Auteur Sujet: Prix de l'électricité négatifs, une menace pour les producteurs  (Lu 125046 fois)

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alain_p

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Prix de l'électricité négatifs, une menace pour les producteurs
« Réponse #456 le: Aujourd'hui à 17:29:15 »
En fait, les temps et les circonstances ont changé:
En 2022 (époque où je me suis équipé en panneaux) toute production n'était pas de trop quel que soit le moment de la journée, quand EDFOA nous achetait à 100€/MW, le marché était souvent au dessus des 200, c'était tout bénéf pour eux.
Aujourd'hui, c'est l'inverse, mais rien ne dit qu'il en sera de même dans 10 ans, bien que l'équipement en renouvelables au niveau européen contribue fortement à la situation actuelle (ça n'est pas un problème interne à la Francie), le cours de l'uranium traité peut finir par ressembler à celui du pétrole et le prix de construction des réacteurs est exponentiel en europe.
Le prix des batteries à part, il est spéculatif aussi, le prix de revient du renouvelable est plus stable et prévisible.

Effectivement, les circonstances ont drastiquement changé entre 2020, où le confinement a provoqué une chute de la consommation électriques des entreprises et administrations, 2021, où la reprise a au contraire fait augmenter considérablement la consommation, et 2022, où avec la guerre en Ukraine, et la hausse vertigineuse des prix du gaz, donc de l'électricité, l'état a au contraire enregistré de fortes rentrées en encaissant la différence entre le prix garanti, et le prix du marché bien plus élevé. C'était surtout le cas de l'éolien.

Au contraire, en 2024 puis 2025, les prix de gros ont chuté, surtout au moment où le solaire produit, et c'est dû aussi à une forte progression des installations solaires, en France, et en Europe, qui elle est là pour durer, et même s'amplifier dans les années à venir, puisque les nouveaux contrats déjà acceptés prévoient 10 GW de production en plus.

La cour des comptes a publié récemment, la semaine dernière, un rapport sur les Charges de Service Public aux Énergies renouvelables (CSPE), avec un graphique qui le montre très bien, p14, voir ci-dessous. Malgré les variations entre années, le bilan est quand même que ce soutien a coûté très cher, 26.5 milliards d'euros versés entre 2016 et 2024, ce qui fait 2.9 milliards d'euros en moyenne par an, mais c'est en forte augmentation ces dernières années. Et la cour des comptes a pointé des cas de sur-rémunération manifeste, avec des effets d'aubaine.

https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2026-03/20260318-Soutien-energies-renouvelables-a-travers-charges-service-public-energie_0.pdf

Après, cela peut encore varier, comme on le voit en ce moment avec l'augmentation des prix du pétrole et de l'électricité liée à la guerre en Iran et le blocage du détroit d'Hormuz, mais il y a une tendance générale quand même à une augmentation de la production solaire concentrée en journée au printemps et en été.

Voici le résumé que fait FranceInfo de ce rapport :

Citer
La Cour des comptes épingle les aides publiques aux énergies renouvelables

Les aides publiques aux énergies renouvelables coûtent trop cher à l’État. C'est le constat dressé par la Cour des comptes dans son dernier rapport. L'institution appelle, chiffres à l'appui, à un meilleur contrôle des dépenses.

Article rédigé par Emmanuel Cugny - Radio France - Publié le 18/03/2026 08:44

Selon la Cour des comptes, les dispositifs de soutien aux énergies renouvelables, dont l'objectif est d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050, ont représenté un coût total pour les finances publiques de 26,5 milliards d'euros entre 2016 et 2024, soit un coût annuel moyen de 2,9 milliards.

Ce coût peut toutefois varier fortement d'une année à l'autre, en fonction de la volatilité des prix du marché de l'énergie, telle qu'observée actuellement avec la flambée des cours du pétrole et du gaz liée à la guerre au Moyen-Orient. Une charge jugée trop lourde à supporter pour l'État dans la situation actuelle de ses comptes. Les dispositifs de financement en question sont généralement conclus pour une durée de 20 ans. Ils garantissent aux producteurs d'énergie (solaire, éolien et biogaz) des tarifs d'achat par l'État supérieurs au prix du marché de gros.

En revanche, lorsque le prix de marché dépasse le tarif de référence, les opérateurs reversent la différence à l'État à titre de compensation. C'est ce qui s'est produit durant la crise énergétique de 2022-2023 : l'État a ainsi pu récupérer entre 4,5 et 5 milliards d'euros.

Un meilleur contrôle des aides aux énergies renouvelable ?

Des aides coûteuses, mais jugées nécessaires pour assurer la transition énergétique. Afin d'améliorer le système, la Cour des comptes, suggère, donc, dans un rapport publié mercredi 18 mars, d'établir, dans un premier temps, un véritable état des lieux avec un audit réalisé par la Commission de régulation de l'énergie. La CRE dresserait ensuite un tableau de bord du suivi des filières soutenues. Les magistrats recommandent également à l'État d'introduire des clauses de révision dans les contrats, ce qui n'est pas prévu aujourd'hui, puisque les subventions restent inchangées, quelles que soient les fluctuations du marché. Enfin, il conviendrait de renforcer le contrôle des producteurs d'énergie renouvelable, notamment face aux suspicions de fraudes.

La Cour des comptes apporte de l'eau au moulin de la mission Lévy-Tuot, qui travaille sur le sujet et doit rendre son rapport à la fin du mois de mars. Dans un contexte de finances publiques dégradées, l'objectif est de mettre fin aux rentes automatiques dont bénéficient, et auxquelles ont pu s'habituer, les producteurs d'énergies renouvelables.

https://www.franceinfo.fr/replay-radio/le-brief-eco/la-cour-des-comptes-epingle-les-aides-publiques-aux-energies-renouvelables_7844099.html

A noter donc qu'il y a aussi une commission Levy-Thuot, du nom des deux personnes qui la compose, qui a été instituée début Décembre 2025, chargée d'étudier les subventions aux énergies renouvelables, dans le but d'en diminuer le coût pour l'état, et qui devait rendre un rapport dans les 3 mois, donc qui ne devrait pas tarder à sortir.

https://www.info.gouv.fr/communique/mission-levy-tuot

simon

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Prix de l'électricité négatifs, une menace pour les producteurs
« Réponse #457 le: Aujourd'hui à 17:34:15 »
Pour l'OA des particuliers, il est interdit de rebalancer sur le réseau de l'énergie stockée dans des batteries. Ou alors j'ai mal lu et mal compris le contrat, ce qui est possible.
Vu le prix de rachat OA, je chargerai des batteries pour passer la nuit...
Ca n'a certes pas de sens de décharger tes batteries dans le réseau, surtout en tant que particulier, mais où est-ce interdit?
Il n'y a qu'un compteur (le Linky), et ce que tu injectes est comptabilisé sur un index unique (injection), peu importe l'heure ou la provenance. ENEDIS/OA ne fera pas la différence entre du surplus de prod PV et une batterie qui se décharge.

À 4c/kWh (prix de rachat OA en autoconso), le client serait bien mal inspiré de charger sa batterie sur du solaire (voire pire, sur le réseau) et de la décharger dans le réseau...

Au contraire, je pense qu'ENEDIS serait content que les batteries se déchargent à 7h le matin avant d'absorber le solaire de la journée... cela réduirait la puissance appelée à la pointe du matin.

alain_p

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Prix de l'électricité négatifs, une menace pour les producteurs
« Réponse #458 le: Aujourd'hui à 17:43:40 »
Il y a des perles dans le rapport de la cour des comptes, comme celle que j'ai notée p9, sur la difficulté à modifier a posteriori les conditions d'un contrat manifestement sur-rémunérateur. Par exemple un arrêté en ce sens, pourtant approuvé par un juge constitutionnel, mais cassé par le Conseil d’État parce que ces aides n'avaient pas été notifiées à la Commission Européenne !

Le législateur a souhaité mettre fin à certaines situations de sur-rémunération avérées. Ainsi, il a récemment souhaité reconsidérer les conditions d’achat de la production d’électricité d’origine photovoltaïque en vigueur entre 2006 et 2010, notoirement surévaluées. À cette occasion, le juge constitutionnel a validé la possibilité d’une modification a posteriori des conditions contractuelles, dès lors qu’il s’agissait de corriger des effets d’aubaine dans un objectif d’intérêt général. L’arrêté d’application de ces dispositions a cependant été annulé par le Conseil d’État du fait d’une lacune originelle, à savoir l’absence de notification de ces aides à la Commission européenne. Plus récemment, le législateur a voulu introduire un déplafonnement partiel puis total des montants devant être reversés à l’État par les bénéficiaires de compléments de rémunération en cas de prix de marché supérieur au tarif de référence retenu dans leur contrat. Sans que le principe même de la modification souhaitée soit remis en cause, les conditions de sa mise en œuvre ont été jugées non conformes au droit des contrats par le Conseil constitutionnel. Ces tentatives pour l’instant inabouties, traduisent la volonté de limiter les effets d’aubaine les plus marqués. Le principe de telles modifications a été validé par le juge constitutionnel, mais leur mise en œuvre a achoppé sur des failles juridiques. Elles illustrent également la difficulté d’intervenir a posteriori sur les mécanismes de soutien, et donc l’intérêt d’introduire dès les contrats initiaux d’éventuelles clauses de révision, comme cela commence à être fait dans certains contrats de soutien. Les modalités d’indexation automatique des tarifs, qui accroissent ces différences de traitement et sont parfois dévoyées, devraient également pouvoir être réexaminées.

D'où la demande d'introduire dans ces contrats des clauses de révision dès l'origine, car sinon, ces contrats sont conclus pour 20 ans, et non révisables, quelles que soient l'évolution du marché.