Je me pose des questions sur ces lobbies (du nucléaire dans ce cas) qui tracent des courbes de prévisions délirantes en précisant qu'ils ne savent rien de ce que sera la consommation dans 10 ou 20 ans.
Et pourtant aussi bien Vincent Berger que l'académie des sciences font référence au scénario retenu par la PPE3, dit scénario A de RTE (et même plus précisément celui de référence, voir tableau ci-dessous, de 2023), qui prévoit une augmentation énorme de la consommation, de 475 TWh en 2019 à 615 TWh en 2035, en disant qu'au contraire on observe une diminution de la consommation, de 6% par rapport à 2015-2019. Le Covid est passé par là, mais on n'a pas rattrapé depuis. Ce scénario s'appuyait sur trois prévisions principales, qui sont toutes les trois en train d'être démenties.
- une forte augmentation des besoins pour les véhicules électriques, +42 TWh avec 40% de voitures électriques en 2035 et 23% de camions électriques. Or les ventes des véhicules électriques sont loin des prévisions (trop chères), et même en baisse. Celles de camions électriques sont inexistantes (on verra ce que donnera le projet de Musk..).
- une forte augmentation des besoins de l'industrie, +46 TWh. Or la consommation là aussi baisse.
- une forte augmentation pour la production de l'hydrogène pour l'électrolyse, +56 TWh. Or ces projets sont en pleine déconfiture (le coût de l'hydrogène par ce moyen est beaucoup plus cher que par les procédés classiques chimiques, reformage, émetteur de C02).
Tout cela montre que ce scénario A pour 2035 est irréaliste. Or c'est celui qui a servi à justifier le déploiement de capacités énormes de photovoltaïque et éolien, subventionnés, qui se retrouvent donc en surcapacité, et nous coûtent très cher, 11.9 milliards d'euros prévus cette année pour le budget public. D'où la demande de revoir ce scénario pour d'autres plus réalistes (on est plutôt sur le C, et encore...).
Et concernant les chiffres de la PPE3, l'académie des sciences pointe justement leur incohérence :
Plus préoccupant encore, le texte s’appuie sur des chiffres incohérents, tout comme sa version précédente, et ce malgré les observations précises formulées par l’Académie des sciences dans son avis de décembre 2024 (5).
Par exemple, en page 11 de cette version révisée de la PPE 36, la consommation d’énergie finale prévue est de 1 243 TWh en 2030 et de 1 100 TWh pour 2035. Or, quelques pages plus loin (page 15, Figure 1), ces valeurs sont respectivement de 1 410 et 1 302 TWh (7). Ce manque de rigueur engendre évidemment des incertitudes multiples, notamment lorsque l’on applique des pourcentages à des valeurs aussi différentes. Un exemple illustre cette incohérence : la même Figure 1 attribue une part de 39 % à la consommation électrique en 2035, soit une demande de 508 TWh8, tandis que, en page 86, après analyse des différents scénarios possibles (Figure 24), il est indiqué que : « le scénario AMS9 final devrait se situer entre 580 et 600 TWh de consommation (électrique) intérieure en 2035 »10. Parmi les valeurs de 429, 508 ou 600 TWh, quel est réellement le niveau de consommation visé pour 2035 ?
En conséquence, l’Académie des sciences considère, à nouveau, qu’il est nécessaire de procéder à une vérification et une correction exhaustives de l’ensemble des chiffres fournis par ce document, suivies d’une réécriture garantissant sa cohérence. Le texte actuel n’est pas à la hauteur des enjeux de l’énergie, d’une importance extrême pour la France et ses citoyens. Il n’a pas non plus le niveau de rigueur attendu d’une production des services de l’État.
https://assets.rte-france.com/prod/public/2023-09/Bilan-previsionnel-2023-synthese.pdf p8 :