Auteur Sujet: Suisse: Topologie du déploiement FTTH  (Lu 24033 fois)

coco et 4 Invités sur ce sujet

fanfouer

  • Expert
  • Abonné Free adsl
  • *
  • Messages: 528
    • Infos-Réseaux.com
Suisse: Topologie du déploiement FTTH
« Réponse #24 le: 14 septembre 2023 à 10:12:16 »
ça représente la grande majorité du cout, de l'investissement du réseau FTTH (partie "infra physique" seulement). Si quelqu'un a les chiffres, ça m'intéresse, dans mon souvenir, c'était ~80%. Donc en France nous avons un réseau FTTH mutualisé à 80%.

En capex, pas en opex :)
Quid des linéaires ? De l'impact environnemental ?
Avec une ribambelle d'exceptions.
Et l'intervention de l'OC dans les SRO.

L'avantage du cuivre mutualisé à 100% est que nous n'avons pas à avoir ces différentes lectures et évaluations.

La partie PM-NRO est presque tout le temps mutualisée en ZMD (quand vous ouvrez un PMZ, vous voyez un câble de transport, qui est utilisé par tous les opérateurs)
Sur les PM300 certainement, quoi que cela n'empêche encore pas les NRO différents entre OC et les câbles de renvoi entre chacun.

On aimerait bien avoir des chiffres pour voir quantitativement ce que cela représente plutôt que des impressions qualitatives.

Je demande aussi à voir ce qu'il est advenu des SRO sur zones rétrocédées : si le premier OI a adducté depuis son NRO, je ne serai pas surpris que le second OI réadducte depuis les siens (à vérifier).

vida18

  • Abonné Free fibre
  • *
  • Messages: 4 444
  • Vierzon (18)
Suisse: Topologie du déploiement FTTH
« Réponse #25 le: Aujourd'hui à 08:48:56 »
Fibre optique : la Suisse entre consolidation, concurrence et absurdités…


Le complexe dossier de la fibre optique en Suisse.

La fibre optique continue de progresser en Suisse, mais son développement révèle aussi de profondes incohérences. Entre consolidation des réseaux locaux, conflits autour de l’accès aux infrastructures et multiplication des raccordements, le marché reste loin d’être aussi dynamique qu’il devrait l’être.

La commune zurichoise d’Uitikon vient ainsi de vendre son réseau de fibre optique à Swiss FibreCo, une filiale de Swiss Fibre Net. Selon un communiqué, cette reprise doit assurer la pérennité de l’infrastructure et conduire progressivement à un réseau moderne, ouvert à différents fournisseurs d’accès.

Les petites collectivités n’ont souvent pas les moyens, les compétences, ni la masse critique nécessaires pour entretenir et moderniser durablement leurs infrastructures numériques. Le passage à un modèle d’accès ouvert devrait permettre à plusieurs prestataires de commercialiser leurs offres sur le même réseau, avec à la clé davantage de concurrence pour les habitants.

Le vrai enjeu: l’accès

Le problème suisse ne se résume toutefois pas au nombre de kilomètres de fibre posés. Il concerne de plus en plus l’accès réel aux réseaux, autrement dit la capacité des opérateurs à proposer leurs services là où la fibre est physiquement disponible.

Selon le quotidien Blick Swisscom cherche à obtenir, par voie judiciaire, un accès aux fibres de Swiss4net, ce qui pourrait profondément remettre en cause le modèle économique de cet opérateur. Et en menaçant son modèle économique. La question est hautement stratégique: lorsqu’un réseau est construit, qui peut effectivement l’utiliser, à quelles conditions et pour quelle rentabilité pour le constructeur?

Pour les clients, cette bataille paraît technique, mais ses conséquences sont très concrètes. Un réseau non ouvert, ou accessible dans des conditions défavorables, limite la possibilité de choisir son fournisseur et réduit la pression sur les prix, les débits, le matériel fourni et le service à la clientèle.

Des prises en trop ?

L’opérateur Init7 met pour sa part en lumière, depuis le point de vue des propriétaires immobiliers, un autre aspect: la multiplication de prises optiques OTO à quatre fibres dans certains logements. Cette situation peut sembler paradoxale alors que de nombreux ménages suisses ne disposent toujours d’aucun raccordement en fibre optique.

Mais c’est là aller peut-être un peu vite, de mon point de vue. Le surcoût d’un tel déploiement reste limité et devrait, théoriquement, permettre une réelle concurrence sur les infrastructures sur le long terme. Cela dit, encore faudrait-il que les groupes les plus puissants du marché exploitent pleinement cette possibilité…

La Suisse ne manque ni de savoir-faire ni de moyens financiers dans les télécoms. Elle semble en revanche encore souffrir d’une vision fragmentée, où les intérêts des opérateurs, des propriétaires, des réseaux locaux et des collectivités ne convergent pas toujours vers le même objectif: raccorder efficacement le plus grand nombre, puis assurer une concurrence réelle sur ces infrastructures. Le politique en porte une lourde responsabilité.

La fibre devient locale

Dans ce contexte, la reprise du réseau d’Uitikon par Swiss FibreCo illustre aussi une tendance de fond: la consolidation progressive de réseaux régionaux au sein d’entités capables d’en assurer l’exploitation à long terme. L’enjeu sera de vérifier si la promesse d’ouverture du réseau se traduit réellement par des offres concurrentes visibles et simples à comparer.

Car l’«open access» ne doit pas devenir un simple argument de communication. Pour être utile, il doit déboucher sur plusieurs fournisseurs disponibles, des procédures d’accès transparentes et des offres qui ne sont pas artificiellement alignées sur celles de l’opérateur dominant.

Quickline renforce son réseau

Sans concerner directement la fibre, le paysage des télécoms régional continue lui aussi de se recomposer. Quickline a annoncé l’arrivée d’EBS TeleNet AG dans son groupement national de réseaux régionaux et de fournisseurs d’énergie, selon ce texte.

Dès la fin août 2026, EBS doit proposer aux clients de la région de Schwyz des offres Quickline pour l’internet, la télévision, la téléphonie mobile et la téléphonie fixe, après le retrait du fournisseur actuel. EBS avait déjà rejoint le groupement en mars et conserve le service de proximité dans la région.

Cette évolution rappelle que le marché suisse ne se limite pas au trio Swisscom, Sunrise et Salt. Les acteurs régionaux, souvent adossés à des infrastructures locales, peuvent offrir une alternative crédible à condition de conserver une vraie marge de manœuvre commerciale et une qualité de service différenciante. Pensez aussi à Net+!



Source : le blog de Xavier Studer