'on rigole.
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Gnome 50 (qui sera présent dans Ubuntu 26.04 LTS) ajoute un contrôle parental avec la possibilité de régler des horaires de coucher et la définition d’un temps limite qui verrouille l’écran quand les limites sont dépassées.
L’équipe explique qu’elle a mis en place les fondements pour un filtrage web « sans compromettre la sécurité du Web ni s’appuyer sur des listes préétablies » qui seront utilisables via l’interface dans de futures mises à jour. Elle précise que ce travail a été financé par la fondation Endless (https://endlessglobal.com/foundation-grants).
Source : Next (https://next.ink/brief_article/gnome-50-tokyo-est-officiellement-sorti/) - GNOME 50 « Tokyo » est officiellement sorti le 19 mars 2026
Bref, pour moi, même si des fonctions natives dans les autres systèmes mettre un peu plus de temps à être intégré par défaut dans les systèmes open source, cela sera le cas après quelques années.
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les systèmes embarqués seront probablement exclus
tu ne peux pas te connecter à Insta avec une caméra connectée :D
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Un développeur a glissé un champ de date de naissance dans systemd (le cœur de Linux) pour respecter trois lois US/brésiliennes entrées en vigueur en janvier 2027, même en admettant que ça ne servirait à rien pour vérifier l'âge.
L'article qui en parle : https://korben.info/un-ingenieur-a-integre-la-verification-dage-dans-linux-et-cest-la-panique.html
Un vice-président de Canonical a précisé qu'il n'y avait "aucun plan concret" pour intégrer cette fonctionnalité.
Artix Linux a dit ne jamais de vérification d'identité ni d'âge dans leur distribution.
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Tel que c'est implémenté dans systemd, ça peut permettre un contrôle parental : à priori la date de naissance est renseignée par root, et ne peut pas être changée par l'utilisateur lui-même.
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Meta condamnée à 375 millions de dollars pour mise en danger de mineurs.
Le 24 mars 2026, un jury de Santa Fe a infligé une amende de plus de 300 millions de dollars à la maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp. Le verdict conclut que le géant du numérique a délibérément caché les risques d'exploitation sexuelle et les dangers pour la santé mentale des jeunes utilisateurs, privilégiant ses bénéfices financiers à la sécurité des enfants en violation des lois sur la protection des consommateurs.
Source : Le Monde (https://www.lemonde.fr/pixels/article/2026/03/25/un-verdict-historique-contre-meta-la-maison-mere-de-facebook-et-instagram-reconnue-coupable-de-mise-en-danger-de-mineurs-au-nouveau-mexique_6674150_4408996.html), le 25 mars 2026 "Un verdict « historique » condamne Meta, la maison mère de Facebook et d’Instagram, pour mise en danger de mineurs au Nouveau-Mexique"
Un autre procès est en cours à Los Angeles dans lequel Instagram et YouTube, sont accusés d’avoir sciemment conçu leurs plateformes pour les rendre addictives aux mineurs. Il semble que les jurés ne parviennent pas à s’entendre sur la responsabilité de YouTube. La juge Carolyn Kuhl les a invités à disjoindre les cas des entreprises, pour les traiter comme deux procès séparés.