Auteur Sujet: Netalis donne vie à une autoroute numérique inter-régionale  (Lu 309 fois)

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tdamienjd

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Netalis donne vie à une autoroute numérique inter-régionale

Fibre. Cinq opérateurs télécoms parmi lesquels Netalis, Trinaps, Vialis, un opérateur commercial d’envergure nationale et l’opérateur international Sipartech se sont réunis pour déployer une nouvelle artère longue distance – dite « autoroute numérique » - entre Montbéliard et Strasbourg dans l’objectif de répondre aux besoins exponentiels en bande passante et services numériques dans les régions Grand-Est et Bourgogne Franche-Comté.


Fondé en 2015 par Nicolas Guillaume, l’opérateur télécom alternatif Netalis n’aura eu comme seul leitmotiv, marqueur de son développement : la satisfaction de ses clients. Cette volonté d’amélioration permanente sera source d’innovation, de diversification, de quête de réactivité, de proximité et de désir d’indépendance.

En à peine huit ans, cette petite entreprise bisontine aura non seulement développé un réseau alternatif de près de 750 kilomètres de fibres optiques dans plusieurs villes de Bourgogne Franche-Comté, Alsace, et plus récemment, en Provence-Alpes-Côte d’Azur suite à une fusion en janvier 2022 avec l’opérateur ASC basé à Sophia-Antipolis, constitué tout un ensemble de services numériques dédiés aux entreprises au travers d’une offre Cloud, mais aussi adressé plus de 500 clients actifs, disposé de ses propres plateformes techniques (interconnexions data et voix) et aujourd’hui elle concrétise la création de la première autoroute numérique indépendante reliant à terme Strasbourg à Marseille (5e hub mondial du trafic Internet avec quatre milliards d’internautes), ainsi que la Suisse jusqu’à Saint-Louis, en direction de Bâle.

« Tout est parti en 2022, d’un besoin grandissant de bande passante et d’un ras le bol de devoir passer par la location pour obtenir cette dernière entre les villes, auprès des rares opérateurs qui, de par leur position de force, pratiquent des prix exorbitants, mettant à mal notre modèle économique. Je me suis dit qu’il y avait moyen de réaliser notre propre équipement, d’autant que nous réalisions déjà chez Netalis des opérations d’infrastructure pour relier nos clients en fibre jusqu’au dernier kilomètre », raconte Nicolas.

Le projet d’une autoroute numérique Franche-Comté-Alsace se concrétise lorsque des partenaires (Le belfortain Trinaps, l’opérateur alsacien Vialis, Sipartech et un acteur national majeur qui a souhaité rester anonyme), disposant de besoins similaires, se joignent à la table des discussions. « Seul, nous n’aurions rien pu faire », avoue Nicolas Guillaume face à un investissement de plus de deux millions d’euros.

« Nous avons visé Strasbourg, l’un des plus grands carrefours numériques européen avec l’idée de créer notre propre réseau international long distance. L’objectif étant de devenir maître de la qualité de service, d’avoir la main sur l’ensemble de la chaîne, gagner en indépendance, en flexibilité, donner à nos territoires les mêmes chances que dans les grandes métropoles et prouver que l’on peut faire de l’internet de qualité sans passer par Paris ». Les travaux de cette autoroute ont débuté cet été, supervisé par la société TelcoServices qui en a réalisé la conception.

Le déploiement des 260 kilomètres de câbles entre Montbéliard et Strasbourg est aujourd’hui toujours en cours, de même que la création de 15 kilomètres de nouveaux tronçons de génie civil, tous réalisés dans les communes alsaciennes par des PME françaises. La mise en service est prévue pour le premier trimestre 2024.

Un atout pour l’attractivité des territoires

Fondée sur une large capacité de fibre optique G652D « low-loss » permettant des performances de très haut niveau pour la transmission de données, la création de cette artère inter-régionale inédite permettra aux différents acteurs de disposer d’un outil industriel performant, conçu et exploité par des équipes locales offrant une souplesse et une réactivité exemplaire en cas d’incident ou d’augmentation de capacités.

« Cette nouvelle route optique est une belle opportunité pour augmenter les capacités fibre optique de nos clients alsaciens et franc-comtois, affirme Gauthier Douchet, président de Trinaps. Relier Strasbourg à notre datacenter Extendo de Belfort ouvre aux entreprises et collectivités présentes ou proches du parcours la possibilité de profiter de nos services télécom et d’hébergement sécurisés et certifiés. En résumé, c’est la garantie du trio : vitesse, fiabilité et sécurité ». « Le réseau déployé par notre confrère et dans lequel nous co-investissons nous permettra d’être autonomes et indépendants dans notre liaison vers Strasbourg en éclairant les fibres optiques selon nos besoins, avec nos propres équipements en disposant d’une sécurité dans l’exploitation », assure Benoit Schnell, directeur général de Vialis, un des derniers opérateurs grand public en France.

« Outre notre capacité à nous rendre autonomes dans notre ingénierie longue distance pour accroitre nos capacités de transmission de données, nous pourrons également desservir de nouvelles zones et raccorder des sites industriels ou des data centers présents sur notre parcours, ceci est d’autant plus important pour répondre aux enjeux des territoires désireux de fixer ou d’attirer des acteurs économiques majeurs dans divers secteurs d’activité », ajoute Nicolas Guillaume.

Pour la suite, la liaison Montbéliard-Besançon-Dijon devrait intervenir en 2025. « Quant au tracé Dijon-Lyon-Marseille l’échéance est à trois, quatre ans. D’ici là, il faudra capillariser massivement le territoire, confie Nicolas Guillaume. Cette nouvelle aventure ouvre des possibilités insoupçonnées. Nous sommes devenus ”gros” à notre niveau ce qui impact notre stratégie de développement et nous oblige à changer d’échelle. Ainsi, nous avons créé Infralis, une nouvelle entité dédiée aux opérations d’infrastructure qui est également soutenue par le développement commercial de Netalis à Paris et en Alsace.

Avant cette composante tout était mixée dans Netalis, ce qui nous faisait sacrifier notre investissement dans le service. Cette séparation crée un appel d’air, ce qui va nous permettre d’ouvrir massivement le capital d’infralis est co-construire avec plusieurs nouveaux partenaires un vrai opérateur alternatif sur l’infrastructure comme nous l’avons fait avec les services télécoms. On envoie également un message fort sur le modèle économique de notre secteur d’activité : le stratégique, le concurrentiel c’est le service, pour l’infrastructure, on peut fonctionner avec la concurrence et on a tout intérêt à le faire ».


Frédéric Chevalier, le journal du Palais, 10/10/2023