Auteur Sujet: Réseau : Il y a quoi après le DSLAM ?  (Lu 9129 fois)

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fabienfs

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Réseau : Il y a quoi après le DSLAM ?
« le: 14 septembre 2015 à 11:32:34 »
Bonjour,

En reconstituant la chaîne du routeur xDSL de l'abonné au backbone internet (routeur xDSL> DSLAM > BAS > routeur internet), je me demandais ce qu'il y avait juste après le DSLAM.

Dans le DSLAM, les données sont convertie du signal analogique en signal numérique. Mais est-ce que ce signal renumérisé rentre directement dans le routeur de l'opérateur ou passe d'abord par un switch ?

Car je suppose que les routeurs de l'opérateur n'ont pas une interface (port ethernet) par client ? Je suppose que tous les clients d'une boucle locale rentrent dans un switch qui lui même est relié par un lien au routeur ?
Si c'est le cas, tous les clients sur une même boucle sont dans les mêmes plages d'adresses IP ? Ou le routeur de l'opérateur à une grande table de routage avec pleins des routes  différentes parfois très précises /32 (ou /128 en IPv6) par client ?
Est-ce le serveur RADIUS qui défini quel IP reçoit l'utilisateur ? Si c'est le cas, il doit avoir une notion de quel client est sur quel DSLAM ?
« Modifié: 14 septembre 2015 à 12:17:50 par NBQG1304 »

buddy

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Après le DLSAM
« Réponse #1 le: 14 septembre 2015 à 11:59:21 »
Chez bouygues et free il y a des /24 ou /23 par dslam.
Chez sfr j'ai l'impression que ça s'oriente aussi vers cela puisque j'ai l'impression d'avoir une ip fixe sur 2 connexions (adsl et vdsl sur 2 dslma différents).
Orange, tout passe par le BAS donc il y a peut être des adresses locales en dessous. Mais d'autres répondront mieux que moi..

petrus

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Après le DSLAM
« Réponse #2 le: 14 septembre 2015 à 14:07:57 »
Bonjour,

En reconstituant la chaîne du routeur xDSL de l'abonné au backbone internet (routeur xDSL> DSLAM > BAS > routeur internet), je me demandais ce qu'il y avait juste après le DSLAM.

Dans le DSLAM, les données sont convertie du signal analogique en signal numérique. Mais est-ce que ce signal renumérisé rentre directement dans le routeur de l'opérateur ou passe d'abord par un switch ?

Car je suppose que les routeurs de l'opérateur n'ont pas une interface (port ethernet) par client ? Je suppose que tous les clients d'une boucle locale rentrent dans un switch qui lui même est relié par un lien au routeur ?

A ce niveau il n'y a plus trop de différences entre un switch et un routeur. Ce sont des switches car ils font du forwarding/routage en hardware (des composants spécialisés qui s'en chargent), mais ils ont également des fonctionnalités de routeur (avec des protocoles de routage comme bgp ou ospf).

Chez Free par exemple c'est le dslam qui est routeur. Il est lui-même relié à un autre routeur de concentration, sur le backbone. En non dégroupé, les dslams sont uniquement des "bridges", et transforment le signal xdsl/ftth en signal ethernet, pour envoyer ça vers un switch/routeur ethernet ou commutateur atm de collecte, un port par dslam ou grappe de dslam, puis vers le BAS.

Certains FAIs peuvent avoir une configuration un peu différente avec des anneaux de dslams, raccordés sur deux routeurs différents, pour pouvoir supporter la perte d'un routeur ou d'un lien sans impact.

Si c'est le cas, tous les clients sur une même boucle sont dans les mêmes plages d'adresses IP ? Ou le routeur de l'opérateur à une grande table de routage avec pleins des routes  différentes parfois très précises /32 (ou /128 en IPv6) par client ?
Est-ce le serveur RADIUS qui défini quel IP reçoit l'utilisateur ? Si c'est le cas, il doit avoir une notion de quel client est sur quel DSLAM ?

Chez Free en dégroupé, vu que le dslam fait routeur, les pools d'adresses client sont alloués par dslam, en fonction du remplissage. Donc toutes les ip d'un même /24 sont a priori dans la même commune. J'imagine que c'est similaire chez Bouygues.

En non dégroupé, ou chez Orange (l'archi est similaire), les pools sont configurés sur les BAS (Orange) ou sur les LNS (non dégroupé). Ensuite, quand un client se connecte, c'est bien un radius qui dit au client quelle ip à utiliser (pendant la phase de négo du ppp, en ipcp), avec une IP qui appartient a l'un des pools du bas/lns.

Avoir les pools clients au plus haut dans le réseau permet d'éviter le gaspillage d'ip. En effet, avec un pool par dslam par exemple, s'il n'y a que 200 abonnés pour un /24 attribué il y a ~50 IP perdues. En mettant sur le bas/lns 10x /24, on peut avoir 12 voire 13 dslam à raison de ~200 abonnés par dslam.

Boris de Bouygues Telecom

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« Réponse #3 le: 14 septembre 2015 à 14:45:58 »
Chez Bouygues, aujourd'hui les IP sont portées par le DSLAM (ce sont des /25 généralement ou des /24).

Le DSLAM sont reliés en 1 ou 2 Gb/s (lien Ethernet cuivre 1Gb/s) à un switch situé dans le NRA.

Le switch (niveau 2, donc invisible au traceroute) a 4 liens 10 Gb/s sous forme de 2 interfaces 20 Gb/s : Les différents NRA (une dizaine au maximum sauf exception) sont dans une boucle ou la moitié des switchs utilisent un lien 20 Gb/s vers le routeur de POP A et l'autre moitié un lien 20 Gb/s vers le routeur de POP B.

En cas de coupure de la fibre, quel que soit l'endroit, on se retrouve en deux demi-boucle ouverte et le service n'est pas perturbé (une boucle de NRA ne dépasse jamais 20 Gb/s)

Dans 1an, les IP seront portées par le routeur de POP et non plus par le DSLAM. Cela occasionnera un changement d'IP pour les clients grand public (après elle sera fixe).
Cette évolution permettra l’introduction d'IPv6.
Cela permettra une régionalisation plus simple du réseau (aujourd'hui dans une même plage /24, on peut avoir un /25 a Lille et un /25 à Nice) car aujourd’hui on est obligé d’annoncer des /25 en peering régional, or il est recommandé de ne pas découper les plages IP en d’aussi petits bout (de nombreux acteurs filtre ce qui est plus petit que /24).

fabienfs

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« Réponse #4 le: 14 septembre 2015 à 15:13:03 »
Merci pour ces réponses précises :-)

Le DSLAM sont reliés en 1 ou 2 Gb/s (lien Ethernet cuivre 1Gb/s) à un switch situé dans le NRA.
Les DLSAM ne sont pas aussi dans le NRA ?
Ça signifie que si sur un DLSAM connecté en 2Gbps il y a 200 abonnés qui surfent le soir, ça ne fait que 10Mbps par client?

mais ils ont également des fonctionnalités de routeur (avec des protocoles de routage comme bgp ou ospf).
Quels sont les protocoles de routages interne chez Free ? OSPF ? BGP n'est utilisé que pour le routage avec d'autres AS ? ou aussi pour du routage interne à l'AS ?

Ensuite, quand un client se connecte, c'est bien un radius qui dit au client quelle ip à utiliser (pendant la phase de négo du ppp, en ipcp), avec une IP qui appartient a l'un des pools du bas/lns.
Ducoup avec cette méthode les tables de routages sont beaucoup plus grandes sur les routeurs car plus de routes spécifiques ? /32 ?

Nico

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Après le DSLAM
« Réponse #5 le: 14 septembre 2015 à 15:14:50 »
Les DLSAM ne sont pas aussi dans le NRA ?
Si si.

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Ça signifie que si sur un DLSAM connecté en 2Gbps il y a 200 abonnés qui surfent le soir, ça ne fait que 10Mbps par client?
Il ne faut pas compter comme ça. Il y a 2Gbps pour 200 abonnés, c'est tout. Ce qui - avec une moyenne par abonné aux alentours de 200kbps - est largement suffisant.

fabienfs

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« Réponse #6 le: 14 septembre 2015 à 15:19:20 »
Il ne faut pas compter comme ça. Il y a 2Gbps pour 200 abonnés, c'est tout.
Mais ou se fait la limitation pour ne pas qu'un client utilise toute la bande passante pour lui tout seul ? C'est la limitation physique du au passage par le lien DSL ? Dans le cas du FTTH, il n'y a plus de limitation physique du au passage par xDSL, donc la limitation de bande passante est faite softwarement par un équipement?

Nico

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Réseau : Il y a quoi après le DSLAM ?
« Réponse #7 le: 14 septembre 2015 à 15:21:28 »
En DSL avec maxi 100Mbps, difficile pour un client de consommer 2Gbps en effet.

En FTTH GPON il y a un port 1Gbps entre ton ONT et ta box. Sur un arbre GPON qui fait 2.5Gbps je la vois moi la limitation physique. Mais sinon pour l'upload il est limité à 200Mbps (en général) par les équipements en effet.

fabienfs

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Réseau : Il y a quoi après le DSLAM ?
« Réponse #8 le: 14 septembre 2015 à 15:48:17 »
Mais sinon pour l'upload il est limité à 200Mbps (en général) par les équipements en effet.
Ok et quel équipement s'occupe de la limitation ?
Pour le download y a quand même une limitation par sécurité ou on ne se fie qu'a la limitation physique des liens ?
En FTTH le débit de download varie en fonction de l'utilisation des clients alors ? A 4h du matin qui personne ne surf un client peut atteindre le gigabit en download ?

puis vers le BAS.
Quel est la différence entre un BAS et un autre routeur du FAI ?
C'est uniquement pour dire que c'est le premier routeur après le DSLAM ou il y a d'autres particularités ? C'est parce que c'est lui aussi qui fait l'authentification du client en se connectant au serveur RADIUS ?

buddy

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Réseau : Il y a quoi après le DSLAM ?
« Réponse #9 le: 14 septembre 2015 à 15:52:18 »
Pour le moment les arbres gpon du ftth ne sature pas ou alors très très rarement. Donc tu as 1 gbits tout le temps..
90% du temps une connexion est inactive
9% du temps pour du surf donc seulement quelques mbits..
Et 1 % elle est utilisée et encore pas forcèment au maximum.. (mise à jour windows/macos x, ios/android et etc..)
Donc il y a de la marge.. un peu comme tous les reseaux (eau, électricité, etc..)

Nico

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Réseau : Il y a quoi après le DSLAM ?
« Réponse #10 le: 14 septembre 2015 à 16:34:11 »
Ok et quel équipement s'occupe de la limitation ?
Sans doute l'OLT.

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Pour le download y a quand même une limitation par sécurité ou on ne se fie qu'a la limitation physique des liens ?
Si si, le même shaping est réalisé en down sur un réseau FTTH GPON à ma connaissance.

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En FTTH le débit de download varie en fonction de l'utilisation des clients alors ? A 4h du matin qui personne ne surf un client peut atteindre le gigabit en download ?
Non, il ne varie pas en fonction de l'utilisation des clients dans le dimensionnement et la conso actuelle. Tu peux avoir 1Gbps à 4H du mat comme à 21H le soir.

vivien

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Réseau : Il y a quoi après le DSLAM ?
« Réponse #11 le: 14 septembre 2015 à 16:39:08 »
fabienfs pour le dimensionnement, je t'invite à regarder le post https://lafibre.info/ftth-la-fibre-optique-gpon-ou-p2p/techno-fibre/msg230682/#msg230682

Concrètement pas de risque de saturation si on relie 1000 clients avec seulement 400 Mb/s sur un DSLAM (les liens Ethernet de 300 Mb/S n'existant pas, c'est 1 Gb/s qui est utilisé)

Ils auront tous les débit maximum (ce sont des statistiques)

De la même façon les égouts de ta ville ne sont pas dimensionnés pour que chaque habitant tire simultanèment la chasse d'eau. Mais comme pour Internet, cela n'arrive jamais que tous les clients d'un DSLAM téléchargent a fond simultanèment.

 

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