Auteur Sujet: Tsunami Japon : Internet a fait preuve d'une résilience supérieure au nucléaire  (Lu 27651 fois)

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vivien

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Tsunami du 11 mars 2011 au Japon : Internet a fait preuve d'une résilience supérieure au nucléaire

Le Séisme d'une magnitude de 9,0 du 11 mars 2011 et le tsunami avec la vague de 10mettre de haut  qui a suivi ont fait de nombreux dégâts, matériel, humain. Les infrastructures d'Internet ont fait preuve d'une bonne résilience. Il n'en va hélas pas de même pour les infrastructures nucléaires...

Petit traceroute entre LaFibre.info et le site internet de la ville de Sendai, la principale ville touchée par le tsunami du 11 mars 2011 :

Les serveurs ne sont probablement pas dans la ville mais nous arrivons au Japon par des câbles sous-marin de télécommunication à fibres optiques et la connectivité Internet est parfaite.

Selon Renesys, une baisse brutale du trafic Internet sur le Japan Internet Exchange, de l'ordre de 25 Gb/s, a été observée au moment du tremblement de terre, mais le trafic est reparti a la hausse. La baisse actuelle du trafic Japonais par rapport à une semaine de référence serait de l'ordre de 10%.


Selon les données des opérateurs télécom du Japon, de nombreux dégâts sont à déplorer sur les infrastructures, notamment dans les villes touchées par le tsunami.
Certains câbles sous-marins de fibre optique posent problème.
- L'APCN-2, un câble qui relie en boucle la Chine, Hong-Kong, la Corée, le Japon, la Malaise, les Philippines, Singapour et Taïwan.
- Le câble entre le Japon et la Corée du Sud appartenant à Korea Telecom (et qui va vers les États-Unis).
- Le PC-1, dont plusieurs segments seraient endommagés selon NTT son propriétaire.
- Le réseau East Asia Crossing de PacNet.
- Les câbles Ouest et Nord qui traversent le Pacifique pour relier l'Asie aux États-Unis seraient hors service.



Selon Telegeography, les principaux dysfonctionnements sont liés aux stations de routage d'Ajigaura et Kitabaraki, deux villes situées sur la côte est, entre Tokyo et Sendai, la principale ville touchée par le tsunami du 11 mars 2011. Selon Stephan Beckart, de l'agence de recherche, il n'y aurait pas de problème sur les stations et câbles du sud de Tokyo : « Tous les opérateurs de câblage qui ont rapporté des pannes ont également des installations dans cette région, donc il ne semble pas y avoir de problème à ce niveau. »




Internet à résisté, et le téléphone ?

Téléphonie mobile. Le mobile est très développé au Japon (taux de pénétration de 94%) et l'accès aux réseaux reste difficile en dehors de Tokyo, et notamment dans les zones rurales. Le séisme a détruit un nombre encore indéterminé d'antennes-relais, coupant l'accès dans les zones touchées par le séisme. Les trois principaux opérateurs ont commencé à déployer ce week-end des antennes mobiles de secours, se connectant au réseau par satellite.

Téléphonie fixe. Les problèmes les plus importants sont causés par la saturation du réseau. Le principal opérateur téléphonique coréen rapporte que juste après le séisme, le nombre d'appels entre son réseau et le Japon, où vit une importante minorité de Coréens, a été multiplié par 91 par rapport au trafic normal.



Sources pour rédiger cet article :
- http://gigaom.com/broadband/in-japan-many-under-sea-cables-are-damaged/ (en anglais)
- http://www.renesys.com/blog/2011/03/japan-quake.shtml (en anglais également)

vivien

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Pour ne pas rester les "yeux sur le guidon" de la fibre optique, boston.com a fait une compilation de photos prises par différents reporters suite au tsunami du 11 mars au japon.

Extraits :


The rubble caused by an earthquake and tsunami fill the landscape in Yamada, Iwate Prefecture, Japan, Monday, March 14, 2011, three days after northeastern coastal towns were devastated by an earthquake and tsunami. (Associated Press/Kyodo News)



A man cycles by a ship at Hachinohe, Aomori Prefecture, northern Japan, Monday, March 14, 2011, three days after a powerful earthquake-triggered tsunami hit Japan's east coast. (Shizuo Kambayashi/Associated Press)



Houses and infrastructures devastated by a strong earthquake and tsunami in Otsuchi, Iwate Prefecture, Monday March 14, 2011. (Associated Press/Kyodo News)

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Vessels float on oil spilled water in Fudai, Iwate, northern Japan Monday, March 14, 201. (Associated Press/Yomiuri Shimbun, Hiroshi Adachi)



An aerial taken on March 14, 2011 during an AFP-chartered flight shows an area destroyed by the tsunami in Sendai in Miyagi prefecture three days after a massive 8.9 magnitude earthquake and tsunami devastated the coast of eastern Japan. (Noboru Hashimoto/AFP/Getty Images)



Houses and infrastructures devastated by earthquake and tsunami in Otsuchi, Iwate Prefecture, Monday, March 14, 2011. (Associated Press/Kyodo News)

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People walk a road between the rubble of destroyed buildings in Minamisanriku town, Miyagi Prefecture, northern Japan, Monday, March 14, 2011. (The Yomiuri Shimbun, Tsuyoshi Matsumoto/Associated Press)



People use temporary phones set up for residents at the Natori City Hall in Natori, Miyagi Prefecture on March 14, 2011. (Toru Yamanaka/AFP/Getty Images)



A car sits atop another in an area affected by an earthquake and tsunami in Miyako, Iwate prefecture March 14, 2011. (Aly Song/Reuters)

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A man walks along a road lined with debris at Onagawa town in Miyagi prefecture on March 14, 2011. (Jiji Press/AFP/Getty Images)



A pleasure boat sits on top of a building amid a sea of debris in Otsuchi town in Iwate prefecture on March 14, 2011. (Yomiuri Shimbun/AFP/Getty Images)



People search a boat that was washed inland that lays in the rubble in Rikuzentakata, northern Japan, March 14, 2011. (Toru Hanai/Reuters)

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A Japanese rescue worker walks through a destroyed residential area of tsunami-hit Otsuchi March 14, 2011. (Damir Sagolj/Reuters)



A survivor pushes his bicycle through remains of devastated town of Otsuchi March 14, 2011. (Damir Sagolj/Reuters)



A photograph amidst rubble in Higashimatsushima City, Miyagi Prefecture in northern Japan, March 14, 2011. (Reuters/Kyodo News)

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A Japanese man walks through a destroyed residential area of tsunami-hit Otsuchi March 14, 2011. (Damir Sagolj/Reuters)



A Japanese rescue team member walks through the completely leveled village of Saito in northeastern Japan Monday, March 14, 2011. (David Guttenfelder/Associated Press)



Debris is strewn across a large area of land in Natori City, Miyagi prefecture on March 14, 2011. (Mike Clarke/AFP/Getty Images)

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A boy walks through the rubble in Rikuzentakata, northern Japan, March 14, 2011. (Toru Hanai/Reuters)



Still images from video footage March 14, 2011, shows the explosion at Fukushima Daiichi nuclear power complex. A hydrogen explosion rocked a crippled nuclear power plant in Japan on Monday where authorities have been scrambling to avert a meltdown following Friday's massive earthquake and tsunami. (NTV via Reuters TV/Reuters)


Explosion d'hydrogène à la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, suite au tremblement de terre qui a ravagé le pays le 11 mars 2011. (AFP PHOTO / HO / NHK)


Gigantesque feu à la raffinerie d'Ishihara.


L'aéroport de Sendai a été inondé par les eaux du tsunami.


Un feu s'est déclaré dans plusieurs centrales électriques, dont celle d'Ishihara.


Les chaînes de télévision japonaises ont diffusé en direct le tsunami qui a suivi le tremblement de terre.

vivien

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Photos avant / après le Tsunami vu du ciel :


Images provided by GeoEye show an area of Natori, Japan on April 4, 2010, left, and March 12, 2011. (GeoEye/Associated Press)



Images provided by GeoEye show the Arahama area of Sendai, Japan on April 10, 2010, left, and March 12, 2011. (GeoEye/Associated Press)



Images provided by GeoEye show an area of Yuriage near Miyagi Prefecture, Japan on April 4, 2010, left, and March 12, 2011. (GeoEye/Associated Press)

vivien

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Pour faire le point sur la situation Nucléaire au Japon (accident de la centrale de Fukushima), Internet fournit de précieuses sources d’informations (et en français) :

- L'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) qui publie des communiqués fréquents et clairs.
- L'institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), qui est un établissement public français
- la page Wikipedia sur les accidents nucléaires de Fukushima
- Association pour le Contrôle Radioactivité dans l'Ouest (ACRO)
- Commission de  Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD)
- Réseau sortir du nucléaire
- Surveillance de la radioactivité de l'air en France Données du réseau Téléray
- Bousai, qui donne des indications sur les niveaux de radiations relevés au Japon.
- TEPCO, l'exploitant de la centrale de Fukushima (équivalent EDF)

corrector

  • Invité
L'Internet, c'est un ensemble de liens indépendants qui sont utilisés par des opérateurs indépendants mais qui collaborent pour tisser un réseau global. Quand une fibre est défaillante, un opérateur peut utiliser une autre fibre d'un même câble. Si tout le câble est sectionné, l'opérateur peut avoir d'autres câbles, et il peut passer par d'autres opérateurs.

Cela n'est pas neutre en terme de latence et de débit, mais il y a quand même beaucoup (assez pour que le réseau ne s'effondre pas sous la demande) même en cas de pannes.

Une centrale c'est une série de systèmes interconnectés, redondants, secourus sur un même site, notamment pour fournir la puissance électrique nécessaire aux équipements de secours :
- alimentation par l'alternateur lui-même
- alimentation par les autres alternateurs
- alimentation par le réseau électrique très haute tension
- plusieurs générateurs diesels de secours
- batteries pour assurer le relais le temps de démarrer les générateurs de secours tout en maintenant les systèmes indispensables

Lorsque le tremblement de terre arrive c'est toutes les installations de la centrale qui sont affectées; quand le tsunami arrive, il attaque le bâtiment des turbines et les autres bâtiments non renforcés servant aux réacteurs 1 à 4 en même temps.

J'ai lu quelque part que le diesel même avait été contaminé par de l'eau de mer; en tout cas, les équipements de secours électriques n'ont pas résisté au tsunami. Les pompes des réacteurs 1, 2 et 3 se sont donc arrêtées.

Si on veut en tirer une observation analogue pour la fiabilité d'un centre informatique, c'est que quelque soit le niveau de redondance :
- de l'alimentation électrique
- de la climatisation
- des câbles réseaux
- des switchs
- des volumes en RAID 1, RAID 5, RAID 51...
- des serveurs virtuels en équilibrage de charge
le tout avec détection des pannes, équilibrage automatique, matériel en spare, remplacement à chaud... en multipliant les probabilités de panne des équipements redondants sur une période donnée (période suffisante pour remplacer un équipement en panne dans le pire des cas), la probabilité des pannes comme évènements indépendants multiples peut être réduite au point d'être négligeable ... mais à un moment on ne peut plus se contenter de multiplier des probabilités, parce que la probabilité d'un évènement impactant tous les équipements devient prépondérante : incendie, inondation, tremblement de terre...

Il vaut mieux avoir, assez loin pour ne pas être impacté en même temps, un site informatique de secours synchronisé et capable de prendre le relais pour maintenir un service critique.

octal

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une petite liste pas très cool



Des déchets radioactifs ont été volontairement déversés dans une cinquantaine de sites marins répertoriés sur cette carte. Mais c'est surtout l'Atlantique nord qui a servi de poubelle aux Etats.

Nous possédons peu de données sur les accidents en mer impliquant des matières nucléaires, secret militaire oblige. Voici néanmoins la liste de ceux que vient de recenser - pour la première fois - l'AIEA, avec toutes les imprécisions qui subsistent sur les quantités de radioactivité rejetées, la localisation précise et parfois même sur le nom du sous-marin coulé.

  • Mutsu (1er septembre 1974). Fuite de radiations (neutrons), sur ce cargo japonais à propulsion nucléaire, due à des défauts de structure, à 800 km à l'est de Shiriyazaki.
  • Avion américain B-36 (13 février 1950) équipé d'une arme nucléaire, perdu au large de Puget Sound.
  • Avion américain (10 novembre 1950) perdu, avec des armes nucléaires à bord, quelque part sous la mer en dehors des Etats-Unis.
  • Avion américain B-36 (18 mars 1953) perdu, avec des armes nucléaires à bord; au large de Terre-Neuve.
  • Avion américain B-47 (10 mars 1956) perdu, avec deux capsules de matières radioactives, en Méditerranée.
  • Avion américain B-47 (5 mars 1958) équipé d'une arme nucléaire, perdu au large de la Géorgie.
  • Avion de chasse américain F 102 (mi 1960) équipé d'un missile nucléaire, perdu dans la baie de Haiphong,
  • Missile intercontinental américain (ICBM Thor Rocket) (4 juin 1962) tombé en mer près de l'île Johnston, lors d'un tir d'essai.
  • Missile intercontinental américain (ICBM Thor Rocket) (20 juin 1962) tombé en mer près de l'île Johnston, lors d'un tir d'essai.
  • Thresher (10 avril 1963), sous-marin américain SSN-593 coulé à 100 milles à l'est du Cap Cod par 2 590 m de profondeur, et qui a éclaté. Son réacteur nucléaire représente une radioactivité de l 147 000 giga becquerels.
  • Transit 5 BN-3 (21 avril 1964), satellite américain tombé au nord de Madagascar. Son générateur nucléaire SNAP-9A au plutonium 238 représente une radioactivité de 630 000 gigabecquerels
  • Avion américain (5 décembre 1965) qui, mal calé, est tombé du pont du porte-avions Ticonderoga à la suite d'un coup de roulis et a coulé à 5000 m de profondeur au large du Japon. Il était équipé d'une arme nucléaire.
  • 4 bombes nucléaires (17 janvier 1966) perdues par un avion américain B-52 à 5 milles de Palomares en Espagne, dont une en mer qui a été récupérée par 914 m de fond.
  • 4 armes nucléaires (21 janvier 1968) perdues par un avion B-52 sur la banquise près de Thulé. Une partie seulement du plutonium répandu a été récupérée.
  • Scorpion (entre le 21 et le 27 mai 1968), sous-marin américain SSN-589, perdu à 400 milles (740 km) au sud-ouest des Açores par plus de 3 3 000 m de profondeur et qui a éclaté. Son réacteur nucléaire représente une activité de 1295 000gigabecquerels,
  • Nimbus B-1 (18 mai 1968), satellite américain tombé à 100 m de profondeur, près de Santa-Barbara, avec son générateur nucléaire SNAP-19. A été récupéré.
  • Générateur SNAP-27 (11 avril 1970) contenant 1650 000 gigabecquerels de plutonium 238 et appartenant à un module de la mission Apollo tombé au sud des îles Fidji, par 6 000 m de profondeur.
  • Missile Phoenix (14 septembre 1976) perdu par un avion de chasse américain F-14 et récupéré à 75 milles des côtes écossaises.
  • Missile de croisière américain (25 février 1986), dans la mer de Beaufort.
  • Mont-Louis (5 août 1984), cargo français transportant 30 containers d'hexafluorure d'uranium, entré en collision avec un car-ferry britannique. La cargaison, représentant environ 6 000 millions de becquerels, fut récupérée deux mois plus tard, par 25 m de profondeur.
  • Sous-marin soviétique (11 avril 1968) perdu avec 5 armes nucléaires, à 750 milles au nord-ouest de l'île Oahu (Hawaii)
  • Sous-marin soviétique (1968) perdu dans le nord-est de l'Atlantique, avec 4 armes nucléaires.
  • Sous-marin soviétique (10 janvier 1970) perdu en baie de Naples avec des torpilles nucléaires.
  • Sous-marin soviétique (12 avril 1970) perdu dans le nord-est de l'Atlantique, avec 4 armes nucléaires.
  • Kashin Class (septembre 1974), destroyer soviétique perdu en mer Noire avec des armes nucléaires.
  • Sous-marin soviétique (juin 1983) perdu au large du Kamtchatka, avec 8 armes nucléaires.
  • Cosmos-1402 (7 février 1983), satellite soviétique avec un réacteur nucléaire d'une radioactivité estimée à 1000 000 de gigabecquerels, tombé à 1600 km à l'est des côtes brésiliennes.
  • Sous-marin soviétique (4 octobre 1986) équipé d'armes nucléaires, coulé à 1000 km au nord-est des Bermudes par 5 000 m de fond.
  • Komsomolets (7 avril 1989), sous-marin soviétique avec des armes nucléaires, coulé, à la suite d'un feu à bord, près des côtes norvégiennes, à 180 km au sud-ouest de l'île de Medvezhy, par 1 500 m de fond. Les Soviétiques espèrent le renflouer.
  • HMS Sheffield (10 mai 1982), destroyer britannique coulé par un missile Exocet de la marine argentine, au large des îles Falklands.
  • HMS Resolution (19 mai 1985). Ce sous-marin britannique a perdu un missile Polaris non équipé, d'après les Britannique d'une tête nucléaire, au cours d'un essai ou d'une fausse manoeuvre, au large de la Floride. Doit-on croire les Britanniques?

http://atomicsarchives.chez.com/tcherno_sous_marin.html#ancre257554

bonne lecture :-X

 

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