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Linux => Discussion démarrée par: vivien le 16 avril 2026 à 09:12:46
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Souveraineté numérique : L'état annonce migrer les postes de travail de Windows vers Linux
Le communiqué de presse et clair et sans ambiguïté : S'agissant de l'évolution du poste de travail, la DINUM annonce sa sortie de Windows au profit de postes sous système d'exploitation Linux.
[...] La DINUM coordonnera un plan interministériel de réduction des dépendances extra-européennes. Chaque ministère (opérateurs inclus) sera tenu de formaliser son propre plan d'ici l'automne, portant sur les axes suivants : poste de travail, outils collaboratifs, anti-virus, intelligence artificielle, bases de données, virtualisation, équipements réseau.
Édit : La migration de Windows à Linux ne concerne à date que les 350 postes de la DINUM
Chaque ministère devra par contre présenter son plan de migration d'ici l'automne 2026, ce qui est très court. L'objectif : couvrir à terme les 2,5 millions d'agents de la fonction publique d'État.
(cliquez pour ouvrir le communiqué de presse au format PDF)
(https://lafibre.info/images/linux/202604_dinum_communique_presse_linux.webp) (https://lafibre.info/images/linux/202604_dinum_communique_presse_linux.pdf)
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On en parle hors de France :
La France veut migrer de Windows à Linux pour sa souveraineté numérique
L'État français entend remplacer Windows par Linux sur tous ses postes de travail. Le message est clair : la France veut reprendre le contrôle de son destin numérique. En optant pour le système d'exploitation en open source, elle espère s'affranchir des outils américains.
Avec Windows, la France ne maîtrise ni le code du logiciel, ni les tarifs, ni les règles du jeu et encore moins la sécurité des données.
En juin dernier, Microsoft a reconnu devant le Sénat français qu'elle ne pouvait pas garantir que les données stockées en France ne seraient jamais transmises au gouvernement américain.
Le droit étasunien, avec des lois comme le Cloud Act, permet aux États-Unis d'exiger l'accès aux données hébergées par des entreprises américaines, même si les serveurs se trouvent en Europe.
Une feuille de route
Pour l'État français, il s'agit d'un risque inacceptable. Chaque ministère devra donc présenter une feuille de route pour sortir des outils américains d'ici à l'automne, a annoncé mercredi la Direction des ministères pour le numérique.
Cela ne concerne pas seulement Windows. Sept axes sont visés: le système d'exploitation, les outils collaboratifs, les antivirus, l'intelligence artificielle, les bases de données, la virtualisation et les équipements réseaux.
L'Etat a déjà sa propre boîte à outils, appelée "La suite numérique". Elle comprend Tchap pour la messagerie, Visio pour les réunions en ligne, FranceTransfert pour l'échange de fichiers. Ces programmes sont hébergés en France, sur des serveurs certifiés par l'Agence de cybersécurité nationale.
Déjà utilisé par les gendarmes
Le secteur public français a déjà fait l'expérience d'une migration vers Linux. La Gendarmerie nationale a commencé à y recourir en 2008, avec succès.
La semaine dernière, la Caisse nationale d'assurance maladie a annoncé la migration de ses 80'000 agents vers ces outils souverains.
Une question de souveraineté
Le principal défi de cette transformation n'est pas technique, mais humain. Changer les habitudes de dizaines de milliers de fonctionnaires prend du temps. Il faut former, accompagner, convaincre.
Se pose néanmoins la question de la compatibilité: certains logiciels professionnels n'existent pas sous Linux.
Enfin, il faut que la France ne reste pas seule. A l'échelle d'un seul pays, face à des géants qui pèsent des centaines de milliards, la partie est difficile. C'est pourquoi Paris pousse pour une stratégie européenne commune, avec la création d'un consortium dédié aux outils numériques souverains.
Au fond, le transfert relève plus d'une question de souveraineté que d'informatique. L'Europe dépense chaque année plusieurs milliards d'euros en services numériques américains.
La France veut montrer l'exemple, en reprenant la main sur ses données, ses outils et ses choix technologiques.
Source : Média Suisse RTS (https://www.rts.ch/info/monde/2026/article/la-france-abandonne-windows-pour-linux-une-question-de-souverainete-29209373.html) le 11 avril 2026
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La DINUM travaille sur un OS basé sur nixOS (https://github.com/cloud-gouv/securix (https://github.com/cloud-gouv/securix)), ils proposent également un exemple de distribution pour usage spécifique (https://github.com/cloud-gouv/bureautix-example (https://github.com/cloud-gouv/bureautix-example)).
Ca reste à l'état de concept pour le moment mais je trouve que c'est une très bonne idée de partir de nixOS au lieu d'un n-ieme fork d'ubuntu.
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NixOS ne vise pas du tout le grand public (impossible de télécharger un .deb sur Internet pour l'installer). Tout doit passer par la configuration en ligne de commande.
NixOS a une approche déclarative : La DSI ne modifie pas le système "en direct". Il faut écrire la configuration dans un fichier de configuration unique. Le système lit ce fichier et se construit exactement comme demandé. Il est possible de copier le fichier de configuration sur un autre ordinateur, lancer une commande, et obtenir exactement le même système, avec les mêmes logiciels, réglages et fonds d'écran, en quelques minutes.
Rollbacks : Si le système ne démarre plus ou si un pilote plante, il est possible de redémarrer sur la version précédente directement depuis le menu de démarrage.
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En fait, ces annonces sont trompeuses, ce ne sont que les 350 postes de la DINUM qui migreraient sous Linux. Sinon, pour le reste de l'administration, il s'agit simplement pour commencer de migrer sur les application de la DINUM, en particulier Visio, pour les visio-conférences, et plus Zoom, ou Teams...
Voir par exemple ce poste du directeur de l'ANSSI sur linkedin :
Vincent Strubel - ANSSI - Agence nationale de…•23 k abonnés 2 j.
Il y a dans cette article à peu près autant de raccourcis que dans ceux qui ont titré la semaine dernière "l'administration abandonne Windows" après avoir mal lu l'annonce de la DINUM qui parlait de la migration de ses 350 ordinateurs, pas de tout l'Etat...
Faut vraiment arrêter de coller des scénarios de soap opera ou de télé réalité sur ces sujets de cybersécurité : on a tous beaucoup mieux à faire que se donner en spectacle pour amuser les foules.
https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7449489135188348928/?commentUrn=urn%3Ali%3Acomment%3A%28activity%3A7449489135188348928%2C7449515311776624640%29&dashCommentUrn=urn%3Ali%3Afsd_comment%3A%287449515311776624640%2Curn%3Ali%3Aactivity%3A7449489135188348928%29
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J'ai rajouté un "Édit : La migration de Windows à Linux ne concerne à date que les 350 postes de la DINUM. Chaque ministère devra par contre présenter son plan de migration d'ici l'automne 2026, ce qui est très court."
C'est sûr que 350 postes, c'est moins vendeur que d'annoncer la migration de 4 millions de PC de l'éducation nationale...
PC pour les élèves :
- École élémentaire : environ 600 000 postes
- Collège : environ 1 100 000 postes
- Lycée : environ 700 000 postes
- Lycée Pro : environ 300 000 postes
Postes pour le personnel et l'administration :
- Enseignants : il y a 850 000 et la grande majorité ont un poste.
- Services administratifs : 300 000 postes
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Chaque ministère devra par contre présenter son plan de migration d'ici l'automne 2026, ce qui est très court."
Il est question de "plan interministériel de réduction des dépendances extra-européennes", une réduction n'implique pas nécessairement une migration complète.
Les annonces des ministres sont différentes, d'un côté il est aussi question de réduire les dépendances, de l'autre c'est de sortir de la dépendance, ce qui va plus loin.
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Oui, je sais que la migration pour Linux est une opération qui demande plusieurs années de préparation et de planification pour être réussie et c'est clair qu'on ne peut pas faire ça en quelques mois.
Une des grandes réussites, c'est la gendarmerie, mais si la migration vers GenBuntu a été si bien acceptée, c'est que c'est intervenu avec le remplacement du matériel : La migration à Linux était associée à de nouveaux PC.
Le plan de migration va probablement être la mise à disposition de "La suite" de la DINUM, un concurrent complet à Offre 365.
Les outils proposés :
- Tchap : messagerie instantanée basée sur Matrix
- Visio : visioconférence, basé sur LiveKit
- France Transfert : envoi sécurisé de fichiers lourds
- Messagerie : mails, contacts, rendez-vous (propose non seulement le client mail, mais aussi son hébergement et sa gestion)
- Fichiers : stockage, édition et partage de documents (édition de documents avec OnlyOffice)
- Grist : gestion de données et de formulaires
- Docs : édition collaborative de documents
- Assistant IA : basé sur Mistral
L’ensemble de ces logiciels sont libres.
(https://lafibre.info/images/linux/202604_dinum_lasuite_presentation.avif)
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Attention, pour éviter toute déception, je préviens : Docs, n'a pas toutes les fonctionnalités d'un traitement de texte classique. C'est une solution développée par la DINUM, pas une récupération d'un outil open source existant.
Il faut voir Docs comme une application de travail en groupe, plutôt que d'une application pour générer un gros rapport d'activité.
LibreOffice est donc complémentaire "LaSuite" (LibreOffice n'a pas de fonctionnalité de travail en groupe, mais LibreOffice a plus de fonctionnalités de mise en forme et permet et ne nécessite pas de connexion internet).
Il faut donc voir LaSuite comme une offre collaborative en ligne complémentaire à LibreOffice (ou OnlyOffice / Microsoft Office LTSC). Visio peut être intégré avec Outlook.
Vidéo de présentation de LaSuite par le DINUM :
(https://lafibre.info/images/linux/202604_dinum_lasuite_video.avif) (https://tube.numerique.gouv.fr/w/gzwjk8H5Pm4MqrcUo5eMPG)
Passer d'Excel à Grist : Créez votre première application (vidéo crée par un Youtubeur) :
https://www.youtube.com/watch?v=rxbR-eOoW78
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Pour une suite office, il y a le nouveau fork de only-office nommé euro-office https://github.com/Euro-Office (https://github.com/Euro-Office)
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Attention, pour éviter toute déception, je préviens : Docs, n'a pas toutes les fonctionnalités d'un traitement de texte classique.
En fait, l'outil est mal nommé, et d'ailleurs, il va être renommé, d'après ce que j'ai appris. C'est un outil de prise de notes au format texte. Qui ne fait même pas de markdown par exemple.
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Pour une suite office, il y a le nouveau fork de only-office nommé euro-office https://github.com/Euro-Office (https://github.com/Euro-Office)
Merci, c'est très intéressant, et je vais tester. Parmi les développeurs, on retrouve Nextcloud, qui proposait aussi OnlyOffice. Les raisons pour faire un fork sont bien exposées (par exemple la région Ile de France, qui est passée à Nextcloud pour les lycéens, avait choisi Libre Office et pas OnlyOffice, plus proche de Microosft Office, à cause des liens supposés avec la Russie :
Current contributors and supporters include:
IONOS
Nextcloud
EuroStack
XWiki
OpenProject
Proton
Soverin
Abilian
BTactic
You?
Euro-Office liberates the ONLYOFFICE code base
Euro-Office is based on the ONLYOFFICE Open Source, an AGPL codebase. This code base is being extensively reviewed and cleaned up, with the goal of making it easy to build and contribute to. Why did we resort to a fork, rather than collaborate? Of course, forking should be a last resort. Unfortunately, open collaboration with ONLYOFFICE was not possible, for a number of reasons:
- Contributing is impossible or greatly discouraged. ONLYOFFICE typically does not review or accept pull requests. Build instructions are unreliable, outdated or just plain broken.
The company regularly makes controversial decisions like closing off features in the mobile apps like mobile editing, and the removal of an administrator panel.
- Lacking transparency. Commit messages, when visible, often just refer to an issue number in an internal issue tracker. There are quite a number of binary blobs and compiled or obfuscated code blobs. Most internal code comments are Russian which makes is hard to work with.
- The mobile apps are not really open source but just wrappers. Example. The apps have extensive proprietary sections which will need to be re-implemented. Work on this is underway.
- ONLYOFFICE is a Russian company (despite many attempts to hide this), and nearly all developers reside in Russia. Open Source is a global effort, but current political situation makes collaboration hard and trust difficult to earn. Especially when development is not transparent and open. A lot of users and customers require software that is not potentially influenced or controlled by the Russian government.
P.S : pour l'instant, il n'y a qu'une Tech Preview.
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Oui, je sais que la migration pour Linux est une opération qui demande plusieurs années de préparation et de planification pour être réussie et c'est clair qu'on ne peut pas faire ça en quelques mois.
Une des grandes réussites, c'est la gendarmerie, mais si la migration vers GenBuntu a été si bien acceptée, c'est que c'est intervenu avec le remplacement du matériel : La migration à Linux était associée à de nouveaux PC.
Oui voilà. Y a un exemple de réussite. Peu connu du grand public. Et qui a peu fait parler. Relativement vite d'ailleurs, parce qu'une énorme volonté hiérarchique d'y arriver. Parce que y a pas que les postes. Toute la gestion du matos, du support... Toutes les boites qui accompagnent les ministères vont devoir fournir des types formés à Linux. Adieu les certifications Windows des CV vendues à prix d'or dans les propals d'infogérance (je suis deja entrain de me marer)
En plus des postes est-ce que ça va aussi concerner les parties "serveurs" ? En particulier les messageries et les partages de disque ?
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Et pendant ce temps-là, l'Éducation nationale vient de reconduire son contrat de 152 millions avec Microsoft jusqu'en 2029.
L’Éducation nationale prolonge son contrat avec Microsoft en dépit des risques, et de ses propres consignes
Le ministère, tout comme l’État, recommande de ne plus utiliser les services du géant informatique états-unien. Les risques de dépendance, de pression et d’espionnage de données sont de plus en plus élevés. Pourtant, l’Éducation nationale a renouvelé le contrat jusqu’en 2029.
Source: https://www.mediapart.fr/journal/france/070326/l-education-nationale-prolonge-son-contrat-avec-microsoft-en-depit-des-risques-et-de-ses-propres-consignes
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Pour visio, je me trompe ou n'importe qui peut utiliser l'outil en générant une URL du type https://visio.numerique.gouv.fr/xxx-yyyy-zzz ? (en mettant les lettres et chiffres de son choix dans xxx yyyy zzz)
Exemple : https://visio.numerique.gouv.fr/laf-ibre-inf
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Je suis étonné que ce soit possible. C'est très moyen au niveau sécurité, charge des serveurs, et DDOS possible.
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Pour visio, je me trompe ou n'importe qui peut utiliser l'outil en générant une URL du type https://visio.numerique.gouv.fr/xxx-yyyy-zzz ? (en mettant les lettres et chiffres de son choix dans xxx yyyy zzz)
Exemple : https://visio.numerique.gouv.fr/laf-ibre-inf
tu vas pas plus loin que la page d'accueil. xxx-yyyy-zzz correspond à l'ID de la réunion, que personne n'a créé avant ;)
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Pour https://visio.numerique.gouv.fr/xxx-yyyy-zzz je n'ai pas de problème pour rentrer dans la réunion (sans avoir aucun identifiant et je suis seul sur la réunion).
Pour https://visio.numerique.gouv.fr/laf-ibre-inf j'ai été trompé par la page qui propose "Rejoindre la réunion ?" : Cela bloque à l'étape suivante.
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Comparatif des grandes solutions bureautiques
On voit bien que "LaSuite" de la DINUM est un logiciel parfaitement complémentaire à un déploiement de LibreOffice sur les postes (ou OnlyOffice desktop en local)
(https://lafibre.info/images/logiciel/202604_comparatif_suites_bureautiques_1.webp) (https://lafibre.info/images/logiciel/202604_comparatif_suites_bureautiques.pdf)
Le calcul réalisé pour Office LTSC 2024 + MS SharePoint On-Premises :
(https://lafibre.info/images/logiciel/202604_comparatif_suites_bureautiques_2.webp) (https://lafibre.info/images/logiciel/202604_comparatif_suites_bureautiques.pdf#page=2)
Je ne dis pas que le changement va être simple, mais avec la fin de SharePoint On-Premises (versions 2013, 2016 et 2019) en juillet 2026, je pense que de nombreuses DSI vont réinterroger leurs besoins. Il existe ben SharePoint Server SE, mais les prix sont élevés, il demande le déploiement de nombreux composants serveurs. Je n'ai pas chiffré la partie Microsoft Exchange Server dans les chiffres indiqués ici, cela rajoute encore un sacré budget.
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Pas d'IA, c'est à mon avis un point fort, plutôt qu'un point faible. Car il y a des risques, cela dépend du type d'IA..., que le contenu parte au travers de l'IA sur le web.
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C'est pour cela que la DINUM déploie de l'IA qu'elle gère dans ses outils et qui permettent d'être sûr de ne pas faire fuiter l'information.
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Comparatif des grandes solutions bureautiques
On voit bien que "LaSuite" de la DINUM est un logiciel parfaitement complémentaire à un déploiement de LibreOffice sur les postes (ou OnlyOffice desktop en local)
Je ne dis pas que le changement va être simple, mais avec la fin de SharePoint On-Premises (versions 2013, 2016 et 2019) en juillet 2026, je pense que de nombreuses DSI vont réinterroger leurs besoins. Il existe ben SharePoint Server SE, mais les prix sont élevés, il demande le déploiement de nombreux composants serveurs. Je n'ai pas chiffré la partie Microsoft Exchange Server dans les chiffres indiqués ici, cela rajoute encore un sacré budget.
Pour être tout à fait complet dans le tableau, il faudrait ajouter une colonne dédiée à la Suite Infomaniak Ksuite. C'est le complément idéal pour ceux qui veulent une alternative européene performante à Microsoft ou Google.
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Ksuite, c'est un des très nombreux forks de OnlyOffice. De très nombreux hébergeurs ont leur solution. Je pense que c'est aussi le cas d'OVH ou Scaleway pour parler d'hébergeur français.
De plus contrairement à l'original, kSuite ne propose pas de client lourd : tout se passe dans le navigateur web. Par contre, contrairement à la solution cloud de OnlyOffice (que je n'ai pas mis dans le tableau, je me suis limité à la version desktop gratuite et la version auto-hébergée), Ksuite est hébergé en Suisse, ce qui est bien mieux que ce que propose OnlyOffice.
À noter pour être complet que LaSuite numérique de la DINUM intègre lui aussi OnlyOffice dans l'application "Fichier" de la suite. La suite n'a une alternative que sur le tableur (Grist). Pour faire un document texte long "Doc" n'est pas pertinent, il faut passer par Fichier et donc OnlyOffice.
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Il ne faut pas oublier que ce n'est pas juste un fork d'OnlyOffice. L'écosystème te laisse en permanence le choix d'utiliser Microsoft Office pour la création et l'édition de documents directement dans le navigateur. C'est une suite véritablement exhaustive (mail, messagerie instantanée, visioconférence, drive, contacts, calendrier...) qui intègre en prime une vraie IA souveraine hébergée chez eux.
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Ah, je retire ce que j'ai dit, proposer Microsoft Online, c'est effectivement pas proposé par les forks habituels d'OnlyOffice.
D'avoir un vrai Excel c'est important pour certains cas qui ont un usage avancé d'Excel.
Même moi, quand j'ai un graphique croisé dynamique pour investiguer sur des données, je n'utiliserais pas LibreOffice Calc. Excel est bien plus avancé sur ce point.
Par contre, pour d'autres usages, je préfère Calc, qui a des options cosmétiques que Excel n'a pas (Par exemple impossible de mettre un lien hypertexte sur un mot dans une cellule Excel - avec Excel 2019 je n'ai pas testé avec Excel 2024). C'est forcément toute la cellule, or j'ai des cas où j'ai besoin de mettre plusieurs liens dans une même cellule. Autre exemple : Le nom des onglets a de grosses limites avec Excel qui ne sont pas présentes avec Calc.
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Tu as tout à fait raison. Avoir un accès direct à Excel reste souvent indispensable. C'est là toute la force de leur écosystème, tu as en permanence le choix d'ouvrir et d'éditer tes documents avec OnlyOffice ou Microsoft Excel directement dans le navigateur.
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J'ai rajouté Ksuite au tableau, c'est vraiment un très bon rapport qualité prix pour une suite dans le cloud. Quand je compare les prix à d'autres solutions basées sur OnlyOffice, ce n'est vraiment pas cher surtout qu'il y a en plus Microsoft Office Online intégré.
En plus la première année est à -50% (cela n'apparaît pas dans mon tableau, je ne prends pas en compte les promotions) et je pense que pour 1000 utilisateurs, il est possible de négocier un tarif bien inférieur au tarif que je mentionne qui se limite à 300 utilisateurs max. Malheureusement, je n'ai pas eu le tarif pour 1000 utilisateurs, il faut passer par un commercial.
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Petite précision concernant la ligne « édition de documents sur smartphone » du tableau, l'application kDrive (Android/iOS) intègre un éditeur permettant de modifier les documents Word, Excel et PowerPoint directement, sans application tierce.
Il me semble l'avoir lu dans leur documentation (même si je ne retrouve plus le lien), mais si tu veux un client local, il suffit de télécharger OnlyOffice qui synchronisera les documents avec le cloud via kDrive.
Oui, c’est vrai que c’est très compétitif, tu as des formules gratuites avec 20 Go de stockage, et tu as même une version avec 1 To de stockage à 1,58 euro/mois hors promo, incluant une adresse mail gratuite (@etik.com, @ik.me ou @ikmail.com) pour les autres formules le client utilise son propre domaine.
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Merci pour les explications, cela change pas mal les choses.
Voici le lien pour intégrer kDrive dans les applicatifs OnlyOffice : https://helpcenter.onlyoffice.com/fr/workspace/administration/connect-kdrive.aspx
J'ai adapté le tableau et j'ai changé le calcul en prenant une base de 300 utilisateurs. Cela ne change rien, sauf pour Office LTSC 2024 + MS SharePoint On-Premises, car il y a pour cette solution des frais de licences fixes + par utilisateur. Le prix donc monte un peu.
(https://lafibre.info/images/logiciel/202604_comparatif_suites_bureautiques_1.webp) (https://lafibre.info/images/logiciel/202604_comparatif_suites_bureautiques.pdf)
Le calcul réalisé pour Office LTSC 2024 + MS SharePoint On-Premises :
(https://lafibre.info/images/logiciel/202604_comparatif_suites_bureautiques_2.webp) (https://lafibre.info/images/logiciel/202604_comparatif_suites_bureautiques.pdf#page=2)
Pour les collectivités locales, ce n'est pas le DINUM qui gère, mais l'ANCT : https://suiteterritoriale.anct.gouv.fr/
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Merci Vivien pour le lien ! Je ne cherchais effectivement pas sur le bon site. La colonne d'Infomaniak passe quasiment tout au vert dans le tableau. Tu devrais te créer un compte gratuit pour tester leur écosystème par toi-même :)
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Et pendant ce temps-là, l'Éducation nationale vient de reconduire son contrat de 152 millions avec Microsoft jusqu'en 2029.
L’Éducation nationale prolonge son contrat avec Microsoft en dépit des risques, et de ses propres consignes
Le ministère, tout comme l’État, recommande de ne plus utiliser les services du géant informatique états-unien. Les risques de dépendance, de pression et d’espionnage de données sont de plus en plus élevés. Pourtant, l’Éducation nationale a renouvelé le contrat jusqu’en 2029.
Source: https://www.mediapart.fr/journal/france/070326/l-education-nationale-prolonge-son-contrat-avec-microsoft-en-depit-des-risques-et-de-ses-propres-consignes
Rien de surprenant, le monde éducatif/non-profit a des remises énormes sur les licences, l'éducation nationale ça doit être encore plus généreux. Quand on est dans l'écosystème c'est compliqué d'en sortir, je parle pas du pack Office qui est juste la partie émergée de l'iceberg (et puis, on a de plus en plus des logiciels métiers pour faire tout et n'importe quoi).
-> Azure AD / Autopilot / RMM / MDM, rien que ça qui est inclus sur des licences peu onéreuse par rapport au coût de la main d'oeuvre en France c'est impossible à remplacer aujourd'hui.
Il fallait que l'état se réveille il y a 10 ans lorsque Microsoft a lancé sa stratégie O365 for businesses, c'est trop peu et trop tard. J'ai jeté un oeil aux "rencontres du numériques", bien évidemment tout se déroule à Paris sans penser à inclure les petites/moyennes ESN (ceux qui font tourner la plupart des SI en France dont énormément de collectivités/mairies); Aucune chance que ça se généralise donc pour le moment.
Ceci étant, choix intéressant de distribution linux (NixOS -> OS reproductible)
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On parle d'un accord entre l’Éducation nationale et Microsoft reconduit en mars 2025.
La situation s'est bien dégradée depuis (ex: en mai 2025, Microsoft a supprimé le compte e-mail du procureur de la Cour pénale internationale suite à des pressions de l’administration Trump, on peut aussi parler de la détérioration de la relation avec les USA sur de nombreux points).
Cela a abouti à début 2026 la volonté de sortir des dépendances extra-européennes à très haut niveau (premier ministre).
Quand un accord-cadre avec Microsoft expire, il n'y a pas d'autres possibilités que de le reconduire ou de payer très cher les logiciels installés (prix public).
Pour sortir d'un accord-cadre, il faut lancer plusieurs années avant son expiration un projet de migration. Il faut déterminer l'environnement logiciel, faire des tests auprès de certains éléments, tester les procédures de migration, de formation,... tout cela prend des années avant de pouvoir sortir de l'accord-cadre.
J'espère de tous mes vœux que l'éducation nationale va lancer ce programme de migration, mais c'est sûr quand dans les prochaines années, il faut continuer de payer Microsoft pour ne pas tout casser.
La solutioni mis en avant par la DINUM "LaSuite" est vraiment récente. Le produit est jeune, mais il y a une réélle volonté de pousser le secteur public dessus (La DINUM organise des webinaire pour convaincre les acteurs toutes les semaines), mais cela va prendre du temps.
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L'espionnage industriel / espionnage tout court entre "alliés" c'est connu depuis très longtemps, ça a jamais motivé personne en France à s'affranchir des solutions américaines.
Petite parenthèse mais la politique américaine envers l'Europe est la même depuis 15 ans (pivot vers l'asie, 2011), avec le dernier locataire de la maison blanche c'est juste la forme qui a changé, est-ce la forme plutôt que le fond qui dérange nos décideurs ? ;D
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On est quand même allé à un niveau jamais vu sur le Groenland.
Pour revenir au sujet :
1/ Si vous souhaitez tester gratuitement OlyOffice dans un navigateur web, je vous conseille l'offre gratuite de Ksuite (infomaniak), qui intègre aussi :
- 1 adresse mail gratuite @etik.com, @ik.me ou @ikmail.com (avec chiffrement des e-mails)
- 20 Go de stockage pour les e-mails
- 15 Go de stockage Cloud pour les photos et fichiers
⇒ https://www.infomaniak.com/fr/ksuite/myksuite/tarifs
2/ Si vous souhaitez tester la technologie Collabora Online (Libre Office dans un navigateur web), je vous conseille l'offre gratuite de Shadow, qui permet 20 Go de stockage Cloud pour les photos et fichiers.
⇒ https://shadow.tech/fr/drive/offers/
3/ Enfin, il y a une autre technologie distincte, qui permet du chiffrement de bout en bout : Proton Drive n'utilise ni Collabora ni OnlyOffice. Pour tester leur offre gratuite qui permet 5 Go de stockage cloud chiffré pour vos fichiers, photos et documents et l'édition de documents et de feuilles de calcul en ligne.
⇒ https://proton.me/fr/drive/pricing
Avec Collabora/OnlyOffice, même si la connexion est sécurisée, le serveur sur lequel le document est ouvert possède techniquement la clé pour lire votre texte. Proton a dû reconstruire un éditeur capable de fonctionner alors que les données sont chiffrées de bout en bout. Cela signifie que lorsque vous tapez une lettre, elle est chiffrée sur votre ordinateur avant d'être envoyée au serveur.
Edit : Proton Drive rajouté dans mon tableau comparatif.
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Analyse du pseudo "Souverain" sur LinkdIn (https://www.linkedin.com/pulse/souverainet%C3%A9-num%C3%A9rique-le-vrai-d%C3%A9fi-d%C3%A9j%C3%A0-commenc%C3%A9-souverain-fr-bycre/) le 17 avril 2026.
En résumé :
1. Pour lui, le communiqué de presse de la DINUM, c'est le signal du passage du discours à l'exécution
2. Le défi est humain avant d'être technique
3. Pour réussir cette transition, il faut rompre avec les méthodes de recrutement conventionnelles
Souveraineté numérique : le vrai défi a déjà commencé
Depuis quelques mois, la souveraineté numérique a changé de statut.
Elle n’est plus un sujet de spécialistes. Elle devient un sujet politique, industriel, stratégique. Et, très concrètement, un sujet de marché.
Le signal (https://www.numerique.gouv.fr/sinformer/espace-presse/souverainete-numerique-reduction-dependances-extra-europeennes/) envoyé par l’État ces dernières semaines est clair. Avec la Direction interministérielle du numérique (DINUM), nous ne sommes plus seulement dans le diagnostic ou dans le commentaire : nous entrons dans une logique d’exécution, avec une volonté assumée de réduction des dépendances extra-européennes, y compris sur le poste de travail, les outils collaboratifs, les bases de données, la virtualisation, l’IA ou encore les équipements réseau.
Ce signal n’a pas créé un nouveau marché : il vient rebattre les cartes d’un secteur jusqu’alors capté en grande partie par quelques acteurs dominants. Et il agit comme le véritable coup d’envoi d’une dynamique déjà sous tension, qui n’attendait qu’une décision officielle pour accélérer.
Autrement dit : nous venons peut-être de basculer du débat vers l'action.
Et quand une opportunité de cette ampleur se présente, il faut regarder les choses avec lucidité : ce ne sont pas seulement des logiciels et autres solutions techniques qu’il faudra déployer, ce sont des équipes qu’il faudra recruter, des organisations qu’il faudra adapter, des agents et des salariés qu’il faudra former, des décideurs qu’il faudra sécuriser et des usages qu’il faudra accompagner.
Le vrai marché qui se dessine n’est donc pas seulement technologique. C’est un marché de la transformation.
Nicolas Vivant a raison de pointer l’angle mort du débat (https://grenoble.ninja/un-angle-mort-de-la-commission/) : on parle beaucoup des outils, des budgets, des doctrines, mais pas assez des humains qui rendront cette bascule possible.
Adrien de Linuxtricks le rappelle d’ailleurs très bien dans l’une de ses dernières vidéos :
Passer au logiciel libre et sous GNU Linux, c'est un projet de transformation humaine avant tout, avant d'être technique parce qu'il va falloir former, accompagner et cela a aussi un coût en gestion de projet et en ressources, mais ce sera un coût qui sera amorti sur le long terme. Et cette fois le contexte est différent : entre les tensions géopolitiques mondiales. Rappelez-vous le rachat du Groenland ... Et la maturité des solutions open source en 2026. Franchement, on n'a plus d'excuses. La France montre l'exemple dans la lignée du Danemark et de l'Allemagne. Et j'ai aussi hâte de voir comment les autres pays européens vont réagir.
Et c’est précisément pour cela que la question des compétences, du recrutement, de l’acculturation (https://beeshake.com/acculturation-digitale-transformation/) et de l’accompagnement devient centrale.
En "off", beaucoup de directions des systèmes d'information, de professionnels des ressources humaines et d’acteurs du secteur commencent déjà à le dire à demi-mot : la demande arrive, et elle arrive vite.
C’est une excellente nouvelle pour la migration vers des solutions plus souveraines, et c’est un signal fort pour l’emploi. Mais cela veut aussi dire qu’il va falloir garder la tête froide.
Car si nous attendons que tous les besoins remontent en même temps, nous créerons nous-mêmes la saturation que nous redoutons : tension sur les recrutements, fuite des talents (https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/souverainete-technologique-une-nation-qui-laisse-partir-ses-ingenieurs-affaiblit-sa-capacite-a-se-defendre-2224669), hausse des coûts, négociations salariales plus dures, budgets fragilisés, projets ralentis, et parfois, projets abandonnés.
Les signaux RH ne trompent pas. Les cabinets spécialisés décrivent déjà une forte tension sur les profils critiques : cybersécurité, cloud, pilotage, transformation, compétences rares. En clair : le marché comprend déjà que quelque chose est en train de s’ouvrir.
Le constat rejoint d’ailleurs celui du World Economic Forum : les services IT seront le principal moteur de croissance mondiale jusqu’en 2030, mais cette dynamique ne tiendra pas sans investissement massif dans le capital humain. Formation et reconversion y sont présentées comme un choix “sans regret”, c’est-à-dire une priorité rentable dans tous les scénarios macroéconomiques. Le paradoxe, c’est que ces investissements restent encore trop faibles par rapport aux besoins.
Cela veut dire qu’il faut agir maintenant.
Former en interne. Sortir des circuits de recrutement habituels. Prendre au sérieux les reconversions. Élargir le réservoir de talents. Repérer les profils atypiques. Faire de la place aux curieux, aux passionnés, à ceux qui apprennent vite. Redonner aussi toute leur valeur aux seniors, à leur expérience, à leur capacité de transmission, de stabilisation et d’accélération.
Le sujet n’est pas seulement de recruter des experts déjà prêts. Le sujet est de construire assez tôt les compétences qui permettront d’éviter le goulot d’étranglement.
Et cela suppose aussi de revoir les politiques RH. Plus de souplesse. Plus d’agilité. Plus d’ouverture d’esprit. Car ce type de bascule ne se pilote pas en utilisant les méthodes habituelles et une appréciation trop conventionnelle des parcours. La situation et la demande sont exceptionnelles.
Comme toujours lorsqu’un marché change, ne soyons pas dupes : il attirera aussi son lot de faux experts et de spécialistes autoproclamés de la souveraineté numérique, de la transformation et de la conduite du changement depuis plus de 50 ans... Vous les verrez arriver de loin. Ceux qui parleront beaucoup de doctrine, mais peu de déploiement réel, de migration, de support, de formation, d’adhésion utilisateur. Le trait est volontairement forcé, mais à peine.
Dans la période qui s’ouvre, la crédibilité comptera autant que l’expertise. Peut-être même davantage.
Et justement, ce marché ne concerne pas seulement les métiers que nous connaissons déjà. Il va aussi faire émerger de nouvelles fonctions.
Chargé de mission accompagnement au changement. Consultant en conduite du changement. Chef de projet d’accompagnement au changement. Formateurs. Profils hybrides entre technique, organisation et acculturation. Mais aussi les métiers de la communication et du marketing, qui devront eux aussi bâtir un nouveau récit : car au fond, c’est une autre histoire collective qu’il va falloir apprendre à raconter et à transmettre (https://www.wearecom.fr/2025/06/du-storytelling-au-storyproving-ce-que-revele-la-10e-edition-du-communicator/). Et demain, des rôles plus transversaux encore.
Tariq Krim évoque même une nouvelle fonction pour qualifier cette évolution, avec la figure du Chief Resiliency Officer (https://www.cybernetica.fr/ce-que-jai-appris-au-fic-2026/) : un rôle transversal, pensé pour aider l’entreprise à adapter sa stratégie dans un environnement où la géopolitique, la cyber et les ruptures politiques imposent désormais des décisions hors du cadre habituel.
Il faut aussi comprendre quelque chose de stratégique : la souveraineté numérique (https://souverain.ovh/souverainete-numerique-europe-france-autonomie-strategique/) est probablement la marche la plus accessible de notre autonomie stratégique.
Pourquoi ?
Parce qu’elle demande de la méthode, du recrutement, de la formation, de la coordination et des arbitrages. Mais elle exige beaucoup moins de capital matériel qu’une réindustrialisation lourde.
Migrer des outils, des environnements de travail, des briques logicielles, des infrastructures ou des chaînes de support n’a rien à voir, en intensité capitalistique, avec l’ouverture d’usines, l’achat de foncier, la construction d'usines, de hangars ou l’installation de chaînes industrielles.
Et pourtant, cette première marche favorise aussi les suivantes.
Pendant que l’Europe essaie de se réarmer sur les semi-conducteurs (https://digital-strategy.ec.europa.eu/fr/policies/european-chips-act) avec des projets comme ESMC à Dresde, la Smart Power Fab d’Infineon (https://vipress.net/feu-vert-definitif-pour-le-financement-de-la-nouvelle-usine-infineon-a-dresde/), FAMES (https://www.cea.fr/Pages/actualites/ntic/FAMES-ligne-pilote-europ%C3%A9enne-inauguration.aspx) à Grenoble, Space Forge au pays de Galles ou encore SILICON BOX en Italie, nous avons sur le logiciel, les services, la formation, les usages et l’accompagnement un terrain plus rapide à activer.
Mais c’est aussi à cet endroit que le raisonnement se complique : un paradoxe majeur apparaît.
Au moment même où la dynamique s’enclenche politiquement et stratégiquement, une autre variable commence à peser sur les budgets : la "techflation (https://www.cybernetica.fr/se-preparer-a-la-techflation-qui-vient/)". Entre les guerres en cours, les tensions énergétiques, le prix du baril, les fragilités logistiques et les coûts de la chaîne technologique, recruter ne voudra pas seulement dire créer des postes. Cela voudra aussi dire équiper. Acheter du matériel. Déployer. Renouveler. Absorber une hausse possible des coûts au pire moment.
Voilà pourquoi il faut tant insister sur l’organisation.
Oui, c’est une opportunité majeure. Oui, le signal est bon. Oui, il y a un potentiel considérable à s'organiser dès maintenant. Oui, l’urgence actuelle peut débloquer des budgets et des décisions qui restaient gelés depuis des mois, parfois des années.
Mais cette opportunité ne se saisira pas dans l’improvisation.
Car si la demande monte plus vite que l’offre de compétences, si les coûts de recrutement et d’équipement montent en même temps, si les décideurs ont le sentiment que la migration vers des solutions souveraines devient trop chère ou trop lente, alors nous entrerons dans une bataille perdue d’avance.
Pourquoi ?
Parce qu’en face, les GAFAM et les grands hyperscalers (https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperscale) disposent déjà de l’infrastructure, de l’échelle, des offres packagées et de la capacité à jouer sur les prix. Et si nos coûts montent trop vite, ils auront un argument très simple à opposer aux décideurs : rester dépendants coûtera moins cher, au moins à court terme.
C’est comme cela qu’une ambition stratégique peut retomber. Non pas faute de vision. Mais dans un arbitrage budgétaire.
Le risque est donc clair : si nous ne préparons pas sérieusement les recrutements, la formation interne, les viviers, les reconversions, les profils atypiques et les politiques RH, alors certains projets seront ralentis, d’autres réduits, et certains abandonnés.
Ce serait un échec majeur. Parce que nous sommes, pour une fois, proches d’une vraie possibilité d’action collective. Et ce moment que nous sommes actuellement en train de vivre ne revient pas tous les ans.
La question n’est plus de savoir s’il faut y aller. La vraie question est de savoir si nous allons nous organiser assez tôt pour éviter le goulot d’étranglement, absorber la demande, garder les coûts sous contrôle et transformer cet élan en capacité réelle.
Peut-être que notre plus grand défi n’est pas encore de faire. Peut-être qu’il est d’abord de nous organiser pour pouvoir faire.
Et comme l'indiquait récemment Cristina Caffarra dans un entretien accordé à Le Monde Informatique : "Il nous reste 3 ans pour agir sous peine de rester une colonie digitale des États-Unis."
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Si vous videz le cache de votre navigateur, vous pouvez avoir une nouvelle version avec 3 tableaux :
- Comparatif des suites bureautiques collaboratives hébergées dans le cloud (SaaS)
- Comparatif des suites bureautiques collaboratives on-premise (auto-hébergée)
- Comparatif des suites bureautiques en local sur le poste client
J'ai rajouté de nouveaux acteurs, comme Apple avec iWork ou Nextcloud.
On voit que des solutions Opensource comme Nextcloud ont un niveau de prix équivalent à Microsoft Office. Outre le prix élevé, les solutions on-premise (auto-hébergées) nécessitent des compétences importantes dans les équipes SI. Le passage en mode SAS (dans le cloud) est clairement rentable. J'applaudis "LaSuite" de la DINUM qui évite les solutions type NextCloud qui coûtent cher à l'état (c'est pourquoi Resana va être arrêté) et se consacre sur l'essentiel : LaSuite est complémentaire des solutions comme LibreOffice ou OnlyOffice (qui sont gratuits sur le poste de travail). Le gain financier pour l'état sera important si c'est généralisé sur des millions de postes, à la place des solutions qui coûtent cher, en plus de ne pas être souveraines.
Autre point quand on regarde le comparatif des suites bureautiques collaboratives hébergées dans le cloud (SaaS) : Elles proposent maintenant toutes de l'Intelligence artificielle sauf la suite iWork d'Apple. En version hébergée dans l'entreprise, Nextcloud Assistant propose de l'IA en local sur le GPU ou CPU du serveur (il faut un serveur costaud). On voit que l'IA devient la norme tout comme les outils de visioconférences se sont imposés dans ces suites.
(https://lafibre.info/images/logiciel/202604_comparatif_suites_bureautiques_1.webp) (https://lafibre.info/images/logiciel/202604_comparatif_suites_bureautiques.pdf)