Auteur Sujet: Bénin: Fin de la neutralité. Internet vers les services OTT est lourdement taxé  (Lu 3688 fois)

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vivien

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Au Bénin, le gouvernement impose la fin de la neutralité en taxant les clients qui utilisent Youtube, Whatsapp, Facebook, Skype ou Viber !

Edit : voici l'offre de Moov Bénin




Une offre Internet au Bénin de 2 gigaoctet coute 4 000 francs CFA [environ 6 euros] pour l’offre Internet sans réseaux sociaux / Youtube. Si le client souhaite accéder aux réseaux sociaux / Youtube, il dois payer quatre fois plus cher : 15 000 francs CFA [environ 23 euros] toujours pour 2Go. Bref, le Bénin impose la fin de la neutralité aux opérateurs.

Le ministre de l’Économie et des Finances du Bénin, justifie la chose: "Si vous êtes ingénieur et avez besoin de faire tourner des modèles, de faire de la recherche, le coût n’a pas changé. Le coût change pour les réseaux sociaux et les usages ludiques. Vous téléchargez de la musique, un film, vous faites des transferts d’images Whatsapp qui critiquent le gouvernement et qui critiquent vos amis, libre à vous de le faire, mais vous payez le prix qui est légèrement plus fort".

(cliquez sur la miniature ci-dessous - le document est au format PDF)


Extrait :



Mobilisation :






#TaxePasMesMo



Une vive protestation existe sur twitter avec le hashtag #TaxePasMesMo. Je vous invite a aller y faire un tour et relayer l'information même si vous n'êtes pas concerné, car de plus en plus de pays sont en train de littéralement détruire Internet.


#TaxePasMesMo propose aussi de se désabonner des comptes Facebook / Twitter de la présidence de la République du Bénin :



vivien

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Voici un article complet de France24 rédigé par Hermann BOKO :

Comme dans d'autres pays africains, au Bénin, il faudra payer cher pour se connecter à Facebook

Le Bénin, comme plusieurs autres pays africains avant lui, vient d’introduire une taxe sur l’utilisation des réseaux sociaux comme Facebook ou Whatsapp. Désormais l’accès des internautes à ces services coûtera beaucoup plus cher.

L’accès à Facebook ou à Whatsapp devrait coûter de plus en plus cher au Bénin. Selon un décret daté du 25 juillet mais rendu public fin août, le gouvernement a décidé de l’imposition d’une taxe de 5 francs CFA [soit 0,007 centimes d'euros] par mégaoctet pour l’accès aux services over-the-top (OTT).

Les services OTT ou services de contournement en français, sont l’ensemble des services qui permettent de transporter des flux audio, vidéo ou des données Internet sans l’intervention d’un opérateur de téléphonie traditionnel. Il s’agit de sites d’échanges utlisant la technologie VoIP (Voix sur IP) comme Whatsapp, Facebook, Skype, Viber, mais aussi de Youtube.

Cette nouvelle taxe sur les offres Internet des deux opérateurs de téléphonie mobile du pays (le sud-africain MTN et Moov, filiale du groupe émirati Etisalat) sera recueillie par ces derniers et reversé à l’État. Selon le gouvernement béninois, la mesure vise à compenser les pertes financières des entreprises de télécommunication face à l’essor en Afrique des plateformes d’échanges qui concurrencent désormais les services traditionnels voix et SMS des opérateurs. "Nous sommes dans un modèle où la valeur du secteur chute. Les entreprises du Télécom perdent de l’argent, l’État perd de l’argent", a justifié le ministre béninois de l'Économie et des Finances, Romual Wadagni.


Internet à deux vitesses

Mais cette nouvelle disposition a provoqué une levée de boucliers dans le rang des associations de la société civile et suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux. Surtout à l’annonce des nouveaux tarifs de l’opérateur de téléphonie Moov validés par l’Autorité de régulation des communications électroniques (Arcep). À titre d’exemple l’offre Internet avec réseaux sociaux de 2 gigaoctet coûterait 15 000 francs CFA [environ 23 euros] contre 4 000 francs CFA [environ 6 euros] pour l’offre Internet sans réseaux sociaux. En clair, un Internet à deux vitesses.

"Nous sommes contre cette mesure du gouvernement qui va exclure du marché de l’accès à Internet et aux réseaux sociaux des personnes qui n’ont pas les moyens de payer des tarifs aussi chers", a affirmé Franck Kouyami président du Forum sur la gouvernance de l'Internet (FGI) au Bénin et porte-parole d'un regroupement d’associations de la société civile, contacté par France 24. Il ajoute : "cette mesure va à l’encontre du sacro-saint principe de la neutralité du Net [qui oblige les opérateurs à proposer des formules tarifaires indifférenciées pour l’accès à l’ensemble des flux de données Internet]".

Une campagne de boycott des pages institutionnelles du gouvernement béninois sur Facebook et Twitter avec le hashtag #TaxePasMesMo a été lancée pour dénoncer la mesure jugée liberticide par Amnesty International : "Amnesty International s’inquiète de la restriction de la liberté d’expression qui est orchestrée par le biais de ce décret", a déclaré Amnesty Bénin sur son compte twitter.


Le Bénin, après l’Ouganda et la Zambie

Ce n’est pas la première fois qu’un pays africain décide de taxer l’accès aux réseaux sociaux. En avril, l’Ouganda a instauré une taxe sur les applications Over-the-top pour lutter contre les comérages. Entrée en vigueur en juillet, elle oblige le consommateur à s’acquitter d’une somme de 0,05 dollars [soit 0,043 eurocents] par jour ou 1,56 dollars [soit 1,35 eurocents] par mois pour accéder aux réseaux sociaux. Mais le mouvement de protestation des organisations de défense des consommateurs n’a pu faire fléchir le gouvernement.

Pareil aussi en Zambie où le gouvernement a décidé d’introduire une taxe quotidienne d’un peu moins de 3 centimes d’euros sur les appels téléphoniques via Internet. Avec pour argumentaire la protection des entreprises de télécommunications classiques.

Au Sénégal, l’article 27 du nouveau projet de code de télécommunications validé en juin 2018 par le conseil des ministres cristalise aussi l’attention. Il stipule entre autres que "l’Autorité de régulation peut autoriser ou imposer toute mesure de gestion du trafic qu’elle juge utile pour, notamment préserver la concurrence dans le secteur des communications électroniques et veiller au traitement équitable de services similaires".


"Des images qui critiquent le gouvernement"

Voulant taire la polémique au Bénin, le ministre de l’Économie et des Finances, a affirmé lors d’un forum sur l’investissement, un peu maladroitement "[qu']il n’a[vait] pas été question d’augmenter le coût de la connectivité. Si vous êtes ingénieur et avez besoin de faire tourner des modèles, de faire de la recherche, le coût n’a pas changé. Le coût change pour les réseaux sociaux et [les] usages ludiques. Vous téléchargez de la musique, un film, vous faites des transferts d’images Whatsapp qui critiquent le gouvernement et qui critiquent vos amis, libre à vous de le faire, mais vous payez le prix qui est légèrement plus fort".

Mais pour Franck Kouyami du Forum sur la gouvernance d'Internet, la solution n’est pas d’imposer des taxes sur les usages des réseaux sociaux. "C'est aux opérateurs de téléphonie mobile de s’adapter aux révolutions technologiques. Les grands pays ont laissé les entreprises s’adapter et innover. On a vu apparaître les forfaits de communication qui permettent de téléphoner de façon illlimitée", ajoutant "il y a beaucoup de communautés qui sont arrivées par les réseaux sociaux. Il y a de jeunes entreprises numériques qui se servent des réseaux sociaux, de la communication digitale pour toucher un large public. Il y a des blogueurs, des innovateurs qui sans les réseaux sociaux ne seraient jamais sortis de l’ombre pour se faire connaître. C’est tuer tout cela que d’imposer une taxe sur les services OTT".

Sur France 24, jeudi 6 septembre, Marie-Cécile Zinsou, présidente de la fondation d’art contemporain Zinsou, a aussi dénoncé la mesure gouvernementale. "On se retrouve dans une situation absurde, taxer Internet c'est une façon de dire à la jeunesse africaine qu'elle n'a aucune chance."

Pourtant arrivé au pouvoir en avril 2016, Patrice Talon s’est engagé à assainir le secteur des télécoms, à développer l’économie numérique en réduisant les coûts d’accès à Internet à travers son Programme d’action gouvernemental évalué à 9 000 milliards de Francs CFA [soit 13,7 milliards d'euros]. Avec l’instauration de ces nouvelles dispositions, il s’éloigne bien de cette promesse.


Source : France24, publié le 9 septembre 2018 par Hermann BOKO

vivien

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Campagne d'Amnesty International Benin :

   

   

   




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Bénin : une campagne de protestation contre la taxation des réseaux sociaux

(CIO Mag) – Au Bénin, des internautes ont lancé une campagne de protestation contre la taxation de l’utilisation des réseaux sociaux. Le hashtag #TaxePasMesMO, pour dire « ne taxe pas mes méga » devient virale, appelant les Béninois à se désabonner massivement des comptes et réseaux sociaux des officiels du gouvernement. Une campagne pour exprimer leur mécontentement vis-à-vis du décret n°2018-341 du 25 juillet 2018 créant une contribution de 5% sur le montant hors taxe des communications (voix, sms, Internet) et une taxe de 5F CFA par méga-octet consommé par l’utilisateur des services Facebook, Whatsapp, Twitter, Viber, Telegram, etc. Les internautes béninois sont invités sur les réseaux sociaux à se désabonner et à poster des captures d’écran où on peut lire « je n’aime plus cette page » ; « désabonner », etc.

Une restriction de la liberté d’expression

L’association béninoise des web activistes « dénonce une entrave considérable à la liberté d’expression ». Le décret n°2018-341 du 25 juillet 2018 « empiète sur la volonté du gouvernement de faire de l’Economie numérique un pilier essentiel de la relance économique », souligne un communiqué rendu public jeudi. Depuis le 28 août, Reporter Sans Frontière est monté au créneau, dénonçant elle aussi « des entraves à la libre expression » et fait observer que la mesure « contredit l’ambition du gouvernement béninois de faire de l’économie numérique un des secteurs stratégiques pour la relance économique ».

Reporter Sans frontière rappelle que le coût d’accès à Internet est déjà très élevé au Bénin (1Gb de connexion mobile valable pour 1 mois coûte environ 11 euros, selon RSF) ; la population connectée est estimée à 625.333 (selon une étude de Internet Live Stats, en janvier 2017).

Le décret pris par Patrice Talon enjoint aux opérateurs télécoms de prélever les taxes et de les reverser au Trésor public. Reporter Sans Frontière dit comprendre la volonté du gouvernement à faire participer tous les acteurs du numérique au financement du développement du secteur. « Mais faire peser le poids de ce financement sur les épaules des utilisateurs est un choix injuste qui viole la liberté d’expression et menace l’accès de tous à un internet libre et ouvert », a martelé le coordonnateur Afrique de l’Ouest de Reporter Sans Frontière, Qémal Affagnon.


Source : CIO Mag, le 2 septembre 2018 par Souleyman Tobias



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Taxe sur les réseaux sociaux : l’ARCEP Bénin justifie la mesure du gouvernement


Hervé Coovi Guedegbe, Secrétaire Exécutif de l'ARCEP-Bénin


(CIO Mag) – Face à la grogne que suscite le décret portant taxation des réseaux sociaux au Bénin, l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (ARCEP-BENIN) justifie la mesure prise par le gouvernement à travers le décret 218-341 du 25 juillet 2018. Le Secrétaire Exécutif de l’ARCEP-Bénin, Hervé Coovi Guedegbe, interrogé par Océan Fm, a expliqué qu’il s’agit « d’une politique pour l’efficacité et la durabilité du secteur ». Dans cette interview reprise sur son site, l’ARCEP-Bénin rappelle d’abord que le décret aujourd’hui contesté n’est pas aussi nouveau que l’on l’imagine.

« Qu’il vous souvienne qu’en 2015, le gouvernement d’alors s’est vu obligé de mettre en place une fiscalité sur les communications GSM à l’époque. Je vais vous donner quelques chiffres. Sur les appels internationaux il y avait 53 FCFA et sur les appels nationaux, c’était 5FCFA la minute », a déclaré M. Guedegbe. Il ajoute que la mesure avait été suspendue avec le gouvernement Talon afin de réfléchir à une nouvelle stratégie. D’où le décret 218-341 du 25 juillet 2018. « Aujourd’hui, nous avons une contribution de 5% ; ce qui fait vraiment une réduction par rapport à ces taxes qui étaient en cours en 2015 qui étaient de 5 FCFA la minute. La minute étant à l’époque à 50 FCFA. Donc cette contribution a été divisée par 2, par 3 aujourd’hui », explique-t-il.

A en croire le Secrétaire Exécutif de l’ARCEP-Bénin, la politique de taxation des réseaux sociaux ne devrait pas entraver la liberté d’expression et de communication des internautes béninois. « Le style de consommation des Béninois va rester tel », martèle Hervé Coovi Guedegbe. Se voulant rassurant, il ajoute que « le régulateur a déjà travaillé à ce que les effets de cette règlementation ne puissent pas être préjudiciables à la consommation des services de communications électroniques au Bénin ».

Aussi soutient-il que le gouvernement béninois n’est pas en contradiction avec ses intentions de développer l’économie numérique, bien au contraire. « Il s’agit d’une contribution. Parce que, notre secteur nécessite beaucoup d’investissement et pour le faire, à des moments donnés, il faut la contribution des acteurs. Ce n’est pas une nouvelle charge en soi », insiste le S.E de l’ARCEP-Bénin.

Son pays, dit-il, n’a pas fait le choix de museler les réseaux sociaux mais de trouver des financements pour encourager l’investissement des opérateurs dans les infrastructures. C’est pourquoi, soutient-il : « Quand on parle de la fracture numérique, c’est le renouvèlement des investissements, c’est aussi permettre à ceux qui, aujourd’hui n’ont pas accès au service internet d’en avoir accès demain. Et pour cela, si le service internet est gratuit pour eux d’aujourd’hui, on ne saurait investir pour ceux qui n’ont pas encore accès à ces technologies. »

Ce que défend l’ARCEP-Bénin, c’est que « la gratuité ne pourrait permettre à terme de continuer d’investir dans les réseaux », a en croire son Secrétaire Exécutif. Mais en attendant, sur les réseaux sociaux, une campagne de protestation est en cours pour obliger le gouvernement à revoir la copie de ce décret dont « la mise en application court de la date de signature, c’est-à-dire le 25 juillet 2018 », selon le régulateur béninois.


Source : CIO Mag le 3 septembre 2018 par Souleyman Tobias

alegui

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C'est regrettable.
Sinon, j'aime beaucoup cette phrase :Qu’il vous souvienne qu’en 2015, le gouvernement d’alors s’est vu obligé de mettre en place une fiscalité sur les communications GSM à l’époque. associée à l'argumentaire sur l'investissement dans les réseaux. Comme si une telle taxe permettait d'améliorer des réseaux gérés par le privé, et comme s'il n'existait pas des moyens permettant, eux, de le faire  ::)
Par contre, les VPN sont-ils touchés par cette taxe ?

tomfibre

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Tient d’ailleurs, si on se tente de se connecter a un site taxé sans payer, il s’affiche quoi?

kgersen

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on a des détails sur la mise en oeuvre ? Je serais curieux de voir comment ils font cela...


vivien

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Cela pourrait être fait par du Deep packet inspection qui regarde le nom de domaine. Le plus simple est probablement de bloquer les AS, mais il y un gros risque de sur-blocage concernant Youtube (bloquer l'AS de Youtube bloque Google et les services google play, c'est quand même un sacré effet de bord)

Sinon, les internautes ont été créatifs














vivien

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kgersen

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Bénin: Fin de la neutralité. Internet vers les services OTT est lourdement taxé
« Réponse #10 le: 10 septembre 2018 à 21:27:43 »
Cela pourrait être fait par du Deep packet inspection qui regarde le nom de domaine. Le plus simple est probablement de bloquer les AS, mais il y un gros risque de sur-blocage concernant Youtube (bloquer l'AS de Youtube bloque Google et les services google play, c'est quand même un sacré effet de bord)

DPI j'en doute,tout est chiffré de nos jours.

Le but est pas de bloquer mais taxer les Mo issue de l'OTT.
Ca veut dire un compteur de 'consommation OTT' par client: le plus simple c'est de le faire en fonction de l'IP source. Facilement contournable via VPN sauf si le systeme est concu a l'envers: on compte tout par défaut dans l'OTT sauf ce qui est explicitement whitelisté ...

vivien

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Bénin: Fin de la neutralité. Internet vers les services OTT est lourdement taxé
« Réponse #11 le: 10 septembre 2018 à 21:39:48 »
3 solutions en DPI :
- A partit du certificat TLS qui est en clair lors de la négociation TLS, sous réserve que TLS 1.3 ne soit pas utilisé
- Avec les requêtes DNS sous réserve que DOH (DNS over HTTPS) ne soit pas utilisé
- A partir du SNI Server Name Indication : fonctionne dans tous les cas, même avec TLS 1.3

Le DPI est en mesure de brider le débit, bloquer l’accès ou de compter les Mo pour taxer.


Bien sur le VPN permet de passer outre tous les bridages / taxes / Hadopi / ...

 

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