Auteur Sujet: Mayotte fibre  (Lu 24702 fois)

0 Membres et 3 Invités sur ce sujet

vida18

  • Abonné Free fibre
  • *
  • Messages: 4 438
  • Vierzon (18)
Mayotte fibre
« Réponse #12 le: 10 janvier 2026 à 08:28:47 »
Conflit sur la fibre optique à Mayotte : le gouvernement appelle Orange et le délégataire à "un dialogue constructif"

Interrogée par le sénateur Saïd Omar Oili, la ministre déléguée au Numérique a appelé Orange et le groupe OcéInde,
délégataire de service public pour le déploiement de la fibre optique, à dialoguer pour se répartir le réseau dans les zones denses.



Une armoire de fibre optique (illustration) · ©Stéphanie Para / MAXPPP / La Montagne

Alors que les premières offres fibre d'Orange et de SFR ont été commercialisées, le sénateur mahorais Saïd Omar Oili a remis sur la table la question du déploiement de la fibre optique à Mayotte lors des questions au gouvernement. La loi pour la refondation de Mayotte, promulguée le 11 août, prévoit que l'intégralité du territoire soit équipée d'ici 2027, via une délégation de service public octroyé en novembre 2024 au groupe réunionnais OcéInde sous la marque Mayotte THD. Un mois plus tard, le cyclone Chido dévastait le département, y compris le réseau cuivre ADSL d'Orange. Face aux dégâts, l'opérateur annonce son choix de miser sur la 5G et de déployer la fibre optique dans les communes les plus densément peuplées : Mamoudzou, Koungou, Tsingoni, Dzaoudzi-Labattoir et Pamandzi.

"Le choix d'Orange est contraire aux politiques publiques d'aménagements du territoire visant à offrir un même service aux zones non urbaines", a alerté le sénateur Saïd Omar Oili. La ministre déléguée à l'IA et au Numérique, Anne Le Hénanff, a tenu à rappeler que "le fait qu'Orange déploie la fibre sur ses propres deniers à Mayotte est conforme au droit, l'octroi d'une délégation de service public ne garantit pas d'exclusivité." Le groupe OcéInde fait en revanche valoir que les zones les plus densément peuplées étant les plus rentables, la concurrence d'Orange pourrait remettre en cause la viabilité financière du réseau public, porté par un investissement de 183 millions d'euros dont 92 millions du groupe réunionnais.

Une rencontre déjà organisée entre les opérateurs en décembre

"Le plan France Très haut débit prévoit la généralisation de la fibre partout sur notre territoire, évidemment Mayotte n'en fera pas exception", a tenu à rassurer la ministre. "J'en appelle à un dialogue constructif entre Orange et Réunicable (ndlr : filiale du groupe OcéInde), afin de trouver une solution opérationnelle pour qu'il n'y ait pas de doublon." Une rencontre a déjà eu lieu en décembre, précise Anne Le Hénanff, où leur a été demandé "de travailler à un plan pour articuler le déploiement des zones denses et prendre chacun leur part en bonne intelligence."

La ministre s'est engagée à veiller à ce que "les Mahorais aient accès le plus rapidement possible à la fibre" et à ce qu'un équilibre économique soit trouvé pour la délégation de service public. "Les maires refusent de donner les permissions de voirie pour Orange car il y a cette DSP", a rappelé le sénateur Saïd Omar Oili dans sa réponse avant de conclure par un rappel : "Si vous m'assurez que le conseil départemental n'aura pas à payer ou ne sera pas poursuivi par cette société, je suis d'accord, mais la loi dit que d'ici fin 2027 tout Mayotte doit être fibrée."


Source : La 1ère - franceinfo, écrit le 9 janvier 2016 par Raphaël Cann.

vida18

  • Abonné Free fibre
  • *
  • Messages: 4 438
  • Vierzon (18)

ben_becker

  • Abonné Free fibre
  • *
  • Messages: 23
Mayotte fibre
« Réponse #14 le: 10 mars 2026 à 17:15:04 »

Optix

  • AS41114 - Expert OrneTHD
  • Abonné Orne THD
  • *
  • Messages: 5 387
  • WOOHOO !
    • OrneTHD
Mayotte fibre
« Réponse #15 le: 10 mars 2026 à 17:41:57 »
Le gouverment est juge et partie d'Orange. Donc forcément le verdict (qui vaut pas grand chose en soi) n'est pas impartial.

Pour ça, faut passer par les tribunaux et là, même Orange a des chances de perdre (on en est la preuve vivante) ;)

vida18

  • Abonné Free fibre
  • *
  • Messages: 4 438
  • Vierzon (18)
Mayotte fibre
« Réponse #16 le: 10 mars 2026 à 17:48:56 »
Fibre optique à Mayotte : le gouvernement tranche en faveur d’Orange au détriment de Mayotte THD

Matignon a autorisé Orange à déployer la fibre optique dans les cinq communes les plus peuplées de Mayotte,
mettant fin à un conflit qui opposait le géant des télécoms à Mayotte THD depuis fin 2024.
Cette décision remet en cause la délégation de service public remportée par l’opérateur local.



Le bras de fer qui opposait Orange à Mayotte THD pour le déploiement de la fibre optique dans l’archipel mahorais vient de trouver son épilogue. Selon les informations du Monde, le gouvernement a donné raison à l’opérateur historique dont l’État reste actionnaire, l’autorisant à poursuivre le raccordement de 28 000 foyers dans cinq communes du département : Mamoudzou (la capitale), Tsingoni, Koungou, Pamandzi et Dzaoudzi.

Une décision motivée par des contraintes budgétaires

Pour justifier cet arbitrage, Matignon invoque un argument financier simple : l’État ne peut pas subventionner l’installation de la fibre dans des zones où un opérateur privé est déjà en train de déployer son propre réseau. Un représentant du gouvernement cité par le quotidien a ainsi fait valoir que l’exécutif « considère qu’il ne peut pas subventionner l’installation de la fibre là où il y a déjà un opérateur privé qui déploie ».

Cette position permet, dans un contexte de restrictions budgétaires, de réduire la facture pour les finances publiques. La délégation de service public (DSP) attribuée à Mayotte THD le 19 décembre 2024 prévoyait un coût total de 183 millions d’euros, dont la moitié devait être financée par l’État. Le périmètre de cette DSP devrait désormais se limiter aux zones rurales de l’archipel. L’autre motivation avancée par le gouvernement est celle de la rapidité : accélérer l’arrivée de la fibre pour éviter que les habitants ne se tournent vers des solutions alternatives comme Starlink, la constellation de satellites d’Elon Musk.

Un conflit né dans le sillage du cyclone Chido

Ce différend entre les deux opérateurs trouve son origine dans les conséquences dévastatrices du cyclone Chido, qui a frappé Mayotte le 14 décembre 2024, causant 40 morts et 41 disparus, en plus de milliers de blessés. La catastrophe a également détruit une grande partie des infrastructures d’Internet fixe du département. Plutôt que de remettre en état son ancien réseau ADSL, Orange a fait le choix stratégique de déployer directement la fibre optique. Les tentatives de rapprochement avec Mayotte THD n’ayant pas abouti, l’opérateur a lancé ses travaux d’installation au printemps 2025, provoquant la colère de son concurrent.

Il revient désormais au département de renégocier les termes de la DSP avec Mayotte THD, voire de la résilier. En cas de résiliation, une indemnisation de l’opérateur serait probablement nécessaire, suivie du lancement d’un nouvel appel d’offres pour trouver un partenaire capable de généraliser l’accès à la fibre dans ce territoire de 329 000 habitants.


Source : alloforfait

vida18

  • Abonné Free fibre
  • *
  • Messages: 4 438
  • Vierzon (18)
Mayotte fibre
« Réponse #17 le: 10 mars 2026 à 17:52:57 »
En cas de résiliation, une indemnisation de l’opérateur serait probablement nécessaire, suivie du lancement d’un nouvel appel d’offres pour trouver un partenaire capable de généraliser l’accès à la fibre dans ce territoire de 329 000 habitants.

Si résiliation il y a, le plus économique pour le département serait un AMEL.

vivien

  • Administrateur
  • *
  • Messages: 52 316
    • Bluesky LaFibre.info
Mayotte fibre
« Réponse #18 le: Aujourd'hui à 15:40:39 »
Tribune - Fibre à Mayotte : un territoire où le droit s’efface ?

C'est une tribune publiée dans Le Journal De Mayotte

Alors que Mayotte THD et l'opérateur Orange se disputent le marché de la fibre sur le territoire, la maison-mère de Mayotte THD, le groupe Océinde qui avait pourtant gagné l'appel d'offre, a décidé de dénoncer cette situation par voie de presse et de s'adresser directement au Gouvernement. Mayotte THD accuse Orange de vouloir "faire tomber le réseau d'initiative public" en mettant en danger sa viabilité financière, les communes les plus peuplées étant par définition les plus rentables.

À Mayotte, la parole publique et les règles du jeu semblent pouvoir changer en cours de route — au risque de fragiliser tout un territoire et les Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI) de nos outre-mer. Mais à qui profite la manoeuvre ?

Au-delà d’un simple différend sectoriel, c’est une question de fond qui se pose : peut-on encore investir, structurer et s’engager durablement dans un territoire où les cadres établis deviennent mouvants, où les engagements semblent révisables, et où l’équilibre économique peut être déstabilisé sans préavis ?

La fibre n’est pas un sujet technique. Elle est une infrastructure vitale, un levier d’égalité territoriale, un socle de développement économique, éducatif et administratif. À Mayotte, elle représente bien plus : une promesse de rattrapage, une condition d’intégration pleine et entière dans la République numérique.

C’est précisément parce que les investissements privés de l’acteur historique Orange n’avaient pas permis d’atteindre ces objectifs qu’une délégation de service public (DSP) avait été mise en place. Faute d’initiative suffisante du marché, la puissance publique a pris ses responsabilités pour structurer, financer et sécuriser un déploiement indispensable. Mayotte THD a remporté cet appel d’offre public, n’en déplaise à Orange.

En février 2026, l’entreprise Mayotte THD, titulaire de la délégation de service public (DSP) pour fibrer Mayotte, a appris avec consternation par voie de presse la décision du Premier ministre de laisser Orange déployer sa fibre dans les zones denses du département de Mayotte et son souhait d’une réduction de la DSP aux seules zones rurales.

Elle décide donc de répondre par voie de presse puisque c’est semble-t-il la nouvelle règle du jeu. Quel étrange procédé, alors que des réunions se succèdent au niveau du département de Mayotte, des ministères, du numérique…. Quelle incohérence aussi.

Une décision d’autant plus incompréhensible au vu de l’avancement du déploiement de la fibre par le délégataire alors que 2000 foyers sont déjà raccordables, que 80 kilomètres de fibre ont été posés et qu’une procédure pour exploitation abusive de position dominante d’Orange est engagée par Mayotte THD devant l’Autorité de la concurrence.

La maison-mère de Mayotte THD, le groupe Océinde, investit depuis des décennies en France et spécialement dans l’océan Indien. En tant que président de ce groupe, je demande solennellement au Président de la République et à son Premier ministre d’entendre ma juste requête, de surseoir à toute décision qui compromettrait notre volonté d’investir en France, essentiellement parce que le cadre juridique y est supposé exemplaire.

Les conséquences sont immédiates. Ce sont des années d’efforts, d’investissements et de structuration qui sont fragilisées. Et avec elles, la confiance.

La confiance des acteurs économiques, d’abord. Le groupe Oceinde, engagé dans les territoires ultramarins avec courage et persévérance, prend des risques que peu d’acteurs nationaux acceptent d’assumer. Il intervient là où d’autres ne vont pas, précisément parce qu’un cadre public lui garantit un minimum de stabilité.

La confiance des citoyens, ensuite. Car derrière ces décisions, ce sont des habitants qui attendent des services essentiels, une connectivité fiable, une ouverture sur le monde. L’instabilité ne pénalise pas seulement des modèles économiques ; elle ralentit l’accès à des droits fondamentaux.

Alors la question demeure : à qui profite cette instabilité ? À qui bénéficie ce brouillage des règles, cette remise en cause implicite des engagements contractuels ? Certainement pas au territoire, ni à ceux qui y vivent et y entreprennent. Sommes-nous le dommage collatéral de la volonté de créer un champion national, Orange ?

Mayotte mérite mieux que des incertitudes. Elle mérite un cap clair, des règles stables et une parole publique tenue. Elle mérite que l’on respecte les cadres que l’on a soi-même posés, surtout lorsqu’ils ont été construits pour compenser l’absence d’investissement privé.

Car au fond, ce qui est en jeu dépasse la fibre. C’est la crédibilité de l’action publique, la solidité de l’État de droit, et la capacité de nos territoires ultramarins à se projeter avec confiance dans l’avenir.

Nassir Goulamaly, président du groupe Océinde


Source : Le Journal De Mayotte, le 24 mars 2026