Auteur Sujet: FTTH il y a 30 ans en France : première expérience FTTH à Biarritz (64)  (Lu 20872 fois)

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Leon

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Bonjour à tous,

Je voulais juste vous rappeler que le FTTH a quasiment 30 ans en France. Je pense que tout le monde ne s'en souvient pas...

La toute première expérience se passait à Biarritz. J'étais tout gamin à l'époque, et j'étais déjà fasciné par tout ça.
Le petit réseau FTTH de Biarritz est resté opérationnel pendant de très nombreuses années.
Si vous aimez bien la technique et que vous avez le temps de lire ça, c'est assez intéressant.
http://replay.web.archive.org/http://socard.fr/bia0.htm

C'était du FTTH analogique à 90%. Seule une liaison minitel/téléphone à 128kb/s par abonné était en numérique (l'équivalent du numéris).
Et à l'époque, ça proposait de la télévision, de la visiophonie. Il me semble qu'il était même envisagé de faire de la VOD, mais ça n'aurais jamais vu le jour.
C'était assez énorme de pouvoir proposer autant de services à l'époque, et surtout en analogique. Le défi technologique était tout à fait remarquable. Malheureusement, ça n'est resté qu'une expérimentation, c'était beaucoup trop couteux à l'époque.

Visiophone :


Fibre :


Épissure :



Un autre lien  : http://rxcontrol.free.fr/Visiophone/index.html

Leon.
« Modifié: 29 avril 2011 à 23:01:56 par leon_m »

Leon

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FTTH il y a 30 ans en France
« Réponse #1 le: 30 avril 2011 à 15:03:23 »
Selon ces sources, l'expérience de Biarritz est sans doute la 2ieme expérience FTTH grandeur nature au monde! Pas mal, non? Comme quoi la France a toujours joué un rôle prépondérant dans le monde des télécoms, quoi qu'on en dise.

http://books.google.fr/books?id=xTIonQZI7TMC&lpg=PA458&ots=J1ta68f5t2&dq=biarritz%20ftth&pg=PA458#v=onepage&q=biarritz%20ftth&f=false

http://www.ahti.fr/optique.html

Leon.

vivien

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Merci Léon. C'est dommage que les images soit casées sur le site d'André Socard, qui a rédigé cet article.

Voici la retranscription du récit d'André Socard avec les images récupérées avec archive.org :



La Ville Câblée de Biarritz

Une réalisation qui fut à la pointe de la technique au début des années 80. Le réseau de Biarritz permettait à 1500 abonnés de bénéficier du visiophone, de la distribution de la télévision et des programmes radiophoniques sonores en FM, l'accès à une vidéothèque. Ainsi des essais de VOD (video on demand) et de télévision interactive ont pu être effectués.

Cette expérience, sous l'impulsion et la maîtrise d'ouvrage de l'Administration Française des PTT (maintenant France Telecom) avait pour but, outre ces essais de services nouveaux, de fournir à l'industrie française des télécommunications un champ d'action suffisamment vaste lui permettant d'acquérir la maîtrise industrielle et opérationnelles des techniques de la transmission optique.

Le document joint est une copie légèrement mise à jour d'une présentation  de MM. Michel DUPIRE, Bernard MARC et Arnaud de PANAFIEU.  Michel DUPIRE était le Directeur du projet, au sein de la Direction Générale des Télécommunications, Bernard Marc (SAT) était le chef de projet industriel, et a ce titre a dirigé la réalisation du système (et a été le coordinateur de l'équipe qui a répondu à la consultation de l'Administration et a donc conçu le système), Arnaud de Panafieu était le chef de projet de LTT-Thomson CSF, société qui, en sous-traitance de la SAT, a participé à la réalisation du réseau.

J'étais adjoint de Bernard Marc dès la conception du projet et lors de la réalisation étais chargé plus particulièrement des aspects transmission.

Michel Dupire est actuellement Directeur de la Stratégie à France Telecom R&D. Bernard Marc fait de nombreuses interventions et conférences sur les réseaux de télécommunications et notamment à L'ENSEEIHT Toulouse.




Services offerts

Le système installé offrait deux catégories de service :

  • Un service commuté permettant l'établissement à la demande, de liaisons point à point entre deux abonnés. Chaque liaison comporte une voie image et une voie son dans chaque sens. L'image est de qualité télévision au standard 625 lignes. Le son est une voie téléphonique numérisée à 64 kbit/s chez l'abonné. Elle est interconnectée au réseau général téléphonique. L'abonné a l'accès à des banques d'images animées.
  • Des services distribués qui, pour tout abonné au réseau, donnent accès à un ou deux canaux de télévision au choix parmi quinze possibles (cf note) et à un canal son en stéréophonie, au choix parmi douze possibles. Les programmes mis à disposition étaient des programmes nationaux français ou étrangers et des programmes générés localement.

Le visiophone :


Le visiophone et son clavier Minitel :


En outre, le terminal visiophonique peut être utilisé en terminal Minitel, pour accéder aux services correspondants.

Note : Le système était prévu pouvoir être étendu à 30 programmes, mais les équipements mis en place ont laissé ouverte cette extension, sans l'implanter.

vivien

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Organisation fonctionnelle du système

L'organisation fonctionnelle du système repose sur les principes suivants qui on été retenus avec l'objectif de limiter les développements aux aspects spécifiques à l'expérience et, en particulier, de récupérer un matériel et un logiciel téléphonique existants :



  • L'abonné est raccordé par une liaison optique multiservice à deux sous-systèmes organiquement distincts qui correspondent aux deux classes de services indiquées précédemment (cf post précédent) : le sous-système de commutation visiophonique et téléphonique et le sous-système de distribution de programmes TV et Hi Fi.
  • La voie son du visiophone est commutée par un commutateur temporel qui pilote le sous-système de commutation et est raccordé au réseau téléphonique général.
  • L'image visiophonique est commutée par un commutateur asservi au commutateur téléphonique et dont l'unité de commande gère les fonctions propres à la visiophonie. Le réseau de connexion visiophonique est du type spatial.
  • La sélection des programmes de télévision et de HiFi est réalisée par des sélecteurs spécialisés, implantés dans les centres. Au maximum, deux sélecteurs TV et un sélecteur HiFi peuvent être affectés à un abonné. l'affectation est faite au moyen d'un répartiteur.
  • La signalisation émise et reçue par l'abonné est une signalisation multiservice, transmise par canal sémaphore X25 (novateur en 1980) à 64 kbit/s. Ce signal est multiplexé avec le signal téléphonique pour former un signal numérique à 128 kbit/s. Côté centre, la signalisation est traitée par un organe appelé Unité de Raccordement Multiservice (URMS) qui restitue au commutateur téléphonique sous forme classique, les messages adressés au sous système de commutation et envoie au sous-système de distribution, les messages destinés à la sélection de programmes. L'Unité de Raccordement Multiservice assure également la concentration des voies téléphoniques à 64 kbit/s.
  • Les sélecteurs de télédistribution sont commandés par des organes spécifiques appelés Unité de Traitement de Télédistribution.
  • La liaison d'abonné aboutit, chez l'abonné, à une régie qui assure le dialogue avec le système et les terminaux, et alimente une liaison en bus multiconducteurs (une paire coaxiale, deux paires symétriques), sur laquelle sont raccordés les terminaux d'abonné. Chaque terminal prélève ou injecte sur cette liaison les signaux correspondant au service auquel il est affecté.
  • Les èmetteurs optiques de la liaison d'abonné ne sont mis en marche que lors de l'établissement des communications. Les ordres de mise en marche sont donnés côté centre et côté abonné, respectivement par l'URMS et la régie.
  • Côté centre, l'èmetteur optique de la liaison d'abonné reçoit :
    - du sous-système de commutation, le signal visiophonique à èmettre.
    - de l'URMS, le signal numérique de téléphonie et de signalisation (128 kbit/s) et des signalisations locales assurant sa mise en route et sa surveillance
    - du sous-système de télédistribution, un signal multiplex pouvant regrouper deux signaux TV et un signal HiFi. La composition de ce signal est fonction des services souscrits par l'abonné.
    L'èmetteur optique assure le regroupement de tous ces signaux.
    Le récepteur optique reçoit, de l'abonné, le signal visiophonique qui est envoyé au sous-système de commutation et le signal numérique de téléphonie et de signalisation qui est envoyé à l'URMS.


vivien

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Organisation matérielle du système

Généralités

Le réseau multiservice de Biarritz est structuré comme le réseau local téléphonique. Il comprend un "Centre Principal" qui joue le rôle d'un Centre à Autonomie d'Acheminement pour le téléphone et des "Centres Secondaires" auxquels sont raccordés les abonnés. Un centre secondaire est implanté avec le Centre Principal pour le raccordement des abonnés locaux. Les Centre Secondaires distants sont reliés au Centre Principal par des liaisons qui constituent le réseau de transport. Les abonnés sont reliés aux Centres Secondaires par un réseau de distribution.


Les Centres



Le centre secondaire Lycée :


Trois Centres Secondaires sont mis en place (Gare - Lycée - Kennedy). Chaque Centre Secondaire comporte :
- Une ou plusieurs unités de raccordement multiservice (une pour 840 abonnés).
- Un ou plusieurs concentrateurs visiophoniques (un pour 384 abonnés).
- Des sélecteurs de programmes TV, des sélecteurs de programmes HiFi et leurs organes de commande.
- Des équipements de transmission optique pour la réalisation de la liaison multiservice d'abonné : "jonctions optiques d'abonnés".
- Des équipements de transmission optique pour la réalisation des liaisons spécialisées entre centres distants :"jonctions optiques intercentres"..

Le centre Principal Gare :


Le Centre Principal, physiquement implanté avec le Centre Secondaire Gare comporte :
- Le cœur de chaîne téléphonique relié au réseau téléphonique général.
- Le cœur de chaîne visiophonique.
- Une "régie" de distribution des programmes TV et HiFi qui assure la gestion et la supervision des programmes distribués dans le système.



Les équipements d'abonné

L'installation d'abonné est composée :

- De la régie d'abonné à laquelle aboutit la liaison optique d'abonné.

- Du terminal visiophonique, développé spécifiquement. Il assure des fonctions visiophoniques, téléphoniques et télématiques.

- Des boîtiers d'interface TV (un ou deux) ou HiFi (un) qui restituent les signaux TV et HiFi sous une forme acceptable pour les téléviseurs ou la chaîne HiFi et qui transmettent les télécommandes.

- D'une liaison en bus comportant des connecteurs muraux sur lesquels sont raccordés les terminaux.



Le réseau de câbles

Fibres et câbles

Compte tenu des délais de réalisation du réseau, toutes les fibres sont des fibres à gradient d'indice MCVD 50/125µ, dont la bande passante est supérieure à 300 MHz.km et l'atténuation inférieure à 4 dB/km. L'ensemble des fibres câblées correspond à environ 12 000 km  de fibres entièrement réalisées en France par Fibre Optique Industrie.



L'ensemble du réseau, à l'exception de la liaison terminale d'abonné à 2 fibres, est réalisée avec des câbles à joncs cylindriques rainurés également utilisés (à cette époque) pour la réalisation du réseau téléphonique français, local, urbain et interurbain.

Chaque jonc de diamètre environ 4 mm porte 10 rainures hélicoïdales dans lesquelles prennent place les fibres optiques. Les câbles du réseau comportent 70 ou 10 fibres. La protection extérieure des câbles est assurée par une enveloppe en aluminium soudée ou en acier et son diamètre pour les câbles à 70 fibres est d'environ 20 mm, ce qui autorise un tirage dans des conduites de 45 mm de diamètre.

Organisation et structure des liaisons

Le réseau de transport est réalisé avec des câbles à 70 fibres. Chaque liaison entre le Centre Principal et un Centre Secondaire comporte deux itinéraires, normal et secours, afin d'assurer la sécurité de certains signaux (programmes à distribuer, téléphone, signaux de commande). La longueur des liaisons varie de 1,6 à 2,5 km. Chaque câble aboutit côté centre à une "tête de câble" affectée à un élèment à 10 fibres et comportant en face avant dix connecteurs monofibres sur lesquels sont raccordés les èmetteurs ou récepteurs optiques. Ces têtes de câble sont implantées dans les bâtis d'èmetteurs-récepteurs optiques. Suivant les longueurs des liaisons, une ou deux épissures en ligne sont réalisées.

Câble à 70 fibres :


Épissure d'un câble à 70 fibres :




Le réseau de distribution est un réseau en étoile, constitué au départ des centres, de câbles à 70 fibres. Le raccordement avec le équipements est effectué de manière identique à celui des câbles du réseau de transport. Ces câbles sont ensuite divisés en câbles à 10 fibres par l'intermédiaire d'une pièce de division comportant 7 épissures collectives. Les câbles à 10 fibres aboutissent à des "boîtiers d'éclatement" équipés de 10 connecteurs monofibres sur lesquels viennent se connecter, au fil de l'eau, les câbles à deux fibres permettant le raccordement des abonnés. Ces câbles à deux fibres se terminent chez l'abonné sur deux connecteurs monofibres de l'èmetteur-récepteur optique implanté dans un coffret comportant également la régie.

La coupe d'un jonc d'un câble de Biarritz :


Le jonc d'un câble récent à 200 fibres, comportant 10 rainures, des élèments rubans multifibres étant disposés dans chaque rainure. On remarque que la méthode de repérage des alvéoles utilise le même principe que celui adopté sur les joncs de Biarritz.





Les boîtiers d'éclatement sont implantés selon les immeubles, en façades, en sous-sol ou dans des bornes pavillonnaires.

Tous les câbles à 70 fibres sont posés en conduites. Certains câbles à 10 fibres sont posés en aérien.

Épissures et connecteurs

Les élèments à 10 fibres sont raccordés en ligne par une épissure collective qui permet en un seul cycle d'opérations de raccorder les 10 fibres de l'élèment.



Les développements effectués en France dans le domaine des connecteurs à l'occasion du projet Biarritz ont permis d'obtenir des produits industriels de haute qualité et compétitifs sur lesquels des essais approfondis ont été effectués. Les pertes obtenues sont d'environ 1 dB.

Pour l'ensemble des têtes de câbles, des boîtiers d'éclatement et des équipements d'abonnés, environ 25 000 connecteurs ont été installés.

vivien

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Le plan de transmission

Généralités

Pour les services commutés, la relation entre deux abonnés nécessite l'aboutement d'au maximum 4 liaisons optiques : 2 liaisons d'abonné et 2 liaisons intercentres.

Pour les services distribués, la liaison entre la source de programmes et l'abonné, nécessite l'aboutement d'au maximum 3 liaisons optiques : 1 liaison d'abonné et 2 liaisons intercentres.

La distance des abonnés aux centres secondaires est comprise entre 300 et 1 700 m. Compte tenu :

- Des délais de l'opération.

- Des distances indiquées ci-dessus.

- Des objectifs de qualité retenus (48 dB pondérés pour la télévision, 45 dB pondérés pour la visiophonie).

- Des caractéristiques propres aux composants optiques (puissance optique, linéarité...).

- De l'état de la technologie.


Les principes suivants ont été adoptés pour la transmission :

- Le signal image du visiophone est transmis en modulation de fréquence (excursion de 8 MHz crête à crête en l'absence de préaccentuation). Aucune démodulation-modulation intermédiaire n'est effectuée d'abonné à abonné, les signaux visiophoniques sont donc commutés en modulation de fréquence.

- Les signaux de télévision sont transmis en modulation de fréquence (excursion de 8 MHz crête à crête). le son de la télévision est également modulé en fréquence et multiplexé au signal vidéo.

- Le signal HiFI est transmis en modulation de fréquence par deux sous-porteuses correspondant aux voies droite et gauche du signal stéréophonique.

- Le signal numérique à 128 kbit/s est transmis par modulation d'amplitude d'une sous-porteuse .


Les fréquences des sous-porteuses sont respectivement :

- Pour la liaison d'abonné :
Visiophone  :    20 MHz
Télévision 1 :    50 MHz
Télévision 2 :    80 MHz
HiFi :       2 et 2,8 MHz

- Pour les liaisons intercentres (un seul signal par liaison) :
Visiophone  :    20 MHz
Télévision    :    70 MHz
HiFi :       2 et 2,8 MHz




Les Liaisons optiques

La liaison d'abonné est organisée de manière à disposer chez l'abonné les équipements les plus simples et conduisant au minimum de consommation.

Côté Centre, la jonction optique d'abonné comporte un  èmetteur et un récepteur implantés chacun sur une carte.

L'èmetteur comporte un èmetteur-laser dont le niveau d'émission est d'environ 0 dBm à l'extrémité d'un câble amorce.

Pour tenir compte des dérives diverses dues à la température, au vieillissement..., le niveau du signal optique est régulé. de plus, pour optimiser le système, en tenant compte des mêmes dérives, la profondeur de modulation d'amplitude est maintenue constante à une valeur aussi grande que possible, limités par les taux d'intermodulation et harmoniques 2 et 3 tolérables. Les signaux VF, TV1, TV2, HiFi, et numériques sont maintenus à un niveau relatif constant. L'ensemble est appliqué à l'èmetteur laser.  La régulation de la profondeur de modulation fixée à une valeur d'environ 0,5 s'effectue à l'aide de la sous-porteuse à 4 096 kHz transmettant le signal numérique, toujours présente en cas de communication.

Le récepteur est réalisé à l'aide d'une photodiode à avalanche. Il comporte un CAG fonctionnant sur le niveau de la sous-porteuse à 1 024 kHz.

Les jonctions optiques d'abonné sont mises en place dans des bâtis pouvant contenir 7 châssis de 5 jonctions correspondant à un câble de 70 fibres.

Côté abonné, l'èmetteur est réalisé à l'aide d'une diode DEL et le récepteur comporte une diode PIN suivi d'un amplificateur à transimpédance. Un CAG fonctionnant sur le niveau de la sous-porteuse numérique à 4 096 kHz assure la régulation de niveau. L'èmetteur et le récepteur d'abonné sont implantés dans la régie d'abonné.

La liaison d'abonné est donc constituée :
- sens centre  ---> abonné : LASER - PIN
- sens abonné ---> centre  : DEL    -  PDA

L'affaiblissement optique maximal admissible permettant de tenir les objectifs de qualité est d'environ 20 dB. Il est compatible avec les caractéristiques du réseau décrites précédemment.

Les liaisons intercentres qui sont spécialisées et ne transmettent qu'un seul signal sont constituées :
- Pour les liaisons TV, visiophone et numérique, d'un èmetteur laser et d'un récepteur PDA. L'affaiblissement maximal admissible est de l'ordre d'environ 20 dB pour l'objectif de qualité retenu.
- Pour les liaisons HiFi, d'une diode DEL à l'émission et d'un récepteur APD. En effet, les lasers  compte tenu de leur bruit propre ne permettent pas de tenir l'objectif de qualité de 75 dB pondérés.
Tous les équipements actifs sont munis d'une amorce de fibre terminée par un connecteur.

Pour tous les composants actifs, deux sources ont été retenues après essais de qualification, ces sources étant essentiellement françaises.



Caractéristiques générales des équipements de transmission

Liaison visiophonique : dans les centres, le signal visiophonique traverse les équipements de commutation :
- Concentrateurs dans les centres secondaires.
- Cœur de chaîne dans le centre principal.

- Le concentrateur visiophonique dont chaque module assure la concentration de 384 lignes d'abonnés sur 16 circuits, est réalisé à partir de matrices élèmentaires à diode PIN, de dimension 8x8. Il est structuré en 2 étages et comporte à l'entrée, un amplificateur égalisateur compensant la distorsion apportée par le câble coaxial de station et, à la sortie, un amplificateur compensant l'affaiblissement du réseau de connexion.

- Le cœur de chaîne visiophonique, sans blocage au sens strict, réalisé avec les mêmes matrices de base que le concentrateur, est structuré en 5 étages (réseau de Clos). Il comporte à l'entrée un amplificateur-égalisateur et à la sortie un amplificateur compensant l'affaiblissement du réseau de connexion.

- La chaîne de transmission dans le réseau de connexion visiophonique doit offrir un rapport signal à bruit pondéré ramené en vidéo supérieur à 63 dB, toutes causes confondues.

Liaison télévisuelle : dans les centres, le signal de télévision traverse des amplificateurs distributeurs et des sélecteurs.
   
- Les programme de télévision sont multiplexés par groupe de 5 dans la bande 140-300 MHz au niveau des centres secondaires, et distribués aux sélecteurs.

- Les sélecteurs de programmes TV délivrent un signal autour de 50 MHz (TV1) ou autour de 80 MHz (TV2). Ces sélecteurs de type spatio-fréquentiels assurent la sélection d'un groupe de 5 programmes parmi 3 sous-groupes (extensibles à 6) et d'un programme parmi 5 dans le sous-groupe. Les programmes TV2 et HiFi sélectionnés sont regroupés à la sortie du sélecteur TV1 à l'aide d'un coupleur. L'affectation des services TV2 et HiFi est faite au niveau d'un répartiteur.

L'ensemble de ces équipements doit offrir un rapport signal à bruit pondéré ramené en vidéo supérieur à 61 dB toutes causes confondues.

vivien

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Conclusion

Les études de ce système ont commencé à la fin de l'année 1980, les premiers câbles optiques du réseau ont été mis en place en juin 1982.

Les premiers abonnés au système ont été raccordés en juillet 1983.

L'inauguration officielle, mettant en oeuvre une liaison visiophonique entre le palais de l'Élysée à Paris et un terminal à Biarritz, a eu lieu le 21 mai 1984, par le Président François Mitterrand et le Ministre des PTT, Louis Mexandeau.

Note : Le visiophone placé à Paris, au Palais de l'Élysée, avait son image transmise par faisceau hertzien à Biarritz ( et en secours par satellite). Certaines modifications avaient dues être faites pour se raccorder au réseau par cette voie

Les technologies utilisées pour la réalisation du réseau (fibres, câbles, connecteurs, épissures, composants optiques actifs, points de commutation à large bande...) ont montré les capacités de l'industrie française des télécommunications.

Pendant les dix années de l'expérimentation, outre la visiophonie, des services tels que la vidéo à la demande, des programmes interactifs de télévision, etc. ont pu être évalués.

Ce réseau, il y a vingt ans, montrait la faisabilité technique du FTTH, et les efforts à faire pour aboutir à un coût permettant un déploiement à grande échelle de ce concept FTTH.

PON PON

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Superbe ce retour dans le temps , à la belle époque des PTT

Mais à l'époque , les câbles à fibres Optiques coûtaient un bras , les fusions prenaient des heures , le repérage des couleurs n'existaient pas ou peu, 2 fibres colorés pour indiquer le sens
Les connecteurs étaient collés , le vieillissement des résines de collages inconnues

Un projet identique avait eu lieu  sur les communes de Sèvres Saint Cloud Suresnes . les 3SS , des boites d'épissurages énormes
les rayons de courbures des fibres de l'époque étaient énormes .

Promenez vous dans la ville Suresnes et vous verrez des reliques du passé.

Amon-Ra

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FTTH il y a 30 ans en France : première expérience FTTH à Biarritz (64)
« Réponse #8 le: 27 novembre 2012 à 22:56:23 »
je viens de tomber sur ce site regroupant ce projet :
http://www.sevres.com/3S/ntl.html

Juin 2005 : UPC/Noos décide enfin de numériser le réseau avec ses fibres optiques. Pour cela, ils veulent commencer par une "expérimentation" (pourtant la technique E-PON existe et marche très bien, voyez le réseau de Milan) sur une partie du réseau 3S.

vivien

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FTTH il y a 30 ans en France : première expérience FTTH à Biarritz (64)
« Réponse #9 le: 28 novembre 2012 à 08:41:10 »
Oui, Noos a lancé en octobre 2005 un test FTTH sur une centaine de bêta testeurs localisé sur Sèvres (92)
Il s'agit d'un vrai FTTH et non du FTTLA. L'offre comprend Internet (100 Mb/s symétrique sans aucun quota) + TV, le tout gratuit pendant le bêta test.

=> Expérimentation Numéricable FTTH : 100 Mb/s symétrique sur une Sagem F@st 3190w

mduchesn

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FTTH il y a 30 ans en France : première expérience FTTH à Biarritz (64)
« Réponse #10 le: 06 juillet 2016 à 09:56:49 »
Merci Léon. C'est dommage que les images soit casées sur le site d'André Socard, qui a rédigé cet article.

Voici la retranscription du récit d'André Socard avec les images récupérées avec archive.org :

Pour information, André Socard a contribué (très activement) à la rédaction des spécifications techniques et cahiers des charges sur le Vertical FTTH de la DSP92 (2009-2010).

mduchesn

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FTTH il y a 30 ans en France : première expérience FTTH à Biarritz (64)
« Réponse #11 le: 06 juillet 2016 à 10:02:37 »
Épissures et connecteurs
Les élèments à 10 fibres sont raccordés en ligne par une épissure collective qui permet en un seul cycle d'opérations de raccorder les 10 fibres de l'élèment.

Les premières idées sont toujours les bonnes. Hélas, 30 après, les techs passent un temps fou à souder 720 fibres ou plus une par une...
Merci qui ? Je vous laisse deviner. C'est le même (opérateur) qui a flingué le bornier optique pour le Vertical FTTH.

 

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