Auteur Sujet: Grandir et vivre avec les réseaux sociaux : quels impacts sur la santé mentale ?  (Lu 25433 fois)

decalage et 5 Invités sur ce sujet

vivien

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Le Conseil constitutionnel a censuré aujourd'hui (14 aout 2026) l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans au nom de la liberté d’expression pour une non-conformité partielle

Le Conseil constitutionnel estime que cette disposition « porte une atteinte qui n’est pas adaptée, nécessaire et proportionnée » à la liberté d’expression et de communication des moins de 15 ans.

Le premier ministre (Sébastien Lecornu) est chargé par Emmanuel Macron de « travailler » à « une rédaction juridiquement robuste ». Tous les réseaux pourraient ne pas être interdits comme c'était le cas à un moment. Certains réseaux sociaux souhaitant faire des efforts afin de limiter les risques sur la santé mentale et la captation de l'attention (risques d'addiction) de même que l'exposition à des contenus toxiques.

On peut donner en exemple le réseau social https://www.bulle.media/ qui affiche en gros sur sa page "Chez Bulle, la haine n'est pas le carburant de nos algorithmes".

vivien

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Communiqué de presse du conseil constitutionnel

Statuant sur deux saisines parlementaires, le Conseil constitutionnel censure l’article 1er de la loi qui prévoyait d’interdire l’accès des mineurs de moins de 15 ans aux services de réseaux sociaux en ligne.

Tout en relevant que l’exigence constitutionnelle de protection de l’intérêt supérieur de l’enfant et l’objectif de valeur constitutionnelle de prévention des atteintes à l’ordre public sont de nature à justifier une limitation de la liberté d’accès de mineurs à ces services, le Conseil juge que les dispositions contestées, d’une part, portent une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression et de communication et, d’autre part, n’ont pas prévu les garanties légales propres à assurer le droit au respect de la vie privée.


Dans sa décision, le Conseil se fonde d’abord sur l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qui protège la liberté d’expression et de communication. Rappelant l’importance qu’ils ont prise pour la participation à la vie démocratique et l’expression des idées et des opinions, il rappelle qu’il en découle la liberté d’accéder aux services de communication au public en ligne et de s’y exprimer.

Après avoir rappelé que la « La loi fixe les règles concernant ... les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l’exercice des libertés publiques » en application de l’article 34 de la Constitution, le Conseil reproduit sa motivation de principe en la matière selon laquelle il est loisible au législateur d’instituer des dispositions destinées à faire cesser des abus de l’exercice de la liberté d’expression et de communication qui portent atteinte à l’ordre public et aux droits des tiers. « Cependant, [cette liberté] est d’autant plus précieuse que son exercice est une condition de la démocratie et l’une des garanties du respect des autres droits et libertés. Il s’ensuit que les atteintes portées à l’exercice de cette liberté doivent être nécessaires, adaptées et proportionnées à l’objectif poursuivi ».

À l’aune de ces exigences constitutionnelles, le Conseil relève qu’en adoptant cette loi, le législateur a souhaité protéger les mineurs les plus jeunes des risques que représentent pour eux certaines fonctionnalités des services de réseaux sociaux en ligne et qu’il a ainsi entendu mettre en œuvre l’exigence constitutionnelle de protection de l’intérêt supérieur de l’enfant et a poursuivi l’objectif de valeur constitutionnelle de prévention des atteintes à l’ordre public. Il juge que de tels objectifs sont de nature à justifier que le législateur limite la liberté d’accès de mineurs à ces services.

Toutefois, le Conseil juge que le législateur ne pouvait, sans méconnaître la liberté d’expression et de communication, instituer une interdiction de portée générale ayant pour effet de priver des mineurs de leur liberté d’accès à de nombreux services de communication en ligne, sans considération ni de la situation du mineur ni des risques propres à chacun de ces services.

À cet égard, il relève, en premier lieu, que l’interdiction instituée par la loi est susceptible de s’appliquer à des services de communication en ligne dont les risques pour la santé et la sécurité des mineurs ne sont pas établis. En effet, elle n’est soumise à aucune condition tenant aux fonctionnalités ou aux contenus proposés, aux dangers auxquels ils exposent et à l’insuffisance des protections dont ils sont assortis, et les exceptions prévues sont limitées.

Il observe, en second lieu, que l’interdiction prévue, applicable à l’ensemble des mineurs âgés de moins de quinze ans, ne donne lieu à aucune appréciation particulière du risque pour le mineur, tenant compte notamment de son âge, de son degré de maturité et de sa situation familiale. À cet égard, la loi ne prévoit pas les conditions dans lesquelles les titulaires de l’autorité parentale peuvent, dans l’intérêt de l’enfant, décider de lever l’interdiction, d’en limiter la portée ou d’autoriser l’accès à certains services.

Dès lors, le Conseil juge que l’article 1er de la loi porte à la liberté d’expression et de communication une atteinte qui n’est pas adaptée, nécessaire et proportionnée à l’objectif poursuivi.

Par ailleurs, le Conseil rappelle que la liberté proclamée par l’article 2 de la Déclaration de 1789 implique le droit au respect de la vie privée.

Il relève qu’en interdisant l’accès de tout mineur de moins de quinze ans à certains services en ligne, la loi implique, par elle même, que toute personne, même majeure, fasse la preuve de son âge avant d’y accéder.

Or, faute de déterminer les conditions et les limites dans lesquelles il devra ainsi en être justifié, le législateur n’a pas prévu les garanties légales de nature à assurer le respect de ces exigences constitutionnelles.


Source : Communiqué de presse du conseil constitutionnel, le 14 aout 2026.

willemijns

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La version Française oui, on attend la version européenne ^^

alain_p

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Le président Macron ferait mieux de remballer son projet. Ce n'est pas une question de rédaction du texte, mais de fond, la liberté d'expression, la question de la vérification intrusive de l'âge, toujours pas réglée. Il faudrait un autre passage devant le parlement pour ce texte, alors qu'il n'y  pas de majorité, que le gouvernement et le parlement vont avoir de grosses difficultés à s'entendre pour un budget 2027.

Il y a nettement plus urgents comme problèmes que cette question. La seule urgence, c'est l'insistance du président que celle loi passe avant qu'il parte le 2 mai 2027.
Si j'étais Lecornu, je n’apprécierai pas que l'on me donne des ordres comme à un subordonné. Je me demande d’ailleurs s'il ne pourrait pas démissionner à la rentrée, comme Bayrou, devant la difficulté de faire adopter un budget.

Une urgence serait aussi de donner le moyen aux administrations pour qu'elles sécurisent vraiment leurs sites. Voir les fuites de données de la Direction Générale des Impôts. A ce propos, une autre chose à voter en urgence est la directive européenne de sécurité NIS2, dont la date limite de transposition dans le droit européen était le 21 Octobre 2024, il y a deux ans. Avec des pénalités financières prévues pour les administrations défaillantes qui les obligeraient peut-être à embaucher des informaticiens, surtout en ces temps où les AIs révèlent de nombreuses failles de sécurité.

L'Europe va décider de pénalités financières par jour de retard de l'adoption.

pioup

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Citer
Il relève qu’en interdisant l’accès de tout mineur de moins de quinze ans à certains services en ligne, la loi implique, par elle même, que toute personne, même majeure, fasse la preuve de son âge avant d’y accéder.

Or, faute de déterminer les conditions et les limites dans lesquelles il devra ainsi en être justifié, le législateur n’a pas prévu les garanties légales de nature à assurer le respect de ces exigences constitutionnelles.
Etonnant qu'aucun média, membre du gouvernement n'avait pas vu cette problématique obligeant de fait de vérifier l'identité de tous. Sans compter que comment déterminer la limite d'un réseau social ? Peut-on considérer qu'un forum, blog, jeux en ligne, permettant des échanges entre utilisateurs y seraient soumis ?

Quand au tiers de confiance, qui protégerait les données, est-ce celui gérant l'infrastructure des impôts ?

alain_p

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Le gouvernement l'avait peut-être vu, mais c'était un ordre d'au dessus, une priorité, parce que cela devait s'appliquer dès la rentrée scolaire 2026. La précipitation n'est pas toujours la meilleure conseillère.

Symbol

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c'était un ordre d'au dessus, une priorité, parce que cela devait s'appliquer dès la rentrée scolaire 2026. La précipitation n'est pas toujours la meilleure conseillère.
L'égo démesuré, le mépris des réalités... Pour mémoire, son fameux mot d'ordre à sa majorité et ses ministres: «Soyez fiers d'être des amateurs»  ::)

Fyr

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Tous les projets de loi passe au Conseil d'Etat pour "évaluation" juridique etc.

Et ce rapport pointe déjà l'absence de proportionnalité comme un pb (point 27 et 28)

https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b2107_avis-conseil-etat.pdf



Le gouvernement l'avait peut-être vu, mais c'était un ordre d'au dessus, une priorité, parce que cela devait s'appliquer dès la rentrée scolaire 2026. La précipitation n'est pas toujours la meilleure conseillère.

Le truc de bien c'est qu'à la rentrée c'est la préparation des deux lois de finances de l'Etat et de la Sécu. Donc y a 50 jours maximum de débats x 2 bloqués.

Donc l'evaluation du CE plus la navette parlementaire plus la CMP à partir de fin decembre debut janvier c est 6 mois. Donc apres les élections et la fin de la legislature. Ce texte ne vera jamais le jour.

Trellen

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Donc l'evaluation du CE plus la navette parlementaire plus la CMP à partir de fin decembre debut janvier c est 6 mois. Donc apres les élections et la fin de la legislature. Ce texte ne vera jamais le jour.
Et comment vas-t-on faire pour se protéger des ingérences intérieures et russes? Je pense qu'il doit faire acte de courage démocratique et déconnecter la France d'internet pendant les 6 derniers mois avant les présidentielles, heureusement que la télévision d'état impartiale de gauche est là pour nous informer correctement...

alain_p

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Et comment vas-t-on faire pour se protéger des ingérences intérieures et russes? Je pense qu'il doit faire acte de courage démocratique et déconnecter la France d'internet pendant les 6 derniers mois avant les présidentielles, heureusement que la télévision d'état impartiale de gauche est là pour nous informer correctement...

Pour rappel, les jeunes de moins de 15 ans ne votent pas, et ce n'était pas l'objet du projet de loi. Couper le pays d'Internet, ce serait se comporter comme les pires dictatures du monde.

Et il faut arrêter d'exagérer l'importance des tentatives d'ingérence. La plupart ne sont d'ailleurs même pas connues de 99.9% des électeurs. Ce sont surtout les conspirationnistes qui les recherchent, et pour eux, il n'y a pas grand chose à faire. Il y en a toujours eu, même sans réseaux sociaux. Récemment, les Etat-Unis et Donald Trump ont cherché à influencer les élections dans divers pays d'Europe et d'Amérique latine, en soutenant des candidats et partis d'extrême droite ou très conservateurs.

Il n'y a pas besoin de réseaux sociaux pour cela, il suffit d'écouter la radio et la TV.

Et à mon avis, c'est déconsidérer l'intelligence et le discernement des électeurs, qui sont en grande majorité capables de se faire leur propre opinion au milieu de toutes les informations et tentatives de désinformation qu'ils reçoivent.

Après, ce serait trop facile d'annuler les élections parce qu'elles n'ont pas eu le résultat désiré, en prenant prétexte d'une supposée ingérence étrangère.

decalage

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Tous les projets de loi passe au Conseil d'Etat pour "évaluation" juridique etc.

Et ce rapport pointe déjà l'absence de proportionnalité comme un pb (point 27 et 28)

https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b2107_avis-conseil-etat.pdf

Le truc de bien c'est qu'à la rentrée c'est la préparation des deux lois de finances de l'Etat et de la Sécu. Donc y a 50 jours maximum de débats x 2 bloqués.

Donc l'evaluation du CE plus la navette parlementaire plus la CMP à partir de fin decembre debut janvier c est 6 mois. Donc apres les élections et la fin de la legislature. Ce texte ne vera jamais le jour.
Je cite le rapport (c'est assez grotesque) : "les notions de « plateforme en ligne » et de « service de réseau social en ligne » ne sont pas définies par la proposition de loi:o
Tout cela a été, je pense, bâclé volontairement. Car infaisable dans le temps restant du quinquennat.
Le texte ne passe pas le Conseil Constitutionnel comme prévu, et ils peuvent dire tête haute "on a voulu le faire, on a été empêchés".