Auteur Sujet: Fibre. Le très haut débit accuse un très gros retard en Bretagne  (Lu 13320 fois)

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vida18

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Fibre. Le très haut débit accuse un très gros retard en Bretagne
« Réponse #36 le: 19 novembre 2020 à 09:50:53 »
Ce qui est encore plus incompréhensible c'est que le coût par prise est également plus élevé.

C'est parfaitement compréhensible puisque Megalis a fait l'erreur de choisi une DSP en afermage plutôt qu'une concession. Ça signifie que Megalis doit assumer le financement du réseau.

letsar

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Fibre. Le très haut débit accuse un très gros retard en Bretagne
« Réponse #37 le: 19 novembre 2020 à 13:42:39 »
Ce qui est encore plus incompréhensible c'est que le coût par prise est également plus élevé. Par contre, je suis content car je suis régulièrement informé avec un magnifique magazine en papier glacé (deux fois par an) pour m'expliquer que la fibre c'est "demain".... demain dans ma commune c'est 2026  ;D

Quel est le nom de ce magazine papier ?

wanoubzh

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Fibre. Le très haut débit accuse un très gros retard en Bretagne
« Réponse #38 le: 19 novembre 2020 à 18:13:53 »
Magazine est peut être excessif  :P Une brochure publicitaire de quelques pages, dans mon souvenir le nom c'était la fibre partout ou pour tous. Je ne m'en rappelle plus exactement.

vida18

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Fibre. Le très haut débit accuse un très gros retard en Bretagne
« Réponse #39 le: 23 novembre 2020 à 09:25:59 »
Fibre optique en Bretagne : pourquoi ça traîne


Le déploiement de la fibre optique en Bretagne a pris du retard mais la Région assure que tout le territoire sera couvert en 2026. (Photo d’archives Le Télégramme)

Majorité comme opposition, personne ne le conteste. Le chantier de la fibre optique en Bretagne a pris du retard. On vous explique pourquoi.


À quelques mois des régionales, c’est une sortie aussi soudaine que violente dont le président du conseil régional, Loïg Chesnais-Girard, se serait bien passé. Dans les colonnes du Télégramme, début novembre, le président de l’Autorité de régulation des télécoms (Arcep), Sébastien Soriano, pointait du doigt le retard pris par la Bretagne dans le déploiement de la fibre optique. « Un taux de raccordement de 35 % des foyers, contre 52 % au niveau national. Il est nécessaire que les territoires mettent les bouchées doubles, en particulier le projet public Mégalis dans les zones peu denses », indiquait le patron de l’Arcep. Un tacle glissé, les deux pieds décollés, qui a passablement énervé l’exécutif régional. « C’est la première fois que je vois un régulateur de l’Arcep intervenir de cette façon. C’est une autorité de régulation et il fait des commentaires. C’est un peu original », euphémise cet élu proche de Chesnais-Girard.

150 000 prises installées sur un total d’un million prévues

Le patron de la Région s’est évidemment empressé de répondre à l’attaque de l’Arcep, rappelant que la situation bretonne, formée majoritairement de petites villes et hameaux, ne pouvait être comparée à d’autres territoires où cohabitent des agglomérations plus grandes. Mais le mal était fait. Et, si près de l’échéance du mandat, c’est un vrai coup dur. Le constat du patron de l’Arcep est-il pour autant faux ? Non.

Depuis le lancement véritable du chantier en 2015, le syndicat mixte composé des collectivités locales Mégalis, pilote du déploiement de la fibre dans les zones les moins peuplées, a fait installer 150 000 prises. C’est très loin du million prévu sur sa zone. Cinq ans après, l’exécutif ne s’en cache pas et s’en explique.


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« Il faut accepter de dire qu’on s’est trompé. »

« Oui, le déploiement de la fibre est en retard. On a fait une mauvaise procédure et on a changé notre fusil d’épaule. Il faut accepter de dire qu’on s’est trompé », assume le conseiller régional PS Gwenegan Bui, vice-président de Mégalis. L’élu de Morlaix (29) rappelle ainsi le choix fait par la collectivité pour la tranche 2 de la première phase. Après s’être fait reprocher, du temps de Jean-Yves Le Drian, d’avoir confié le démarrage du chantier à un grand groupe (Orange), la Région avait décidé de réserver les 140 000 prises suivantes à des entreprises locales. Façon de favoriser l’emploi breton et de bien utiliser les impôts, souligne Gwenegan Bui.

« C’est un plantage »

Les élus n’avaient toutefois pas prévu que les entreprises seraient vite dépassées pour diverses raisons. Et c’est ce retard que la collectivité traîne aujourd’hui comme un boulet. Raison pour laquelle elle a finalement décidé de confier en mai 2019 le reste du chantier à Axione, filiale de Bouygues, moyennant un contrat record de 945 M€. En assurant que le tout serait livré en 2026.

Un mea culpa qui fait doucement sourire l’opposition. « J’interviens session après session, rappelle Stéphane de Sallier Dupin, conseiller régional Droite, centre et régionalistes. La majorité nous renvoie des arguments justifiant les retards les plus divers. Un coup c’est un problème d’élagage, un autre c’est le manque de personnel, la dernière session c’était les cyberattaques… » Quant à l’argument de Loïg Chesnais-Girard sur la spécificité du territoire breton, le bras droit du LR Marc Le Fur fait remarquer que la région n’a pas le relief de Rhône-Alpes ou de l’Occitanie.

« Je ne dis pas que c’est pipeau, je veux bien croire en leur bonne foi. Mais le constat est là. Ça prend plus de retard que dans la majorité des régions de France, avance l’élu de Lamballe (22). C’est un plantage, même l’Arcep le constate ! C’est l’un des gros échecs de ce mandat ». Ce ne sont pas les quatre mois de retard dus à la crise sanitaire et à la fermeture des chantiers au printemps dernier qui vont arranger les choses. En attendant, du côté des maires des petites villes bretonnes, on continue de faire le dos rond et de répondre aux mécontentements d’administrés impatients de faire entrer la fibre dans leur foyer.



État des lieux actuel et prévisionnel du déploiement de la fibre optique en Bretagne. (Arcep)

Source : Le Télégramme, écrit le 23 novembre 2020 par Philippe Créhange.

wanoubzh

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Fibre. Le très haut débit accuse un très gros retard en Bretagne
« Réponse #40 le: 23 novembre 2020 à 18:34:36 »
 « C’est la première fois que je vois un régulateur de l’Arcep intervenir de cette façon. C’est une autorité de régulation et il fait des commentaires. C’est un peu original »

Les types ont fait n'importe quoi et viennent se plaindre qu'on leur met le nez dedans...

vida18

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Fibre. Le très haut débit accuse un très gros retard en Bretagne
« Réponse #41 le: 17 décembre 2020 à 15:24:59 »
Retard de la fibre optique : la majorité reste confiante, l’opposition s’inquiète


Si tout se passe bien, l’ensemble de la Bretagne sera fibrée d’ici à 2026. (Archives Le Télégramme)

L’opposition impute les retards du déploiement de la fibre optique en Bretagne aux choix opérés par la majorité. Cette dernière assume et maintient l’objectif d’une fin de chantier en 2026.

Dans une session marathon, durant laquelle les conseillers régionaux de Bretagne doivent examiner jusqu’à vendredi le budget, le sujet du déploiement de la fibre optique sur la zone de Mégalis s’est une nouvelle fois invité. Ou plutôt son retard. Car comme le soulignait le patron de l’autorité de régulation des télécoms (Arcep) le mois dernier, la Bretagne est à la traîne comparée à d’autres régions françaises. C’est Bernard Marboeuf, patron du groupe de centre-droit Bretagne Unie, qui a ouvert le bal en faisant part de ses doutes quant à une Bretagne entièrement fibrée dans six ans, comme le répète la majorité. « La promesse pour 2026 est compliquée. Heureusement, le plan de relance et l’État seront au rendez-vous. Mais rendez-nous compte et permettez-nous d’évaluer la politique de la fibre car nous nous interrogeons », a lancé l’élu de Fougères au président de Région Loïg Chesnais-Girard.

Gilles Pennelle, chef de file du Rassemblement national, a pour sa part pointé du doigt les récents propos du conseiller régional socialiste Gwenegan Bui. L’élu référent fibre de la majorité admettait ainsi auprès du Télégramme que la Région s’était trompée en confiant, pour une première tranche, les travaux à des entreprises locales, ce qui au final avait contribué aux retards que la Bretagne connaît aujourd’hui. De quoi faire dire à Pennelle : « Vous avez menti aux Bretons et aux élus du conseil régional. Les fausses promesses nuisent gravement à la Bretagne. »

Pas de quoi ébranler Gwenegan Bui. « Dire la vérité, c’est jamais mentir. Accepter ses erreurs, c’est une éthique. » Et de souligner que les problématiques d’élagage, de main-d’œuvre ou de covid ont « toujours été présentées en transparence. Nous assumons tout. » L’élu de Morlaix rappelle au passage qu’il aura fallu cinquante ans avant de voir bouclé le chantier de la RN164. Un appel donc, dans une société toujours plus pressée, à la patience autour d’un chantier gigantesque, comparable dans un passé lointain au déploiement de l’électricité.


Source : Le Télégramme

vida18

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Fibre. Le très haut débit accuse un très gros retard en Bretagne
« Réponse #42 le: 09 janvier 2021 à 15:52:01 »
L'Etat va aider la Bretagne à combler son retard pour l'Internet à très haut débit

Le gouvernement va investir 150 millions d'euros pour boucler le déploiement de la fibre optique en Bretagne, a annoncé ce vendredi à Brest le secrétaire d'Etat à la transition numérique. Alors que la région est à la traîne, Cédric O confirme l'objectif de couvrir 100% du territoire breton en 2026.



Le secrétaire d'Etat au numérique Cédric O (à droite), avec le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, vendredi à Brest. © Radio France - Nicolas Olivier

C'est un objectif "ambitieux mais raisonnable" estime Cédric O, le secrétaire d'Etat à la Transition numérique et des communications électroniques, en déplacement dans le Finistère ce vendredi. Pour finaliser le déploiement de la fibre optique en Bretagne d'ici 2026, le gouvernement a décidé d'octroyer une rallonge de 150 millions d'euros, qui s'ajoute aux 82 millions déjà investis (sur une facture globale d'1,6 milliard d'euros). Une enveloppe permise par le plan de relance.

Accélérer la cadence

Classée avant-dernière région française au dernier baromètre de Zone ADSL, la Bretagne va devoir mettre les bouchées doubles pour accélérer la cadence, en particulier dans les campagnes. "Les opérateurs privés investissent dans les villes et les métropoles, là où il y a un revenu garanti, explique Cédric O. Dans les zones moins denses, la puissance publique doit jouer son rôle et combler le manque d'initiatives privées et donc financer un déploiement du numérique pour tous."

Plus de 200 chantiers en décembre

Accompagné de Richard Ferrand, député LREM du Finistère et président de l'Assemblée nationale, Cédric O a visité vendredi après-midi un chantier d'installation de la fibre à Lesneven au nord de Brest. D'après Mégalis Bretagne, le syndicat mixte en charge du déploiement du très haut débit, pas moins de 200 chantiers étaient menés simultanément le mois dernier dans des zones rurales de la région.

Mais les chiffres sont comme les Bretons, têtus : à ce jour si environ 34% du territoire régional est couvert par la fibre optique, le très haut débit reste encore marginal à la campagne où seules 74.000 habitations peuvent y avoir accès (5% des foyers). Dans les faits, 31.000 foyers ont souscrit un abonnement à la fibre. Dans ces territoires ruraux, il reste 1,4 million de prises à déployer... Le gouvernement et la région Bretagne - maître d'ouvrage du déploiement - ont beau afficher leur optimisme, certains spécialistes du secteur des télécoms sont sceptiques sur la perspective d'une couverture à 100% en 2026.


Source : France bleu Bretagne, écrit le 9 janvier 2021 par Nicolas Olivier.

vida18

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Fibre. Le très haut débit accuse un très gros retard en Bretagne
« Réponse #43 le: 05 mars 2021 à 09:43:48 »
Fibre optique pour tous en 2026 : les doutes de Stéphane de Sallier Dupin


(Archives Le Télégramme)

« On raconte des blagues aux gens », « il faudrait construire 200 000 prises par an », « c’est le plus gros plantage du mandat régional » : Stéphane de Sallier Dupin ne croit pas à l’objectif 2026 pour le déploiement de la fibre.

Élu lamballais, à l’Agglo, conseiller régional et membre du bureau de Mégalis, Stéphane de Sallier Dupin doute du réalisme de la date de 2026 avancée pour la couverture complète par la fibre optique et évoquée dans nos colonnes ce mercredi, pour le territoire de Lamballe Terre & Mer. Dans un communiqué adressé à la Rédaction, l’élu souligne que « seul 33 % de l’objectif de déploiement en 2020 en Bretagne est atteint. Alors comment croire à l’objectif 2026 pour la couverture de toute la région ? Il faudrait construire 200 000 prises par an », calcule Stéphane de Sallier Dupin, ajoutant « qu’à plein régime, dans les villes préfectures, les opérateurs privés en font 135 000 par an. Le plus dramatique dans cette histoire, c’est que la Bretagne est bonne dernière au niveau national. La région Grand Est sera couverte en 2023. On raconte des blagues aux gens en leur faisant croire à des délais qui, au final, ne sont pas tenus. Par prudence, les élus préfèrent maintenant répondre qu’elle arrivera « bientôt ». Il est urgent de changer de braquet dans ce dossier et que chaque foyer puisse savoir précisément quand il aura la fibre ».

« Le besoin de très haut débit Internet est devenu essentiel »

Pour celui qui, « depuis six ans, au nom de l’opposition régionale, lors de chaque réunion du conseil syndical de Mégalis ou de chaque session de la Région, alerte ses collègues sur les retards de déploiement », le programme de déploiement de la fibre optique « a trois ans de retard au moins. C’est d’autant plus dramatique qu’avec la crise sanitaire et les confinements successifs, le besoin de très haut débit Internet est devenu essentiel pour les jeunes qui doivent suivre leurs cours à la maison, pour les professionnels en télétravail, pour les anciens qui ne peuvent plus voir leurs petits enfants que par visio », poursuit Stéphane de Sallier Dupin. Qui regrette aussi que « les zones économiques de Lamballe Terre et Mer ne sont même pas couvertes. Dans la zone de la Tourelle, sur Maroué (Lamballe-Armor, NDLR), ça marche, sur Noyal, il faudra attendre. Sur la zone de l’Espérance, à Quessoy, on n’espère même plus », rapporte le conseiller régional, qui estime que sa « parole dérange » et parle « plus gros plantage du mandat régional ».


Source : Le Télégramme

wanoubzh

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Fibre. Le très haut débit accuse un très gros retard en Bretagne
« Réponse #44 le: 05 mars 2021 à 11:40:42 »
Il a des doutes ? Moi c'est une certitude !

D'un autre côté quand les autres régions auront fini leur déploiement à court terme il y aura de la main d’œuvre et des entreprises disponibles pour fibrer la Bretagne...

vida18

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Fibre. Le très haut débit accuse un très gros retard en Bretagne
« Réponse #45 le: 09 juillet 2021 à 16:41:49 »
Fibre optique : la France et le désert breton


L’écart de couverture entre la zone d’intervention de Mégalis et les autres territoires comparables s’accroît, écrit la Chambre régionale des comptes dans son rapport sur le déploiement de la fibre en Bretagne. (Lionel Le Saux/Le Télégramme)

Onzième région métropolitaine sur 15 en taux de raccordement au FTTH, la Bretagne est très en retard. Le Calvados, la Mayenne ou la Sarthe font mieux, souligne la Chambre régionale des comptes.

« Paris et le désert français ». En 1947, le géographe Jean-François Gravier publiait un ouvrage, devenu référence, pointant du doigt le modèle centraliste français. Aujourd’hui, en matière de déploiement de la fibre optique dans l’hexagone, un tome 2 intitulé « La France et le désert breton » pourrait venir compléter ce livre. Car, comme l’analyse froidement la Chambre régionale des comptes (CRC) dans son rapport sur le déploiement de l’internet très haut débit (FFTH) dans la péninsule bretonne : « La Bretagne est non seulement moins couverte mais elle déploie plus lentement son réseau » qu’ailleurs en France.




La carte sur le taux de couverture par commune, publiée par l’Arcep - l’autorité régulatrice des télécoms -, parle d’elle-même. En comparaison avec les Hauts-de-France, la Normandie, les Pays de la Loire, le Grand Est, l’Auvergne-Rhône-Alpes ou encore la région Paca, la Bretagne peut rougir. Ou plutôt blanchir, au regard du nombre de zones toujours pas couvertes. « Onzième région métropolitaine en taux de raccordement au FTTH sur quinze, la Bretagne est très en retard sur la moyenne (49 % pour la moyenne nationale alors que 32 % des locaux bretons étaient fibrés), indique la CRC. Des territoires comparables ou plus ruraux, tels le Calvados, la Mayenne ou la Sarthe, ont connu une forte accélération du déploiement de la fibre. L’écart de couverture entre la zone d’intervention de Mégalis et les autres territoires comparables s’accroît donc. »

Source : Le Télégramme, écrit le 9 juillet 2021 par Philippe Créhange.

vida18

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Fibre. Le très haut débit accuse un très gros retard en Bretagne
« Réponse #46 le: 09 juillet 2021 à 16:50:13 »
Retards de la fibre optique en Bretagne : ce rapport qui enfonce le clou


À l’origine, trois phases de travaux étaient programmées jusqu’en 2030. Mais, face à une comparaison peu glorieuse avec d’autres régions françaises, la fin du chantier a finalement été ramenée à 2026. (Lionel Le Saux/Le Télégramme)

La Chambre régionale des comptes a analysé le déploiement de l’internet très haut débit en Bretagne. Le Télégramme publie en avant-première ses conclusions. Une confirmation : la région est à la traîne.

Côté fibre optique, les retards enregistrés en Bretagne agitent depuis déjà de longs mois les élus locaux. Des maires devant faire face au mécontentement d’administrés en mal d’internet très haut débit alors qu’ils n’y sont bien souvent pour rien. Car, dans la région, c’est Mégalis qui se charge de tirer la fibre, hors grandes villes dévolues aux opérateurs télécoms. Soit 90 % du territoire et 60 % de la population. Un syndicat mixte, réunissant, à Rennes, plusieurs financeurs - Région, Départements et intercommunalités - et faisant aujourd’hui l’objet d’une sévère critique de la Chambre régionale des comptes (CRC) dans un rapport qui sera rendu public la semaine prochaine mais auquel Le Télégramme a eu accès en exclusivité.

C’est Jean-Yves Le Drian, qui n’a pas daigné répondre aux sollicitations de la Chambre, qui a lancé, en 2011, ce chantier du siècle lorsqu’il était président de Région. Dossier repris ensuite par son successeur Loïg Chesnais-Girard, officiant aujourd’hui aussi au poste de président de Mégalis.

Un aménagement du territoire curieux

À l’origine, trois phases de travaux étaient programmées jusqu’en 2030. Mais, face à une comparaison peu glorieuse avec d’autres régions françaises (lire encadré), la fin du chantier a finalement été ramenée à 2026 grâce à un contrat signé en 2019 avec Bouygues-Axione. Car, comme le confirme le rapport de la CRC, qui a étudié l’activité de Mégalis depuis 2015, la fibre optique avance en Bretagne à la vitesse de l’escargot. Ou plutôt… du modem 56k. « Au 31 décembre 2019, le nombre de lignes raccordables s’élevait à 71 148 et le nombre de lignes raccordées, à 25 944. Mégalis s’était pourtant initialement engagé à livrer 216 272 lignes, cible revue à la baisse, en 2018, à 119 782 lignes raccordables et 32 366 raccordées », peut-on lire dans ce document de 80 pages.

Élément pointé du doigt par la Chambre régionale des comptes : un aménagement du territoire pour le moins étonnant. Des zones rurales sont ainsi déployées plus rapidement que certaines villes moyennes. « Les études relatives au déploiement de Quimperlé (29), Loudéac (22), Pontivy (56), par exemple, devaient être initiées au premier semestre 2016. Pourtant, ces communes dotées de nombreuses zones d’activité et de services publics de centralité (hôpitaux, sous-préfecture, collèges et lycées) n’étaient toujours pas équipées début 2020, alors que plusieurs communes rurales alentour le sont, malgré des densités de population et d’emplois moindres. »

Manque de ressources humaines et matérielles, complexités de déploiement et administratives… Autant de bonnes raisons pour expliquer ces retards, se justifient Mégalis et l’exécutif régional. Mais la CRC avance aussi le choix « d’une équipe sans doute trop réduite les premières années, même si elle apparaît désormais suffisante en 2020 » et des « outils de pilotage inadaptés pour le suivi de nombreux chantiers ». Sans parler d’une gouvernance de l’instance proche du clientélisme. « Dans chaque département, le syndicat mixte a mis en place une commission " programmation et financement ", présidée par un vice-président de Mégalis, représentant du Département. Cette organisation politique a pu influencer la carte de déploiement du réseau », estiment les magistrats.

Juteux contrat pour Orange

Autre sujet soulevé par le rapport : le contrat liant Mégalis à Orange, à travers sa filiale Très haut débit (THD) Bretagne, en vue de gérer le réseau et raccorder les usagers. « Ce contrat apparaît très favorable aux intérêts du délégataire », estiment les magistrats. À l’origine, un apport d’Orange de 19,7 M€ de capital social pour une rémunération de 15 %, soit 55,3 M€ de dividendes, était prévu. Mais, dans le cadre d’une renégociation, qui a fait passer cette collaboration à 20 ans, au lieu des 17 initiaux, Orange a réduit son apport au capital social à 5,4 M€, « ce qui lui rapporterait une rémunération moyenne de 44 %, niveau très excessif avec le versement de 238,5 M€ de dividendes sur 20 ans. » Une jolie plus-value à moindre coût. Dans un cadre réglementaire bancal, selon les juges. « Les différents avenants, en particulier le quatrième, apparaissent irréguliers et contraires aux stipulations contractuelles initiales, qui prévoyaient le maintien d’une rémunération des capitaux de 15 % », écrivent-ils.

Affirmation fermement rejetée par THD Bretagne, tout comme par le président de Mégalis, Loïg Chesnais-Girard. Le contrat, selon eux, répond parfaitement aux règles du code de la commande publique. Une explication que devra sans doute apporter le président de Région le 21 juillet prochain, date de la prochaine session de l’assemblée bretonne. Car, avec un tel rapport de la CRC, il est fort à parier que ses opposants sauront s’en saisir.


Source : Le Télégramme, écrit le 9 juillet 2021 par Philippe Créhange.

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