Auteur Sujet: Supermarchés victimes d’une cyberattaque de leurs installations frigorifiques  (Lu 4693 fois)

jeremyp3, lancelot77 et 2 Invités sur ce sujet

Steph

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A Annecy et Chambéry, la patinoire chauffe la piscine.

Pour les magasins de surgelé, je n'ai jamais compris pourquoi il y faisait aussi froid! Eté comme hiver par chez moi...

kp2sb2020

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Bon maintenant c'est un nouvel acte de guerre ...

Lequel d'entre nous aurait cru il y disons 5 ans que le frigo de son hypermarché serait une cible ...

Il faut sécuriser tout, c'est en cours, beaucoup de travail ...

Il va falloir aussi sans doute séparer l'internet européen de l'internet américain (source de confiance aujourd'hui), encore plus de travail ...

Toutes les structures rajoutent une couche de sécurité aujourd'hui mais cela a un cout élevé et on manque de spécialistes dans le secteur ...


vivien

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De mon côté, je suis persuadé que les acteurs vont proposer des solutions scindés en deux où la partie connectée à internet ne permet que d'envoyer des alertes et lire les températures.

Le paramétrage sera réservé à un accès local au contrôleur. Comme l'a dit léon, on sait déjà le faire dans l'industrie.

L'autre solution, c'est de mettre le contrôleur frigorifique dernière un VPN.

Leon

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Il y a effectivement plein de solutions connues dans l'industrie pour protéger les IoT et autre SCADA, tout en permettant d'interagir avec les équipements de l'extérieur.
Voici ce que je connais:
 - les "data diode" dont je parlais, très utilisées autour des SCADA, y compris les trucs très sensibles. C'est la protection ultime.
 - Firewall + VPN, donc permet l'accès de l'extérieur via le VPN, sans pour autant exposer sur Internet
 - la solution IoT la plus répandue : l'équipement IoT IP derrière un Firewall (+ NAT en IPv4), inaccessible depuis Internet, et l'équipement interagit avec un serveur central (ou une architecture cloud). C'est beaucoup plus facile de maintenir un serveur central protégé et à jour, plutôt que de maintenir 10000 équipements répartis sur le terrain.
 - dans les réseaux d'entreprise, on isole très souvent l'IoT et SCADA dans des VLANs déparés, des réseaux WiFi (SSID) séparés voire masqués, pour que les utilisateurs lambda n'y aient pas directement accès.
 - mise à jour automatique et sécurisée des firmware, c'est en fait un des gros points noirs de ces équipements, des firmware pas à jour. Les équipements anciens nécessitaient des mises à jour manuelles; voire les installateurs avaient l'habitude de désactiver la mise à jour automatique. Dans l'industrie, il ne faut acheter que des équipements dont on a la garantie que le firmware sera maintenu par le fournisseur.

N'hésitez pas à compléter la liste, il existe probablement d'autres solutions.

Leon.

Steph

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Lequel d'entre nous aurait cru il y disons 5 ans que le frigo de son hypermarché serait une cible ...
Quand on voit comment travaillent certains automaticiens, c'était prévisible, malheureusement.

acut3

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Une étude intéressante d'IPinfo : https://ipinfo.io/blog/france-fridges-hack

Avant l'attaque, la France était de très loin le pays avec le plus de dashboard Danfoss exposés sur Internet : 1331, contre 431 pour l'ensemble des autres pays. En France comme ailleurs, 85% de ces systèmes faisaient tourner de vieilles versions, encore vulnérables au login bypass.

Deux jours après l'attaque, il ne restait en France que 316 système exposés sur Internet, dont 119 vulnérables au login bypass.

simon

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Quand on voit comment travaillent certains automaticiens, c'était prévisible, malheureusement.

Pas plus tard que la semaine dernière, je demande à un gars lors d'une intervention sur une centrale électrique (~3MW, groupes hydrauliques + batterie) "y'a une raison pour laquelle le réseau industriel est connecté à la Livebox?", il me répond "l'automate arrivait pas à pinger 8.8.8.8, j'ai mis un câble entre la box et le switch industriel, ca a réglé le problème".

:D :-) :-) :-)

Leon

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Une étude intéressante d'IPinfo : https://ipinfo.io/blog/france-fridges-hack

Avant l'attaque, la France était de très loin le pays avec le plus de dashboard Danfoss exposés sur Internet : 1331, contre 431 pour l'ensemble des autres pays. En France comme ailleurs, 85% de ces systèmes faisaient tourner de vieilles versions, encore vulnérables au login bypass.
Merci, c'est intéressant comme analyse.

Mais ça n'explique pas pourquoi la France était loin en tête des automates Danfoss exposés sur le web. Danfoss n'est pas une marque française.
Est-ce que c'est un unique entreprise ou un unique réseau d'installateurs frigoriste français qui est derrière tout ça? Ca me semble être une hypothèse crédible.
Si oui, il est étonnant que son nom n'ait pas encore été pointé par la presse générale ou la presse spécialisée.

Leon.

alain_p

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Oui, je soupçonne que ce soit le fait d'un important mainteneur (Dalkia, Vinci, Equans ... ?), qui pour se faciliter la vie et pouvoir superviser les équipements à distance, aurait demander qu'ils soient sur Internet. Et bien sûr, il pouvait dire qu'il n'y avait jamais eu de problème...

vivien

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C'est ce que dit Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U : "Nos magasins ne sont pas clients de Danfoss"

Il remet clairement la faute sur les frigoristes.



Source : RTL France, le 13 octobre 2026

brupala

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Salut,
un truc qui me dépasse dans cette affaire, il y en a beaucoup, mais je me demande ça depuis le début de cette histoire:
J'ai quelques capteurs domotiques autonomes à la maison, tous sont gérés par des applis mobile, il faut donc un compte du fournisseur ou plus global.
Pas de connexion possible depuis l'extérieur, rien de forwardé in the box et quasi aucun n'a d'ipv6  :( , je sais donc qu'ils sont configurés en internet pour aller se coller quelque part sur un serveur cloud (AWS à ce que j'ai vu pour certains) , où l'appli mobile sait les trouver et la connexion n'est pas active en permanence, apparemment juste le temps d'envoyer leurs mesures et de lire les commandes à venir.
En fait, ce n'est donc plus tout à fait de l'internet, mais bon c'est de la domotique, qui n'est pas de l'informatique non plus, vu le niveau nécessaire pour les installer.
Donc, j'en déduis un peu naïvement que le seul moyen de les pirater, c'est d'attaquer le serveur du fournisseur, qui lui est certainement beaucoup plus facile à protéger, car c'est le seul tuyau possible en théorie.
Alors ce qu'on sait faire pour la domotique à 15€, on ne le ferait pas pour des systèmes à une bonne poignée de billets de 100 ?
Certes j'admets facilement que l'on ait pas envie de passer par un serveur externe pour communiquer ces infos, mais bon, ça impose de savoir gérer ça aussi en local si on veut le contraire.
Je suppose que l'on peut avoir les mêmes questions avec systèmes plus imposants et plus critiques, comme des serveurs ou des routeurs genre SD-WAN ou autres clouderies.

Leon

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Ta remarque est pertinente.
Oui, il est beaucoup plus sécuritaire de gérer son équipement IoT via un serveur web centralisé, que d'exposer l'équipement lui même sur Internet.
Oui, l'architecture proposée par les fournisseurs d'IoT, même low cost (TPLink) est plus sécuritaire.

Une des réponse possible à la question "mais pourquoi ils ont fait ça?" (je ne sais pas si c'est la bonne) : il y a 20 ans et plus, sur ce genre d'automates, la façon standard de faire c'était d'héberger le serveur web sur l'équipement lui même, et d'y accéder directement via un client web ou un client "lourd" sur PC, sans proxy/serveur intermédiaire. Souvent avec l'intention que ça ne soit accessible que via un LAN, pas via Internet.
Donc le fait d'exposer ça sur le web, c'est peut-être un reliquat d'une architecture héritée du passé.
Les standards, les risques cyber-sécu ont bien changés depuis 20 ans.

Leon.