Auteur Sujet: Prix de l'électricité négatifs, une menace pour les producteurs  (Lu 124385 fois)

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alain_p

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Prix de l'électricité négatifs, une menace pour les producteurs
« Réponse #444 le: Aujourd'hui à 18:29:26 »
Proposition de la CRE de réformer le calcul de la rémunération complémentaire du solaire pour favoriser l'installation de batteries.

La commission de Régulation de l'Energie (CRE), qui est en charge en particulier de déterminer le mode de calcul des compléments de rémunération des producteurs d'énergie renouvelable, a publié le 19 Mars, une proposition, qui vise à diminuer la rémunération complémentaire des installations solaires de puissance > 100 kWc aux heures où le solaire produit le plus, pour favoriser le stockage sur batterie, pour revendre la production aux heures où les prix du marché sont plus élevés.

https://www.cre.fr/fileadmin/Documents/Communiques_de_presse/2026/260319_CP_Note_PV_Stockage.pdf
https://www.cre.fr/fileadmin/Documents/Rapports_et_etudes/2026/260305_Note_PV_Stockage.pdf

Le calcul de la rémunération complémentaire est basé sur une valeur appelée M0, qui est différentes selon les énergies, solaire, éolien, bio-énergies (voir tableau et graphique pour 2024 ci-dessous, les prix du marché ont encore baissé à ces heures en 2025)... Pour le solaire, ce M0 est la moyenne des tarifs du marché chaque mois, aux heures où le solaire produit.

Le complément de rémunération est la différence entre le prix garanti par l'état dans son appel d'offre, avec la marge de gestion, et ce M0.

Or évidemment, avec l'essor du solaire, et la courbe des prix spot en forme de bassine (ou duck curve), voir ci-dessous pour aujourd'hui, où l'énorme production solaire fait chuter les prix au printemps et à l'été, comme on le sait bien, les prix en journée sont très bas. D'où un différentiel de plus en plus grand, et une subvention à payer pour l'état de plus en plus élevée, d'autant que les contrats déjà engagés vont faire augmenter le production solaire de 10 GW supplémentaires dans les années à venir.

D'où la proposition de la CRE de ne plus calculer ce M0 sur un moyenne pondérée sur les heures de production solaire, mais de prendre la moyenne générale des prix sur toute la journée, ce qui fait mécaniquement augmenter le M0, et donc diminuer la subvention à payer.

La CRE espère que cela favorisera l'installation de batteries sur les installations solaires, pour vendre l'électricité produite aux heures où le prix du marché est le plus élevé (pointe du soir par exemple).

Elle a constaté que sur les appels d'offre PPE2, seuls 22 projets sur les 1470 retenus avaient prévu d'installer des batteries. Donc le stockage sur batterie est infime. Et pour une bonne raison. L'installation de batteries renchérit le projet, sans gagner plus puisque jusqu'ici les installations étaient payées la même chose, le complément de rémunération, aux heures où elle produisait.

De plus, comme depuis l'an dernier, on leur demande d'arrêter de produire aux moments où les prix deviendraient négatifs, ce qui a conduit à la perte de 1.6 TWh de production l'an dernier, quand même payés par le complément de rémunération, donc revenant de plus en plus cher avec la croissance du nombre d'heures à prix négatifs.

Pour cela, elle propose de ne plus interdire de produire, mais d'injecter sur le réseau, à ces heures de prix négatifs, pour stocker sur batterie, et revendre plus tard quand le prix du marché est plus élevé.

Voir le CP de la CRE :
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La Commission de régulation de l’énergie publie ses propositions pour optimiser le développement des grandes installations photovoltaïques

La Commission de régulation de l’énergie (CRE) publie ce jour une note présentant ses propositions de modifications des dispositions des cahiers des charges applicables aux grandes installations photovoltaïques (PV) – plus de 100 kWc – afin d’encourager le développement des installations couplant PV et stockage, plus pertinentes pour le système énergétique. Ces propositions s’inscrivent dans le cadre des différents travaux de la CRE visant à optimiser le soutien public aux énergies renouvelables, et ont été partagées avec la Mission Lévy-Tuot qui se penche actuellement sur ces sujets

Dans son rapport sur le complément de rémunération publié en juillet 2025, la Commission de régulation de l’énergie a émis de premières recommandations pour répondre à la multiplication des heures à prix négatifs et au renforcement de la cannibalisation du photovoltaïque. Ce phénomène consiste en une baisse de la valeur d’un profil de production PV sur le marché de gros liée à l’augmentation de la part du PV dans le mix électrique qui augmente mécaniquement le soutien public dont bénéficient ces installations. La CRE avait notamment proposé à l’occasion de ce rapport de faire évoluer la prime pour prix négatifs (qui vise à compenser les producteurs incités à stopper leur production en période de prix spot négatifs). Ses propositions s’inscrivaient dans un objectif plus large de faire évoluer le partage de risque entre l’Etat et les producteurs, et plus particulièrement de favoriser l’émergence de projets hybrides PV + stockage, dont le profil de production est plus adapté aux besoins du système.

Constatant que seuls 22 projets sur les 1 470 retenus dans le cadre des appels d’offres PV PPE2 étaient des projets hybrides et devant l’amplification du phénomène des prix négatifs (513 heures en 2025, après 352 en 2024), la CRE a approfondi ses réflexions et détaille aujourd’hui ses propositions. Elle relève qu’en 2025 les épisodes de prix négatifs ont conduit à renoncer à 1,6 TWh1 de production solaire, soit environ 20 % du productible total des centrales PV sous complément de rémunération ; et qu’en parallèle, le prix capté par la production PV non-écrêtée a été plus faible de 32% par rapport à un ruban
en base sur les heures de prix positifs ou nuls. Ces phénomènes sont actuellement presqu’entièrement compensés par le budget de l’Etat, ce qui engendre un risque significatif d’évolution à la hausse des charges de service public de l’énergie (CSPE), et ce d’autant qu’un grand nombre d’installations sera
mis en service ces prochaines années (pour un volume supplémentaire d’environ +10 GWe d’ores et déjà engagé).

La CRE recommande ainsi, pour l’ensemble des nouveaux contrats de soutien attribués de tester :

- la mise en place d’un prix de marché de référence M0 non pondéré, permettant à l’Etat de ne plus prendre à sa charge le risque d’écart entre le prix capté par la filière PV pendant les périodes de prix positifs et le prix capté par un ruban en base qui serait porté par le producteur.
L’ajout d’une batterie permet au producteur PV, en déplaçant une partie de sa production solaire, de capter un prix se rapprochant, voire dépassant en moyenne celui capté par un profil en base.

- le conditionnement du versement de la prime pour prix négatifs à la non-injection de l’installation hybride sur le réseau et non plus à la non-production de l’installation PV, ce qui permettrait de mieux répondre aux signaux-prix.

- le versement du complément de rémunération sur la production PV qui aura pu être déplacée en dehors des heures de prix négatifs afin d’inciter à réduire la quantité d’électricité solaire écrêtée. La prime pour prix négatifs devrait alors être adaptée en conséquence pour couvrir uniquement le risque résiduel de productible écrêté qu’il n’est pas possible de déplacer, même en hybridant le parc avec une batterie. La CRE propose plusieurs options en ce sens.

Dans un premier temps, la CRE recommande une approche expérimentale visant à s’assurer que ces dispositions permettent effectivement le développement de projets hybrides. Les prix plafonds seraient alors ajustés régulièrement de manière à limiter le risque budgétaire. Elle rappelle toutefois qu’il est déjà
possible dans le cadre actuel d’hybrider un projet PV avec une batterie, même si les modalités des appels d’offres n’y encouragent pas les acteurs.
« Modifié: Aujourd'hui à 19:48:00 par alain_p »

alain_p

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Prix de l'électricité négatifs, une menace pour les producteurs
« Réponse #445 le: Aujourd'hui à 18:40:57 »
Voir ce qu'en dit de façon peut-être plus didactique le site Selectra :

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Fin des "chèques en blanc" pour le solaire : la réforme choc du gendarme de l'énergie

Par Matias Perea -  Analyste Énergie - Publié le 24/03/2026

Le solaire français est victime de son propre succès, et la facture menace d'être lourde pour les finances publiques. Face à la multiplication des panneaux photovoltaïques sur le territoire, un phénomène pervers s'est installé : la "cannibalisation". Lors des pics d'ensoleillement estivaux, la surabondance d'électricité verte fait s'effondrer les prix du marché, obligeant l'État à compenser financièrement les producteurs contraints d'arrêter leurs machines. Pour enrayer ce gouffre budgétaire, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) vient de publier un plan de réforme. L'objectif est de forcer les futurs parcs solaires à s'équiper de batteries de stockage pour lisser leur production, sous peine de voir leurs subventions disparaitre.

Le fléau des prix négatifs : quand le soleil coûte cher à l'État

La mécanique actuelle du soutien public aux énergies renouvelables montre d'inquiétants signes d'essoufflement. Le rapport de la CRE met en lumière une statistique alarmante : en 2025, le réseau électrique français a traversé pas moins de 513 heures de prix négatifs (contre 352 heures en 2024). Durant ces périodes de forte production solaire et de faible demande, les prix de gros plongent sous la barre du zéro.

Pour éviter la saturation du réseau, les grandes installations solaires bénéficiant d'un complément de rémunération sont priées de stopper leur injection. Or, le contrat actuel avec l'État leur garantit une "prime pour prix négatifs" qui compense cette perte à gagner.

Résultat, selon les estimations de RTE relayées par la CRE, ce sont 1,6 TWh de production solaire qui ont été perdus en 2025 (soit 20 % du potentiel total de ces centrales), le tout aux frais du contribuable via les Charges de Service Public de l'Énergie (CSPE).

Une décote de 32 % sur la valeur de l'énergie solaire

Outre les heures de prix négatifs, la valeur même de l'électricité solaire s'effrite. Concentrée sur le milieu de journée, la production photovoltaïque a capté en 2025 un prix inférieur de 32 % par rapport à un profil de production "en base" (lisse sur 24 heures).

L'État compensant la différence entre ce prix de marché dégradé et le tarif garanti au producteur, le risque budgétaire explose alors que 10 GW supplémentaires de capacités solaires sont déjà dans les tuyaux pour les prochaines années.


La batterie de stockage : le nouveau bouclier exigé par la CRE

Face à ce constat de "cannibalisation" (la filière solaire détruit sa propre valeur en produisant toute en même temps), la CRE siffle la fin de la récréation. Le constat du régulateur est sévère : sur les 1470 projets retenus lors des derniers appels d'offres (PPE2), seuls 22 intégraient un système de stockage. L'immense majorité des industriels se contente de poser des panneaux, l'État assumant le risque financier de l'intermittence.

Pour forcer le développement de centrales "hybrides" (Panneaux + Batteries), la CRE propose d'expérimenter une modification radicale des futurs contrats de soutien pour les installations de plus de 100 kWc :

  -  Un nouveau calcul du prix de référence : L'État ne prendrait plus à sa charge l'écart de valeur lié au profil purement diurne du solaire. Le producteur devra assumer ce risque. S'il équipe son parc d'une batterie, il pourra stocker son énergie le midi et la revendre le soir quand les prix sont élevés, rentabilisant ainsi son installation.

  -   Fin de la prime aveugle en cas de prix négatif : Actuellement, la prime est versée si l'installation ne produit pas. La CRE veut que la prime soit conditionnée à la non-injection sur le réseau. Ainsi, le producteur pourra continuer à produire lors d'un prix négatif pour recharger sa propre batterie au lieu de tout couper.
   
  -   Une compensation réduite et ciblée : La prime pour prix négatifs ne couvrirait plus l'intégralité des pertes. La CRE suggère de ne l'activer qu'au-delà des deux premières heures de prix négatifs de la journée. Le risque résiduel devra être géré par l'industriel, l'incitant de facto à s'équiper en stockage.

https://selectra.info/energie/actualites/marche/fin-cheques-blanc-solaire-reforme-choc-gendarme-energie

Bon, pour l'instant, ce n'est qu'une proposition, qui risque de ne pas plaire à ceux qui voulaient proposer de nouveaux parcs PV dans le cadre de la PPE3. Et qui ne sera que l'objet de tests pour l'instant.

Fyr

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Prix de l'électricité négatifs, une menace pour les producteurs
« Réponse #446 le: Aujourd'hui à 19:40:04 »
ca va peut être rendre plus rentable des projets de stockage "chaud" par forcement sur le site de production solaire. Y a des projets "sodium/sels fondus" qui font de la vapeur pour turbine la nuit. 100kWc faut des batteries monstrueuses.