Auteur Sujet: Marchés du haut et du très haut débit fixe : Orientations de l'ARCEP  (Lu 9555 fois)

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Kaelhan

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Voici le communiqué publié par l'ARCEP pour "dynamiser" le secteur du très haut débit fixe : (pièce jointe dans le message)
Dynamiser la concurrence, accélérer la migration des abonnés

Trois consultations publiques* menées ces derniers mois ont permis à l'Arcep d'affiner et d'enrichir sa réflexion sur l'état et les besoins du marché fixe. En cohérence avec les conclusions de sa revue stratégique, l'Arcep publie aujourd'hui un document de synthèse qui vient préciser les principaux enseignements qu'elle en a retenus. Ces orientations ont pour objectif d'éclairer les acteurs du marché, en anticipation du lancement prochain des consultations sur les analyses de marchés qui fixeront le cadre de régulation jusqu'en 2020.

Dans ce document, l'Arcep dessine sa vision du marché et identifie les enjeux de la régulation pour les prochaines années. Son ambition est d'adapter la régulation aux objectifs clés identifiés : accélérer l'investissement sur l'ensemble des territoires et avoir une action ciblée sur les marchés des services aux entreprises.

Inciter à l'investissement dans le très haut débit et favoriser la numérisation des entreprises françaises

L'Arcep prend acte et se félicite de l'effort d'investissement porté par Orange. Cette dynamique doit maintenant se généraliser à l'ensemble des acteurs du marché. L'autorité veillera, par son action, à prévenir tout comportement d'obstruction de la part d'Orange, soit vis-à-vis des autres opérateurs dans les investissements dans les réseaux FTTH, soit dans la migration des réseaux haut-débit vers les réseaux à très haut débit.

Sur le marché " entreprises ", l'Arcep proposera une série de mesures de régulation pour accroitre l'offre de services de " qualité renforcée " à destination des entreprises sur les réseaux FttH, créer les conditions de l'èmergence de nouveaux acteurs d'infrastructures dédiées aux entreprises, et prévenir de potentiels obstacles à la dynamique concurrentielle.

Prochaine étape : publication des projets de décisions d'analyse des marchés fixes pour consultation publique

Sur la base de ces orientations, l'Autorité lancera dans un mois des consultations publiques sur les trois projets de décisions d'analyse des marchés fixes (marchés de fourniture en gros de l'accès local " marché 3a ", de l'accès central généraliste " marché 3b " et de l'accès de haute qualité " marché 4 "). Ces projets seront ensuite transmis pour avis à l'Autorité de la concurrence, conjointement avec les réponses formulées par les acteurs du marché lors de la consultation publique.

Après prise en compte de ces retours, les projets de décision seront soumis à une nouvelle consultation publique, puis notifiés à la Commission européenne.
« Modifié: 10 janvier 2017 à 09:24:06 par Nico »

Kaelhan

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Marchés du haut et du très haut débit fixe : Orientations de l'ARCEP
« Réponse #1 le: 10 janvier 2017 à 08:16:47 »
La réponse de Pierre Louette trouvée sur challenges.fr :
Interrogé, le directeur général délégué de l'opérateur, Pierre Louette, a rappelé que l'ensemble des opérateurs étaient "sur la même ligne de départ, nous avons simplement fait le job", et que le retard était dû à celui pris "dans les mesures d'accompagnement de la fibre" par le régulateur.
En Espagne, il y a eu un très fort allègement de la réglementation, qui a permis d'aller très vite dans le déploiement, qu'on commence à voir en France. Paradoxalement, face au retard, on nous reproche de prendre de l'avance. Nous ne sommes pas comptables des décisions prises par nos concurrents, à l'origine", a ajouté M. Louette. La France est lancée dans un vaste plan de couverture totale du territoire en très haut débit fixe et mobile, via le déploiement d'un réseau 4G par les quatre opérateurs, Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free, et d'un réseau fibre très haut débit, avec investissements privés et publics, selon les zones de densité, avec un objectif de couverture totale d'ici 2022.
(src : http://www.challenges.fr/high-tech/telecoms/l-arcep-veut-durcir-la-regulation-de-la-fibre-sur-orange-pour-aider-ses-concurrents_446921)
« Modifié: 10 janvier 2017 à 09:24:13 par Nico »

Kaelhan

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Marchés du haut et du très haut débit fixe : Orientations de l'ARCEP
« Réponse #2 le: 10 janvier 2017 à 08:23:29 »
L'interview de S.Soriano (président de l'ARCEP) dans Les Echos du jour :
Quels sont vos voeux pour 2017 ?

J'aimerais que cette année soit l'occasion d'un nouvel élan pour le secteur, plutôt que celle de la stagnation ou du surplace. Aujourd'hui, la nécessité absolue, c'est de renouer avec les investissements. J'ai bien conscience que les opérateurs font déjà beaucoup, mais on est en train de changer d'échelle. La connectivité est devenue essentielle. Or, en termes de couverture du territoire, on n'est pas au niveau : le classement de la France est désastreux dans le très haut débit et en 4G. Il faut mettre les bouchées doubles !

Les télécoms investissent déjà 8 milliard par an, il faudrait faire combien selon vous ?

En juin, j'ai fixé un objectif : que les opérateurs construisent 10.000 nouveaux sites 4G dans les trois ans. Aujourd'hui, on en a 65.000. Ce serait une première accélération. Est-ce que ce sera suffisant ? Il faut d'abord mieux savoir de quoi l'on parle. La publication par les opérateurs de leurs cartes de couverture mobile du territoire va offrir des données comparables et permettre de sortir du dialogue de sourds entre opérateurs d'un côté et élus et consommateurs, de l'autre. J'entends beaucoup d'opérateurs parler de convergence avec les médias, mais l'investissement dans les réseaux doit rester la priorité.

Donc quand Orange se montre potentiellement intéressé pour racheter Canal+, cela ne vous plaît pas ?

Je ne veux pas dicter leur stratégie aux opérateurs. Si Orange se développe dans la banque, et SFR dans les médias, c'est leur droit. Mais il ne faut pas se tromper de boussole. La 5G, par exemple, il faut la préparer dès aujourd'hui. Ma crainte, c'est que par effet de mode, les opérateurs télécoms soient moins focalisés sur les réseaux.

Si Orange et Bouygues Telecom avaient trouvé un accord pour fusionner en 2016, on serait passé de quatre à trois opérateurs et ils auraient eu plus de moyens pour investir...

Peut-être, mais ils auraient surtout eu bien moins d'incitation à le faire que dans un système à quatre ! La concurrence oblige aussi à investir. Aujourd'hui, le rôle du régulateur que nous sommes, c'est d'aider à relancer les investissements dans un monde à quatre opérateurs télécoms, en faisant que la concurrence ne se fasse pas que sur les prix.

C'est Orange qui investit le plus dans les réseaux. Or, les nouvelles obligations que vous lui imposez pourraient le décourager...

C'est tout le contraire : la concurrence est un puissant stimulant pour un opérateur historique. Il ne s'agit pas de mettre des bâtons dans les roues d'Orange, mais d'attaquer les derniers bastions de son monopole , que sont le marché entreprise et la boucle locale fixe. J'assume un renforcement ciblé de la régulation d'Orange qui est, il est vrai, plus important que ce que nous avions imaginé il y a quelques mois. Notre logique n'est pas toujours plus de régulation, mais de déplacer la régulation sur les sujets qui le méritent.

Réguler Orange dans la fibre n'est-ce pas donner raison à ses concurrents qui l'accusent de vouloir reconstruire un monopole ?

Aujourd'hui, Orange est en avance car il a déployé la fibre plus vite dans les zones denses. Inversement, sur le reste du territoire, il n'a pas forcèment intérêt à faire migrer ses abonnés ADSL vers la fibre. Au total, il y a un risque qu'Orange n'impose son rythme . Or on ne peut pas se permettre qu'un opérateur décide pour l'ensemble du marché. L'Arcep prône une accélération car, au rythme actuel, il faudra vingt ans pour que tous les abonnés ADSL migrent vers la fibre ! Pour accélérer, il faut que tous les opérateurs montent à bord. C'est pourquoi dans les zones denses, là où les opérateurs se plaignent d'avoir du mal à rentrer dans les immeubles, Orange va avoir l'obligation de les aider à se raccorder.

Vous allez donc mettre à exécution votre projet contesté d'augmenter le prix du réseau de cuivre qu'Orange loue à ses concurrents afin d'accélérer la bascule vers la fibre ...

On continue à penser que cet instrument est intéressant, mais on a décidé de ne pas l'utiliser aujourd'hui. Bouygues Télécom, Free et SFR m'ont indiqué qu'ils allaient consacrer des investissements importants à la fibre. Si on a une accélération sans avoir à jouer sur le prix du cuivre, tant mieux. Je les invite à clarifier publiquement leurs intentions. Si les investissements ne sont pas au rendez-vous ou la migration ne se fait pas assez vite, nous pourrions passer à l'acte et mettre l'arme à exécution.

Et dans les zones moins denses, faut-il revenir aussi sur les accords passés de co-financement entre Orange et SFR ?


Les deux opérateurs se sont partagés la couverture du territoire lors d' un accord signé en 2011 . La répartition est environ de 80% pour Orange et de 20% pour SFR. À l'époque, SFR n'était pas spécialement motivé pour faire plus. Mais l'actionnaire, les ambitions et la stratégie de l'opérateur ont changé. Ils veulent aller plus vite. Ce serait kafkaïen de les bloquer ! J'invite les acteurs à aller vers un partage plus équilibré, en accord avec l'Autorité de la concurrence et le gouvernement, pour permettre une accélération du déploiement de la fibre.

Dans les zones peu denses, où le déploiement de la fibre est parfois compliqué, faut-il songer à d'autres initiatives ?

Le plan France Très haut débit permet de déployer efficacement la fibre dans ces territoires. Mais cela coûte parfois très cher et peut même se révéler impossible dans certaines zones au relief accidenté. On doit pouvoir proposer d'autres alternatives pour les collectivités locales que les seuls réseaux filaires. Il y a le satellite bien sûr. Mais on peut aussi utiliser la même technologie que la 4G pour faire du fixe. C'est pourquoi nous proposons de débloquer 40 MHZ de spectre dans la bande de fréquences des 3,5 GHz afin d'offrir du très haut débit avec la technologie LTE en zone rurale. Des tests concluants ont été menés l'an dernier avec certaines collectivités. Ces fréquences pourraient être accessibles dès l'été 2017.

Comment accélérer le déploiement du très haut débit dans les entreprises, moins bien loties que le grand public ?

Le marché entreprises est le maillon faible de la régulation. Nous devons donc nous y attaquer sérieusement. Car la connectivité des entreprises est cruciale pour leur numérisation et donc pour l'économie de la France. Il faut profiter du déploiement en cours des réseaux FTTH pour développer un marché de masse de la fibre pour les TPE et les PME. Aujourd'hui, il existe des offres d'infrastructures sur mesure, qui répondent bien aux besoins des grands groupes. Mais elles sont trop chères et parfois trop complexes. La plupart des entreprises n'ont pas besoin d'infrastructures dédiées, mais simplement d'un service de qualité et accessible. On doit pouvoir diviser par cinq par rapport au prix des offres actuelles. Les patrons de PME ont parfois l'impression d'être pris pour des imbéciles. Même si cela prendra du temps, il faut sortir de l'impasse.

Le déficit de concurrence sur ce marché n'est-il pas la source de ces problèmes ?


Les services aux entreprises pèsent environ un tiers du marché des télécoms en France. Il faut évidemment plus de concurrence. Aujourd'hui, Orange contrôle autour de 60% de ce marché. Il faut d'abord renforcer le numéro deux, SFR. Mais deux, ce n'est pas assez non plus, car il existe aussi une multitude de petits opérateurs spécialisés dans les télécoms pour entreprises qui peuvent apporter de l'innovation et de la créativité sur le marché. Il faut qu'ils puissent avoir davantage accès aux infrastructures des opérateurs de réseau. C'est pourquoi il faut favoriser l'èmergence d'un troisième acteur d'infrastructure, qui ouvre son réseau. La stratégie de Kosc, qui vient d'arriver sur le marché, est par exemple intéressante. L'Arcep entend bien faire bouger les lignes sur ce marché essentiel.
(src : http://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/0211673730228-s-soriano-les-operateurs-telecoms-doivent-mettre-les-bouchees-doubles-dans-les-investissements-2055697.php)
« Modifié: 10 janvier 2017 à 09:24:20 par Nico »

Kaelhan

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Marchés du haut et du très haut débit fixe : Orientations de l'ARCEP
« Réponse #3 le: 10 janvier 2017 à 16:36:26 »
L'interview de Pierre Louette d'Orange au journal Le Monde :
Sébastien Soriano, le patron de l’Arcep, le gendarme des télécoms, a expliqué aux Echos, mardi 10 janvier, vouloir mieux encadrer Orange dans la fibre. Pierre Louette, son directeur général délégué, chargé de la régulation, répond.
L’Arcep vous reproche d’avoir une position trop dominante dans la fibre. Que lui répondez-vous ?

Ce reproche nous paraît très injuste et fondé sur une erreur d’analyse. Le régulateur communique de façon excessive. Il ne faut pas jouer avec des entreprises cotées en Bourse. Entre 2015 et 2018, nous aurons investi 4,5 milliards d’euros dans la fibre. Faut-il que l’on arrête ? Plutôt que d’évoquer notre supposé monopole, il faudrait plutôt parler des erreurs stratégiques et des errements de nos concurrents. Iliad s’est lancé dans la fibre en 2007 en même temps qu’Orange. Quand nous avons commencé à nous déployer dans les zones très denses, tout le monde pouvait le faire. SFR, qui a connu plusieurs actionnaires, a changé d’avis. Nous ne sommes pas responsables de l’impéritie de nos concurrents. Depuis, ceux qui le souhaitent, peuvent se rattraper. Iliad a cofinancé la construction de 5 millions de prises haut débit FTTH. Ceux qui ne l’ont pas fait sont évidemment très en retard.

Le régulateur propose aussi, comme le demande SFR, de revoir les accords de cofinancement dans les zones moins denses. Qu’en pensez-vous ?
Je rappelle que ces accords, qui prévoient qu’Orange déploie la fibre sur 80 % de ces zones, contre 20 % pour SFR, avaient à l’époque reçu la bénédiction de l’Autorité de la concurrence et du gouvernement auquel le président de l’Arcep appartenait. Je ne suis pas particulièrement favorable à la révision de ces accords. Tout à coup, SFR, qui était concentré sur son réseau câblé, trouve des vertus à fibre. Je ne suis pas comptable de ce changement de pied. Cela va être difficile d’aller dire à un tas de communes que, finalement, on ne va pas leur installer la fibre.

L’Arcep veut aussi réguler Orange sur le marché des entreprises…

L’Arcep n’est-elle pas trop volontariste par rapport au rythme des entreprises ? Nous sommes en pourparlers avec l’opérateur Kosc et très confiants dans notre capacité à signer prochainement un contrat avec eux. Il y aura ainsi, comme le souhaite le régulateur, un nouvel opérateur de gros sur le marché.

En zones rurales, des opérateurs vous reprochent de commercialiser uniquement les offres sur votre réseau…

Naturellement, nous sommes le primo-accédant à notre réseau. Mais il n’est pas fermé. Il est vrai que cela coûte de l’argent de commercialiser une offre de détail sur le réseau d’un autre opérateur. C’est un choix d’entreprise. Quant au fait de proposer des « offres activées » (prêtes à l’emploi) aux autres opérateurs, cela n’est pas imposé par l’Arcep. Cela demanderait d’ailleurs pas mal d’investissement complèmentaire dont l’utilité est a priori très marginale.

L’Arcep reproche aux opérateurs d’être en retard dans le déploiement du très haut débit. Est-ce justifié ?

Il faudrait savoir : nous investissons trop ou pas assez ? C’est l’Europe en général qui a pris du retard. L’Espagne, en revanche, a de l’avance, grâce à une simplicité administrative et à des coûts peu élevés. En France, la loi Lemaire promulguée en 2016 propose des simplifications administrative. Nous avons été plus lents, et je remarque que celui qui nous le reproche aujourd’hui était conseiller du ministre [chargé du plan très haut débit – M. Soriano était directeur de cabinet de Fleur Pellerin, ministre déléguée du numérique de 2012 à 2014]. C’est bizarre de critiquer une politique à laquelle on a contribué.

(src : http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/01/10/fibre-orange-n-est-pas-responsable-de-l-imperitie-de-ses-concurrents_5060332_3234.html)
J'ai appris le mot impéritie que je ne connaissais pas  :D
« Modifié: 10 janvier 2017 à 16:52:17 par Nico »

Philoutix

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« Réponse #4 le: 11 janvier 2017 à 09:44:58 »



Nico

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« Réponse #5 le: 11 janvier 2017 à 10:01:03 »
N'hésite pas à héberger les images sur le forum ("Fichiers joints et autres options…" en bas de chaque post) pour la pérennité.

Philoutix

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« Réponse #6 le: 11 janvier 2017 à 10:14:50 »
Ok, je fais pour la prochaine fois  :)

En attendant réaction de Stéphane Richard en interne Orange. Il intervient demain matin chez Stéphane Soumier sur BFM Business. Toujours intéressant de mettre le régulateur face à ses incohérences.

L’Arcep, le régulateur des télécoms en France, a déploré dans un interview à la presse, le retard de la France dans la 4G et le très haut débit fixe et a dénoncé la faiblesse des investissements de la part des opérateurs télécoms. Nous avons souhaité recueillir à chaud l’avis de Stéphane Richard sur ces déclarations.

1/ Stéphane Richard, l’Arcep estime qu’en France, les opérateurs télécoms doivent mettre les bouchées doubles dans les investissements. Qu’en pensez-vous ?

Je suis tout d’abord très étonné des commentaires du président de l’Arcep, à la fois sur le fond et sur la forme. En ce qui concerne Orange, les investissements dans les réseaux, partout où nous sommes présents et en particulier en France, qu’ils soient fixes ou mobiles, sont au cœur de notre stratégie. Comme je l’avais annoncé au lancement d’Essentiels2020, nous prévoyons de dépenser, sur la période 2015-2018, pas moins de 4,5 Milliards d’Euros uniquement dans la fibre. Sur la même période, 5 Milliards d’Euros seront dédiés aux réseaux mobiles, dont 1,5 Milliard d’Euros à la 4G.

En France, grâce à nos investissements, nous sommes leader à la fois sur la fibre, avec plus de 1,3 million de clients, et sur la 4G, avec plus de 10 millions de clients à fin septembre 2016. Pour répondre aux attentes de nos clients, nous sommes présents là où ils en ont le plus besoin. Depuis le début de l’année 2016, nous accompagnons par exemple nos clients pendant leurs vacances au ski avec la couverture en 4G de 100% de la ligne de TGV Paris-Lyon et de 73 stations de ski. Et presque un an après, ces zones ne sont toujours pas couvertes en 4G par nos concurrents. A fin 2017, nos actions devraient nous permettre de couvrir 93% de la population en 4G.

J’en profite d’ailleurs pour remercier les femmes et les hommes d’Orange qui sont au cœur de ces réalisations.

Donc, si la France est en retard dans le déploiement du très haut débit fixe et mobile, ce n’est en aucun cas du fait d’Orange.


2/ Mais le mauvais classement de la France face à d’autres pays dans le très haut débit fixe et mobile est une réalité. Comment l’expliquez-vous ?

Force est de constater qu’au niveau européen – je parle là de tous les opérateurs télécoms présents sur ce marché - le montant d’investissements dans les réseaux par habitant est deux fois inférieur à ce qu’il est aux Etats-Unis, ce qui explique en grande partie notre dépositionnement dans le déploiement des réseaux de nouvelle génération.

C’est bien entendu le résultat de conditions de marché très différentes aux Etats-Unis – avec 3 opérateurs et une réglementation plus souple - alors que l’Europe pâtit d’une pression concurrentielle très forte qui limite la capacité d’investissement de chacun.


Je note qu’en Espagne, un des rares pays d’Europe où le cadre réglementaire est favorable à l’investissement, où les coûts de déploiement sont peu élevés et les procédures simplifiées, la fibre s’est massivement développée, notamment sous l’impulsion d’Orange.

3/ Que va-t-il se passer en écho à ces réflexions du régulateur ?

Nos investissements demeurent de très loin les plus élevés du marché. Sans oublier que nous déroulons sans relâche le levier connectivité d’Essentiels2020, et ce dans les zones denses comme dans les zones moins denses. Nous avons par ailleurs annoncé en juin 2016 une accélération de notre déploiement en zones rurales au travers du programme Orange Territoires Connectés, dans un cadre réglementaire stabilisé, cadre que l’ARCEP souhaite modifier quelque mois après.

Nous allons donc mener le combat pour obtenir les aménagements les plus limités et les moins pénalisants possibles pour Orange.

Et nous continuerons notre route, avec des réseaux de qualité dont la seule ambition est d’offrir à nos clients une expérience incomparable.

Hammett

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Marchés du haut et du très haut débit fixe : Orientations de l'ARCEP
« Réponse #7 le: 11 janvier 2017 à 11:01:14 »
Trop ou pas assez de régulation ? Telle est la question...Mais on peut imaginer qu'un compromis sera trouvé.

En attendant au 30/09 Free avait quand même 4 millions de prises "commercialisables", Bouygues 1,7 millions. En quoi la régulation actuelle a empêché le déploiement pour Free et Bouygues Telecom ? SFR est un cas à part ! Quelle est la réalité derrière ces chiffres ? Info ou intox ?

Ce qui est vraiment surprenant dans l'interview de Sebastien Soriano est cela : "Je ne veux pas dicter leur stratégie aux opérateurs. Si Orange se développe dans la banque, et SFR dans les médias, c'est leur droit. Mais il ne faut pas se tromper de boussole. La 5G, par exemple, il faut la préparer dès aujourd'hui. Ma crainte, c'est que par effet de mode, les opérateurs télécoms soient moins focalisés sur les réseaux."

En quoi le développement dans la banque et/ou les médias empêche les investissements dans les réseaux ? A ce journ, sur quels chiffres peut-on affirmer cela ? Sur le fond, est-ce vraiment dans les attributions du régulateur d'être aussi direct ?
 

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l'Arcep va serrer la vis à Orange pour favoriser la concurrence sur la fibre
« Réponse #8 le: 11 janvier 2017 à 11:23:39 »
Le régulateur entend notamment de permettre à la concurrence de mieux accéder aux infrastructures de l'opérateur historique, en position dominante sur le FTTH.
L'Arcep entend donner plus d'air au marché de la fibre optique où Orange est dominant à travers ses investissements massifs. Le régulateur a ainsi annoncé une série d'orientations durcissant à terme la régulation sur l'opérateur. Il s'agit notamment de permettre à la concurrence de mieux accéder aux infrastructures de l'opérateur historique.

Cette accélération (des investissements, NDLR) a doté Orange d'une avance importante, avec environ les trois quarts de part de marché", explique l'Arcep qui, pour y remédier, veut "apporter une attention particulière" à l'obligation faite à l'opérateur historique de donner "accès aux infrastructures" afin de permettre "aux opérateurs alternatifs d'animer le marché du détail".

Il s'agit pour l'Arcep de "généraliser cette dynamique (d'investissement) à l'ensemble des acteurs du marché" en prévenant "tout comportement d'obstruction de la part d'Orange, soit vis-à-vis des autres opérateurs dans les investissements dans les réseaux FTTH, soit dans la migration des réseaux haut-débit vers les réseaux à très haut débit".

Concrètement, Orange pourrait devoir vendre à ses concurrents ses capacités en fibre non utilisées, en amont de la connexion aux immeubles, ou être obligé de donner accès à ces immeubles aux autres opérateurs "sans barrière de prix à l'entrée", via les infrastructures présentes, notamment les colonnes montantes, qu'il a pu y installer.

Dans le marché B2B, des décisions ont déjà été prises. En juillet dernier, l'Autorité a mis en demeure Orange sur la question de l'accès à ses infrastructures de génie civil dans le cadre de déploiements fibre pour les entreprises.

Les conditions d'accès doivent être les mêmes pour Orange et ses concurrents. Or, "l’instruction a notamment permis de mettre en évidence que la branche de détail d’Orange, dans le cadre du déploiement de son réseau en fibre optique pour les entreprises, ne recourrait pas aux mêmes processus et interfaces de commande que les opérateurs alternatifs". Rappelons qu'en décembre dernier, l'Autorité de la concurrence lui infligeait 350 millions d'euros d'amende pour avoir profité de cette position dominante et pour avoir freiné abusivement le développement de la concurrence dans le secteur.

Aujourd'hui,  l’Arcep proposera une série de mesures de régulation pour accroître l’offre de services de « qualité renforcée » à destination des entreprises sur les réseaux FTTH, créer les conditions de l’èmergence de nouveaux acteurs d’infrastructures dédiées aux entreprises, et prévenir de potentiels obstacles à la dynamique concurrentielle. Alors que les télécoms (à travers la fibre) deviennent un levier central pour la transformation numérique des entreprises et notamment des PME, on observe un vrai décalage entre le monde pro et le marché de masse, un décalage mis en avant par l'Arcep dans son dernier Observatoire sur les télécoms B2B.

Il s'agira aussi de renforcer la concurrence en accordant un meilleur accès aux infrastructures aux petits opérateurs régionaux, qui travaillent avec les entreprises.

Le régulateur souligne ainsi que "d’une manière générale, les entreprises sont, en proportion, deux fois moins raccordées en fibre optique que la clientèle résidentielle : le nombre d’accès en fibre optique représente 7% de l’ensemble des accès souscrits par les entreprises contre 16% chez les particuliers.

"A l'Arcep, nous avons une conviction profonde : deux acteurs, ce n'est pas assez. Nous ne croyons pas au duopole. Pourquoi ? Parce que cette situation ne permet pas d'entretenir une dynamique d'investissement, d'innovation et de tarification suffisamment forte. L'expérience montre qu'au bout d'un moment, les deux gros se regardent toujours en chien de faïence... Notre conviction, c'est que "two is not enough" et que trois acteurs - voire plus - sont nécessaires. Surtout, nous pensons que c'est le bon moment. Il y a un alignement des astres pour ouvrir le marché pour permettre à un troisième pôle de se structurer", expliquait en juin dernier le président de l'Autorité.

Dans une interview aux Echos, Sébastien Soriano, a estimé que le classement de la France en terme d'infrastructures de très haut débit, fixe et mobile était "désastreux", appelant au passage les opérateurs à "mettre les bouchées doubles". Interrogé, le directeur général délégué de l'opérateur, Pierre Louette, a rappelé que l'ensemble des opérateurs étaient "sur la même ligne de départ, nous avons simplement fait le job", et que le retard était dû à celui pris "dans les mesures d'accompagnement de la fibre" par le régulateur.


sources
soutces 2

Philoutix

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« Réponse #9 le: 11 janvier 2017 à 21:57:51 »
ça continue ...

Nico

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« Réponse #10 le: 12 janvier 2017 à 07:19:43 »
Y en a un que ça semble faire rire :p

https://twitter.com/sorianotech/status/819301965624655880

eruditus

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« Réponse #11 le: 12 janvier 2017 à 08:42:25 »
Sans rire, il va demander quoi en ZTD ? Qu'Orange tire des fibres pour adducter les PMs d'immeubles afin que les concurrents puissent commercialiser ?

Le dogme de la concurrence par les infrastructures sur le fixe voleraient en éclat sous la présidence de Sébastien Soriano, alors qu'il me semble avoir été un acteur majeur de sa mise en place lors de son passage à l'ADLC.

Succulent.

 

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