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Télécom => Réseau => reseau IPv6 => Discussion démarrée par: vivien le 16 juillet 2026 à 08:41:23

Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 16 juillet 2026 à 08:41:23
Baromètre Arcep de la transition vers IPv6 2026

(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_20_podium.webp)

L'Arcep vient de publier son baromètre 2026 de la transition vers IPv6 : https://www.arcep.fr/cartes-et-donnees/nos-publications-chiffrees/transition-ipv6/barometre-annuel-de-la-transition-vers-ipv6-en-france.html

Je le reproduis ici intégralement.


Baromètre de la transition vers IPv6 (édition juillet 2026)
(cliquez sur les miniatures ci-dessous - les documents sont au format PDF)
(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026.avif) (https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026.pdf)   (https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_hebergeurs.avif) (https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_hebergeurs.pdf)

Pour les hébergeurs, il existe une liste complète des AS et du taux d'IPv6 dans d'autres formats que le PDF (https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_hebergeurs.pdf) : .ods (Calc) (https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_hebergeurs.ods), .xlsx (Excel) (https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_hebergeurs.xlsx) et .csv (https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_hebergeurs.csv)


Sommaire : (avec liens pour un accès direct)
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 16 juillet 2026 à 08:41:48
1/ La transition vers l’IPv6, enjeu majeur pour l’avenir de l’internet

Chaque terminal sur le réseau internet possède une adresse IP. Les adresses IP publiques sont enregistrées et routables sur internet, elles sont donc uniques.


1.1/ Une pénurie d’IPv4 depuis 2019

Le protocole IPv4 a été établi dans les années 1980* et est limité à environ 4,3 milliards (232) d’adresses. Bien que cette quantité semblait à l’époque largement suffisante pour un réseau balbutiant, l’essor continu des usages de l’internet par le grand public depuis les années 1990 et 2000, a conduit à l’épuisement des stocks d’adresses IP disponibles. Ainsi, depuis le 25 novembre 2019, le RIPE NCC (le registre régional d’adresses IP, qui alloue les IPv4 pour l’Europe et le Moyen-Orient) est en pénurie d’IPv4**. En conséquence, les opérateurs doivent partager les adresses IPv4 entre plusieurs utilisateurs, y compris sur la fibre optique. Ce partage peut entraîner des dysfonctionnements de services, des difficultés d’identification, voire des enjeux de sécurité. Compte tenu de leur rareté, on observe depuis 2022*** que certains hébergeurs et fournisseurs de Cloud facturent l’utilisation d’adresses IPv4 à leurs clients. Ainsi, la pénurie d’adresses IPv4, et le renchérissement de cette ressource qu’elle entraîne, constituent une barrière à l’entrée pour de nouveaux entrants, opérateurs ou fournisseurs de contenus ou d’applications. Faire perdurer internet en IPv4 ne l’empêchera pas de fonctionner, mais l’empêchera de grandir.

* Avant IPv4, dans les années 1970, le réseau Arpanet utilisait le protocole NCP (Network Control Program). La bascule vers IPv4 s’est effectuée le 1ᵉʳ janvier 1983, date à laquelle NCP a été coupé. Sans ce « coup de force » technique de 1983, l’Internet tel qu’il existe aujourd’hui n’aurait probablement jamais vu le jour, restant bloqué dans des systèmes propriétaires incompatibles.
** Les 5 registres internet régional (RIR, de l’anglais Regional Internet Registry) sont aujourd’hui en pénurie d’IPv4. Il est possible de visualiser les courbes d’épuisement des adresses IPv4 RIR par RIR sur https://ipv4.potaroo.net/
*** OVH a annoncé en septembre 2022 (https://blog.ovhcloud.com/ipv4-additionnelles-nouvelle-tarification/) facturer les IPv4 qui étaient auparavant gratuites. En 2026, le prix de l’IPv4 a augmenté à 2,39 € TTC/mois par IPv4 (https://next.ink/225720/ovhcloud-augmente-fortement-le-prix-de-ses-vps-2026-et-ipv4/). La pratique de facturation des IPv4 est aujourd’hui généralisée à tous les grands acteurs de l’hébergement et du cloud.



1.2/ IPv6 est la seule solution structurelle et pérenne

Pour faire face à cette situation, les spécifications d’IPv6 ont été finalisées en 1998. Elles intègrent des fonctionnalités permettant de renforcer la sécurité par défaut et d’optimiser le routage. Par ailleurs, IPv6 offre une quasi-infinité d’adresses : 667 millions de milliards d’adresses IPv6 pour chaque millimètre carré de la surface de la Terre.

IPv6 permet non seulement de résoudre la pénurie d’adresses, mais également de simplifier la gestion technique de l’internet : l’auto-configuration permet aux appareils de générer leur propre adresse sans conflit et l’attribution de blocs d’adresses de très grande taille rend le routage des données plus efficace.

Dans ce contexte, la transition vers IPv6 apparaît comme un enjeu majeur d’innovation, de compétitivité et d’ouverture d’internet.

Cependant, le protocole IPv6 n’est pas nativement rétrocompatible avec IPv4. Techniquement, un ordinateur exclusivement IPv6 ne peut pas communiquer avec un ordinateur exclusivement IPv4. Ainsi, quand un site web ou une application est hébergé en « IPv6-only », il n’est pas accessible aux utilisateurs ayant un terminal « IPv4-only », ce qui représente un risque de scission d’internet en deux, avec IPv4 d’un côté et IPv6 de l’autre, comme illustré par le schéma ci-après.


(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_01_ipv6_pas_retrocompatible_ipv4.webp)

Du fait de la complexité actuelle de l’internet, avec des milliards d’objets connectés, la migration d’IPv4 vers IPv6 ne peut être effectuée du jour au lendemain. Elle se réalise donc progressivement, en déployant IPv6 en parallèle d’IPv4 (phase de cohabitation). Une fois que tous les acteurs auront ajouté la compatibilité IPv6 à leurs serveurs, équipements réseaux et terminaux, IPv4 pourra être définitivement désactivé au profit du seul IPv6 (phase d’extinction d’IPv4).

De façon opérationnelle, la transition vers IPv6 se fait avec une des trois méthodes de cohabitation :

- Le double pile (dual stack) : C'est la solution la plus courante. Votre appareil (ordinateur, smartphone, box) possède deux adresses en même temps : une IPv4 et une IPv6. S'il contacte un site en IPv6, il utilise son adresse IPv6. S'il contacte un site en IPv4, il utilise son adresse IPv4.

- Le tunnel (Tunneling) : Un paquet IPv4 est encapsulé à l'intérieur d'un paquet IPv6. C'est comme mettre une lettre écrite en IPv4 dans une enveloppe adressée en IPv6 pour faire traverser à un flux IPv4 un réseau qui ne gère plus IPv4. L’inverse est également possible pour faire traverser à un flux IPv6 un réseau qui ne gère pas encore IPv6.

- La translation (NAT64 / DNS64) : Un équipement réseau (souvent chez votre fournisseur d'accès) fait office de traducteur en temps réel. Il convertit les paquets IPv6 en IPv4 (et réciproquement) pour permettre l’établissement d’une communication entre terminaux et serveurs non compatibles.

Voir en annexe 3 (https://lafibre.info/ipv6/barometre-ipv6-2026/msg1158058/#msg1158058) pour plus de précisions.




1.3/ À long terme, l’extinction complète d’IPv4 sur internet est nécessaire

Bien que la transition vers le protocole IPv6 ait débuté en 2003, internet n’en est encore, en 2026, qu’à la phase de cohabitation. Les protocoles IPv4 et IPv6 vont coexister, tant qu’IPv6 n’a pas été généralisé au niveau de tous les maillons de la chaîne d’internet. Certains pays ont toutefois annoncé débuter l’extinction d’IPv4 à partir de 2032*.

* Le gouvernement tchèque a demandé aux administrations de ne plus fournir de services administratifs sur le protocole IPv4 à partir du 6 juin 2032. Un compte à rebours de l’IPv4 est présenté sur la page https://konecipv4.cz/en/

La cohabitation d’IPv6 avec IPv4 n’est qu’une étape transitoire avant l’extinction complète d’IPv4 sur internet.

Continuer à fournir une connectivité IPv4 en complément d’IPv6 a plusieurs types d’impacts :
• Augmentation du travail d’ingénierie, d’administration et de supervision des réseaux : les tests de connectivité doivent être réalisés en IPv4 et en IPv6 ;
• Augmentation de la surface d’attaque cyber et de potentielles vulnérabilités ;
• Surcoût environnemental lié à l’existence, au fonctionnement et au renouvellement d’équipements spécifiques IPv4 tels que les plateformes permettant le partage d’adresses IPv4 entre plusieurs clients ou encore l’encapsulation de trafic IPv4 au sein de flux IPv6 (comme c’est le cas de plusieurs opérateurs fixes et/ou mobiles en France).
• Pour ces raisons, l’extinction d’IPv4 sur internet est souhaitable à long terme.

Exemple d’un « scénario de sortie » d’IPv4 plausible :
• Étape 1 : La quasi-totalité des offres d’accès internet grand public commercialisées proposent de l’IPv6 activé par défaut, en plus de l’IPv4 ;
• Étape 2 : La quasi-totalité des offres d’accès internet grand public, pro et entreprises proposent de l’IPv6 activé par défaut. Une connectivité IPv4 est toujours proposée ;
• Étape 3 : Une part non négligeable des sites web sont hébergés en IPv6 uniquement. Ces sites ne sont plus accessibles aux utilisateurs non compatibles IPv6 ;
• Étape 4 : Une part non négligeable des offres des fournisseurs d’accès à internet ne proposent plus de connectivité IPv4. Il n’est plus possible de consulter des sites web hébergés en IPv4 uniquement ;
• Étape 5 : La majorité des sites web abandonnent IPv4, devenu inutile. IPv4 n’est plus utilisé sur internet, mais peut continuer à être utilisé pour des réseaux privés.
En France, au rythme actuel, l’étape 1 devrait être atteinte dans les prochaines années.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 16 juillet 2026 à 08:42:03
2/ Une multitude d’acteurs, à différents degrés de transition

Afin d’évaluer l’état de déploiement du protocole IPv6 en France, l’Arcep utilise les données collectées conformément à sa décision n° 2025-0429 (https://www.arcep.fr/uploads/tx_gsavis/25-0429.pdf) en date du 18 mars 2025 et les données de l’Afnic pour établir un baromètre annuel de la transition vers IPv6 en France, permettant d’obtenir une vision d’ensemble de l’adoption du protocole IPv6.

La transition IPv6 se fait plus rapidement du côté des opérateurs que du côté des hébergeurs et autres acteurs du contenu. Fin 2025, côté fournisseurs d’accès à internet grand public, 94 % des clients sur le fixe (+7 points en 1 an) et 83 % sur le mobile (+13 points en 1 an) ont l’IPv6 activé. L’augmentation de l’activation IPv6 s’explique notamment par les progrès de SFR sur le fixe (+26 points) et de Free sur le mobile (+48 points). Côté fournisseurs de contenu et hébergeurs, 38 % des sites web sont disponibles en IPv6 (+3 points en 1 an), et 25 % des serveurs e-mail (+2 points en 1 an).


(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_02_global_france.webp)

La quasi-totalité des clients grand public devrait avoir une connectivité IPv6 d’ici à fin 2028. Côté fournisseurs de contenu et hébergeurs, le rythme de cette évolution ne permet pas d’envisager une transition complète au cours des prochaines années.

Côté fixe, d’ici à 2028, les clients qui n’ont pas accès à IPv6 seront sur des réseaux en fin de vie (ADSL/VDSL/câble), or le réseau cuivre devrait être éteint d’ici à fin 2030 (https://www.arcep.fr/nos-sujets/la-fermeture-du-reseau-cuivre.html). Côté mobile, ce sont d’anciens terminaux qui n’ont pas de connectivité IPv6 qui devraient donc progressivement sortir du parc avec la fermeture de la 3G en 2029 (https://www.arcep.fr/mes-demarches-et-services/consommateurs/fiches-pratiques/extinction-reseaux-mobiles-2g-3g.html).

Le schéma ci-après présente la situation des 4 principaux fournisseurs d’accès à internet en France.

Côté grand public, Free, Orange et Bouygues Telecom ont quasiment terminé leur transition IPv6 sur le réseau fixe avec respectivement 99 %, 97 % et 96 % des clients activés en IPv6. La part de SFR est en revanche en retrait à 80 %. Sur le réseau mobile, la transition est quasiment terminée pour Bouygues Telecom et Orange avec respectivement 97 % et 92 % des clients activés en IPv6. La part de SFR est de 86 % et celle de Free mobile, en retrait, s’établit à 50 %.

Du côté des offres fixe « Pro », la transition est finalisée pour Free Pro avec 100 % d’IPv6 activé. Bouygues Telecom a presque terminé sa transition avec 96 % des clients activés en IPv6. La part d’IPv6 activé pour Orange Pro progresse pour atteindre 70 % (l’IPv6 n’est pas disponible sur les offres xDSL Pro). Seuls 36 % des clients Pro de SFR ont de l’IPv6 actif, qui n’est disponible ni sur les offres xDSL et ni sur les offres câble.

Pour les offres mobiles Pro, Bouygues Telecom et Orange ont quasiment terminé leur transition IPv6 avec respectivement 97 % et 93 % d’IPv6 activé. SFR est proche avec 88 % d’IPv6. Free Pro est en net retrait, avec seulement 2 % de clients avec IPv6 activé sur le mobile, toutefois IPv6 devrait être activé prochainement sur les mobiles Free Pro.


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Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 16 juillet 2026 à 08:42:16
3/ L’avancement de la transition IPv6 pour les fournisseurs d’accès à internet

Pour qu’une ligne fixe émette et reçoive en IPv6, quatre conditions doivent être réunies :

1. le réseau utilisé doit être compatible IPv6 :
        ◦ pour un réseau fixe, l’équipement côté opérateur doit savoir gérer IPv6 ;
        ◦ pour un réseau mobile, l’APN ou Access Point Name doit être capable de gérer le protocole IPv6).

2. l’IPv6 doit être activé sur le réseau (et la box) :
        ◦ pour un réseau fixe, l’IPv6 doit être activé sur la box et le réseau utilisé (soit par l’opérateur, soit par le client) ;
        ◦ pour un réseau mobile, l’IPv6 doit être activé côté réseau.

3. l’équipement qui se connecte au réseau de l’opérateur doit être compatible IPv6 :
        ◦ pour un réseau fixe, la box utilisée doit être compatible avec le protocole IPv6 ;
        ◦ pour un réseau mobile, les paramètres du fabricant du terminal pour l’opérateur utilisé doivent activer IPv6 (un terminal ancien n’activera pas IPv6).

4. le système d’exploitation du terminal utilisé doit activer et utiliser IPv6 :
Tous les systèmes d’exploitation fixes et mobiles activent IPv6 par défaut depuis de nombreuses années.

Ainsi :
    • un client est dit « IPv6-ready » si IPv6 est activé ou s’il est en mesure d’activer lui-même IPv6 ;
    • un client est dit « IPv6 activé » s’il émet et reçoit effectivement du trafic en IPv6.




3.1/ Les opérateurs grand public ayant plus de 3 millions de clients

L’Arcep note une forte évolution de l’activation de l’IPv6 depuis 2018. Les prévisions pour fin 2028 montrent que la transition approchera de la fin pour les opérateurs grand public. Néanmoins, une disparité importante persiste fin 2025 entre les opérateurs, mais également entre les technologies d’accès internet.

La compatibilité IPv6 des offres professionnelles destinées aux petites entreprises d’Orange et de SFR est significativement plus faible que celle de leurs offres grand public (contrairement à Bouygues Telecom et Free qui ont un taux d’IPv6 similaire entre les offres « pro » et grand public).




3.1.1/ Réseau fixe

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D’après les prévisions fournies par les opérateurs, la transition vers IPv6 devrait être quasiment terminée côté grand public d’ici fin 2028 et pourrait se terminer en 2030 avec la fermeture du réseau cuivre (https://www.arcep.fr/nos-sujets/la-fermeture-du-reseau-cuivre.html) : certains opérateurs ont choisi de ne pas faire migrer des infrastructures en fin de vie vers le protocole IPv6. Pour les offres internet à destination des professionnels, la transition pourrait prendre quelques années de plus.

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Sur le réseau fixe grand public, en ce qui concerne les principaux opérateurs télécoms en France, l’Arcep constate que :

• Bouygues Telecom a activé l’IPv6 pour tous ses clients FttH, ADSL, VDSL sur son réseau en propre. L’IPv6 est activé pour la majorité des clients Bouygues équipés d’une box 4G fixe et 5G fixe. L’IPv6 n’est pas proposé en ADSL ou VDSL sur un réseau de collecte tiers (ce sont des clients Bouygues Telecom qui sont connectés sur un DSLAM Orange).

• Free a activé l’IPv6 sur tous ses clients FttH, ADSL, VDSL grand public sur son réseau en propre. L’IPv6 n’est pas proposé en ADSL ou VDSL pour les clients Free sur un réseau de collecte tiers (clients dits « non dégroupés »), ni sur la box 4G+ / 5G de Free.

• Orange a activé l’IPv6 pour tous ses clients FttH. L’IPv6 est activé pour la majorité des clients équipés d’une box 4G fixe et 5G fixe. En ADSL et en VDSL l’IPv6 est activé sur un réseau qui attribue ses adresses par DHCP à la plupart des clients Orange xDSL. L’IPv6 n’est pas proposé sur certains clients ADSL grand public (adresses attribuées via PPP). Par ailleurs, tous les nouveaux clients ADSL Orange sont provisionnés en zone DHCP.

• SFR a terminé le renouvellement des équipements réseau incompatibles avec l’IPv6 sur le réseau FttH. Fin 2025, quasiment tous les clients SFR FttH ont de l’IPv6 activé. L’IPv6 est activé pour la plupart des clients équipés d’une box 4G fixe et 5G fixe. Dans le contexte de la fermeture progressive du cuivre sur son réseau, SFR a choisi de supprimer en 2023 le support de l’IPv6 sur les offres ADSL/VDSL. L’IPv6 (encapsulé dans l’IPv4) était auparavant disponible sur les offres ADSL et VDSL, mais non activé par défaut (à fin juin 2022, 1 % des clients ADSL et VDSL avaient activé cette option). Par ailleurs, l’IPv6 n’est pas disponible sur le réseau câblé.


Pour les offres professionnelles à destination des petites entreprises, Bouygues Telecom et Free suivent ce qui est fait sur le grand public. Pour Orange et SFR, les offres professionnelles ont un taux d’IPv6 activé plus faible :

• Orange a activé l’IPv6 pour la plupart de ses clients FttH Pro. L’IPv6 est activé pour une minorité de clients équipés d’une box 4G fixe et 5G fixe. L’IPv6 n’est pas proposé pour les clients ADSL ou VDSL Pro chez Orange ;

• SFR a commencé à activer l’IPv6 sur les lignes FTTH en 2025. À l’instar du marché grand-public, SFR ne propose pas encore d’IPv6 pour les offres « Pro » en ADSL, VDSL ou câble. La prévision à fin 2027 montre une forte évolution d’IPv6 lié à l’activation d’IPv6 sur les offres FTTH Pro.

Les détails par année, technologie d’accès et détails sur les pratiques en termes de partage d’IPv4 et l’activation d’IPv6 sont disponibles en annexe 1.1 et 1.2 (https://lafibre.info/ipv6/barometre-ipv6-2026/msg1158051/#msg1158051).

La possibilité d’accéder à distance à des données hébergées derrière la box est détaillée en annexe 1.5 (https://lafibre.info/ipv6/barometre-ipv6-2026/msg1158053/#msg1158053).
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 16 juillet 2026 à 08:42:30
3.1.2/ Réseau mobile

(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_06_mobile_evolution.webp)

L’Arcep a introduit, pour les opérateurs qui se sont vus attribuer des fréquences 5G dans la bande 3,4 – 3,8 GHz en France métropolitaine*, une obligation de rendre leur réseau mobile compatible en IPv6 avant le 31 décembre 2020.

* Décision n° 2019-1386 (https://www.arcep.fr/uploads/tx_gsavis/19-1386.pdf#page=33) de l’Autorité en date du 21 novembre 2019 proposant au ministre chargé des communications électroniques les modalités et les conditions d’attribution d’autorisations d’utilisation de fréquences dans la bande 3,4 − 3,8 GHz en France métropolitaine pour établir et exploiter un réseau radioélectrique mobile ouvert au public.

Selon les prévisions fournies par les 4 opérateurs, la transition des accès mobiles vers IPv6 devrait être presque entièrement terminée fin 2029*, aussi bien pour le grand public que pour les professionnels. La transition pourrait prendre quelques années de plus pour les offres « data uniquement » (domino 4G / 5G, tablette, ordinateurs, etc.). Alors que les progressions d’Orange, Bouygues et SFR se poursuivent en 2025 à un rythme comparable à celui observé au cours des années précédentes, le taux d’activation IPv6 des clients grand public de Free est passé d’un peu plus de 1 % fin 2024 à 50 % fin 2025. Pour 2026, Free annonce une progression encore plus significative du taux d’IPv6 des clients Free Pro, passant de 2 % fin 2025 à 77 % fin 2026.

* La fermeture du réseau 3G en 2029 (https://www.arcep.fr/mes-demarches-et-services/consommateurs/fiches-pratiques/extinction-reseaux-mobiles-2g-3g.html) devrait entraîner le renouvellement de vieux terminaux incompatibles VoLTE, qui se recoupent en partie avec les terminaux incompatibles IPv6.

Les pourcentages affichés concernent tout le parc des opérateurs mobiles, sans distinction entre terminaux Android ou iPhone*. La distinction entre Android, iPhone et les offres proposant uniquement de la data est disponible en annexe 1.3 (https://lafibre.info/ipv6/barometre-ipv6-2026/msg1158052/#msg1158052).

* Les données de part de marché utilisées dans ce baromètre sont 61 % pour Android et 39 % pour iOS. Cette statistique a été collectée début 2025 auprès des quatre principaux opérateurs français et agrégée en fonction de leur part de marché.

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Pour les offres mobiles grand public, l’Arcep constate des disparités importantes dans la transition vers IPv6. Si les principaux opérateurs proposent tous de l’IPv6, la différence se fait sur l’activation :

• Android : Bouygues Telecom, Orange et SFR activent par défaut l’IPv6 sur les mobiles Android dont la date de commercialisation est postérieure à 2018 (Bouygues), 2020 (Orange) et 2021 (SFR). Free active progressivement l’IPv6 sur les smartphones dont la date de commercialisation est postérieure à 2021 ;

• iPhone : Bouygues Telecom, Orange et SFR activent par défaut IPv6 sur les iPhone dont la version iOS est au minimum iOS 12.2 (Bouygues), iOS 13.0 (Orange pour iPhone 7 et plus récent), iOS 14.3 (SFR), iOS 15.4 (Orange pour les iPhone 6S et SE). Free active progressivement l’IPv6 sur les iPhone 7 et plus récents équipés au minimum de la version iOS 15.4. Cette large compatibilité avec IPv6 fait que les taux d’IPv6 sont donc bien plus élevés sur les iPhone que sur Android.

Pour les offres professionnelles, Bouygues Telecom, Orange et SFR proposent de l’IPv6 selon les mêmes modalités que pour le grand public. Free devrait activer l’IPv6 des mobiles Free Pro courant 2026.

Le type d’IPv6 proposé par les opérateurs (double pile, IPv6-only avec ou sans DNS64), la taille du préfixe et la possibilité de configurer le pare-feu IPv6 sont détaillés en annexe 1.7 (https://lafibre.info/ipv6/barometre-ipv6-2026/msg1158054/#msg1158054).

Pour les offres professionnelles, les quatre opérateurs proposent de l’IPv6 selon les mêmes modalités que pour le grand public. Les offres professionnelles sont détaillées en annexe 1.4 (https://lafibre.info/ipv6/barometre-ipv6-2026/msg1158052/#msg1158052).
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 16 juillet 2026 à 08:42:44
3.2/ Les opérateurs grand public ayant moins de 3 M de clients

L’Arcep constate une forte disparité dans la transition IPv6 des opérateurs de moins de 3 millions d’utilisateurs. Si certains d’entre eux ont quasiment terminé leur transition IPv6, aussi bien côté fixe que côté mobile, pour d’autres, cette transition n’a pas été initiée. Pour que les fournisseurs de contenus puissent arrêter IPv4, il est nécessaire que tous les accès à internet proposent de l’IPv6.



3.2.1/ Réseau fixe

Dans l’hexagone, fin 2025 :
• Sept opérateurs activent l’IPv6 pour la quasi-totalité de leurs clients (Adeli sur son réseau FttH en propre, Fibreagglo, Orne THD, Sewan, Starlink, Tubéo et Vialis) ;
• Trois opérateurs ne proposent pas de box internet, mais mettent à disposition un préfixe IPv6 opérationnel à chacun de leurs clients auxquels il revient de récupérer leur préfixe IPv6 avec leur propre matériel (Aquilenet, FDN et MilkyWan) ;
• Trois opérateurs sont en cours de transition vers IPv6 (Adeli en collecte FttH, Blue Networks Technologies en radio et OVH Télécom) ;
• Cinq opérateurs ne proposent pas IPv6 (Blue Networks Technologies en FttH, K-Net, NordNet, Ozone et Wifirst). Il faut noter que, dans certains cas, comme concernant Blue Networks Technologies l’absence d’IPv6 est liée à l’incompatibilité du réseau de collecte proposé par l’opérateur d’infrastructure. Concernant K-Net, l’IPv6 devrait revenir prochainement.

En Outre-mer, fin 2025 :
• Quatre opérateurs activent l’IPv6 pour la quasi-totalité de leurs clients (Dauphin Telecom FttH, Orange Caraïbe, Orange Réunion Mayotte et Zeop câble), mais les clients Dauphin Telecom xDSL, Orange Caraïbe 4G / 5G fixe et Zeop FttH n’ont pas encore d’IPv6 ;
• Trois opérateurs ne proposent pas encore de l’IPv6 (Canal+ Telecom, SFR Caraïbe et SFR Réunion). Concernant Canal+ Telecom, l’IPv6 devrait arriver fin 2026 / début 2027.


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Les données année par année depuis 2018 et les détails concernant le partage des adresses IPv4 et la politique d’activation d’IPv6 sont disponibles en annexe 2.1 (https://lafibre.info/ipv6/barometre-ipv6-2026/msg1158055/#msg1158055), 2.3 (https://lafibre.info/ipv6/barometre-ipv6-2026/msg1158056/#msg1158056), 2.4 et 2.5 (https://lafibre.info/ipv6/barometre-ipv6-2026/msg1158057/#msg1158057).
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 16 juillet 2026 à 08:42:59
3.2.2 Réseau mobile

Dans l’hexagone, les opérateurs Full MVNO, qui possèdent un degré élevé d’autonomie et de contrôle sur leurs opérations, sont globalement en retard sur l’activation d’IPv6. Les opérateurs Light MVNO utilisent l’APN de leur opérateur hôte et proposent de l’IPv6 (pour certains avec leurs propres IPv4 et IPv6, comme Orne THD).

En Outre-mer, seuls trois opérateurs indiquent avoir commencé leur transition IPv6 (Orange Caraïbe, Orange Réunion et Zeop).


(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_09_mobile_alternatif.webp)
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 16 juillet 2026 à 08:43:12
4/ Hébergeurs, fournisseurs de contenu et infrastructure DNS

Afin qu’IPv6 soit disponible au niveau d’un hébergeur, cinq conditions doivent normalement être réunies :
1. Le réseau de l’hébergeur utilisé doit être compatible IPv6 ;
2. Le système d’exploitation du serveur doit être compatible IPv6 et sa pile IPv6 activée, ce qui est le cas de tous les systèmes d’exploitation des serveurs utilisés actuellement ;
3. L’hébergeur doit préconfigurer le serveur pour utiliser un adressage IPv6 ;
4. Le fournisseur de contenu doit utiliser des applications serveur (web, mail, etc.) gérant le protocole IPv6. C’est aujourd’hui majoritairement le cas par défaut ;
5. Le fournisseur de contenu doit configurer les DNS avec un enregistrement IPv6, afin que le nom de domaine propose d’utiliser IPv6.

Quand toutes ces conditions sont réunies, l’accès au service hébergé se fait en principe en IPv6, si le client a une connectivité IPv6 opérationnelle (IPv6 activé sur son accès à internet et sur son système d’exploitation). Dans l’éventualité où un seul maillon de la chaîne n’est pas activé en IPv6, l’accès se fait avec le protocole IPv4.

Ainsi, contrairement à un fournisseur d’accès à internet qui peut activer à distance IPv6 sans nécessiter d’actions de la part de son client (le consommateur final), une ou plusieurs actions du client d’un hébergeur (le fournisseur de contenu) sont nécessaires pour que l’IPv6 soit utilisable de bout en bout.

Dans la suite de cette partie, nous nous intéressons à trois types de services applicatifs : le web, le mail et le DNS.
Les statistiques sont calculées en pourcentage de noms de domaine, quelle que soit l’audience du service. Afin d’exclure une partie des noms de domaine inutilisés, le taux d’activation d’IPv6 est calculé en ne prenant en compte que les noms de domaine possédant un certificat HTTPS valide, soit 2,7 millions d’entre eux pour les sites web en .fr, .re, .pm, .yt, .tf et .wf analysés ci-dessous*.


* Données Afnic, décembre 2025. Ces données sont basées sur des informations de zones DNS et sur l’analyse des enregistrements A, AAAA configurés sur un nom de domaine. Les données excluent une partie des noms de domaine inutilisés : le processus prend en source l’intégralité des noms de domaine .fr, .re, .pm, .yt, .tf et .wf et exclut les noms de domaine sans HTTPS valide. Le robot d’exploration parcourt dans l’ordre les URL `https://{domaine}`, `https://www.{domaine}`, et s’arrête à la première requête qui termine sans erreur. Si une redirection sur `https://{domaine}` a amené le robot d’exploration sur un domaine égal au nom de la zone préfixée par `www` alors les données utilisées sont celles de www.{domaine}, sinon ce sont celles de la racine. Pour chaque IP récupérée, utilisation de la base MaxMind pour connaître le système autonome (AS) annonçant cette IP.



4.1/ Hébergement web

Début 2026, les hébergeurs de sites web représentent l’un des maillons de la chaîne d’internet les plus en retard dans la migration vers l’IPv6. En effet, seuls 37,7 % des sites web sont accessibles en IPv6, soit une augmentation de 20 points sur les 5 dernières années, mais seulement 3 points l’année dernière.

(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_10_web_evolution.webp)

Le pourcentage de sites web accessibles en IPv6 est en augmentation depuis 2015, mais le rythme de cette évolution semble loin de pouvoir permettre une transition complète dans les prochaines années.



En considérant les 12 premiers acteurs en termes de nombre de noms de domaine, seuls Cloudflare, IONOS, Hostinger, LWS, Infomaniak et Hetzner Online ont plus de la moitié des sites qu’ils hébergent compatibles IPv6, leurs déploiements constituent donc des exemples à suivre.

Même si OVHcloud, Amazon AWS, Google Cloud, Scaleway et Gandi proposent IPv6 dans leurs offres, le taux de sites web accessibles en IPv6 est très faible (en nombre de noms de domaine), car l’IPv6 n’est pas activé systématiquement par défaut. o2swith est le seul acteur à ne pas proposer d’IPv6, en considérant les 12 premiers acteurs en termes de nombre de noms de domaine.


(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_11_web_podium.webp)

Une liste plus complète des taux de sites web, hébergement mail et infrastructures DNS accessibles en IPv6 est disponible dans quatre formats :
• PDF (https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_hebergeurs.pdf) (112 pages, 38 Mo) ;
• tableur OpenDocument (https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_hebergeurs.ods) (.ods, 1 Mo, lisible avec LibreOffice Calc) ;
• tableur Office Open XML (https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_hebergeurs.xlsx) (.xlsx, 1 Mo, lisible avec Microsoft Excel) ;
• données brutes (https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_hebergeurs.csv) (.csv, 1 Mo).
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 16 juillet 2026 à 08:43:24
4.2/ Hébergement web « IPv6-only »

Même si la grande majorité des sites web accessibles en IPv6 sont également accessibles en IPv4 (les serveurs sont configurés en double pile avec IPv4+IPv6), on note une augmentation du nombre de sites web accessibles uniquement en IPv6. Certains hébergeurs proposent en effet des offres « IPv6-only » pour lesquelles l’IPv4 est en option payante. Les sites hébergés sur ces serveurs « IPv6-only » ne sont alors pas accessibles aux clients d’opérateurs « IPv4-only ». Cette situation illustre la nécessité de passer à IPv6 pour éviter de voir se développer un internet scindé en deux, IPv4 d’un côté et IPv6 de l’autre.

Fin 2024, 1311 noms de domaine en .fr, .re, .pm, .yt, .tf et .wf avec HTTPS valide sont accessibles uniquement en IPv6, soit 0,05 % des noms de domaine. Ce nombre reste aujourd’hui très limité.


(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_12_web_ipv6_only.webp)
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 16 juillet 2026 à 08:43:37
4.3/ Hébergement e-mail

La transition des hébergeurs e-mail connaît également un fort retard : début 2026, seuls 25,1 % des serveurs de messagerie* sont accessibles en IPv6.

* Données Afnic, fin 2025, sur l’intégralité des noms de domaine.fr, .re, .pm, .yt, .tf et.wf, exclusion faite des noms de domaine ne proposant pas un hébergement web HTTPS valide et un MX (Mail eXchanger).

Une forte progression ces trois dernières années est observée : Le taux d’IPv6 a progressé de 17 points en 3 années, contre seulement 3 points pour les 4 années précédentes. Toutefois, la progression au cours de l’année 2025 n’est que de 2 points.

Le retard sur ce maillon de la chaîne d’internet, s’il n’est pas comblé dans les prochaines années, pourrait retarder l’extinction d’IPv4 et prolonger la complexité inhérente liée à la cohabitation IPv4/IPv6 dans les réseaux.


(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_13_mail_evolution.webp)

Il est à noter qu’une petite part (0,5 %) des serveurs e-mails IPv6 comportent un niveau de redondance* en IPv6 inférieure à celui atteint en IPv4, ce qui est donc susceptible de poser des problèmes de résilience.

* La majorité des noms de domaine ont plusieurs relais de messagerie (plusieurs adresses IP pour le type d’enregistrement MX). En cas de défaillance d’un relais, un autre prend en charge les e-mails entrants afin d’assurer la continuité de service. On note ici que certains noms de domaine ont une redondance e-mail en IPv6 inférieure à celle en IPv4.



En considérant les 12 premiers acteurs, les plus performants sont Gandi, Microsoft, Google, Cloudflare et Infomaniak, avec chacun plus de 89 % de noms de domaine en IPv6 pour le mail.

Il faut souligner la forte progression de Microsoft qui est passé en deux années de 0,1 % à 89 % d’IPv6 activé sur les hébergements e-mail. Si Google héberge presque systématiquement en IPv6 les mails sur les noms de domaine qu’il gère, ce n’est pas le cas de l’offre cloud Google Cloud où IPv6 n’est pas utilisé.

Le taux d’IPv6 est nul ou très faible chez OVHcloud, IONOS, o2switch, LWS, Google Cloud, PlanetHoster et DigitalOcean.


(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_14_mail_podium.webp)

La disparité entre acteurs est très forte : les 12 premiers acteurs en termes de nombre de noms de domaine sont au-dessus de 89 % ou en dessous de 3 % d’IPv6.

Une liste plus complète des taux de sites web, hébergement mail et infrastructures DNS accessibles en IPv6 est disponible dans quatre formats :
• PDF (https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_hebergeurs.pdf) (112 pages, 38 Mo) ;
• tableur OpenDocument (https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_hebergeurs.ods) (.ods, 1 Mo, lisible avec LibreOffice Calc) ;
• tableur Office Open XML (https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_hebergeurs.xlsx) (.xlsx, 1 Mo, lisible avec Microsoft Excel) ;
• données brutes (https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_hebergeurs.csv) (.csv, 1 Mo).
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 16 juillet 2026 à 08:43:50
4.4/ Infrastructure DNS

L’infrastructure DNS permet de traduire un nom de domaine, par exemple www.arcep.fr, en une adresse IP. L’étude ci-dessous se concentre sur les serveurs DNS faisant autorité pour le nom de domaine, c’est-à-dire ceux qui sont interrogés par les DNS récursifs des opérateurs et qui contiennent le résultat de la requête DNS. Pour chaque nom de domaine, il est vérifié si les serveurs DNS « autoritaires » ont une IPv6 déclarée.

C’est aujourd’hui le secteur le plus en avance dans la transition vers IPv6 avec environ 77 % de noms de domaine dont les serveurs faisant autorité* supportant IPv6 lorsque l’on considère les 2,7 millions de sites web en .fr, .re, .pm, .yt, .tf et .wf avec un hébergement web HTTPS valide.


* Un DNS faisant autorité est un serveur DNS qui fait autorité pour un domaine, c’est-à-dire qu’il détient l’information quant à la résolution d’adresse pour le domaine.

(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_15_dns_evolution.webp)

Environ 76 %* des serveurs DNS garantissent une résilience** d’IPv6 équivalente à celle d’IPv4 (niveau de redondance identique).

* Données Afnic, fin 2025, sur l’intégralité des noms de domaine .fr, .re, .pm, .yt, .tf et .wf, exclusion faite des noms de domaine ne proposant pas un hébergement web HTTPS valide.

** La majorité des noms de domaine ont plusieurs serveurs DNS faisant autorité pour le domaine. En cas de défaillance d’un serveur, un autre permet d’assurer la continuité de service. On note ici que certains noms de domaine ont une redondance DNS en IPv6 inférieure à celle en IPv4.



On note dans les 12 premiers hébergeurs de serveurs DNS une grande hétérogénéité au niveau des principaux hébergeurs, avec sept acteurs (OVHcloud, Cloudflare, IONOS, Gandi, Hertzner Online, LWS et Infomaniak) qui ont plus de 85 % des serveurs DNS en IPv6.

Google, Amazon AWS et GoDaddy ont entre 20 % et 43 % d’IPv6 sur leurs serveurs DNS. Aucun serveur DNS d’o2switch ne sont accessibles en IPv6.


(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_16_dns_podium.webp)
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 16 juillet 2026 à 08:44:03
4.5/ Sites web et services en ligne de l’État (.gouv.fr)

Dans son rapport sur l’état du déploiement du protocole IPv6 en France de 2016 (https://www.arcep.fr/uploads/tx_gspublication/rapport-gvt-transition-IPv6-sept2016.pdf), l’Arcep a mentionné que l’exemplarité de l’État dans la transition vers IPv6 était un des leviers importants pour accélérer la migration. L’étude ci-dessous porte sur les 437 sites ayant un suffixe en gouv.fr, disponibles en HTTPS avec un certificat valide.

La grande majorité des sites gouvernementaux n’est encore accessible qu’en IPv4 : seuls 8 % de ces sites gouvernementaux sont disponibles en IPv6. Ce taux a néanmoins progressé de 6 points entre 2023 et 2025, mais reste très éloigné de la valeur observée pour les sites non gouvernementaux français. Pour l’hébergement e-mail, 25 % des noms de domaine gouvernementaux proposent l’IPv6, ce qui est exactement la valeur observée pour l’ensemble des noms de domaine en .fr. La transition vers IPv6 des serveurs DNS est relativement avancée, avec un taux d’environ 78 %, très proche de la valeur observée pour l’ensemble des noms de domaine en .fr.

Afin d’améliorer ces résultats, une attention accrue pourrait être portée à la compatibilité IPv6 lors des évolutions techniques des sites web existants et lors d’appels d’offres pour la création de nouveaux services en ligne.


(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_17_gouv.webp)

Les sites web gouvernementaux Français sont en retard dans la transition vers IPv6, alors qu’en République tchèque, l’abandon de l’IPv4 sur les sites gouvernementaux est un levier pour forcer les opérateurs à prendre en charge l’IPv6. En effet, le gouvernement tchèque a demandé en 2024 aux administrations de ne plus fournir de services administratifs sur le protocole IPv4 à partir du 6 juin 2032. Les utilisateurs d’internet qui n’auront toujours pas de connectivité IPv6 en 2032 n’auront plus d’accès aux sites web gouvernementaux tchèques, ni aux sites et applications d’entreprise qui vont suivre l’initiative du gouvernement tchèque et éteindre simultanément IPv4. Un compte à rebours a été mis en ligne sur https://konecipv4.cz/en/ .
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 16 juillet 2026 à 08:44:19
5/ Transition IPv6 dans le monde

5.1/ Une carte IPv6 interactive sur le site de l’Arcep

La carte IPv6 https://carteipv6.arcep.fr/ est un outil clé pour suivre la transition vers IPv6. Le taux d’utilisation d’IPv6 affiché sur la carte correspond au pourcentage d’utilisateurs raccordés en IPv6 par leur fournisseur d’accès à internet. Cette mesure, réalisée auprès d’hébergeurs* ayant déjà adopté IPv6, fournit une indication claire de l’état de la transition du côté des utilisateurs finaux, qu’ils soient grand public ou professionnels, sur réseaux fixes et mobiles.

* La carte présente la médiane des quatre sources, correspondant à la moyenne arithmétique des deux valeurs centrales, afin d’assurer une représentation équilibrée et robuste des données. Les sources de données agrégées principalement utilisées sont celles de Google (https://www.google.com/intl/en/ipv6/statistics.html#tab=per-country-ipv6-adoption), Akamai (https://www.akamai.com/fr/security-research/ipv6-adoption-visualization), Facebook (https://www.facebook.com/ipv6/?tab=ipv6_country) et l’APNIC (https://stats.labs.apnic.net/ipv6).

En octobre 2025, l’Arcep a mis en place une nouvelle version de sa carte interactive IPv6 qui apporte plusieurs améliorations significatives visant à renforcer la fiabilité, la granularité et la transparence des données :
• Historique étendu : les données consultables remontent désormais à octobre 2013, offrant une perspective historique élargie ;
• Couverture géographique élargie de 100 à 229 pays : la carte intègre désormais des données pour tous les pays, pour une vision mondiale complète de la transition vers IPv6 ;
• Fréquence de mise à jour accrue : les données sont désormais actualisées chaque mois, au lieu de tous les deux mois ;
• Fiabilité des données améliorée : les mesures reposent désormais sur la moyenne des données quotidiennes sur le mois, et non plus sur un point unique de mesure ;
• Classement IPv6 des 100 pays avec le plus grand nombre d’internautes : la méthodologie et la fiabilité de ce classement ont été revues et renforcées.

Les données sont placées en open data sur data.gouv.fr.




5.2/ Position de la France par rapport aux autres pays

Depuis novembre 2025, la France est passée en première position sur le top 100 des pays avec le plus d’internautes. 75,6 % des clients grand public et entreprise ont de l’IPv6 en mars 2026, devant l’Inde (75,1 %) et l’Allemagne (65,4 %). Ce taux intègre les fournisseurs d’accès à internet grand public, mais aussi les offres « pro » et les accès à internet depuis de grandes entreprises.

(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_19_monde.webp)



5.3/ Pays avec la plus forte évolution d’IPv6 en un an

Les pays avec la plus forte progression d’IPv6, entre avril 2025 et avril 2026* sont les suivants :

* Des graphiques sont proposés, pays par pays, sur la carte IPv6 interactive (https://www.arcep.fr/cartes-et-donnees/nos-cartes/ipv6/carte-interactive-ipv6.html).

    • Kiribati : +35,3 points
    • Niue : +27,0 points
    • Îles Marshall : +26,4 points
    • Côte d’Ivoire : +19,2 points
    • Bolivie : +18,1 points
    • République centrafricaine : +17,6 points
    • Suriname : +16,1 points
    • Tchad : +15,4 points
    • Turquie : +15,1 points
    • Îles Cook : +12,7 points
    • Norvège : +11,8 points
    • Indonésie : +11,5 points
    • Érythrée : +11,2 points
    • République tchèque : +10,9 points
    • Tonga : +10,5 points
    • Saint-Vincent-et-les-Grenadines : +10,2 points
    • Soudan : +9,8 points
    • Zimbabwe : +9,6 points
    • Sénégal : +8,7 points
    • Lituanie : +8,7 points
    • Soudan du Sud : +8,6 points
    • Panama : +8,5 points
    • Équateur : +7,9 points
    • Danemark : +7,9 points
    • France : +7,6 points
    • Guyana : +7,5 points
    • Bahamas : +7,5 points
    • Allemagne : +7,4 points
    • Vanuatu : +6,9 points
    • Honduras : +6,8 points
    • Bulgarie : +6,8 points
    • Îles Salomon : +6,6 points
    • Saint-Martin : +6,6 points
    • Arabie saoudite : +6,6 points
    • Mongolie : +6,2 points
    • Singapour : +6,0 points

(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_18_carte_ipv6.webp)
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 16 juillet 2026 à 08:44:45
Annexe 1/ Données complémentaires sur les opérateurs ayant plus de 3 millions de clients

1.1/ Réseau fixe grand public

(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_21_fixe_gp_tableau.webp)



1.2/ Réseau fixe « Pro »

(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_22_fixe_pro_tableau.webp)
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 16 juillet 2026 à 08:44:58
1.3/ Réseau mobile grand public

(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_23_mobile_gp_tableau.webp)



1.4/ Réseau mobile « Pro »

(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_24_mobile_pro_tableau.webp)
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 16 juillet 2026 à 08:45:11
1.5/ Possibilité d’accéder à distance à des données hébergées derrière la box

Certains opérateurs offrent la possibilité de paramétrer la box pour accéder depuis internet à du contenu hébergé chez le client. Un usage typique est l’accès à distance à un NAS hébergé derrière la box ou l’auto-hébergement d’un service.

Cet usage demande de pouvoir ouvrir les flux en question, en IPv4 ou en IPv6, selon le choix du client.

Le tableau ci-dessous récapitule la possibilité de réaliser cet usage et les options éventuelles qu’il faudra souscrire chez son opérateur.

Le tableau mentionne également si le client doit utiliser un DynDNS (DNS dynamique, DDNS ou DynDNS), un outil qui va mettre à jour automatiquement un serveur DNS dans le cas où l’adresse IP est dynamique.


(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_25_auto-hebergement.webp)
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 16 juillet 2026 à 08:45:24
1.6/ Partage d’IPv4, adresses IP fixes ou dynamiques

Certains usages avancés sont incompatibles avec une ou plusieurs technologies de partage d’IP entre plusieurs clients. De même certains usages peuvent nécessiter une IPv4 publique fixe ou un préfixe IPv6 fixe.

Le tableau ci-dessous récapitule la présence d’un éventuel partage d’adresse IP, le mécanisme de partage d’une IPv4 publique mis en œuvre et la stabilité de l’IPv4 et du préfixe IPv6.


(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_26_partage_ipv4.webp)



1.7/ Activation d’IPv6 et Pare-feu IPv6

La taille du préfixe IPv6 conditionne la possibilité de déléguer un préfixe (64 bits habituellement) sur un autre réseau pour des usages avancés.

Le tableau ci-dessous récapitule les principaux paramètres IPv6 par technologie d’accès.


(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_27_activation_ipv6.webp)
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 16 juillet 2026 à 08:45:39
Annexe 2/ Données complémentaires sur les opérateurs grand public ayant moins de 3 millions de clients

2.1/ Réseau fixe

(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_28_fixe_alternatif_tableau.webp)



2.2/ Réseau mobile

(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_29_mobile_alternatif_tableau.webp)
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 16 juillet 2026 à 08:45:53
2.3/ Possibilité d’accéder à distance à des données hébergées derrière la box

(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_30_auto-hebergement_alternatif.webp)
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 16 juillet 2026 à 08:46:06
2.4/ Partage d’IPv4, adresses IP fixes ou dynamiques

(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_31_partage_ipv4_alternatif.webp)



2.5/ Activation d’IPv6 et Pare-feu IPv6

(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_32_activation_ipv6_alternatif.webp)
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 16 juillet 2026 à 08:46:20
Annexe 3/ Panorama des technologies accompagnant la transition vers IPv6

Cette annexe détaille les différentes solutions techniques qu’il est possible de mettre en œuvre, sur un réseau fixe et un réseau mobile.

Annexe 3.1/ Cohabitation des protocoles IPv4 et IPv6 (dual-stack)

IPv6 n’est pas nativement rétrocompatible avec IPv4, les opérateurs et les entreprises peuvent aujourd’hui mettre en place un réseau IPv4 et IPv6 (double pile) ou un réseau uniquement IPv6 avec des technologies de traduction ou encapsulation pour proposer une compatibilité avec l’IPv4.

Voici un tableau récapitulant les avantages de chaque technologie :


Double pile (dual-stack)IPv6-only
Mise en œuvreSimple : permet de ne pas toucher à l’existant IPv4Nécessite un travail d’ingénierie plus important et peut nécessiter des box internet avec des fonctions spécifiques pour fournir une connectivité IPv4
Accès IPv4 / IPv6Accès à la fois à IPv4 et à IPv6, permettant une migration en douceurPas d’accès en IPv4 : des mécanismes de traduction d’adresses ou d’encapsulation sont nécessaires pour accéder aux ressources IPv4-only
ConfigurationNécessite de configurer à la fois IPv4 et IPv6Configuration plus simple et possibilité de mis en œuvre de nouvelles technologies agiles comme SRv6
SécuritéDéfinition des règles des IPS / IDS doubléesUne seule configuration de sécurité

Pour permettre à un réseau « IPv6 only » d’offrir une connectivité IPv4, plusieurs solutions sont envisageables.

• Pour le réseau fixe, les opérateurs utilisent par exemple du tunneling : un paquet IPv4 est encapsulé à l’intérieur d’un paquet IPv6. C’est comme mettre une lettre écrite en IPv4 dans une enveloppe adressée en IPv6 pour faire traverser à un flux IPv4 un réseau qui ne gère plus IPv4. L’inverse est également possible pour faire traverser à un flux IPv6 un réseau qui ne gère pas encore IPv6. L’annexe 3.2 liste les technologies disponibles (https://lafibre.info/ipv6/barometre-ipv6-2026/msg1158059/#msg1158059).

• Pour le réseau mobile, les opérateurs utilisent la translation (NAT64 / DNS64) : un équipement réseau (souvent chez votre fournisseur d’accès) fait office de traducteur en temps réel. Il convertit les paquets IPv6 en IPv4 (et réciproquement) pour permettre l’établissement d’une communication entre terminaux et serveurs non compatibles. L’annexe 3.3 explique le fonctionnement (https://lafibre.info/ipv6/barometre-ipv6-2026/msg1158060/#msg1158060).
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 16 juillet 2026 à 08:46:33
Annexe 3.2/ Réseau fixe : Les solutions pour fournir une connectivité IPv4 derrière une box connectée à un réseau IPv6-only (IPv4 as a Service)

Avec les technologies IPv4 as a service, le réseau transporte de l’IPv6 pur (il n’y a plus de paquets IPv4 sur le réseau de transport) tout en permettant d’accéder aux services en IPv4.

TechnologieType de mécanismeRFCÉtat dans le
réseau opérateur
Localisation du
NAT44 / NAPT
Usage Typique
DS-LiteEncapsulation 4‑en‑6 + CGNRFC 6333StatefulCarrier-grade NAT dans
le cœur de réseau
En France : Orange sur le fixe
Lightweight 4over6Encapsulation 4‑en‑6 + A+PRFC 7596État par abonnéBox internetÉvolution de DS-Lite
MAP-EEncapsulation 4‑en‑6 statelessRFC 7597StatelessBox internetEn France : Free sur le fixe
MAP-TDouble traduction 4‑6‑4 statelessRFC 7599StatelessBox internetEn France : Bouygues Telecom sur le fixe
4rdEncapsulation ou traduction statelessRFC 7600StatelessBox internetProtocole historique, moins déployé

Voici le descriptif de ces technologies utilisées par les fournisseurs d’accès à internet pour un réseau fixe, avec des box déployées chez les clients.

3.2.1/ DS-Lite (Dual-Stack Lite)

Le DS-Lite ne demande pas de fonctions complexes dans la box internet. Cette dernière prend tout le trafic IPv4 local, l’encapsule dans de l’IPv6 et l’envoie à un Carrier-grade NAT chez l’opérateur. Le Carrier-grade NAT doit maintenir l’état de chaque connexion IPv4 TCP / UDP de chaque abonné (un NAT44 classique est réalisé).
• Avantage : Compatibilité avec un très grand nombre de box.
• Inconvénients : Le Carrier-grade NAT dans le réseau est très gourmand en ressources (obligation de garder des journaux) et est un point unique de défaillance. Le Carrier-grade NAT bloque la possibilité d’ouvrir les flux entrants IPv4 non sollicités pour permettre un auto-hébergement IPv4. Le passage par la plateforme qui héberge le Carrier-grade NAT peut, dans certaines architectures, rajouter de la latence. Enfin, un en-tête IPv6 de 40 octets est ajouté à chaque paquet IPv4.


3.2.2/ Lightweight 4over6 (lw4o6)

Le Lightweight 4over6 garde l’architecture DS-Lite (tunnel IPv4 dans IPv6), mais on déplace la fonction NAT du cœur de réseau vers la box chez le client. Le routeur central ne fait plus que du routage de tunnels (stateless ou semi-stateless), il n’a plus besoin de suivre chaque connexion TCP. L’opérateur dit explicitement à chaque box : « Toi, tu as l’IP X et la plage de ports Y ».
• Cas d’usage : Idéal pour migrer une infrastructure DS-Lite existante vers quelque chose de plus léger, en réutilisant en grande partie l’architecture existante.
• Inconvénients : Le mapping (IP et ports) n’est pas algorithmique, mais provisionné. Un en-tête IPv6 de 40 octets est ajouté à chaque paquet IPv4.


3.2.3/ MAP-E (Mapping of Address and Port with Encapsulation)

Dans MAP-E, comme pour lw4o6, le NAT est sur la box du client. Mais ici, le cœur de réseau est totalement stateless. Il n’y a pas de table de correspondance chez l'opérateur. L’adresse IPv6 de la box contient mathématiquement (via un algorithme) l’adresse IPv4 et la plage de ports. Le routeur de bordure calcule simplement où envoyer le paquet en lisant l’adresse IP.
• Avantages : Stateless. Passage à l’échelle infinie (pas de mémoire requise côté opérateur par utilisateur). Très robuste. Deux abonnés peuvent échanger en IPv4 sans passer par un élément central. Permet d’ouvrir les flux entrants IPv4 non sollicités sur la plage de ports attribuée à la box, pour permettre un auto-hébergement IPv4 (en plus de IPv6 pour lequel tous les ports sont disponibles).
• Inconvénient : Un en-tête IPv6 de 40 octets est ajouté à chaque paquet IPv4.


3.2.4/ MAP-T (Mapping of Address and Port using Translation)

MAP-T est identique à MAP-E, sauf pour l’encapsulation qui est remplacée par une traduction : Au lieu d’enfermer le paquet IPv4 dans un paquet IPv6 (ce qui ajoute 40 octets), MAP-T remplace l'en-tête IPv4 par un en-tête IPv6 (NAT46). Le routeur de bordure re-traduit en IPv4 vers Internet (NAT64).
• Avantages : Identiques à MAP-E, avec en plus l’absence de double en-tête IP pour les paquets IPv4.
• Inconvénients : Perte de certaines informations de l’en-tête IPv4 original (checksums à recalculer, options IPv4 perdues, ce qui peut compliquer le traitement de certains champs tel que la fragmentation, géré différemment dans l’en-tête IPv6). C’est techniquement plus complexe à implémenter correctement pour ne rien casser.


3.2.5/ 4rd (IPv4 Residual Deployment)

4rd était une technologie expérimentale, créée par un ingénieur français Rémi Després, qui a été déployé essentiellement par le fournisseur d’accès à internet français Free. Les concepts de 4rd ont essentiellement été absorbés et finalisés avec MAP-E et MAP-T. Il n’y a plus de nouveaux déploiements de 4rd et Free a basculé son infrastructure réseau sur MAP-E.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 16 juillet 2026 à 08:46:58
Annexe 3.3/ Réseau mobile : les solutions de translation pour fournir une connectivité IPv4 derrière un mobile connecté à un réseau IPv6 only (IPv4 as a Service)


Bouygues Telecom et Orange proposent par défaut à leurs clients mobiles un accès à internet en IPv6 sans proposer d’accès natif IPv4, ce qui nécessite d’utiliser un mécanisme pour accéder aux ressources de l’internet disponibles uniquement en IPv4. Free et SFR proposent un réseau double pile avec une IPv4 privée derrière un Carrier-grade NAT et un préfixe IPv6 d’une taille /64.

Les deux technologies présentées ci-dessous sont complémentaires :
• DNS64 + NAT64 permet de convertir un flux qui utilise le DNS d’IPv4 vers IPv6 ;
• 464XLAT permet de gérer les cas dans lesquels un flux ne fait pas de requête DNS (IPv4 littérale).

Un terminal qui ne gère pas 464XLAT (cas de certaines box 4G) n’aura pas de connectivité IPv4 complète. À l’inverse, il est possible de se passer d’un DNS64 et de faire uniquement du 464XLAT (avec pour avantage de permettre au client de faire du DNSSEC, mais pour inconvénient de rajouter une latence imperceptible, et d’avoir potentiellement un impact sur la batterie d’alimentation de l’appareil).




3.3.1/ Le couple DNS64+NAT64 : une solution pour accéder en IPv6 côté client à un site hébergé en IPv4-only

Comme une partie importante d’internet est encore accessible uniquement en IPv4, Bouygues Telecom et Orange proposent un DNS64 : le résolveur DNS n’envoie pas une adresse IPv4 pour les sites hébergés en IPv4-only, mais une IPv6 spéciale : c’est une IPv6 qui pointe vers une plateforme NAT64, placée sur le réseau de l’opérateur. La plateforme NAT64 permet de faire communiquer la pile réseau IPv6 du client avec internet IPv4. La plateforme NAT64 fait une traduction d’adresse classique (NAT), mais en remplaçant l’IPv4 privée par une adresse IPv6.

DNS64 : Encapsulation de l’adresse destination IPv4 dans l’adresse IPv6

Le DNS64 génère une IPv6 construite à partir du préfixe réservé 64:ff9b::/96. Les 32 derniers bits de l’IPv6 créé sont les 32 bits de l’adresse du site en IPv4. La plateforme NAT64 sur le réseau de l’opérateur récupère l’IPv4 de destination dans l’IPv6 destination qu’il a reçu. L’opérateur sait alors créer une traduction NAT à la volée vers l’IPv4 de destination, et envoyer le paquet sur l’internet IPv4.


3.3.2/ Certains usages ne fonctionnent pas avec le DNS64 : naissance du 464XLAT

Certaines applications et services peuvent ne pas fonctionner côté client avec une IPv6. C’est par exemple le cas quand une application utilise une IPv4 littérale (exemple : 87.65.43.21) au lieu d’utiliser des noms DNS qui seraient résolus par le DNS64. Par exemple une application peer-to-peer a de fortes chances d’utiliser une IPv4 littérale à la place d’un nom de domaine. On se retrouve également en IPv4 quand une application ne fait pas appel au DNS64 proposé par le système d’exploitation, mais utilise son propre résolveur DNS qui n’est pas DNS64 (exemple : Certains terminaux n’utilisent pas le serveur DNS proposé par l’opérateur, mais le DNS 8.8.8.8 de Google). Enfin certains opérateurs, ne proposent pas de DNS64.

Historiquement, le 464XLAT est né de développeurs équipés de Nokia N900 qui ont cherché à utiliser le service IPv6-only proposé par T-Mobile aux USA. Plusieurs applications ne fonctionnaient pas, malgré la présence d’un DNS64 et d’un NAT64 chez l’opérateur. Ces développeurs ont commencé à expérimenter la traduction locale d’IPv4 en IPv6 sur le smartphone Nokia N900 en août 2010. Cela a permis à diverses applications de fonctionner correctement sur des réseaux IPv6-only qui, autrement, nécessiteraient IPv4. Cette même idée et ce même code ont ensuite été portés sur Android et intégrés au projet Android Open Source* en novembre 2012. Cela a donné naissance à la RFC6877**, publiée en avril 2013.


* Soumission du logiciel nécessaire pour le CLAT au projet Android Open Source (https://android-review.googlesource.com/c/platform/external/android-clat/+/34490).

** RFC 6877 (https://datatracker.ietf.org/doc/html/rfc6877) : « 464XLAT: Combination of Stateful and Stateless Translation ».

Le 464XLAT est intégré à partir d’Android 4.3 Jellybean, sortie en juillet 2013. Pour le partage de connexion IPv6 lorsqu’il n’y a qu’un seul préfixe d’une taille /64 délégué au combiné, il a fallu attendre la RFC7278*, publiée en juin 2014 et son intégration à Android à partir de 5.1 Lollipop sortie en mars 2015.

* RFC 7278 (https://datatracker.ietf.org/doc/html/rfc7278) : « Extending an IPv6 /64 Prefix from a Third Generation Partnership Project Mobile Interface to a LAN Link ».

Apple de son côté privilégiait une approche sans CLAT, forçant les développeurs à utiliser des API compatibles IPv6, et Apple a imposé avec iOS 9 que toutes les applications soumises à l'App Store supportent les réseaux IPv6-only*, forçant les développeurs à utiliser des API compatibles IPv6 (comme NSURLSession). Toutefois, si les applications devaient être compatibles IPv6, ce n’était pas systématiquement le cas pour le contenu web.

* Diapositives Apple WWDC15 Transition vers des réseaux exclusivement IPv6 (https://devstreaming-cdn.apple.com/videos/wwdc/2015/719ui2k57m/719/719_your_app_and_next_generation_networks.pdf).

En 2018, Apple a finalement intégré le support du CLAT avec iOS 12.0 pour assurer une compatibilité avec les applications qui utilisent encore des adresses IPv4 « en dur », facilitant ainsi la transition vers des réseaux mobiles IPv6-only. En France métropolitaine, Bouygues Telecom a basculé tous les iPhone équipés d'iOS 12.2 en IPv6 only. Pour Orange, cela fut en place avec iOS 13.0 pour les iPhone 7 ou plus récent et iOS 15.4 pour les iPhone 6S et SE. Free et SFR proposent de l’IPv6 double pile.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 16 juillet 2026 à 08:47:37
3.3.3/ Fonctionnement du 464XLAT

Le 464XLAT consiste à introduire le CLAT (partie cliente du NAT) dans le système d’exploitation du client, pour que les applications disposent en apparence d’une adresse IPv4 privée fonctionnelle alors que le terminal n’est connecté qu’à un réseau IPv6-only.

Les IPv4 utilisées côté smartphone appartiennent généralement à la petite plage 192.0.0.0/29, ce sont les mêmes IP pour chaque terminal. Le CLAT va traduire algorithmiquement les IPv4 en IPv6 pour le flux sortant, comme le ferait le DNS64 en utilisant le préfixe réservé 64:ff9b::/96 ou un autre préfixe découvert via une requête DNS vers un nom de domaine particulier : « ipv4only.arpa » (voir RFC 8683 (https://datatracker.ietf.org/doc/rfc8683/)). Dans tous les cas, les 32 derniers bits sont les 32 bits de l’adresse du site en IPv4.

Côté opérateur, c’est le PLAT, la plateforme NAT64, qui récupère l’IPv4 de destination dans l’IPv6 destination qu’il a reçue, afin de former l’IPv4 destination, envoyé sur l’internet IPv4.


(https://lafibre.info/images/ipv6/202607_arcep_barometre_ipv6_2026_33_architecture_464xlat.webp)



3.3.4/ Différence entre l’IPv4 publique du DNS64 et celle du 464XLAT sous Android

De nombreux mobiles Android utilisent une IPv6 source pour le CLAT différente de l’IPv6 source utilisée pour les flux qui partent directement sur internet. La plateforme NAT64 de l’opérateur va attribuer une adresse IPv4 source différente aux flux provenant de deux IPv6 source distinctes. Il en résulte que l’IPv4 source utilisée par le NAT64 pour un même mobile est différente si la requête est réalisée via le DNS64 ou via le CLAT.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 16 juillet 2026 à 08:47:57
Extrait du Post #88 (Juillet 2026)

UNE VIDÉO DES ÉCHOS (AVEC UN ARCEPIEN DEDANS) VULGARISE LA TRANSITION VERS IPV6

La chaîne YouTube du journal Les Echos s’est spécialisée dans la vulgarisation de sujets économiques variés, et le format qu’elle a développé rencontre désormais un certain succès sur la toile. Une des dernières vidéos en date : le marché de reventes d’adresses IP qui s’est opportunément développé en réaction à l’épuisement en 2019 des adresses IPv4 (le protocole commun adopté jusque-là pour l’adressage). La vidéo s’appuie notamment sur l’expertise de Vivien Guéant, spécialiste du sujet à l’Arcep, qui rappelle les raisons techniques de cette pénurie et l’action de l’Arcep pour accélérer la transition des opérateurs vers le protocole IPv6. Ce nouveau protocole permet en effet de passer d’un stock de 4,3 milliards d’adresses IP à une quasi-infinité. Une transition complète nécessite des efforts de développement mais permettrait de résoudre définitivement la pénurie d’adresses et de simplifier la gestion technique de l’internet. L’Arcep produit chaque année un « Baromètre de la transition IPv6 » mesurant la progression de l’écosystème en France et ailleurs dans le monde et dont la prochaine édition sera publiée dans les prochains jours !


https://www.youtube.com/watch?v=X2kUhDrd6eA
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 17 juillet 2026 à 10:04:54
Réutilisation des données pour voir l'évolution du nombre de noms de domaine par hébergeur

Cliquer sur l'image pour ouvrir le PDF complet (137 pages, avec l'ensemble des AS qui ont au moins un nom de domaine .fr, .re, .pm, .yt, .tf et .wf en janvier 2026 avec un certificat TLS valide)
(https://lafibre.info/images/doc/202607_hebergeurs_evolution_nb_domaines.avif) (https://lafibre.info/images/doc/202607_hebergeurs_evolution_nb_domaines.pdf)
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: Ralph le 19 juillet 2026 à 10:07:55
Merci pour toutes ces informations, mais le point "1.3/ À long terme, l’extinction complète d’IPv4 est nécessaire" ne semble difficile réalisable, ou alors juste coté "front-end". Chez les grands compte et grosses administrations françaises, je ne vois pas comment ils peuvent changer "rapidement" leur sur-utilisation de IPv4 en interne pour les back-end. Je parle de SI avec des milliers de machines et une implémentation nationale, et pour y avoir travaillé un bon moment, les réseaux, c'est bien la dernière chose qu'ils veulent changer.


Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 19 juillet 2026 à 10:24:04
Merci, il faudrait en effet que je précise "sur internet".

À long terme, il faut qu'on puisse avoir accès à tout l'internet sans avoir d'IPv4. Toutefois, IPv4 peut rester sur les réseaux locaux et les back-end, du moment qu'il y a une solution pour qu'IPv6 fonctionne sur internet.

Pour les fermes de serveurs, IPv6 n'est nécessaire que sur les front-end, les serveurs qui sont reliés directement à internet. S'il y a un répartiteur de charge, en fait seul ce dernier a besoin d'IPv6, tout ce qui est derrière peut-être sur des IPv4 privées, cela ne pose pas de problème.

Il faut par contre que ces serveurs back-end puissent joindre internet en IPv6, pour les mises à jour par exemple, mais cela peut se faire avec un proxy.

De même dans l'industrie, de nombreux équipements industriels ne passeront jamais à IPv6, du moment qu'ils n'ont pas d'échanges avec internet.

Par exemple ce RER NG qui affiche "DHCP: FAIL" n'a probablement pas d'IPv6, alors qu'il va circuler jusqu'en 2070, mais ce n'est pas un problème, vu que c'est sur un réseau privé.

(https://lafibre.info/images/bistro/202204_sncf_alstom_rerng_en_test_dhcp_fail.jpg)
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: Ralph le 19 juillet 2026 à 17:38:24
Merci, il faudrait en effet que je précise "sur internet".

À long terme, il faut qu'on puisse avoir accès à tout l'internet sans avoir d'IPv4. Toutefois, IPv4 peut rester sur les réseaux locaux et les back-end, du moment qu'il y a une solution pour qu'IPv6 fonctionne sur internet.

Pour les fermes de serveurs, IPv6 n'est nécessaire que sur les front-end, les serveurs qui sont reliés directement à internet. S'il y a un répartiteur de charge, en fait seul ce dernier a besoin d'IPv6, tout ce qui est derrière peut-être sur des IPv4 privées, cela ne pose pas de problème.

...

D'ailleurs je viens de tester des ping -6  (j'ai un bon support IPv6 avec mon FAI) sur justement mon employeur actuel et mes anciens clients, au final UN SEUL (retail, mais aussi une structure relativement "petite") m'a retourné une IPv6, les autres me donnant le classique 'Famille d'adresses non supportée pour le nom de l'hôte" ! Comme quoi coté front, il y a encore beaucoup de choses à faire ... Sachant qu'en plus pour les plus grosses structures, même les IPs "internes" ne sont pas dans les 3 ranges 10.0.0.0/8, 172.16.0.0/12 et 192.168.0.0/16, mais comme se sont aussi des réseaux "historiques" ...
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: Optix le 19 juillet 2026 à 18:33:39
Merci pour toutes ces informations, mais le point "1.3/ À long terme, l’extinction complète d’IPv4 est nécessaire" ne semble difficile réalisable, ou alors juste coté "front-end". Chez les grands compte et grosses administrations françaises, je ne vois pas comment ils peuvent changer "rapidement" leur sur-utilisation de IPv4 en interne pour les back-end. Je parle de SI avec des milliers de machines et une implémentation nationale, et pour y avoir travaillé un bon moment, les réseaux, c'est bien la dernière chose qu'ils veulent changer.

C'est pour ça que ce serait bien que l'ARCEP se positionne avec un plan d'extinction d'IPv4, pour ne plus laisser le choix
Genre 2030, bim, tes impôts c'est que en v6.

A l'image de l'arrêt du cuivre, les gens s'organisent pour anticiper et faire cette transition vers la fibre.
(et on s'est calé sur ça pour arrêter notre coax aussi, on profite de l'occaz pour basculer tout le monde)
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 19 juillet 2026 à 19:04:48
Le seul pays à avoir poussé qq chose de ce type, c'est la République tchèque pour le 6 juin 2032.

Les sites web gouvernementaux Français sont en retard dans la transition vers IPv6, alors qu’en République tchèque, l’abandon de l’IPv4 sur les sites gouvernementaux est un levier pour forcer les opérateurs à prendre en charge l’IPv6. En effet, le gouvernement tchèque a demandé en 2024 aux administrations de ne plus fournir de services administratifs sur le protocole IPv4 à partir du 6 juin 2032. Les utilisateurs d’internet qui n’auront toujours pas de connectivité IPv6 en 2032 n’auront plus d’accès aux sites web gouvernementaux tchèques, ni aux sites et applications d’entreprise qui vont suivre l’initiative du gouvernement tchèque et éteindre simultanément IPv4. Un compte à rebours a été mis en ligne sur https://konecipv4.cz/en/ .
J'ai discuté de ce sujet avec des experts :
- ils pensent que c'est plus compliqué de faire ça en France qu'en République tchèque qui est capable de se mobiliser sur des sujets ;
- on peut avoir besoin d'accéder aux sites des impôts hors de France ;
- il y a un doute sur le fait que la république tchèque pourra bien éteindre IPv4 sur tous les sites gouvernementaux le 6 juin 2032.

Sinon, sur un plan plus pratique, une telle annonce n'est pas du ressort de l'Arcep, mais du gouvernement.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: Symbol le 19 juillet 2026 à 22:21:41
C'est pour ça que ce serait bien que l'ARCEP se positionne avec un plan d'extinction d'IPv4, pour ne plus laisser le choix
L'Arcep ne délivre pas d'IP et n'a aucun mot à dire concernant les IPs ou les services de l'État.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: pioup le 19 juillet 2026 à 22:36:47
C'est pour ça que ce serait bien que l'ARCEP se positionne avec un plan d'extinction d'IPv4, pour ne plus laisser le choix
Genre 2030, bim, tes impôts c'est que en v6.

A l'image de l'arrêt du cuivre, les gens s'organisent pour anticiper et faire cette transition vers la fibre.
(et on s'est calé sur ça pour arrêter notre coax aussi, on profite de l'occaz pour basculer tout le monde)

Si personne n'arrive à joindre impots.gouv.fr, c'est les impôts qui vont faire la tête, pas les contribuables. Si déjà impots.gouv.fr était joignable en ipv6 ( en plus d'ipv4 ) et sans avoir à sortir de France, ce serait bien.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: alf084 le 12 août 2026 à 18:42:20
Salut Vivien,

Dans le classement ARCEP, je m'interroge concernant le classement d'Infomaniak dans deux tableaux.

Le premier, c'est le taux IPv6 pour le taux de sites web accessibles en IPv6. Les offres d'hébergement web viennent systématiquement avec une IPv4 et IPv6, donc je ne comprends pas le taux de 65,9 % en 2025.

Concernant l'hébergement des mails, je ne comprends pas que ce ne soit pas à 100 % alors que les MX disposent tous d'IPv4 et d'IPv6 depuis de très nombreuses années.

A bientôt

Taux de sites web accessibles en IPv6
(http://pix.milkywan.fr/ZswXC5gw.webp)
Hébergement des mails
(http://pix.milkywan.fr/wojHHnU4.webp)

Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 12 août 2026 à 21:04:36
Je n'ai pas investigué plus pour Infomaniak, mais j'ai fait une recherche pour un petit hébergeur (qui n'est pas dans le top 12) qui me disait être sûr d'avoir 100% d'IPv6 pour ses sites web.

Après analyse, il proposait de la connectivité IP à un client qui hébergeait ses sites en IPv4.

Pour Infomaniak, si la partie hébergement mutualisée est 100% IPv6, Infomaniak doit proposer des serveurs dédiés ou de la connectivité IP et ses clients n'activent pas IPv6 par défaut.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: Furiousnp le 12 août 2026 à 21:10:06
C'est bien, sauf que malheureusement, il y a toujours des bugs, comme des fois quand ont "ouvre" (autorise) des ports avec les Livebox et que si la Livebox reboote mais que l'appareil reste allumé le service (site etc...) que tu hébergeais devient introuvable en IPv6 à l’extérieur.

Comme quoi, même avec de bons protocoles le matériel et le logiciel doit suivre...

Bonne journée / bonne soirée
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: brupala le 12 août 2026 à 21:29:12
Je n'ai pas investigué plus pour Infomaniak, mais j'ai fait une recherche pour un petit hébergeur (qui n'est pas dans le top 12) qui me disait être sûr d'avoir 100% d'IPv6 pour ses sites web.

Après analyse, il proposait de la connectivité IP à un client qui hébergeait ses sites en IPv4.

Pour Infomaniak, si la partie hébergement mutualisée est 100% IPv6, Infomaniak doit proposer des serveurs dédiés ou de la connectivité IP et ses clients n'activent pas IPv6 par défaut.
Salut,
c'est sûr que si le client ne met pas de AAAA dans sa zone dns, ce n'est pas la faute de l'hébergeur.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: alf084 le 12 août 2026 à 22:10:22
Je n'ai pas investigué plus pour Infomaniak, mais j'ai fait une recherche pour un petit hébergeur (qui n'est pas dans le top 12) qui me disait être sûr d'avoir 100% d'IPv6 pour ses sites web.

Après analyse, il proposait de la connectivité IP à un client qui hébergeait ses sites en IPv4.

Pour Infomaniak, si la partie hébergement mutualisée est 100% IPv6, Infomaniak doit proposer des serveurs dédiés ou de la connectivité IP et ses clients n'activent pas IPv6 par défaut.

La disponibilité de l'IPv6 est généralisée sur l'ensemble des services (MX, hébergement mutualisé, VPS, cloud etc...).
La console délivre automatiquement une configuration duale IPv4/IPv6. Cependant, l'implémentation finale repose sur le client comme tu dis.

Il serait pertinent me semble t'il que les études d'état des lieux distinguent deux métriques: le déploiement infrastructurel chez le provider et l'adoption effective par les clients.

Actuellement, un provider vertueux ayant déployé l'IPv6 sur l'intégralité de son parc peut être sanctionné dans les classements en raison de l'inaction de sa clientèle, ce qui fausse la lecture de son engagement réel me semble t'il.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 13 août 2026 à 08:25:04
Chaque provider peut grandement influencer sa clientèle avec ses tutoriels.

Sinon, ce n'est pas simple d'avoir des chiffres faibles. La première année, j'ai envoyé un questionnaire à de nombreux hébergeurs. Réponse facultative, car l'Arcep n'a pas de base légale pour demander aux hébergeurs de répondre à ce type de questionnaire.

Résultat : très peu de réponse, que des petits hébergeurs et en réalisant des vérifications, j'ai été étonné de certains chiffres. J'ai donc recontacté les hébergeurs et un hébergeur qui ne proposait pas d'IPv6 m'avais mis 100% IPv6, car tous ses serveurs ont une IPv6 locale !

Là ce sont les données de l'Afnic, donc principalement sur les noms de domaines .fr et on a des données pour tous les acteurs qui hébergent un .fr

Ce que j'aimerais bien avoir ce sont les accès internet entreprises. Si IPv6 est presque généralisé sur le grand public et qu'il avance bien sûr les offres Pro, ce n'est pas le cas des offres entreprises.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: buddy le 13 août 2026 à 08:31:47
Pour compléter ce que dis Vivien, surtout sur les offres mutualisées, la majorité des clients laissent la configuration "automatique". (Dans le cas d'un mutualisé + NDD inclus - donc où c'est l'hébergeur qui permet dans la même interface de gérer le mutualisé et les enregistrements DNS d'un domaine)
Donc si un hébergeur configure par défaut l'IPv6, il y a de très très fortes chances que son client l'utilise.

Pour les clients historiques, tu as toujours la possibilité de mettre en rouge une information disant qu'il manque l'IPv6 sur le domaine et proposer un outil semi-automatique pour l'ajouter
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 13 août 2026 à 10:09:33
Et sur un serveur dédié, il est possible de le livrer avec l'IPv6 pré-configurée (ce n'est pas systématiquement le cas, même si cela a bien avancé) et ensuite de compléter tous les tutoriels avec l'IPv6.

Aujourd'hui, beaucoup de services / tutoriels sont sur IPv4 et IPv6 est une option et non un pré-requis.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: zergflag le 13 août 2026 à 13:17:15
Ce que j'aimerais bien avoir ce sont les accès internet entreprises. Si IPv6 est presque généralisé sur le grand public et qu'il avance bien sûr les offres Pro, ce n'est pas le cas des offres entreprises.

Je ne veux pas m'auto-inculper mais je pense aussi que sur les offres pro/entreprise, l'utilisation finale, même si le FAI l'active bien, peut aussi être biaisée par le fait que dans les entreprises on place des firewalls après le routeur/modem du FAI, il faut donc ensuite configurer IPv6 sur le LAN du FW, voire même sur les VLAN quand il y en a, c'est vrai qu'à mon taff nous ne le faisons pas (je suis prêt à recevoir des tomates pourries) mais à terme il faudra bien évidemment le faire sans aucun doute, après il y a aussi des cas où des structures entreprise/asso etc... possèdent des offres grand public en majorité chez Orange et c'est vrai que ça manque de configuration avancée côté V6 sur les Livebox GP, ce qui bloque aussi de potentiel déploiement
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: Pegasus38 le 13 août 2026 à 15:57:36
C'est tout le problème de l'ipv6, la mise en oeuvre pour les entreprises ce n'est pas plug and play, les entreprises ne veulent pas se prendre la tête avec, sachant que tout fonctionne avec une v4.
Je ne connais pas d'entreprise dans mon entourage en IDF qui ont l'ipv6 d'activé sauf ceux qui utilisent la box opérateur sans routeur évidemment, mais ça reste des petites structures.
Rien qu'à voir ce qu'il faut faire pour avoir de l'ipv6 derrière une Freebox GP ou une Livebox GP avec du Unifi ou autre, on comprend que c'est pas simple. Et quand bien même on y arrive, encore faut-il le faire correctement : avec un beau /64 en SLAAC par VLAN, RA, l'ICMPv6 open...

Je ne sais pas ce que ça représente en terme de traffic les box pro, en France.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: buddy le 13 août 2026 à 16:21:30
Bonjour,

autre point à prendre en compte.
Toute entreprise un peu importante qui a besoin d'internet a une connexion principale et une de secours. Le "secours" en IPv4 se fait relativement facilement (et c'est implémenté dans les routeurs que l'on peut acheter sur étagère) ou via les solutions Pro/business. De plus en Ipv4, la coupure d'un lien est peu visible par les utilisateurs finaux. A voir ce que ça donne en IPv6.
Et comme d'habitude en entreprise, faut évaluer le temps passé VS ce que ça rapporte / ça coute. Pour moi c'est utopique de penser que les entreprises migreront avant l'état...
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: zbug le 13 août 2026 à 17:04:04
Bonjour,

autre point à prendre en compte.
Toute entreprise un peu importante qui a besoin d'internet a une connexion principale et une de secours. Le "secours" en IPv4 se fait relativement facilement (et c'est implémenté dans les routeurs que l'on peut acheter sur étagère) ou via les solutions Pro/business. De plus en Ipv4, la coupure d'un lien est peu visible par les utilisateurs finaux. A voir ce que ça donne en IPv6.
Et comme d'habitude en entreprise, faut évaluer le temps passé VS ce que ça rapporte / ça coute. Pour moi c'est utopique de penser que les entreprises migreront avant l'état...

Le Multi-WAN est l'énorme soucis que j'observe un peut partout que cela soit en GP ou en Pro. Car même en pro, des fournisseurs qui vous permettent d'annoncer vôtre propre prefixe en BGP, sans devoir passer par un tunnel ailleurs (VPS ou autre) et donc perdre en latence/bp ce n'est pas si répandu que cela.

Et même si on peut avoir la chance d'avoir 2/3 WAN avec de l'IP fixe, encore faut-il avoir un moyen qui n'est pas une usine à gaz de faire un failover simple et transparent (RA court, nptv6, etc.)

Je le fais chez moi avec 4 liens WAN GP, j'annonce mon préfixe via un vps et du bgp mais beaucoup de policy based routing (pour le gros traffic) juste histoire de, mais sinon c'est principalement du nat66 (pas de nptv6 chez ubiquiti encore). Pour les puristes du v6, c'est une énorme hérésie  ;D ;D ;D mais cela fait le taf super bien, on perd juste les adresses "privacy" côté publique mais bon  ::)!
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: renaud07 le 13 août 2026 à 17:12:42
Rien qu'à voir ce qu'il faut faire pour avoir de l'ipv6 derrière une Freebox GP ou une Livebox GP avec du Unifi ou autre, on comprend que c'est pas simple. Et quand bien même on y arrive, encore faut-il le faire correctement : avec un beau /64 en SLAAC par VLAN, RA, l'ICMPv6 open...

Ce sont les FAI qui sont fautif avec des limitations volontaires et crade qui n'ont pas lieu d'être. Forcément, dans ces conditions on passe son temps à se battre pendant des jours pour un truc qui peut être configuré en quelques heures grand max si rien n'était limité.

Avec mon openwrt, je fais ce que je veux de mon /56. Les VLAN/interfaces sur le routeur ont un 64 assigné en quelques secondes et je peux déléguer à d'autres routeurs en aval sans aucune prise de tête. Qu'on commence par faire une implémentation propre qui respecte les RFC avant d'accuser le protocole.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: Symbol le 13 août 2026 à 17:39:08
C'est tout le problème de l'ipv6, la mise en oeuvre pour les entreprises ce n'est pas plug and play, les entreprises ne veulent pas se prendre la tête avec, sachant que tout fonctionne avec une v4.
Je ne connais pas d'entreprise dans mon entourage en IDF qui ont l'ipv6 d'activé sauf ceux qui utilisent la box opérateur sans routeur évidemment, mais ça reste des petites structures.
Rien qu'à voir ce qu'il faut faire pour avoir de l'ipv6 derrière une Freebox GP ou une Livebox GP avec du Unifi ou autre, on comprend que c'est pas simple. Et quand bien même on y arrive, encore faut-il le faire correctement : avec un beau /64 en SLAAC par VLAN, RA, l'ICMPv6 open...
Et encore, tu omets les cas où l'entreprise veut des liens différents avec des opérateurs différents et où la redondance passe notamment par du NAT fait par ici ou par là. IPv6 ne rime alors qu'avec emmerdements supplémentaires.

Bien entendu les gestionnaires de beigebox installées sous la table de la cuisine et dont l'expérience opérationnelle se limite à de la gestion de coupure de service en raison du débranchement lié au passage de l'aspirateur vont inévitablement s'exclamer «mais non c'est trop facile», toutefois j'exclus d'office ces élucubrations  ;D

Toute entreprise un peu importante qui a besoin d'internet a une connexion principale et une de secours. Le "secours" en IPv4 se fait relativement facilement (et c'est implémenté dans les routeurs que l'on peut acheter sur étagère) ou via les solutions Pro/business. De plus en Ipv4, la coupure d'un lien est peu visible par les utilisateurs finaux. A voir ce que ça donne en IPv6.
C'est bien ça.

sinon c'est principalement du nat66 (pas de nptv6 chez ubiquiti encore). Pour les puristes du v6, c'est une énorme hérésie  ;D ;D ;D mais cela fait le taf super bien, on perd juste les adresses "privacy" côté publique mais bon  ::)!
Mais c'est pourtant la solution inévitable en dehors de gérer un bloc PI et du BGP (voire un AS, et donc de l'argent en plus à payer).
Et pour ça il faut des compétences en interne, ou payer des compétences supplémentaires en externe.

Ce sont les FAI qui sont fautif
on passe son temps à se battre pendant des jours pour un truc qui peut être configuré en quelques heures grand max si rien n'était limité.
Avec mon openwrt, je fais ce que je veux de mon /56
Voir reflexions ci-dessus, non ce n'est pas si simple  ::)
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 13 août 2026 à 17:50:53
Je suis d'accord :

En entreprise (avec ses propres équipements et plusieurs liens wan) :
- IPv6 n'est pas simple à mettre en place
- IPv6 ne rapporte rien (à part des emmerdes) sauf pour des cas spécifiques

Ce qui fait que très peu d'entreprises mettent en place IPv6 (aucune stats dans le baromètre, car je n'ai pas de chiffres fiables, mais on est proche de zéro, même si certains acteurs sont en cours de déploiement). Sur certains usages (portail captif avec log) je pense même qu'il manque des RFC pour le faire proprement et simplement.

Pourtant, si on souhaite pouvoir éteindre IPv4, il va falloir s'attaquer à ces segments de marché.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: buddy le 13 août 2026 à 18:08:35
Pourtant, si on souhaite pouvoir éteindre IPv4, il va falloir s'attaquer à ces segments de marché.
Mais qui est le "On" ? Qui le veut vraiment ? On parle de supprimer tout IPv4 sur les réseaux privés ?
et à quelle échéance ? Bon courage pour faire passer des projets maintenant si l'échéance est dans plus de 5 ans. Les règles auront tellement le temps de changer. Et faut encore prévoir les coûts.
une entreprise n'a pas forcément que des clients et/ou des fournisseurs en France. Même en Europe, quand on voit le taux de déploiement d'IPv6, ce n'est pas possible d'être IPv6 only. Et si il faut mettre une passerelle IPv6=> IPv4, autant rester en IPv4.

IPv4 sera éteint en entreprise le jour où les équipements fonctionneront aussi bien voire mieux en IPv6 qu'en IPv4, que le nombre de service accessibles uniquement en IPv4 sera anecdotique ET que les fournisseurs factureront IPv4 en sus à un prix faisant bouger les choses ou qu'il y ait vraiment une excellente raison, mais je pense qu'on la cherche toujours.

Je pense qu'il y aura encore IPv4 sur les acces internet en entreprise dans 20 ans et sur leurs réseaux local encore pendant 30 ou 40 ans. (des vieux équipements plus mis à jour..)
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 13 août 2026 à 18:16:13
On parle de supprimer tout IPv4 sur les réseaux privés ?
Non, uniquement sur internet.

Ce n'est pas gênant d'avoir de l'IPv4 sur les réseaux locaux et même des réseaux IPv4 only qui permettent de surfer sur l'internet IPv6 via un proxy.

L'objectif, c'est de pouvoir éteindre IPv4 sur internet, ce qui permettra d'éviter de configurer deux protocoles dont un pour lequel on manque d'IP.

Sur un réseau local ou un réseau privé, IPv4 ne me pose aucun problème (après, on peut être gêné par le peu d'IPv4 pour des grands projets de millions d'équipements, comme Linky qui est depuis le début en IPv6).
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: renaud07 le 13 août 2026 à 18:35:40
Voir reflexions ci-dessus, non ce n'est pas si simple  ::)

Est-ce que j'ai dit que c'était parfait ? Non. Mais si déjà on n'ajoutait pas des contraintes aux contraintes, ça serait pas mal.  En levant les limitations côté GP, on aurait résolu je pense 90% des problèmes pour avoir un réseau qui marche avec une config avancée chez soi. Dans ma config actuelle, j'ai quasiment rien à faire, ça juste marche. Si je devais râler pour un truc ça serait mon préfixe qui change de temps en temps et qui casse mes config de certains serveurs (et encore sous Linux avec ip token ça m'évite les reconfig).

Côté entreprises, même sans limitations, oui, gérer plusieurs préfixes en cas de multi wan est casse tête même si on peut théoriquement diffuser plusieurs préfixes et choisir celui qui est prioritaire, l'autre prenant le relais lorsque ça tombe.  Si on veut vraiment rester sur un seul préfixe sans avoir un PI, le NPTv6 est à mon avis la solution la plus propre en gardant par exemple le préfixe courant et nater le/les préfixes de secours.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: Pegasus38 le 13 août 2026 à 23:30:38
Dans ma config actuelle, j'ai quasiment rien à faire, ça juste marche. Si je devais râler pour un truc ça serait mon préfixe qui change de temps en temps et qui casse mes config de certains serveurs (et encore sous Linux avec ip token ça m'évite les reconfig).

Donc "ça juste marche pas" si tu dois intervenir à chaque micro changement, mais là c'est pas l'ipv6 en cause, tu n'as juste pas d'ip fixe contractuelle. Mais bon avec 4 liens WAN je pense que c'est pas un problème.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: basilix le 14 août 2026 à 07:47:05
Vous êtes pessimistes.

Je ne vois pas pourquoi il faudrait inclure dans le contrat une IP fixe. Les adresses sont illimitées et l'architecture IPv6 n'a été remise en cause
ni par les spécialistes ou les grandes organisations.

C'est drôle de clamer une coexistence IPv4/IPv6 durable en se basant sur le faible intérêt des entreprises. IPv6 est sensé simplifier l'administration
des réseaux. De plus, IPv6 est une évolution du protocole IP. On revient aux fondamentaux en tirant parti de l'expérience acquise avec IPv4. Il n'y
a aucun intérêt à maintenir deux piles protocolaires et à établir des passerelles entre les deux sur le long terme. Je vois vraiment mal comment les
entités pourraient continuer avec IPv4 si elles dépendent de l'Internet. Et comment seront allouées les IPv4 ? Ce serait également stupide d'adapter
les nouveaux objets produits à IPv4, frainant l'innovation, en perpétuant la pénurie d'adresses et les mécanismes de NAT qui compromettent
la connectivité de bout en bout.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: Hugues le 14 août 2026 à 09:01:32
En environnement contrôlé (donc dans une entreprise), le NAT66 n'est pas le mal, il suffit pour les fabricants de matériel (GL.INET le faisant déjà) de généraliser une config de ce type, et le souci du failover est de fait réglé.

Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vocograme le 14 août 2026 à 09:36:24
Vous savez sur vos firewall d'entreprise typique (fortinet, etc) si le NPTv6 est implémenté ? Adresser le LAN en ULA et faire du NPTv6 sur les préfixes des multiples liens WAN est quand même déjà une très bonne solution.

Certains d'entre vous on déjà déployé du v6 sur un LAN d'entreprise avec multi WAN ? C'est vrai que chez nous on se pose aussi la question.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: zbug le 14 août 2026 à 09:48:44
Sur certains usages (portail captif avec log) je pense même qu'il manque des RFC pour le faire proprement et simplement.

Il y a en surement certain, mais pour celui de ton exemple, je dirais (pour le coup) que c'est l'inverse, Hotspot 2.0 (Passpoint) à été développé avec ipv6 de base/en tête, et utilise 802.11u et ANQP. Possible d'avoir certaines information du réseaux et disponibilité et même d'avoir la localization dans les trames. Marche plutôt bien!


En environnement contrôlé (donc dans une entreprise), le NAT66 n'est pas le mal, il suffit pour les fabricants de matériel (GL.INET le faisant déjà) de généraliser une config de ce type, et le souci du failover est de fait réglé.



Je confirme car nous avons à y faire de plus en plus (combinaison de multi-liens céllulaire + starlink par exemple)


Vous savez sur vos firewall d'entreprise typique (fortinet, etc) si le NPTv6 est implémenté ? Adresser le LAN en ULA et faire du NPTv6 sur les préfixes des multiples liens WAN est quand même déjà une très bonne solution.

Certains d'entre vous on déjà déployé du v6 sur un LAN d'entreprise avec multi WAN ? C'est vrai que chez nous on se pose aussi la question.

Très bonne question, mais à mon avis pas des masses (c'est assez récent), car pour répondre à ce que disait vivien, cela doit aussi faire partie des raisons pour lesquels les entreprises (qui n'upgrade pas constament leurs matos) migrent lentement/pas.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: basilix le 14 août 2026 à 10:52:13
Il me semble que le NAT66 est une horreur.

NTPv6 ?

Je préfère largement un pare-feu avec état, un mécanisme d'auto-configuration, ainsi qu'un service de nommage dynamique.
Je ne comprends pas pourquoi on continue de le plébisciter. Cela paraît tellement artificiel comme limitations.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: zbug le 14 août 2026 à 10:57:27
Il me semble que le NAT66 est une horreur.

NTPv6 ?

Je préfère largement un pare-feu avec état, un mécanisme d'auto-configuration, ainsi qu'un service de nommage dynamique.
Je ne comprends pas pourquoi on continue de le plébisciter. Cela paraît tellement artificiel comme limitations.


Ce sont typiquement les réponses que l'on va lire sur les forums et r/ipv6...

sauf que dans les faits et dans le monde réel, on ne peut pas toujours implementer ipv6 "comme sur le papier" et que nat66 fait parfaitement le boulot, surtout en multi-wan (c'est pourquoi on le discute ici).
NPTv6 est idéalement "mieux" mais encore assez rare niveau disponibilité donc on fait avec ce qui marche. Surtout que dans une grande partie des réseaux, on à pas besoin de routage entrant donc qu'ipv6 "fonctionne" de la même manière que ipv4 avec du nat, n'est pas du tout un soucis  ;)
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: simon le 14 août 2026 à 11:43:32
Pour Infomaniak, si la partie hébergement mutualisée est 100% IPv6, Infomaniak doit proposer des serveurs dédiés ou de la connectivité IP et ses clients n'activent pas IPv6 par défaut.

Tous les VPS et services hébergés que j'ai pu utiliser chez eux sont configurés avec IPv6 par défaut.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: simon le 14 août 2026 à 11:48:41

Ce sont typiquement les réponses que l'on va lire sur les forums et r/ipv6...

sauf que dans les faits et dans le monde réel, on ne peut pas toujours implementer ipv6 "comme sur le papier" et que nat66 fait parfaitement le boulot, surtout en multi-wan (c'est pourquoi on le discute ici).
NPTv6 est idéalement "mieux" mais encore assez rare niveau disponibilité donc on fait avec ce qui marche. Surtout que dans une grande partie des réseaux, on à pas besoin de routage entrant donc qu'ipv6 "fonctionne" de la même manière que ipv4 avec du nat, n'est pas du tout un soucis  ;)
+1, si ca permet de déployer IPv6, c'est déjà un progrès.

J'ai pas mal de routeurs 4G visant le segment "industriel" dans la nature. Ceux dont le firmware est basé sur OpenWRT savent généralement distribuer le /64 obtenu côté WWAN sur le LAN, expirer le préfixe si il y a perte du PDP context et renumérotation par l'opérateur,etc.
Ceux qui utilisent d'autres bases ont pas mal de problèmes en cas de reconnexion, et les mettre en NAT66/NPTv6 (en fonction de ce que fait la case "enable NAT") permet d'avoir une connectivité v6 fonctionnelle.

Je ne fais pas de dual stack, donc quand je migre un accès vers v6, il faut que ca marche à tous les coups. Surtout sur des accès industriels.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: simon le 14 août 2026 à 11:56:13
Vous savez sur vos firewall d'entreprise typique (fortinet, etc) si le NPTv6 est implémenté ? Adresser le LAN en ULA et faire du NPTv6 sur les préfixes des multiples liens WAN est quand même déjà une très bonne solution.
Oui, je n'utilise pas fortinet moi-même mais travaille avec des boîtes qui le font. Ca fait assez longtemps que forti sait faire du dual-WAN avec IPv6, même du load-balancing. Et là en effet ils font du NAT.

Citer
Certains d'entre vous on déjà déployé du v6 sur un LAN d'entreprise avec multi WAN ? C'est vrai que chez nous on se pose aussi la question.
Déjà fait, oui.
Pour les "petits" sites où il faut 2 liens pour redondance et qui se connectent à un site "principal" (type hub and spoke) c'est simple: les sessions VPN IPSec/wireguard/que sais-je peuvent transporter l'IPv6 sans souci. Les préfixes sur le LAN ne sont pas issus d'une allocation de l'ISP des deux liens (dont l'un peut être GP, d'ailleurs), mais d'une allocation plus large qui est portée par le site principal.
On peut changer un lien, voire même les deux, sans aucun impact sur le réseau interne.

Pour les sites autonomes ou ceux où l'on veut que le traffic sorte directement sur internet, le NAT66 fonctionne en effet pas mal.
J'ai fait des esais où j'adressais les VLAN internes avec le préfixe de l'un des deux opérateurs (fixe) et où je faisais du NPTv6 uniquement pour le traffic failover. Ca marche très bien et même mieux qu'avec ULA+dual stack (car dans ce cas les stations préfèrent IPv4), mais je ne connais pas de matériel qui fasse ca out of the box.

Personnellement, j'ai plusieurs VLAN d'accès v6-only avec DNS64/NAT64 et ca ne pose pas de souci.
Là où je me casse les dents, c'est les réseaux industriels où les constructeurs mettent "IPv6" sur la datasheet pour satisfaire les acheteurs (ou un mandat de l'administration américaine), mais qui ne le supportent soit pas, soit seulement en complément d'IPV4, donc inutile.


Ca, c'est pour la technique. Après, il y a les soucis des sysadmins... mais d'expérience, si tu prends une personne jeune et motivée par le réseau, tu n'as pas de souci à la former à IPv6. Par contre, les jeunes tout juste sortis de l'école te disent toujours "IPvQUOI? On a juste eu une slide dessus, c'est pour le futur" en 2026, tristesse.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: Symbol le 14 août 2026 à 15:34:24
En environnement contrôlé (donc dans une entreprise), le NAT66 n'est pas le mal, il suffit pour les fabricants de matériel (GL.INET le faisant déjà) de généraliser une config de ce type, et le souci du failover est de fait réglé.
Bref, de l'IPv4-like avec des numéros en 128 bits. En effet c'est ce qui marchera...
C'est au demeurant ce que j'avais conclu il y a une quinzaine d'années pour ce type d'environnement (ou plus exactement, pour accès Internet via wifi en hébergement collectif  :) ).

Mais finalement, où est le besoin, où sont les demandeurs, où sont les clients désireux de payer ça (tant en terme financiers qu'en matière de pots cassés)?
Aussi bien il y a 20 ans qu'à l'heure actuelle: nulle part (ou disons, une poignée de micro-clients, mais ça ne fait pas un marché).
Bref, le marché décidera sans nul doute du moment où il faudra y aller (et non pas une autorité tierce quelconque).

Si toutefois il n'y a pas cinq ou six nouvelles RFC et modes d'adressages publiés entre-temps, comme d'habitude en IPv6  ;D
Puisqu'une spécificité majeure d'IPv6 est de vouloir tout normer en changeant tout sans expérience de la production, puis ensuite seulement de proposer des solutions réalistes en rapport avec la réalité, moyennant 15 normes différentes qui se succèdent  ::)

Adresser le LAN en ULA et faire du NPTv6 sur les préfixes des multiples liens WAN est quand même déjà une très bonne solution.
NAT66 / NPTv6, ce sont en effet les seules solutions raisonnablement utilisables dans ce contexte spécifique en gardant quelque chose de «simple».

Mais qu'est-ce que ça apporte exactement en regard des investissements même limités en conseil, ingénierie, matériels, tests, supervisions, mises à jour, emmerdements, pour les entreprises ?
Rien pour le moment.

Ce sont typiquement les réponses que l'on va lire sur les forums et r/ipv6...
sauf que dans les faits et dans le monde réel, on ne peut pas toujours implementer ipv6 "comme sur le papier" et que nat66 fait parfaitement le boulot, surtout en multi-wan (c'est pourquoi on le discute ici).
C'est tout à fait ça. Cf ma réflexion sur les pilotes de beigebox situés sous la table de la cuisine.

Après, il y a les soucis des sysadmins... mais d'expérience, si tu prends une personne jeune et motivée par le réseau, tu n'as pas de souci à la former à IPv6. Par contre, les jeunes tout juste sortis de l'école te disent toujours "IPvQUOI? On a juste eu une slide dessus, c'est pour le futur" en 2026, tristesse.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: basilix le 14 août 2026 à 18:08:08
Citation de: Symbol
Bref, de l'IPv4-like avec des numéros en 128 bits. En effet c'est ce qui marchera...

C'est triste de lire cela. Et la connectivité de bout en bout ? On la met aux oubliettes.

Citation de: Symbol
Mais finalement, où est le besoin, où sont les demandeurs, où sont les clients désireux de payer ça (tant en terme financiers qu'en matière de pots cassés)?

On paye pour un service qui tient la route. La transition vers IPv6 peut être préparée et cela doit être transparent pour l'utilisateur.

Citation de: Symbol
Puisqu'une spécificité majeure d'IPv6 est de vouloir tout normer en changeant tout sans expérience de la production, puis ensuite seulement de proposer des solutions réalistes en rapport avec la réalité, moyennant 15 normes différentes qui se succèdent

Ce ne sont pas forcément des normes nouvelles mais des propositions techniques. Je pense que l'objectif est justement d'apporter des solutions concrètes.
On voit également que des entreprises de la tech. sont impliquées dans le processus : Google, Microsoft, Cisco...
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: simon le 16 août 2026 à 09:01:12
Mais qu'est-ce que ça apporte exactement en regard des investissements même limités en conseil, ingénierie, matériels, tests, supervisions, mises à jour, emmerdements, pour les entreprises ?
Dans notre cas, je peux te donner quelques exemples concrets :
- à travers les réseaux mobiles qu'on utilise (Bouygues, pour ne citer qu'eux, mais j'ai aussi le souci chez Orange dans une moindre mesure), nos tunnels Wireguard entre les contrôleurs industriels et l'infra cloud "meurent" après ~2-5 jours lorsqu'ils sont transportés en IPv4. Les paquets passent dans un sens mais plus dans l'autre, donc potentiellement un problème de NAT ou de stateful firewall, va savoir.
En transportant ces tunnels sur IPv6, aucun souci, plus de timeouts, le flux de télémétrie remonte comme une horloge.

- à l'intérieur de ce VPN, on adresse les contrôleurs distants en single-stack IPv6. Ajouter un contrôleur au système se fait en trois clics sur une interface Web. Un /120 est pris dans un /96 dédié au VPN et les firewalls cloud sont mis à jour. Pas de chasse au subnet libre, pas de renumbering, pas de risque d'overlap d'adressage avec les LAN industriels des clients sur lesquels ces contrôleurs sont déployés, etc.
Note que les réseaux industriels restent IPv4-only. Je ne vois pas cela changer dans les 10 prochaines années et ce n'est pas vraiment un problème vu qu'ils sont isolés d'internet et tout petits.

- l'infra cloud est elle aussi IPv6-only avec un NAT64/DNS64 à l'edge pour accepter les connexions entrantes par IPv4 et permettre le traffic IPv4 sortant.
La simplicité de raisonnement, configuration des firewalls et des systèmes, etc. est un vrai plus selon moi. On gagne probablement en temps et en sécurité, mais c'est difficile à évaluer.

- une fois que l'infra de prod est v6-only, provisionner les VLANs du bureau de la même facon est trivial. Si tu leur explique les avantages et que tu les guide pendant quelques semaines, ils s'en sortent très bien.
Seuls les devs voient une différence, les fonctions support ne sauraient pas dire si leur PC est sur un LAN/SSID v6, v4 ou dual stack.

Je te rejoins sur le fait que les dev Web/backend Web/DB ne sont pas intéressés par le réseau. C'est ok, je leur fournis des enregistrements DNS, ils ne voient les adresses IPv6 que dans des logs. Parfois il faut expliquer que les requêtes de leur PC viennent de 2a01:xxxx:... plutôt que de 192.168.x.x, donc qu'ils faut qu'ils adaptent leur requête pour filtrer les logs. Dans mon expérience, ils s'en accommodent bien. En fait, ils s'en foutent (ca ne les intéresse pas, comme tu le dis) et les stacks qu'ils utilisent rendent le réseau abstrait.
J'ai bien plus de mal à leur faire comprendre que si l'interface d'admin du contrôleur consomme 2GB de RAM, c'est un problème pour pas mal de clients, par exemple.

Alors oui, pour une entreprise qui a une base installée énorme, la migration est plus complexe. Mais il faut de toute façon faire évoluer le réseau, remplacer les vieux switches 48 ports 100Mbit/s Alcatel qui font un bruit de moteur d'avion, reconfigurer les VPN opérateurs car les achats ont décidé de quitter Orange, changer les points d'accès Wifi car on passe d'Aruba à la marque du jour, etc. Est-ce que dans ce cas, configurer IPv6 en plus d'IPv4 lors de ces opérations est si coûteux ?
Je ne sais pas dire, je n'ai pas d'expérience dans ce type de structure.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: Pegasus38 le 16 août 2026 à 09:56:09
Toute cette usine à gaz alors qu'un wireguard v4 aurait suffit
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: gg40530 le 16 août 2026 à 10:37:42
Toute cette usine à gaz alors qu'un wireguard v4 aurait suffit
C'est quoi que tu comprends pas dans cette phrase ?
« Wireguard entre les contrôleurs industriels et l'infra cloud "meurent" après ~2-5 jours lorsqu'ils sont transportés en IPv4. »
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: simon le 16 août 2026 à 11:07:02
Toute cette usine à gaz alors qu'un wireguard v4 aurait suffit

Ou vois tu une usine à gaz ? Que le tunnel soit transporté sur v4 ou v6 ne change rien, si ?

Et c'est pareil à l'intérieur du tunnel : qu'il soit single stack v6 ou single stack v4, quelle est la différence ? On est single stack, il n'y a qu'une stack à configurer.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: brupala le 16 août 2026 à 13:23:04
Toute cette usine à gaz alors qu'un wireguard v4 aurait suffit
En quoi, une architecture v6 only serait une usine à gaz ? A part qu'il reste à corriger les  habitudes, comme indiqué par Simon.
Et ajouter un nat64 en bordure pour le vieux monde V4.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: Hugues le 17 août 2026 à 20:23:39
Quant aux jeunes sortis de l'école: de façon générale j'ai l'impression qu'il y a assez peu de gens formés/intéressés par l'infrastructure et les réseaux. Ça rêve au dev, au front, au cloud, à l'IA (et pourtant, dev & co, voilà des sujets plus touchés que d'autres par un remplacement par l'IA)

Je ne suis plus jeune j'imagine  :P
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: renaud07 le 17 août 2026 à 22:26:16
NAT66 / NPTv6, ce sont en effet les seules solutions raisonnablement utilisables dans ce contexte spécifique en gardant quelque chose de «simple».

J'espère que le NPTv6 sera privilégié, même si ça casse toujours certains protocoles comme SIP. C'est bien plus propre et moins contraignant que du NAT66.

Quant aux jeunes sortis de l'école: de façon générale j'ai l'impression qu'il y a assez peu de gens formés/intéressés par l'infrastructure et les réseaux. Ça rêve au dev, au front, au cloud, à l'IA (et pourtant, dev & co, voilà des sujets plus touchés que d'autres par un remplacement par l'IA)

Je confirme... ayant fait un an de BTS SIO pourtant spécialisé réseau, pas un mot sur IPv6, mais bon c'était au tout début de sa création en 2011. Si même aujourd'hui c'est une slide sur ipv6 c'est franchement honteux. Après, pour la seconde année peut-être qu'il y avait un chapitre dessus, j'ai pas eu accès au programme.

De ce que je vois, c'est désormais dans le programme (vu le peu de descriptif dispo) et dans certaines épreuves (https://archives.reseaucerta.org/sujet-informatique-bts-sio-sisr) mais difficile de savoir le contenu exact de ce qui est enseigné.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vivien le 18 août 2026 à 07:25:22
Je suis de la promo 2002 de l'EFREI « École française d'électronique et d'informatique » et on nous a parlé 5 minutes d'IPv6.

Le truc qui va plus vous choquer c'est qu'on n'avait aucun Linux dans l'école (enfin si un poste Debian acquis par l'asso des élèves) : On travaillait soir sur des salles Windows NT, soit dans des salles Sun Solaris pour Unix.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vocograme le 18 août 2026 à 10:52:19
Je vous rassure, j'ai fait un BTS SIO SISR en 2018/2020 et IPv6 = 5 minutes....
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: simon le 18 août 2026 à 11:17:07
Je suis de la promo 2002 de l'EFREI « École française d'électronique et d'informatique » et on nous a parlé 5 minutes d'IPv6.

Le truc qui va plus vous choquer c'est qu'on n'avait aucun Linux dans l'école (enfin si un poste Debian acquis par l'asso des élèves) : On travaillait soir sur des salles Windows NT, soit dans des salles Sun Solaris pour Unix.

En 2002 je peux limite comprendre pour ces deux points... en 2018/2020 j'ai beaucoup plus de mal, et en 2026, hm, je n'ai pas de mots.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: lgom le 18 août 2026 à 12:20:16
Je vous rassure, j'ai fait un BTS SIO SISR en 2018/2020 et IPv6 = 5 minutes....
Heureusement, on m'a témoigné de cours d'informatique, même en BTS, ou l'ipv6 ne monopolise pas qu'une seule séance.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: renaud07 le 18 août 2026 à 18:46:00
Je vous rassure, j'ai fait un BTS SIO SISR en 2018/2020 et IPv6 = 5 minutes....

Est-ce que tu aurais gardé le cours ? Histoire qu'on voit un peu le truc.

J'ai mal regardé le mien hier, il y a bien une toute petite partie sur ipv6 qui explique les différents types d'adresses et... c'est tout !  Il y a d'ailleurs une belle erreur sur le préfixe GUA : les adresses globales point à point (préfixe 2001::/16), qui permettent de communiquer sur Internet ; Il en manque un peu, non ? Déjà qu'on apprend pas grand chose, si en plus c'est faux  :-\

Dans les TP, il est dit qu'il ne sera pas traité... J'adore aussi cette petite phrase (lors du passage en revue des cartes réseau) : connectivité Ipv6 : encore un peu « science fiction » pour le poste de travail, mais ça pourrait nous arriver vite...  ;D

Le plus "croustillant" pour la fin, je ne sais pas si même le prof avait bien saisi tous les concepts d'ipv6 (vous allez vite comprendre où je veux en venir) :
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: Cryptage le 19 août 2026 à 22:29:31
Après si on veut bien l'IPv6, même si ça devient incontournable aujourd'hui, c'est plutôt en bac +3/4/5 que ce sujet doit être abordé en profondeur.

En BTS c'est déjà parfois très compliqué de transmettre certains fondamentaux pourtant plus accessibles donc une introduction à IPv6 n'est déjà pas si mal (surtout quand on sait que certaines écoles qui vont jusqu'à licence voire master ne l'évoquent même pas).
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: brupala le 19 août 2026 à 23:20:23
Après si on veut bien l'IPv6, même si ça devient incontournable aujourd'hui, c'est plutôt en bac +3/4/5 que ce sujet doit être abordé en profondeur.
heu,
c'est pas ça devient, mais c'est, devient on pouvait dire ça il y a 20 ans, mais plus en 2026.
Aussi en BTS, pourquoi ne pas commencer par une base ipv6, pour venir après sur le folklore ipv4 ?
Car à un moment ipv4 sera du folklore, comme les locomotives diesel ou à vapeur sur le rail.
Des protocoles réseau, j'en ai appris pas mal sur ma période d'activité: dans l'ordre chrono: BSC, SDLC, X25, Frame relay, ATM et superposé à tout ça depuis X25, IPV4 puis ipV6, plus IPX dans les lan, sans parler des divers ethernet, du gros coax jaune aux switchs 10G et le tout hors scolarité, limitée à mon antique BTS électrotechnique, des mauvaises langues vont dire que ça se voit  :D
Mais juste pour dire qu'il faut de la souplesse et de la curiosité surtout pour progresser aussi vite que les technologies, j'ai toujours eu la chance d'être plus intéressé par ce qui est nouveau et ses bugs que par le confort de l'antique dont on maitrise tous les vices.
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Posté par: Symbol le 19 août 2026 à 23:59:58
à un moment ipv4 sera du folklore, comme les locomotives diesel ou à vapeur sur le rail.
Mais tel n'est pas encore le cas.
Et en raison des déploiements et de la masse de choses installées, ça sera long.
C'est très différent du X25, du Frame Relay ou de l'IPX, de ce point de vue.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: brupala le 20 août 2026 à 00:40:11
Mais tel n'est pas encore le cas.
Et en raison des déploiements et de la masse de choses installées, ça sera long.
C'est très différent du X25, du Frame Relay ou de l'IPX, de ce point de vue.
C'est vrai que un peu paradoxalement, les technologies réseau se côtoyaient beaucoup plus avant, on a fait un peu de tout dans IP, y compris des trucs inimaginables comme scsi et d'autres protocoles complètement dédiés à l'interconnexion des composants plus qu'au réseau, mais l'alliance avec ethernet à côté a permis de tout transporter sans beaucoup de développements, juste par les performances des produits de commutation et de transmission.
Pour dire le fond de ma pensée,
je trouvais ipv6 trop éloigné de V4 au départ sans vraiment apporter de fonctionnalités incontournables et je pensais comme beaucoup qu'un autre protocole que V6 remplacerait V4 pour étendre la masse d'adresses avec plus de fonctionnalités en réseau, hélas, ça n'est pas arrivé et finalement c'est V6 qui est conservé, avec une adoption bien trop lente.
En fait c'est Ethernet commuté principalement qui sauve ipv4 des évolutions destructives.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: Cryptage le 20 août 2026 à 00:46:56
heu,
c'est pas ça devient, mais c'est, devient on pouvait dire ça il y a 20 ans, mais plus en 2026.
Aussi en BTS, pourquoi ne pas commencer par une base ipv6, pour venir après sur le folklore ipv4 ?
Car à un moment ipv4 sera du folklore, comme les locomotives diesel ou à vapeur sur le rail.
Des protocoles réseau, j'en ai appris pas mal sur ma période d'activité: dans l'ordre chrono: BSC, SDLC, X25, Frame relay, ATM et superposé à tout ça depuis X25, IPV4 puis ipV6, plus IPX dans les lan, sans parler des divers ethernet, du gros coax jaune aux switchs 10G et le tout hors scolarité, limitée à mon antique BTS électrotechnique, des mauvaises langues vont dire que ça se voit  :D
Mais juste pour dire qu'il faut de la souplesse et de la curiosité surtout pour progresser aussi vite que les technologies, j'ai toujours eu la chance d'être plus intéressé par ce qui est nouveau et ses bugs que par le confort de l'antique dont on maitrise tous les vices.

Sur le fond je suis entièrement d'accord, malheureusement la réalité est loin d'être si évidente.

Quand on voit des fournisseurs Cloud fournir uniquement de l'IPv4 et racheter des pools d'IP à prix d'or, ça n'envoie pas un signal encourageant.
Même chose côté FAI : il n'y a pas si longtemps je gérais pas mal de liaisons OBS et l'IPv6 était une option payante...

Côté entreprise on n'en parle pas, c'est totalement inexistant, y compris dans les équipes réseau.

Attention je ne dis pas que c'est une bonne chose et au contraire il faut pousser pour l'adoption de l'IPv6 mais le protocole est tellement peu évident d'approche par rapport à IPv4 que ça en dégoûte beaucoup qui se demandent pourquoi ils devraient accepter d'en faire plus pour un même résultat.

Sans parler des contraintes annexes potentielles comme devoir mettre des pare-feux sur les équipements en IP publiques (quand c'est possible... Il n'y a qu'à voir l'IOT, souvent il n'y a même pas de support d'IPv6) là où ils se retranchaient derrière du NAT en IPv4.

C'est malheureux mais il y a fort à parier que ça se règlera par la force des choses avec de l'IPv6 sur le WAN et du NPTv6.

Pour le BTS plus spécifiquement, vu la multitude de sujets à voir aujourd'hui, avec un référentiel (pour le SIO) axé majoritairement sur la cybersécu (ce qui pose déjà aujourd'hui des vrais soucis, beaucoup d'étudiants ne savent même plus faire un diag réseau basique car certains fondamentaux ne sont plus abordés) auquel on ajoutera prochainement de l'IA, clairement c'est compliqué.

A une époque plus lointaine beaucoup approfondissaient les sujets chez eux, mais aujourd'hui pour beaucoup devoir finir un TP c'est déjà à la limite de l'inacceptable !
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: renaud07 le 20 août 2026 à 01:39:19
Ça a bien changé effectivement, à la création du BTS, il n'y avait pas de partie dédiée cybersecu. En tout cas aucun cours que j'ai en parle. La nouvelle "formule" a visiblement été introduite en 2019 : https://sti.eduscol.education.fr/sites/eduscol.education.fr.sti/files/seminaires/14891/14891-2-bts-sio-mc-sno-27092022.pdf

Pour moi c'est une partie qui devrait être enseignée plus tard ou dans une formation différente (donc bac +3 et après comme tu disais) car c'est quand même un peu à part (même si c'est important, je dis pas le contraire) et laisser le BTS se concentrer sur le réseau pur. Du coup, ça ne m'étonne pas qu'ipv6 soit zappé dans ces conditions si on rajoute une grosse partie du temps dédiée à ça...
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: vocograme le 20 août 2026 à 09:44:36
Est-ce que tu aurais gardé le cours ? Histoire qu'on voit un peu le truc.

Non malheureusement je n'ai rien gardé. Par la suite j'ai enchaîné sur un master en cyber, donc de gros module réseau. Toujours pas de trace d'IPv6, le prof avait aucune idée de ce que c'était à part "il y a beaucoup plus d'adresses et c'est super compliqué". Prof dans la trentaine je précise.

Enfin bref, c'est triste, car travaillant chez un opérateur B2B c'est affligeant de voir que ce n'est toujours pas un sujet au niveau de nos partenaires, prestataires et même intervenants historique. On renouvelle le matériel mais sans jamais introduire cette notion, qui concerne quand même une grosse partie d'Internet en France aujourd'hui.

Et pourtant, on gère des problèmes de NAT très régulièrement, la "galère" de la VoIP avec de STUN, etc qui a une conf différente à chaque changement d'IPBX ou de constructeur de téléphone, l'empilement de reverse proxy pour économiser quelques adresses. Je ne vois pas comment on peut accepter ces tares et ne pas vouloir en sortir  :'(
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: basilix le 20 août 2026 à 11:09:57
Je me forme en autodidacte. Il y a plein de concepts que je ne maîtrise pas sur les réseaux.

Néanmoins, IPv6 ne m'a pas paru super compliqué. Mais il faut évidemment se former sur le sujet.
Je considère cela comme l'un des fondamentaux en informatique.

De mon point de vue d'apprenant, c'est accessible. IPv6 est supporté par les opérateurs réseaux,
les systèmes d'exploitations, les équipements réseaux.

On peut faire abstraction du protocole avec les noms de domaine, ajouter n'importe quel appareil
compatible au réseau, exploiter l’auto-configuration.

Pour le reste, on rentre dans le dur : mathématique, IA, quantique, cyber, ingéniosité, société.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: simon le 20 août 2026 à 12:48:25
Aussi en BTS, pourquoi ne pas commencer par une base ipv6, pour venir après sur le folklore ipv4 ?

Je me forme en autodidacte. Il y a plein de concepts que je ne maîtrise pas sur les réseaux.

Néanmoins, IPv6 ne m'a pas paru super compliqué. Mais il faut évidemment se former sur le sujet.
Je considère cela comme l'un des fondamentaux en informatique.

De mon point de vue d'apprenant, c'est accessible. IPv6 est supporté par les opérateurs réseaux,
les systèmes d'exploitations, les équipements réseaux.

+1, je trouve cela étrange de ne pas enseigner IPv6-first en 2026, puis d'enseigner IPv4.
À part l'inertie des profs qui sont plus agés, je ne vois pas en quoi v6 est plus compliqué que v4. En réalité je trouve que c'est plus simple, probablement simplement car un segment Ethernet c'est un /64, SLAAC juste marche (et est émis par le routeur qui porte la connectivité sur le segment, c'est plus logique), parce qu'on a un /32 par grosse organisation, et basta.

D'ailleurs, j'ai fait le test : enseigner IPv6-first à un tech qui sort d'un background support IT (mais pas réseau/système), ca marche très bien, et ca en a même fait un (semi) expert.
Je pense que comme le dit basilix, les opérateurs le supportent, donc si l'infra sur laquelle l'apprenti va travailler dispose d'IPv6, c'est bien plus facile à apprendre.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: turold le 20 août 2026 à 16:44:00
+1, je trouve cela étrange de ne pas enseigner IPv6-first en 2026, puis d'enseigner IPv4.
À part l'inertie des profs qui sont plus agés
Pour avoir été étudiant dans 3 formations informatiques axées sur les systèmes et les réseaux (sauf le dernier terminé en 2023 axé sur la maintenance d'un PC mais avec connexion réseau) je peux assurer que les formations diplômantes en France, quelque soit le domaine, et peu importe si c'est scolaire (j'ai fait aussi le SIO de 2011 à 2013, comme Renaud07), ou que ce soit par l'AFPA (T2SI qui n'existe plus, et TSI en dernier juste pour confirmer que j’étais encore compétent en informatique sur une formation moins élevée qu'auparavant, mais ce n'était pas mon choix), et ben le but n'est pas de faire évoluer les pratiques... c'est juste de faire ce qui ce fait aujourd'hui dans les entreprises.

Le jury informatique que j'ai eu en 2023 m'a même sermonné car je voulais que les entreprise auto-hébergent leur solution mail, ou au moins passe par du souverain (comme OVH). Tout le jury disait que ce qui se faisait le plus était du GAFAM pour ça en entreprise, et que je devais suivre le mouvement. J'ai senti que si je continuais à argumenter ma position, c'était foutu pour mon diplôme !!!

Côté IPv6, rien dans les épreuves que j'ai eu pour mon diplôme de 2023, alors qu'il y avait de l'IPv4 (et qu'on a parlé de l'IPv6 en cours, quelques instants en tout)... Ambiance.


EDIT de 19h35: correction de la plupart des erreurs de frappes.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: brupala le 20 août 2026 à 16:57:31
C'est clair qu'il vaut mieux commencer directement par ipv6, c'est bien plus facile quand c'est bien supporté par les applications.
Surtout quand certains en sont toujours à enseigner V4 avec les classes, alors qu'elles sont obsolètes depuis 30 ans, quand on commence par V6 le CIDR est une évidence.
De plus les profs sadiques ne peuvent plus torturer les élèves avec des exercices  sur les sous réseaux, genre première, dernière adresse ou quel numéro de sous réseau.
Le seul défit à améliorer est de trouver un dns systématique automatique, car il ne faut pas espérer mémoriser des adresses GUA, déjà qu'on n'y arrive pas en ipv4, bien qu'en fait sur des ULA gérées, ce soit plus facile en V6.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: renaud07 le 20 août 2026 à 18:39:41
Non malheureusement je n'ai rien gardé. Par la suite j'ai enchaîné sur un master en cyber, donc de gros module réseau. Toujours pas de trace d'IPv6, le prof avait aucune idée de ce que c'était à part "il y a beaucoup plus d'adresses et c'est super compliqué". Prof dans la trentaine je précise.

Ça fait vraiment peur pour un master  :o Perso, zéro cours dessus et j'ai quasiment tout assimilé en une semaine en faisant mes petites recherches, faut arrêter de dire n'importe quoi à un moment.

Enfin bref, c'est triste, car travaillant chez un opérateur B2B c'est affligeant de voir que ce n'est toujours pas un sujet au niveau de nos partenaires, prestataires et même intervenants historique. On renouvelle le matériel mais sans jamais introduire cette notion, qui concerne quand même une grosse partie d'Internet en France aujourd'hui.

Et pourtant, on gère des problèmes de NAT très régulièrement, la "galère" de la VoIP avec de STUN, etc qui a une conf différente à chaque changement d'IPBX ou de constructeur de téléphone, l'empilement de reverse proxy pour économiser quelques adresses. Je ne vois pas comment on peut accepter ces tares et ne pas vouloir en sortir  :'(

Oui c'est d'une tristesse absolue, alors que dans le même temps on se classe premier sur l'IPv6...

Pour avoir été étudiant dans 3 formations informatiques axées sur les systèmes et les réseaux (sauf le dernier terminé en 2023 axé sur la maintenance d'un PC mais avec connexion réseau) je peux assuré que les formations diplômantes en France, quelque soit le domaine, et peu importe si c'est scolaire (j'ai fait aussi le SIO de 2011 à 2013, comme Renaud07), ou que ce soit par l'AFPA (T2SI qui n'existe plus, et TSI en dernier juste pour confirmer que j’étais encore compétent en informatique sur une formation moins élevé qu'auparavant, mais ce n'était pas mon choix), et ben le but n'est pas de faire évoluer les pratiques... c'est juste de faire ce qui se faite aujourd'hui dans les entreprises.

Ça a toujours été ainsi et je trouve ça déplorable qu'on se cantonne au strict minimum sans aller explorer d'autres sujets.

Le jury informatique que j'ai eu en 2023 m'a même sermonné car je voulais que les entreprise auto-hébergent leur solution mail, ou a moins passe par du souverain (comme OVH). Tout le jury disait que ce qui se faisait le plus était du GAFAM pour ça en entreprise, et que je devais suivre le mouvement. J'ai senti que si je continuais à argumenter ma position, c'était fout pour mon diplôme !!!

Côté IPv6, rien dans les épreuves que j'ai eu pour mon diplôme de 2023, alors qu'il y avait de l'IPv4 (et qu'on a parlé de l'IPv6 en cours, quelques instants en tout)... Ambiance.

Là par contre je suis vraiment choqué, tout le monde s'est fait laver le cerveau par les GAFAM, au point qu'ils ne connaissent plus que ça et que la moindre divergence peut te faire rater un diplôme alors que ça reste une solution technique comme une autre.

Et que s'il y avait besoin de le rappeler, le cloud n'est pas la solution miracle : Microsoft 365 : de nombreuses données perdues après l’arrêt d’une offre gratuite (https://next.ink/252340/microsoft-365-de-nombreuses-donnees-perdues-apres-larret-dune-offre-gratuite/) J'ai presque envie de leur répondre : Vous l'avez bien mérité.

C'est clair qu'il vaut mieux commencer directement par ipv6, c'est bien plus facile quand c'est bien supporté par les applications.
Surtout quand certains en sont toujours à enseigner V4 avec les classes, alors qu'elles sont obsolètes depuis 30 ans, quand on commence par V6 le CIDR est une évidence.
De plus les profs sadiques ne peuvent plus torturer les élèves avec des exercices  sur les sous réseaux, genre première, dernière adresse ou quel numéro de sous réseau.

Ah les classes, j'y ai aussi eu droit dans le BTS, mais, ils ont vite enchaîné sur le CIDR (ouf). Le seul cas où je les utilise encore un peu c'est pour les IP privées. J'ai toujours tendance à découper mes réseaux à l'ancienne, même si ce n'est plus une obligation depuis longtemps.

Le seul défit à améliorer est de trouver un dns systématique automatique, car il ne faut pas espérer mémoriser des adresses GUA, déjà qu'on n'y arrive pas en ipv4, bien qu'en fait sur des ULA gérées, ce soit plus facile en V6.

Yep si y'a bien un défaut à ipv6 c'est les adresses trop longues à mémoriser. Pour mes ULA, quand c'est possible, je mets l'ipv4 en suffixe exemple : fd07:ad3c:7:0:192:168:1:10 mais je pourrais me contenter de fd07:ad3c:7:0::10




Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: turold le 20 août 2026 à 19:52:19
En regardant les citations que tu as faite de mes propos, j'ai réalisé que j'ai laissé beaucoup d'erreurs de frappe (corrigés depuis).
Ce sujet vis à vis des formations, ce n'est pas ce que je peux appeler de bons souvenirs... peut être que les étudiants français, dans 50 ans, auront une meilleure expérience que nous avec l'IPv6.

Surtout quand certains en sont toujours à enseigner V4 avec les classes, alors qu'elles sont obsolètes depuis 30 ans
Ah les classes, j'y ai aussi eu droit dans le BTS, mais, ils ont vite enchaîné sur le CIDR (ouf). Le seul cas où je les utilise encore un peu c'est pour les IP privées. J'ai toujours tendance à découper mes réseaux à l'ancienne, même si ce n'est plus une obligation depuis longtemps.
Oui et non.
En 2023, j'ai encore eu l'introduction des sous-réseaux par les classes.
Car en entreprise, de nos jours, les CIDR /8, /16, et /24 sont très utilisés.
Apprendre les classes est jugé dans les formations comme étant une bonne intro au CIDR, quitte a dire que les /24 ou les /16 sont courants avec le 1er octet à 10 par exemples.

La logique scolaire est là, mais c'est vrai que ça met de la confusion en pratique.
Certains étudiants ne sont pas doués avec les chiffres. On finit de toute façon par leur présenter des outils en ligne pour découper leurs sous-réseaux (mais méthode interdite durant les épreuves quand même).
Les formateurs AFPA que j'ai eu présentent cet outil en ligne: https://cric.grenoble.cnrs.fr/Administrateurs/Outils/CalculMasque/
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: kgersen le 20 août 2026 à 20:21:21
en parlant d'outils, un petit truc en prépa: https://nspeed.app/ipv6

Inspiré de https://www.davidc.net/sites/default/subnets/subnets.html  (ipv4) que je trouve plus pratique que les autres outils en ligne.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: renaud07 le 20 août 2026 à 20:41:51
Pas mal ton outil, il me rappelle un que j'utilise très souvent mais avec une présentation très rustique : https://www.gestioip.net/cgi-bin/subnet_calculator.cgi
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: Cryptage le 20 août 2026 à 22:24:02
En regardant les citations que tu as faite de mes propos, j'ai réalisé que j'ai laissé beaucoup d'erreurs de frappe (corrigés depuis).
Ce sujet vis à vis des formations, ce n'est pas ce que je peux appeler de bons souvenirs... peut être que les étudiants français, dans 50 ans, auront une meilleure expérience que nous avec l'IPv6.
Oui et non.
En 2023, j'ai encore eu l'introduction des sous-réseaux par les classes.
Car en entreprise, de nos jours, les CIDR /8, /16, et /24 sont très utilisés.
Apprendre les classes est jugé dans les formations comme étant une bonne intro au CIDR, quitte a dire que les /24 ou les /16 sont courants avec le 1er octet à 10 par exemples.

La logique scolaire est là, mais c'est vrai que ça met de la confusion en pratique.
Certains étudiants ne sont pas doués avec les chiffres. On finit de toute façon par leur présenter des outils en ligne pour découper leurs sous-réseaux (mais méthode interdite durant les épreuves quand même).
Les formateurs AFPA que j'ai eu présentent cet outil en ligne: https://cric.grenoble.cnrs.fr/Administrateurs/Outils/CalculMasque/


A présent les masques et autres font partie d'un bloc d'évaluation continue et non plus de l'épreuve du BTS SIO comme c'était le cas avant.
C'est le bloc 3 (cybersécurité) qui fait partie des épreuves nationales.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: basilix le 21 août 2026 à 09:56:55
Le nombre recherché X est assez simple à calculer en binaire.

Par exemple : 1024 = 2^10 => 10 bits. 2^9 = 512. 2^8 = 256.

Pour IPv4, une simple soustraction : 32 bits - X bits.

Pour IPv6, il suffit de partir du préfixe alloué.

Un /56 est égal à 2 x /57, 4 x /58. Si on veut un /62 on soustrait à /56 => 6.
Cela équivaut à 2^6 = 64 sous-réseaux de /62 dans un /56.

Il suffit de reconvertir l'adresse IP en séquence binaire et le tour est joué.

L'ancienne notation IPv4 avec les classes suit le même principe.
Titre: Baromètre IPv6 Arcep 2026
Posté par: levieuxatorange le 26 août 2026 à 10:49:04
Il suffit de reconvertir l'adresse IP en séquence binaire et le tour est joué.
"Il suffit" :)
J'ai terrifié mon gamin en école d'ingé sur un TP réseau en lui faisant de tête les conversions décimal hexa sur un espace ^16 ...
Des années de pratique quand même pour faire cela de tête sans réfléchir ...

LeVieux