Auteur Sujet: Grandir et vivre avec les réseaux sociaux : quels impacts sur la santé mentale ?  (Lu 473 fois)

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jerome34

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La solution c’est l’interdiction pour les mineurs. Qui aura le courage politique de le dire ?

vivien

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Pour l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, c'est voté. Il reste la mise en œuvre.
Pour les réseaux toxiques pour les 15-18 ans, les algorithmes addictifs de TikTok pourraient contrevenir aux règles de l’UE et donc la plateforme va être obligé de les changer ou elle pourrait être bloquée en Europe. Les sanctions des réseaux sociaux VLOPSEs seraient du ressort de la Commission européenne.

Le VLOPSEs (Very Large Online Platforms Search Engines) sont définis et désignés par la Commission européenne dans le cadre du Règlement sur les Services Numériques (DSA - Digital Services Act). C'est la Commission européenne qui détient le pouvoir exclusif de désignation, quand elle dépasse 45 millions d'utilisateurs mensuels actifs dans l'Union européenne (10 % de la population européenne).

Liste des VLOPSEs en 2026 : AliExpress, Amazon Store, App Store, Pornhub, Booking.com, Google Search, Google Play, Google Maps, Google Shopping, YouTube, Shein, LinkedIn, Facebook, Instagram, Bing, XNXX, Pinterest, Snapchat, Stripchat, TikTok, X (ex Twitter), Temu, XVideos, Wikipedia, Zalando.

L’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans approuvée par les députés

Les députés ont approuvé, lundi 26 janvier 2026, par 130 voix contre 21, la proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Emmanuel Macron a salué le vote, le qualifiant d’« étape majeure ».

Le texte modifié et adopté dit que « l’accès à un service de réseau social en ligne fourni par une plateforme en ligne est interdit aux mineurs de 15 ans » Dans l’exposé des motifs de l’amendement, on trouve « les plateformes devront mettre en œuvre des dispositifs de vérification d’âge pour assurer l’effectivité de cette mesure ».

Un amendement de la députée Parti socialiste du Val-d’Oise adopté par l’Assemblée nationale, énonce par exemple que les réseaux sociaux « garantissent que les mineurs ne sont pas exposés à une pression commerciale excessive. La promotion de produits ou services susceptibles d’altérer la santé physique ou mentale des mineurs est proscrite ». Les sanctions des réseaux sociaux VLOPSEs seraient du ressort de la Commission européenne, même si tous les pays ne mettent pas la même limite d'age (on parle de 16 ans dans certains pays, j'aimerais bien que tout soit unifié, mais c'est compliqué).

Officiellement, cela rentre en vigueur au 1er septembre 2026 pour les nouveaux comptes et au 31 décembre 2026 pour les comptes existants :



Source : France 24, le 26 janvier 2026 et RTL pour l'interviw de Gabriel Attal (président du groupe Ensemble pour la République à l'Assemblée nationale)

Maintenant quand on voit les nombreux problèmes rencontrés (y compris au niveau judiciaire) par l’Arcom pour le blocage des sites pornographiques qui n’ont pas de vérification d’âge strict, je pense personnellement que cela va prendre du temps à être mis en place, même si l'Australie a depuis le 10 décembre dernier interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans (avec contrôle d'âge obligatoire). L'Australie est le premier pays à imposer un contrôle strict de l'age.

Le texte adopté lundi 26 janvier 2026 prévoit également l’interdiction de l’usage des téléphones portables dans l’enceinte des lycées par les adolescents. Les représentants syndicaux estiment que cela sera très compliqué (ce n'est pas encore généralisé dans les collèges, même si c'est en train de s'accélérer suite à ce vote, plusieurs collèges qui n'avaient rien mis en place pour éloigner les élèves des portables prévoient de le faire au plus tard à la rentrée prochaine). Edouard Geffray tentait de rassurer sur Franceinfo : « Il y a le principe d’interdiction, et ensuite il y a les dérogations qui seront fixées dans le règlement intérieur ».

Mise en place du dispositif « Portables en pause » à compter du lundi 9 mars 2026 dans un collège parisien :
  cliquez sur les miniatures ci-dessous - les documents sont au format PDF)
     

vivien

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Mineurs et réseaux sociaux : un vent d’interdiction va souffler sur l’Europe

Alors que la France a interdit fin janvier les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, plusieurs pays européens devraient faire de même. La balle est dans le camp de la Commission européenne pour mettre en œuvre techniquement l’application de cette interdiction et mieux réguler les plateformes numériques qui hébergent ces réseaux, notamment les géants de la tech américains. C’est le débat de la semaine dans Ici l’Europe, sur France 24, LCP et Public Sénat (diffusée samedi 14 février à 16h30).



C’est une première en Europe. L’Assemblée nationale a voté, fin janvier, l’interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans. Une interdiction qui vise à protéger les jeunes des effets nocifs de ces réseaux : trouble de l’attention, stress et anxiété, exposition à la violence, harcèlement… “Le constat du danger de ces plateformes pour la santé mentale des jeunes est désormais partagé. Début 2024, le président de la République Emmanuel Macron avait lancé une commission d’experts sur les effets des écrans sur les enfants, et parmi les conclusions, il y avait cette majorité numérique”, se réjouit Stéphanie Yon-Courtin, eurodéputée française, membre du groupe centriste Renew au Parlement européen, interrogée dans l’émission Ici l’Europe, sur France 24, LCP et Public Sénat.

Alors que le Parlement européen a voté, en novembre dernier, un rapport préconisant cette interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 16 ans, plusieurs états-membres de l’Union européenne souhaitent emboîter le pas de la France. C’est le cas de l’Espagne, du Portugal, du Danemark ou encore de la Roumanie. A l’automne dernier, l’Australie a été le premier pays au monde à adopter cette interdiction. “Je ne suis pas sûr que cette mesure fonctionne réellement, car les jeunes trouveront toujours un moyen de contourner cette interdiction”, estime Ivaylo Valchev, eurodéputé bulgare, membre du groupe des Conservateurs et Réformistes européen, à la droite de l’hémicycle. “Comme on dit en Bulgarie, la loi est une porte au milieu du champ. On peut passer par cette porte, mais on peut aussi la contourner.”

“Les contournements existeront toujours, mais il faut une protection minimale de nos jeunes”, lui répond son homologue française. “C’est la même situation que pour l’alcool, interdite aux moins de 18 ans. Mais quel jeune n’a pas essayé de boire un peu d’alcool avant cet âge ?”

Dans le cadre de son plan de lutte contre le cyberharcèlement présenté ce mardi, l’Union européenne va mettre en place un groupe d’experts sur la protection de l’enfance afin de la conseiller sur une future restriction d’âge à l’échelle européenne.

Un système de vérification d’âge solide

Si chaque état-membre peut voter l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs, la mise en œuvre technique de cette mesure relève de la compétence de la Commission européenne qui régule le secteur du numérique en Europe. Une carte d’identité numérique est testée en ce moment dans 5 pays de l’UE, dont la France, afin de permettre une identification sécurisée des utilisateurs des plateformes.

Une possible atteinte aux données personnelles et de surveillance politique, estime l’eurodéputé bulgare Ivaylo Valchev, qui prend l’exemple “d’un jeune qui deviendrait journaliste par la suite. Toutes ces traces numériques pourraient être utilisées contre lui par le pouvoir.”

Un aveu d’échec dans la régulation des plateformes numériques

Cette interdiction des réseaux sociaux aux mineurs révèle-t-elle l’échec de la régulation européenne des plateformes numériques qui les hébergent, notamment les géants de la tech américains ? L’Union européenne a pourtant adopté ces dernières années le règlement sur les services numériques (DSA pour Digital Services Act) qui oblige ces plateformes à lutter contre les contenus violents, la désinformation et faire la transparence sur leurs algorithmes. D’ailleurs la justice française enquête actuellement sur Grok, l’intelligence artificielle de ce réseau social X (ex-Twitter), propriété d’Elon Musk, qui détourne de personnes réelles pour les dénuder.

“J’ai appelé à suspendre Grok pendant 6 mois si jamais cette IA continue à dénuder des femmes. Le principe est simple : ce qui est interdit dans la vie réelle doit l’être sur le numérique”, rappelle Stéphanie Yon-Courtin.


Source : Public Sénat, publié le 14 février 2026 par Alexandre Poussart