Auteur Sujet: L'état annonce migrer les postes de travail de Windows vers Linux  (Lu 2352 fois)

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vivien

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L'état annonce migrer les postes de travail de Windows vers Linux
« Réponse #24 le: 17 avril 2026 à 20:48:01 »
Ah, je retire ce que j'ai dit, proposer Microsoft Online, c'est effectivement pas proposé par les forks habituels d'OnlyOffice.

D'avoir un vrai Excel c'est important pour certains cas qui ont un usage avancé d'Excel.
Même moi, quand j'ai un graphique croisé dynamique pour investiguer sur des données, je n'utiliserais pas LibreOffice Calc. Excel est bien plus avancé sur ce point.

Par contre, pour d'autres usages, je préfère Calc, qui a des options cosmétiques que Excel n'a pas (Par exemple impossible de mettre un lien hypertexte sur un mot dans une cellule Excel - avec Excel 2019 je n'ai pas testé avec Excel 2024). C'est forcément toute la cellule, or j'ai des cas où j'ai besoin de mettre plusieurs liens dans une même cellule. Autre exemple : Le nom des onglets a de grosses limites avec Excel qui ne sont pas présentes avec Calc.

alf084

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L'état annonce migrer les postes de travail de Windows vers Linux
« Réponse #25 le: 17 avril 2026 à 20:56:09 »
Tu as tout à fait raison. Avoir un accès direct à Excel reste souvent indispensable. C'est là toute la force de leur écosystème, tu as en permanence le choix d'ouvrir et d'éditer tes documents avec OnlyOffice ou Microsoft Excel directement dans le navigateur.

vivien

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L'état annonce migrer les postes de travail de Windows vers Linux
« Réponse #26 le: 17 avril 2026 à 23:39:41 »
J'ai rajouté Ksuite au tableau, c'est vraiment un très bon rapport qualité prix pour une suite dans le cloud. Quand je compare les prix à d'autres solutions basées sur OnlyOffice, ce n'est vraiment pas cher surtout qu'il y a en plus Microsoft Office Online intégré.

En plus la première année est à -50% (cela n'apparaît pas dans mon tableau, je ne prends pas en compte les promotions) et je pense que pour 1000 utilisateurs, il est possible de négocier un tarif bien inférieur au tarif que je mentionne qui se limite à 300 utilisateurs max. Malheureusement, je n'ai pas eu le tarif pour 1000 utilisateurs, il faut passer par un commercial.

alf084

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Petite précision concernant la ligne « édition de documents sur smartphone » du tableau, l'application kDrive (Android/iOS) intègre un éditeur permettant de modifier les documents Word, Excel et PowerPoint directement, sans application tierce.

Il me semble l'avoir lu dans leur documentation (même si je ne retrouve plus le lien), mais si tu veux un client local, il suffit de télécharger OnlyOffice qui synchronisera les documents avec le cloud via kDrive.

Oui, c’est vrai que c’est très compétitif, tu as des formules gratuites avec 20 Go de stockage, et tu as même une version avec 1 To de stockage à 1,58 euro/mois hors promo, incluant une adresse mail gratuite (@etik.com, @ik.me ou @ikmail.com) pour les autres formules le client utilise son propre domaine.

vivien

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Merci pour les explications, cela change pas mal les choses.

Voici le lien pour intégrer kDrive dans les applicatifs OnlyOffice : https://helpcenter.onlyoffice.com/fr/workspace/administration/connect-kdrive.aspx

J'ai adapté le tableau et j'ai changé le calcul en prenant une base de 300 utilisateurs. Cela ne change rien, sauf pour Office LTSC 2024 + MS SharePoint On-Premises, car il y a pour cette solution des frais de licences fixes + par utilisateur. Le prix donc monte un peu.




Le calcul réalisé pour Office LTSC 2024 + MS SharePoint On-Premises :



Pour les collectivités locales, ce n'est pas le DINUM qui gère, mais l'ANCT : https://suiteterritoriale.anct.gouv.fr/

alf084

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Merci Vivien pour le lien ! Je ne cherchais effectivement pas sur le bon site. La colonne d'Infomaniak passe quasiment tout au vert dans le tableau. Tu devrais te créer un compte gratuit pour tester leur écosystème par toi-même :)

AquaQua

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Et pendant ce temps-là, l'Éducation nationale vient de reconduire son contrat de 152 millions avec Microsoft jusqu'en 2029.

L’Éducation nationale prolonge son contrat avec Microsoft en dépit des risques, et de ses propres consignes
Le ministère, tout comme l’État, recommande de ne plus utiliser les services du géant informatique états-unien. Les risques de dépendance, de pression et d’espionnage de données sont de plus en plus élevés. Pourtant, l’Éducation nationale a renouvelé le contrat jusqu’en 2029.

Source: https://www.mediapart.fr/journal/france/070326/l-education-nationale-prolonge-son-contrat-avec-microsoft-en-depit-des-risques-et-de-ses-propres-consignes


Rien de surprenant, le monde éducatif/non-profit a des remises énormes sur les licences, l'éducation nationale ça doit être encore plus généreux. Quand on est dans l'écosystème c'est compliqué d'en sortir, je parle pas du pack Office qui est juste la partie émergée de l'iceberg (et puis, on a de plus en plus des logiciels métiers pour faire tout et n'importe quoi).
-> Azure AD / Autopilot / RMM / MDM, rien que ça qui est inclus sur des licences peu onéreuse par rapport au coût de la main d'oeuvre en France c'est impossible à remplacer aujourd'hui.
Il fallait que l'état se réveille il y a 10 ans lorsque Microsoft a lancé sa stratégie O365 for businesses, c'est trop peu et trop tard. J'ai jeté un oeil aux "rencontres du numériques", bien évidemment tout se déroule à Paris sans penser à inclure les petites/moyennes ESN (ceux qui font tourner la plupart des SI en France dont énormément de collectivités/mairies); Aucune chance que ça se généralise donc pour le moment.

Ceci étant, choix intéressant de distribution linux (NixOS -> OS reproductible)

vivien

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On parle d'un accord entre l’Éducation nationale et Microsoft reconduit en mars 2025.

La situation s'est bien dégradée depuis (ex: en mai 2025, Microsoft a supprimé le compte e-mail du procureur de la Cour pénale internationale suite à des pressions de l’administration Trump, on peut aussi parler de la détérioration de la relation avec les USA sur de nombreux points).

Cela a abouti à début 2026 la volonté de sortir des dépendances extra-européennes à très haut niveau (premier ministre).

Quand un accord-cadre avec Microsoft expire, il n'y a pas d'autres possibilités que de le reconduire ou de payer très cher les logiciels installés (prix public).

Pour sortir d'un accord-cadre, il faut lancer plusieurs années avant son expiration un projet de migration. Il faut déterminer l'environnement logiciel, faire des tests auprès de certains éléments, tester les procédures de migration, de formation,... tout cela prend des années avant de pouvoir sortir de l'accord-cadre.

J'espère de tous mes vœux que l'éducation nationale va lancer ce programme de migration, mais c'est sûr quand dans les prochaines années, il faut continuer de payer Microsoft pour ne pas tout casser.

La solutioni mis en avant par la DINUM "LaSuite" est vraiment récente. Le produit est jeune, mais il y a une réélle volonté de pousser le secteur public dessus (La DINUM organise des webinaire pour convaincre les acteurs toutes les semaines), mais cela va prendre du temps.

AquaQua

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L'espionnage industriel / espionnage tout court entre "alliés" c'est connu depuis très longtemps, ça a jamais motivé personne en France à s'affranchir des solutions américaines.
Petite parenthèse mais la politique américaine envers l'Europe est la même depuis 15 ans (pivot vers l'asie, 2011), avec le dernier locataire de la maison blanche c'est juste la forme qui a changé, est-ce la forme plutôt que le fond qui dérange nos décideurs ?  ;D

vivien

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On est quand même allé à un niveau jamais vu sur le Groenland.

Pour revenir au sujet :

1/ Si vous souhaitez tester gratuitement OlyOffice dans un navigateur web, je vous conseille l'offre gratuite de Ksuite (infomaniak), qui intègre aussi :
- 1 adresse mail gratuite @etik.com, @ik.me ou @ikmail.com (avec chiffrement des e-mails)
- 20 Go de stockage pour les e-mails
- 15 Go de stockage Cloud pour les photos et fichiers
https://www.infomaniak.com/fr/ksuite/myksuite/tarifs

2/ Si vous souhaitez tester la technologie Collabora Online (Libre Office dans un navigateur web), je vous conseille l'offre gratuite de Shadow, qui permet 20 Go de stockage Cloud pour les photos et fichiers.
https://shadow.tech/fr/drive/offers/

3/ Enfin, il y a une autre technologie distincte, qui permet du chiffrement de bout en bout : Proton Drive n'utilise ni Collabora ni OnlyOffice. Pour tester leur offre gratuite qui permet 5 Go de stockage cloud chiffré pour vos fichiers, photos et documents et l'édition de documents et de feuilles de calcul en ligne.
https://proton.me/fr/drive/pricing
Avec Collabora/OnlyOffice, même si la connexion est sécurisée, le serveur sur lequel le document est ouvert possède techniquement la clé pour lire votre texte. Proton a dû reconstruire un éditeur capable de fonctionner alors que les données sont chiffrées de bout en bout. Cela signifie que lorsque vous tapez une lettre, elle est chiffrée sur votre ordinateur avant d'être envoyée au serveur.

Edit : Proton Drive rajouté dans mon tableau comparatif.

vivien

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L'état annonce migrer les postes de travail de Windows vers Linux
« Réponse #34 le: Aujourd'hui à 12:45:01 »
Analyse du pseudo "Souverain" sur LinkdIn le 17 avril 2026.

En résumé :
1. Pour lui, le communiqué de presse de la DINUM, c'est le signal du passage du discours à l'exécution
2. Le défi est humain avant d'être technique
3. Pour réussir cette transition, il faut rompre avec les méthodes de recrutement conventionnelles

Souveraineté numérique : le vrai défi a déjà commencé

Depuis quelques mois, la souveraineté numérique a changé de statut.

Elle n’est plus un sujet de spécialistes. Elle devient un sujet politique, industriel, stratégique. Et, très concrètement, un sujet de marché.

Le signal envoyé par l’État ces dernières semaines est clair. Avec la Direction interministérielle du numérique (DINUM), nous ne sommes plus seulement dans le diagnostic ou dans le commentaire : nous entrons dans une logique d’exécution, avec une volonté assumée de réduction des dépendances extra-européennes, y compris sur le poste de travail, les outils collaboratifs, les bases de données, la virtualisation, l’IA ou encore les équipements réseau.

Ce signal n’a pas créé un nouveau marché : il vient rebattre les cartes d’un secteur jusqu’alors capté en grande partie par quelques acteurs dominants. Et il agit comme le véritable coup d’envoi d’une dynamique déjà sous tension, qui n’attendait qu’une décision officielle pour accélérer.

Autrement dit : nous venons peut-être de basculer du débat vers l'action.

Et quand une opportunité de cette ampleur se présente, il faut regarder les choses avec lucidité : ce ne sont pas seulement des logiciels et autres solutions techniques qu’il faudra déployer, ce sont des équipes qu’il faudra recruter, des organisations qu’il faudra adapter, des agents et des salariés qu’il faudra former, des décideurs qu’il faudra sécuriser et des usages qu’il faudra accompagner.

Le vrai marché qui se dessine n’est donc pas seulement technologique. C’est un marché de la transformation.

Nicolas Vivant a raison de pointer l’angle mort du débat : on parle beaucoup des outils, des budgets, des doctrines, mais pas assez des humains qui rendront cette bascule possible.

Adrien de Linuxtricks le rappelle d’ailleurs très bien dans l’une de ses dernières vidéos :
Passer au logiciel libre et sous GNU Linux, c'est un projet de transformation humaine avant tout, avant d'être technique parce qu'il va falloir former, accompagner et cela a aussi un coût en gestion de projet et en ressources, mais ce sera un coût qui sera amorti sur le long terme. Et cette fois le contexte est différent : entre les tensions géopolitiques mondiales. Rappelez-vous le rachat du Groenland ... Et la maturité des solutions open source en 2026. Franchement, on n'a plus d'excuses. La France montre l'exemple dans la lignée du Danemark et de l'Allemagne. Et j'ai aussi hâte de voir comment les autres pays européens vont réagir.

Et c’est précisément pour cela que la question des compétences, du recrutement, de l’acculturation et de l’accompagnement devient centrale.

En "off", beaucoup de directions des systèmes d'information, de professionnels des ressources humaines et d’acteurs du secteur commencent déjà à le dire à demi-mot : la demande arrive, et elle arrive vite.

C’est une excellente nouvelle pour la migration vers des solutions plus souveraines, et c’est un signal fort pour l’emploi. Mais cela veut aussi dire qu’il va falloir garder la tête froide.

Car si nous attendons que tous les besoins remontent en même temps, nous créerons nous-mêmes la saturation que nous redoutons : tension sur les recrutements, fuite des talents, hausse des coûts, négociations salariales plus dures, budgets fragilisés, projets ralentis, et parfois, projets abandonnés.

Les signaux RH ne trompent pas. Les cabinets spécialisés décrivent déjà une forte tension sur les profils critiques : cybersécurité, cloud, pilotage, transformation, compétences rares. En clair : le marché comprend déjà que quelque chose est en train de s’ouvrir.

Le constat rejoint d’ailleurs celui du World Economic Forum : les services IT seront le principal moteur de croissance mondiale jusqu’en 2030, mais cette dynamique ne tiendra pas sans investissement massif dans le capital humain. Formation et reconversion y sont présentées comme un choix “sans regret”, c’est-à-dire une priorité rentable dans tous les scénarios macroéconomiques. Le paradoxe, c’est que ces investissements restent encore trop faibles par rapport aux besoins.

Cela veut dire qu’il faut agir maintenant.

Former en interne. Sortir des circuits de recrutement habituels. Prendre au sérieux les reconversions. Élargir le réservoir de talents. Repérer les profils atypiques. Faire de la place aux curieux, aux passionnés, à ceux qui apprennent vite. Redonner aussi toute leur valeur aux seniors, à leur expérience, à leur capacité de transmission, de stabilisation et d’accélération.

Le sujet n’est pas seulement de recruter des experts déjà prêts. Le sujet est de construire assez tôt les compétences qui permettront d’éviter le goulot d’étranglement.

Et cela suppose aussi de revoir les politiques RH. Plus de souplesse. Plus d’agilité. Plus d’ouverture d’esprit. Car ce type de bascule ne se pilote pas en utilisant les méthodes habituelles et une appréciation trop conventionnelle des parcours. La situation et la demande sont exceptionnelles.

Comme toujours lorsqu’un marché change, ne soyons pas dupes : il attirera aussi son lot de faux experts et de spécialistes autoproclamés de la souveraineté numérique, de la transformation et de la conduite du changement depuis plus de 50 ans... Vous les verrez arriver de loin. Ceux qui parleront beaucoup de doctrine, mais peu de déploiement réel, de migration, de support, de formation, d’adhésion utilisateur. Le trait est volontairement forcé, mais à peine.

Dans la période qui s’ouvre, la crédibilité comptera autant que l’expertise. Peut-être même davantage.

Et justement, ce marché ne concerne pas seulement les métiers que nous connaissons déjà. Il va aussi faire émerger de nouvelles fonctions.

Chargé de mission accompagnement au changement. Consultant en conduite du changement. Chef de projet d’accompagnement au changement. Formateurs. Profils hybrides entre technique, organisation et acculturation. Mais aussi les métiers de la communication et du marketing, qui devront eux aussi bâtir un nouveau récit : car au fond, c’est une autre histoire collective qu’il va falloir apprendre à raconter et à transmettre. Et demain, des rôles plus transversaux encore.

Tariq Krim évoque même une nouvelle fonction pour qualifier cette évolution, avec la figure du Chief Resiliency Officer : un rôle transversal, pensé pour aider l’entreprise à adapter sa stratégie dans un environnement où la géopolitique, la cyber et les ruptures politiques imposent désormais des décisions hors du cadre habituel.

Il faut aussi comprendre quelque chose de stratégique : la souveraineté numérique est probablement la marche la plus accessible de notre autonomie stratégique.

Pourquoi ?

Parce qu’elle demande de la méthode, du recrutement, de la formation, de la coordination et des arbitrages. Mais elle exige beaucoup moins de capital matériel qu’une réindustrialisation lourde.

Migrer des outils, des environnements de travail, des briques logicielles, des infrastructures ou des chaînes de support n’a rien à voir, en intensité capitalistique, avec l’ouverture d’usines, l’achat de foncier, la construction d'usines, de hangars ou l’installation de chaînes industrielles.

Et pourtant, cette première marche favorise aussi les suivantes.

Pendant que l’Europe essaie de se réarmer sur les semi-conducteurs avec des projets comme ESMC à Dresde, la Smart Power Fab d’Infineon, FAMES à Grenoble, Space Forge au pays de Galles ou encore SILICON BOX en Italie, nous avons sur le logiciel, les services, la formation, les usages et l’accompagnement un terrain plus rapide à activer.

Mais c’est aussi à cet endroit que le raisonnement se complique : un paradoxe majeur apparaît.

Au moment même où la dynamique s’enclenche politiquement et stratégiquement, une autre variable commence à peser sur les budgets : la "techflation". Entre les guerres en cours, les tensions énergétiques, le prix du baril, les fragilités logistiques et les coûts de la chaîne technologique, recruter ne voudra pas seulement dire créer des postes. Cela voudra aussi dire équiper. Acheter du matériel. Déployer. Renouveler. Absorber une hausse possible des coûts au pire moment.

Voilà pourquoi il faut tant insister sur l’organisation.

Oui, c’est une opportunité majeure. Oui, le signal est bon. Oui, il y a un potentiel considérable à s'organiser dès maintenant. Oui, l’urgence actuelle peut débloquer des budgets et des décisions qui restaient gelés depuis des mois, parfois des années.

Mais cette opportunité ne se saisira pas dans l’improvisation.

Car si la demande monte plus vite que l’offre de compétences, si les coûts de recrutement et d’équipement montent en même temps, si les décideurs ont le sentiment que la migration vers des solutions souveraines devient trop chère ou trop lente, alors nous entrerons dans une bataille perdue d’avance.

Pourquoi ?

Parce qu’en face, les GAFAM et les grands hyperscalers disposent déjà de l’infrastructure, de l’échelle, des offres packagées et de la capacité à jouer sur les prix. Et si nos coûts montent trop vite, ils auront un argument très simple à opposer aux décideurs : rester dépendants coûtera moins cher, au moins à court terme.

C’est comme cela qu’une ambition stratégique peut retomber. Non pas faute de vision. Mais dans un arbitrage budgétaire.

Le risque est donc clair : si nous ne préparons pas sérieusement les recrutements, la formation interne, les viviers, les reconversions, les profils atypiques et les politiques RH, alors certains projets seront ralentis, d’autres réduits, et certains abandonnés.

Ce serait un échec majeur. Parce que nous sommes, pour une fois, proches d’une vraie possibilité d’action collective. Et ce moment que nous sommes actuellement en train de vivre ne revient pas tous les ans.

La question n’est plus de savoir s’il faut y aller. La vraie question est de savoir si nous allons nous organiser assez tôt pour éviter le goulot d’étranglement, absorber la demande, garder les coûts sous contrôle et transformer cet élan en capacité réelle.

Peut-être que notre plus grand défi n’est pas encore de faire. Peut-être qu’il est d’abord de nous organiser pour pouvoir faire.

Et comme l'indiquait récemment Cristina Caffarra dans un entretien accordé à Le Monde Informatique : "Il nous reste 3 ans pour agir sous peine de rester une colonie digitale des États-Unis."