Auteur Sujet: DLM et bridage du débit, ce qu'il faut savoir  (Lu 72861 fois)

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vivien

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DLM et bridage du débit, ce qu'il faut savoir
« le: 11 août 2011 à 21:59:09 »
Aujourd'hui Orange, Bouygues Telecom et SFR utilise le DLM pour optimiser les lignes ADSL.
Ayant lu un peu tout et n'importe quoi sur le DLM et les bridage ou baisses de débit, je pense utile d'apporter quelques précisions.

Tout d'abord, essayons de comprendre comment se négocie le débit de synchronisation.

Lors de la phase de synchronisation, que l'on va imager comme étant un dialogue entre le DSLAM et le modem du client, différents éléments sont pris en compte pour établir à quel débit les modems vont se synchroniser.

Tout d'abord l'atténuation de la ligne. Elle est fonction de la longueur de la ligne et du diamètre des fils utilisés. Plus l'atténuation est élevée, plus le débit sera faible. Pourquoi ? Plus on monte en débit, plus on va utiliser des porteuses sur des fréquences élevées. Et plus une fréquence est élevée, plus elle est sensible et moins elle est capable 'd'aller loin".

Un autre élèment très important pris en compte est le bruit. Sur chaque ligne ADSL, on peut mesurer un bruit permanent que l'on appelle le bruit stationnaire. Ce bruit est un parasite pour l'ADSL.
Le DSLAM et le modem vont donc chercher à utiliser le spectre disponible en dehors de ce bruit. Pour ne pas être perturbés, ils vont garder une marge de sécurité, c'est la marge au bruit. Cette marge cible varie en fonction des offres entre 6 et 12dB. C'est à dire que si la marge cible a été définie à 6dB, Lors de la négociation, le DSLAM et le modem vont essayer de monter en débit jusqu'à voir chuter la marge jusqu'à 6dB. Le débit sera alors défini et les modems vont se synchroniser.

Ca, c'est quand tout va bien, mais d'autres éléments peuvent parfois entrer en jeu.

Si l'atténuation de la ligne est fixe et ne bouge quasiment pas, le bruit stationnaire peut varier. La marge au bruit est là pour faire tampon, et si la variation est de faible amplitude, les modems vont rester synchronisés et l'utilisateur n'y verra rien.
Si la variation est trop importante et que la marge arrive à zéro, les modem vont se désynchroniser. Va s'ensuivre une phase de renégociation, mais le bruit stationnaire étant alors plus élevé le débit de synchronisation sera plus faible afin de reconstituer le "matelas" de 6dB.
Si ensuite le bruit stationnaire diminue, les modems vont rester synchronisés, mais la marge au bruit va augmenter. Si l'utilisateur éteint son modem à ce moment là et qu'il le rallume, le débit de synchro va augmenter puisque on va redescendre la marge à 6dB.
Vous suivez ?

Le bruit stationnaire c'est une chose, mais il n'y a pas que ça.
On va aussi parfois voir apparaître" du bruit impulsif. C'est un élèment perturbateur électromagnétique inattendu, provoqué par différentes sources. Le plus souvent des moteurs électriques, des alimentations électriques à découpage, des ballasts d'éclairage au néon, etc. etc...

Le bruit impulsif, lorsqu'il est de faible niveau, provoque des erreurs de transmission qui peuvent être corrigées, ce sont les FEC. Quand on arrive plus à les corriger, ce sont les CRC.

Quand le bruit impulsif devient très important, il se cumule au bruit stationnaire et va aller jusqu'à provoquer une perte de synchronisation.

La qualité de la ligne est importante, une bonne symétrie est importante aussi bien sur le réseau que dans l'installation afin d'éviter de "faire antenne" et d'augmenter la sensibilité au bruit.

A savoir qu'un appareil électrique défectueux, comme un simple bloc d'alimentation, peut perturber sur plusieurs centaines de mètres alentour.

Et le DLM dans tout ça ?

Lorsque le robot DLM constate qu'une ligne est instable, c'est à dire qu'elle présente des variations importantes du niveau de bruit, ainsi qu'un nombre élevé de resynchronisations spontanées (à ce propos, si vous devez rebooter votre box, attendre plus de une minute avant de la rebrancher afin d'éviter que cela soit compté par le DLM comme une perte de synchronisation) le robot va en baissant le débit de synchro maximum, essayer de stabiliser la ligne afin que la marge au bruit ne rentre pas "dans le rouge".
Il arrive que le DLM soit en échec, c'est à dire que malgré tout ses efforts, il n'a pas réussi à stabiliser la ligne. C'est en général qu'une source importante de perturbations est présente.

La stabilité n'est qu'un des objectif de DLM. DLM à également pour but de limiter les erreurs non corrigées (CRC) qui dégradent la télévision et pour les bonnes lignes d'augmenter le débit de synchronisation en diminuant la marge au bruit qui est généralement à 10 dB par défaut.

Si je demande le retrait du DLM, mon débit va t-il remonter ?
Pas si sûr... Ce serait trop facile !

Mettons une ligne instable, qui est perturbée et dont le débit de synchro varie suivant le moment de 4 mégas à 8 mégas. Le DLM va bloquer le débit à 4 mégas, mais la ligne sera stable. Si je le retire, bien sur je vais parfois retrouver 8 mégas, mais au risque de retrouver des désynchros...

Voila, nous (avec Ghizmo38) avons essayé de "vulgariser" un sujet qui est complexe.

Grincheux

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DLM et bridage du débit, ce qu'il faut savoir
« Réponse #1 le: 23 août 2011 à 00:32:37 »
Il y a quelques jours, chez une cliente Orange, j'ai trouvé une valeur INP de 5.50 en débit ascendant. J'ai donc appelé le 3900 et ils m'ont affirlmé que la ligne était sous DLM. Après 3 DSLTest espacés de 4 heures, j'ai pu faire enlevé le DLM pour que la cliente retrouve un débit correcte. Elle n'avait ni CRC ni FEC.

Par contre aujourd'hui, j'ai dépanné un client Orange qui avait aussi une valeur INP de 5.50 mais avec quelques CRC et beaucoup de FECs. Il devait sûrementt être sous perfusion DLM, mais à cause des erreurs, je n'ai pas appelé le 3900.

Cela confirme donc les dires de Vivien.

Pour revenir sur les porteuses, si j'ai bien suivi, en ADSL on a 15 bits par porteuse et en ADSL2 c'est le double.
On considère que 1 bit de la porteuse correspond à 450 Kbps, mais en pratique on a plus souvent 3 bits pour un méga, ce qui fait une différence de 350kbps !
C'est bien joli, mais en pratique c'est faux sinon, on aurait tous le même débit, moi qui suis à 5700 mètres du NRA j'aurais aussi droit à du 12Méga plutôt que du 2 mégas !

Cela m'amène aux questions suivantes :

1 - Quel est l'incidence des différents diamètres de câbles ?
2 - En cas de Re-ADSL, que se passe-t-il ?
3 - Si trop de FECs ou de CRCs sont détectés sur un bit, un bit-swapping est effectué. Jusqu'à combien de bits on peut échanger ?

Autre question :

Quand un client est en 6/10 sur toute la longueur de sa ligne, quel est l'intérêt de l'électricien de câbler la déserte interne en 4/10 ?

vivien

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« Réponse #2 le: 23 août 2011 à 07:19:51 »
Je ne saurais répondre que pour la dernière question :

Je pense qu'on gagne systématiquement à câbler avec du câble 6/10 ou plus que la ligne soit intégralement en 4/10, en 5/10 ou en 6/10.

Moins d'atténuation sur la desserte interne, c'est toujours ça de pris.

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« Réponse #3 le: 23 août 2011 à 07:25:20 »
Je suis d'accord avec toi. J'ai même eu le cas d'un client qui avait réalisé sa déserte interne, dans une maison qu'il venait de faire construire, avec du câble électrique de 1.5 !

vivien

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« Réponse #4 le: 23 août 2011 à 08:09:05 »
Ne pas torsader les fils ne peut pas avoir une incidence ?

C'est uniquement pour la diaphonie ?

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« Réponse #5 le: 23 août 2011 à 08:14:33 »
En théorie oui, en pratique non.

corrector

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DLM et bridage du débit, ce qu'il faut savoir
« Réponse #6 le: 24 août 2011 à 17:01:49 »
Je pense qu'on gagne systématiquement à câbler avec du câble 6/10 ou plus que la ligne soit intégralement en 4/10, en 5/10 ou en 6/10.

Moins d'atténuation sur la desserte interne, c'est toujours ça de pris.
L'atténuation de quelques mètres de fils est vraisemblablement négligeable par rapport a plusieurs km en amont.

Mais il faut surtout éviter d'avoir plusieurs fils multiples mis bout à bout et essayer d'avoir le câblage interne d'un seul tenant du boitier d'arrivée à chaque prise.

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« Réponse #7 le: 24 août 2011 à 17:40:27 »
C'est ce que l'on trouve sur les installations récentes ou toutes les prises sont premières, par contre sur les installations plus anciennes, c'est de la guirlande.

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« Réponse #8 le: 31 août 2011 à 06:11:56 »
Citer
Mais il faut surtout éviter d'avoir plusieurs fils multiples mis bout à bout et essayer d'avoir le câblage interne d'un seul tenant du boitier d'arrivée à chaque prise.

Entièrement d'accord, par exemple un câble de 4/10 a une atténuation de 15dB par kilomètres soit 15 millièmes de décibels. Je dirais presque négligeable. Par contre ceux sont tous les raccords qui font mal. Sans compter que le filtre est généralement mis n'importe où. Aucun abonné ne fera venir un électricien pour mettre ses câbles correctement. Hélas.

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« Réponse #9 le: 31 août 2011 à 06:39:18 »
Une ligne bridée par le DLM peut être détectée à l'aide du MC2+ qui affichera des valeurs élevées pour la zone "Input Noise Protection". Il semble alors que le monitoring affecte les symbols de la DMT (Discrete Modulation Tone). Les valeurs INP sont relevées à partir du DSLAM, tous n'en sont pas équipés.

Les valeurs INP, si elles sont supérieures à 2 indique que le débit a été réduit, il est théoriquement possible de demander à ce qu'il soit relevé, au risque de récupérer des FEC.
Dans un immeuble équipés d'un ascenceur, il est conseillé d'avoir des INP autour de 8 afin de palier aux parasites générés par cet appareil.

Supprimer le DLM peut être utile, mais comme le dit Vivien, rien n'est certain.
En intervention chez un client, on mesure des tonnes de valeurs, on les interprète plus ou moins bien, mais surtout on n'est présent qu'un court laps de temps dans la journée. Les éléments perturbateurs peuvent arriver n'importe quand dans le temps et se répéter une ou plusieurs fois. Dans le cas d'une intervention, l'élèment perturbateur s'est peut être déclenché une heure avant que l'on arrive et s'est terminé cinq minutes avant la prise des mesures.

Certains perturbateurs peuvent aussi être saisonnier. Je suis dans un coin de vignerons, certains appareils électriques ne sont utilisés qu'au moment des vendanges, le reste de l'année (environ 10 mois) ces perturbateurs ne sont pas utilisés.

Les perturbateurs ne se rencontrent pas uniquement qu'à proximité de la ligne de l'abonné, mais sur tout le parcours du câble.

Si la ligne est sous DLM (transfusion), il y a une raison. Mais je pense que quelque fois elle y reste un peut trop longtemps malgré tout.
Pour vérifier si l'on doit réellement ou non enlever le DLM, France Telecom (Orange) demande trois tests DSLTest espacés de 3 à 4 heures. Je pense la procédure convenable, quoique dans l'absolu, le résultat n'est pas toujours fiable vu la façon dont un perturbateur peut se déclarer.

Une bonne précaution à prendre est de s'assurer que la déserte interne ne crée pas de perturbateurs, ce n'est pas toujours la ligne extérieure qui èmet les parasites. Une bonne analyse chez le client est avant tout primordiale.

vivien

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« Réponse #10 le: 31 août 2011 à 06:56:45 »
Les perturbateurs ne se rencontrent pas uniquement qu'à proximité de la ligne de l'abonné, mais sur tout le parcours du câble.

exemple : ceux qui perdent la synchro quand il y a un match dans le stade proche de leur domicile

Il y a ceux qui perdent la synchro a chaque passage de tramway également.

Mon frère à été perturbateur bien malgré lui avec le transformateur de son décodeur FreeBox TV (version HD avec 3 antennes pseudo mimo).
Sa ligne ADSL à lui se comportait bien, on avait juste repéré des comportements bizard au niveau électrique : le touchpad de l'ordinateur portable Dell ne fonctionnait pas. Après 2 retours sous garantie qui n'ont servie rien on s'est aperçu que le problème n'était que quand on étais dans l'appartement.
Quelques jours après, ma belle sœur voit passer des gars équipé de grandes antennes. Ils finissent par sonner a son appartement en indiquant être de France Telecom et que l'ADSL de tout le quartier est perturbé et que l'élèment perturbateur se trouve probablement chez eux.
Après quelques vérifications ils tombent sur le transformateur du décodeur Freebox TV. France Telecom  lui demande de laisser débrancher le décodeur FreeBox TV le temps que Free lui change le transformateur. Quelques heures plus tard Free sonne à la pote pour changer le transformateur... J'ai été bluffé sur ce coût là car généralement en cas de transformateur HS, Free met pas mal de temps pour en envoyer un autre...

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« Réponse #11 le: 31 août 2011 à 07:03:54 »
Je pense qu'une bonne synthèse serait maintenant indispensable.