Auteur Sujet: Benjamin Bayart - FDN  (Lu 5750 fois)

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vivien

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Benjamin Bayart - FDN
« le: 01 novembre 2007 à 16:23:25 »
Benjamin Bayart est président du petit FAI associatif FDN et ses prises de positions pour un Internet non centralisé qui en ont fait une personnalité de l'Internet Français. FDN - French Data Network, propose de l'internet associatif depuis 1992

Benjamin Bayart devant le stand de FDN :



Son idéologie est résumée dans cette vidéo "Internet libre, ou Minitel 2.0 ?" :
FRNOG 11 - Benjamin Bayart : Minitel 2.0


Si vous êtes accro, une autre vidéo de la Conférence de Benjamin Bayart aux 8e rencontres mondiales du logiciel libre, à Amiens, le 13 juillet 2007 toujours sur "Internet libre, ou Minitel 2.0 ?" est disponible ici.

le support de conférence en PDF est disponible .

Benjamin Bayart nous explique le minitel 2.0 c'est ce que nous fessons tous les jours. Comme au temps du minitel, nous utilisons des services web / mail / ... centralisés sur un serveur.

Pour prendre un exemple :
  • MSN => utilisation d'un serveur centralisé => Minitel 2.0
  • Jabber => pas de serveur centralisé => Internet libre

vivien

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Benjamin Bayart - FDN
« Réponse #1 le: 13 février 2009 à 21:41:15 »
Interview de Benjamin Bayart par Ecrans.fr (publié le vendredi 6 février 2009)

Ecrans.fr : Qui a intérêt à transformer Internet en Minitel ?

Benjamin Bayart : Tout le monde. Car Internet représente une révolution, au même titre que l’imprimerie. Et les gens à qui Internet fait peur sont à peu près les mêmes à qui l’imprimerie faisait peur. Tout d’abord, ce sont ceux qui ont un business en place. Les éditeurs de DVD ayant remplacé les moines copistes. Ensuite les politiques, qui préfèrent que le peuple se taise. Lors du traité européen, c’était le seul lieu de contestation. Et finalement les gens ont voté non. Cela concernait 10% de la population, ça n’a donc pas eu un réel poids électoral, mais c’est un reflet. Internet est une fenêtre d’expression. Or les politiques préfèrent le modèle TF1 qui calme les esprits, comme nos rois n’avaient pas envie qu’on diffuse du Voltaire ou du Montesquieu. Enfin, ce sont les marchands de tuyaux qui ont tout un intérêt à un Internet à péage où les contenus sont contrôlés et bien rémunérés.

La faiblesse du Minitel était qu’il était un réseau centré. L’avantage d’Internet est d’être décentralisé. Et même acentré. C’est ce qui fait tout la différence entre Internet et les autres réseaux. Et ce qui permet à chacun d’innover. Là, on est à cheval entre les deux. Il y a une citation de Linus Tovalds (créateur du noyau Linux) qui disait en 1995 : « les backups c’est pour les fillettes, les vrais hommes mettent leurs données sur un serveur FTP et laissent le reste du monde créer des miroirs. » Or si vous regardez le noyau Linux, son code source est un paquet de données, au même titre qu’un film ou qu’un livre, dont toutes les versions, depuis la première en 1991-92, sont sur le net. Comme elles sont librement copiables, il y en a des centaines de milliers de copies. Chacun de ces sites peut disparaître, on ne perdra jamais son contenu.

De l’autre côté, il y a la bibliothèque numérique : je n’ai pas le droit de faire de miroir pour que les données ne se perdent pas. Tout est gardé sur un gros ordinateur central en espérant que ça ne crame pas. Comme dans la scène de Rollerball où un scientifique gueule contre un ordinateur : « Cette saloperie m’a perdu tout le XIIIe siècle ! » C’est du Minitel. C’est tout le contraire d’Internet, et c’est très dangereux. On sait que la bibliothèque d’Alexandrie, ça finit toujours par brûler.


Ecrans.fr : On le sait, mais on continue ?

Benjamin Bayart : Oui. Et ça n’est pas une question neutre de savoir si, le savoir de l’humanité, on va le garder ou on va le perdre comme des cons. Par exemple, la Nasa n’est pas capable de relire les vidéos des différents alunissages. Ils n’ont plus de magnétoscope capable de lire le modèle de bande magnétique sur lequel ils les ont enregistré. Ils ont des copies, mais plus accès aux bandes originales. Et ça plaide pour deux choses. Un : des formats ouverts et standardisés. Deux : le droit de les copier. Quand je reçois un DVD de chez Amazon et en fait une copie pour mon lecteur portable, j’en fait une copie privée. Ce qu’on essaye de m’empêcher de faire. Mais je fais un boulot de conservateur à ma petite échelle puisque je fais la copie d’un savoir qui se perdra d’autant moins. Et plus on fait de copies, moins il se perdra.
« Il n’y a aucune raison que le mail soit centralisé chez Google ou Hotmail. »


Ecrans.fr : Quel est le danger de cette centralisation ?

Benjamin Bayart : Les deux modèles ont toujours cohabité, et il y a besoin de deux. Le modèle du Minitel, ça sert à faire des sites de rencontre, ou ses courses sur le net. Là où il faut un point de centralisation. Mais ce qui faisait la spécificité d’Internet est en train de se faire vampiriser par le Minitel. Autant il y a de très bonnes raisons pour que le site de la SNCF soit centralisé, autant il n’y a aucune raison que le mail soit centralisé chez Google ou Hotmail. Un serveur mail, c’est un ordinateur qui est moins puissant qu’un téléphone portable d’aujourd’hui. Ca coûte moins cher qu’un iPhone.

Les blogs hébergés gratuitement, ça n’est pas gratuit. C’est intéressé. Ces gens ont l’intention de vendre de la pub mais ils n’ont pas de contenus. Pour capter le temps de cerveau disponible, eux n’ont pas les séries télé, ils ont les blogs des particuliers. Et c’est pervers, car héberger son blog chez soi ça ne coûterait pas cher.


Ecrans.fr : Tout le monde ne peut pas avoir un serveur chez lui ?

Benjamin Bayart : C’est une fausse approche. A l’heure actuelle, ce qui empêche de le faire, ce sont des problèmes très mineurs, mais que personne ne souhaite régler.


Ecrans.fr : Quel genre de problèmes ?

Benjamin Bayart : Le A de ADSL, qui veut dire asymétrique et fait qu’on ne peut pas émettre. Quand je le disais il y a 4 ou 5 ans à mes collègues — j’ai eu l’occasion de travailler chez quasiment tous les principaux fournisseurs d’accès Internet de France —, ils me répondaient : « peu importe les gens n’ont pas envie d’émettre ». Mais ce n’est pas vrai. Ma mère veut pouvoir envoyer des photos par mail sans que ça mette une demi-heure.
« Si on avait toujours vendu des voitures sans place à l’arrière, on n’aurait jamais considéré que c’est un mode de transport familial. »


Ecrans.fr : Pourquoi ce choix de l’ADSL ?

Benjamin Bayart : Avoir décidé que l’ADSL soit moins cher que la SDSL, et que la SDSL ne soit disponible que dans des offres professionnelles, c’est du pur choix marketing. Techniquement, un modem SDSL coûte le même prix à fabriquer qu’un modem ADSL. Mais on a simplement considéré que madame Michu avait envie de consommer, et pas de produire. Ce qui change forcement notre approche du réseau. Si on avait toujours vendu des voitures sans place à l’arrière, on n’aurait jamais considéré que c’est un mode de transport familial. Et forcément le consommateur s’adapte. Il y a une chose fausse en économie qui est de dire que c’est le client qui fait le marché, alors que c’est le marché qui fait le client. Vous n’achetez pas ce que vous voulez, mais ce qu’on vous propose.


Ecrans.fr : A lier au manque de concurrence ?

Benjamin Bayart : On parle partout de concurrence non faussée, mais on ne la pratique pas. Par exemple, en téléphonie portable. Il y a un moment où ça ne peut plus être une coïncidence qu’on ait les tarifs les plus élevés d’Europe alors que c’est chez nous qu’il y a le moins d’opérateurs. Je veux bien qu’on dise que c’est parce qu’on a investi et qu’on a le plus beau réseau du monde, sauf que le téléphone mobile marche aussi mal à Paris qu’à Londres. Mais, à Londres, il est moitié moins cher. Et il marche aussi mal à Londres qu’à Tokyo, sauf qu’à Tokyo il est deux fois moins cher qu’à Londres. J’aimerais bien comprendre pourquoi !


Ecrans.fr : Pour Internet, par contre, on n’est pas mal lotis ?

Benjamin Bayart : C’est un des points sur lequel le marché français est encore extrêmement compétitif. Et c’est lié à un seul facteur. Au fait que Xavier Niel [patron de Free, ndlr] est un emmerdeur. Lui sait ce que ça coûte à fabriquer. Il a les bonnes méthodes permettant de fabriquer ça vite et pas cher. Et il force tout le monde à lui courir derrière avec des méthodes que le monde de l’industrie considère comme des méthodes de voyou.


Ecrans.fr : Lesquelles ?

Benjamin Bayart : En informatique, quand on a besoin de faire quelque chose, il y a deux solutions. Soit on a énormément d’argent, soit on a énormément de compétences. Pour son système d’information qui gère les abonnements, Niel a fait en sorte que ça ne lui coûte pas cher. Il a embauché quelques ingénieurs, qui sont a priori suffisamment payés pour ne pas avoir envie de partir, et à qui on a passé tous les caprices. Par exemple de dire non à « l’offre marketing avec trois mois gratuits sauf qu’après Noël, ça sera deux et demi… ». Ca veut dire qu’ils ont un système relativement rudimentaire qui ne coûte rien par rapport à celui d’un opérateur classique. Et cela représente une économie colossale. Il faut savoir que les grands groupes (Numéricable, Neuf, Vivendi, Orange, etc.) ont des systèmes d’information qui, pour les plus petits d’entre eux, se comptent en centaines de millions d’euros, et pour les plus gros, en milliards.


Ecrans.fr : Dans votre conférence, vous revenez sur une affaire peu médiatisée entre Free et Dailymotion en 2006…

Benjamin Bayart : A l’époque, Free avait une politique très ouverte de peering. Le peering étant un échange de trafic entre deux réseaux par un point de connexion commun. Ce type d’accord est généralement gratuit. Free échangeait donc avec n’importe qui se présentait « dans la même salle » qu’eux et avait du trafic à échanger. Vers 2003-4, ils ont commencé à arrêter, officiellement pour des raisons techniques. C’est-à-dire qu’ils en avaient marre de gérer du peering avec des tout petits réseaux. Car mine de rien quand il y a le point de peering qui tombe en panne, il y a une alarme qui se déclenche et quelqu’un qui doit se lever la nuit pour regarder si c’est grave ou pas. Et puis, ils en sont venus à faire comme les autres grands opérateurs. A dire : pour échanger du trafic, il faut que tu fasses au moins telle taille.
« Il ne transporte pas à l’œil, il est payé par ses abonnés pour ça ! »


Ecrans.fr : Pourtant Dailymotion rentrait dans les critères ?

Benjamin Bayart : Oui. Mais Free n’avait pas envie d’assurer cette qualité de service pour que ses abonnés puissent aller voir ce site-là en particulier qui pompe beaucoup de débit. Et donc, il a décidé d’arrêter de transporter le trafic de Dailymotion s’ils ne payaient pas. C’est une forme de prise en otage qui jusqu’ici ne se faisait pas. Free l’a fait. Et ça c’est vu, car une partie de la négociation a été résolue au grand jour. Sur une mailing-list, le directeur technique de Free [Rani Assaf, ndlr] est venu expliquer pourquoi ils en avaient marre de transporter à l’œil une masse de données. Ce qui est un point de vue complètement faux. Il ne transporte pas à l’œil, il est payé par ses abonnés pour ça !


Ecrans.fr : Tout le monde cherche à être payé par les deux bouts ?

Benjamin Bayart : Oui, et c’est lié à une erreur relativement grossière dans le modèle économique. Ca coûte combien un mégabit ? Certaines publicités proposent « 30 mégas à 20 euros », ça fait 1,50 euros. Numéricable a fait une offre de 100 mégas à 20 euros, ça fait vingt centimes. Donc un mégabit, ça vaut entre 20 centimes et 1,50 euros selon les marques. De mon côté, je sais que le mégabit, même acheté en très gros volumes, ça se vend environ 4-5 euros. Je ne vois pas comment on peut acheter quelque chose 4 ou 5 euros, et le vendre 20 centimes.

En fait, on a considéré que les gens n’utiliseraient pas leur connexion Internet au maximum tout le temps. Ca relève du bon sens. Et donc ils ont ponctionné mais en faisant une hypothèse de consommation qui est à peu près ce qu’on constatait en 2001-2002.

Or le prix de vente n’augmente pas car le marché est serré. Donc les opérateurs continuent à vendre au même prix, le coût de fabrication augmente, et les marges qui étaient dangereusement faibles risquent de devenir négatives. Ils doivent donc chercher des ressources ailleurs. Par exemple en vendant un anti-virus à cinq euros par mois, alors qu’il vaut 40 euros dans le commerce. Ou en allant taper dans les revenus des gens qui vivent sur la publicité.


Ecrans.fr : Résultat ?

Benjamin Bayart : Dailymotion paye ! En fait, ils avaient deux solutions. Soit ils acceptaient, soit ils payaient la bande passante chez Free, ce qui aurait couté beaucoup plus que ce que leur demandait Free. Et quand France Télécom a menacé de faire pareil, Dailymotion a payé. Et quand Neuf a dit moi aussi, idem. C’est une question de rapport de force.


Ecrans.fr : YouTube paye également ?

Si Free essayait de le faire avec Google, Google exploserait de rire, et dirait « c’est très simple, tu vas disparaître du réseau ». Ils ne se le permettent qu’avec ceux qui sont suffisamment gros pour consommer de la bande passante, mais suffisamment petits pour qu’on puisse marcher dessus.
« On va demander aux opérateurs de mettre en place une infrastructure qui permet de filtrer. »


Ecrans.fr : Peut-on encore parler de neutralité du net ?

Benjamin Bayart : Pour le moment la neutralité du net existe encore un peu. Mais c’est un pied dans la porte. Et il y a des menaces beaucoup plus graves sur la neutralité. Comme Hadopi, le Paquet Télécom ou le filtrage de la pédo-pornographie. Premier point, et c’est une première, le législateur va imposer aux opérateurs télécom quelque chose qu’ils ne font pas naturellement. C’est tout à fait différent par exemple de la conservation des logs de connexion qui sont des données que les opérateurs ont de toute façon, pour des raisons techniques — sauf que d’habitude ils jettent—, et que la loi demandent de conserver au moins un an. Alors que là on va demander aux opérateurs de mettre en place une infrastructure qui permet de filtrer.


Ecrans.fr : Pourtant aujourd’hui aucun système de filtrage n’est efficace ?

Benjamin Bayart : Non, aucun système de filtrage ne marche. Le rapport de Christophe Espern pour la Quadrature du Net est très clair là-dessus. De plus, quelle que soit l’infrastructure choisie, on va compter sur les opérateurs réseau pour la mettre en avant. Or il y a une directive européenne qui dit que si on force quelqu’un, par la loi, à faire quelque chose, on se doit de le payer. C’est-à-dire que si l’Etat vient créer une distorsion du marché pour ses besoins propres, il doit le financer. Dans la discussion, il est certain que les opérateurs vont être d’accord à condition que, soit l’Etat finance cette infrastructure, soit qu’il leur laisse l’amortir. C’est-à-dire le droit de s’en servir pour ce qui veulent. Au début, ça sera pour une raison « neutre » : faire des statistiques, empêcher le téléchargement illégal, etc. Ensuite, vous vous pouvez être sûrs que sur le réseau de Vivendi on filtrera les vidéos de Bouygues.

Car après le rapprochement fixe-mobile-Internet, qui est quasiment fini, le rapprochement d’après, c’est entre l’industrie du loisir et l’industrie du réseau. Orange qui s’intéresse aux contenus. Chez Vivendi, ça se fait déjà depuis plus longtemps.


Ecrans.fr : Et personne pour s’y opposer ?

Benjamin Bayart : Si ça intéresse les gens, ça fera scandale, il y aura marche arrière. Mais qui va le dire ? Qui va expliquer à Madame Michu que si son Internet ne marche pas bien, c’est parce que son opérateur a choisi que ça ne marche pas bien ?
« On va avoir une multiplication de réseaux clandestins où on ne pourra rien repérer. »


Ecrans.fr : Comment le filtrage est-il mis en place ?

Benjamin Bayart : Il y a quelques années, un peu dans la foulée du 11 septembre, on a dit qu’on pouvait mettre en place, dans les cas d’affaires terroristes, des écoutes téléphoniques sans passer par un juge mais en passant directement par une autorité spéciale. Une personne habilitée au ministère de l’Intérieur. On a donc des lois d’exception pour traiter le terrorisme. Et c’est exactement ce qu’on est en train de transposer dans la loi Hadopi.

En septembre, des policiers et gendarmes me disaient eux-mêmes : si on fait passer le filtrage sur la pédo-pornographie, vous pouvez être certains que huit jours après, c’est transposé à la musique. On part de « terrorisme » pour dire ensuite « téléchargement illégal » pour filtrer The Pirate Bay et attraper les gamins avec. C’est-à-dire qu’on va traiter les gamins sur les mêmes textes de loi que les terroristes. Or on sait que toutes ces méthodes de filtrage sont contournables. Donc on va avoir une multiplication de réseaux clandestins où on ne pourra rien repérer, avec 99% de gamins qui téléchargent et 1% de terroristes et de pédophiles.


Ecrans.fr : Pour quels résultats ?

Benjamin Bayart : Il y a des exemples testés sur des réseaux qui structurellement ne ressemblent absolument pas au nôtre, par exemple en Norvège. Mais quel est le but recherché ? Les policiers et gendarmes français qui travaillent sur ces dossiers m’ont expliqué qu’ils ne cherchent pas à attraper les pédophiles, ils ont déjà des techniques pour ça, mais à filtrer à la base pour empêcher que les gens tombent dessus, s’y habituent, et finissent pédophiles. Or si je leur demande si le nombre de cas de pédophilie a statistiquement baissé en Norvège, ils ne savent pas me répondre.

Pour résumer, les opérateurs voudront s’en servir pour faire autre chose, l’Etat voudra s’en servir pour faire autre chose, et pour le moment, personne n’a fourni un chiffre prouvant que cela soit efficace. C’est une situation relativement inquiétante.

vivien

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Benjamin Bayart - FDN
« Réponse #2 le: 15 avril 2009 à 08:38:50 »
La réaction de Benjamin Bayart a un article d'Libération et ecran.fr

Le réseau où transite l’essentiel du trafic mondial de l’information est miné par des failles de sécurité abyssales, propices aux pirates. Des experts appellent à une reconstruction radicale d’internet.
[...]
« La migration, pour des raisons d’économie, de toutes sortes d’activités stratégiques – de la distribution d’eau aux transports – vers Internet et le tout-IP pourrait déboucher sur un cyberterrorisme à grande échelle,explique-t-il. Plutôt que de figer le réseau dans sa fonction primaire de convoyage de bits, l’avenir est à un Internet modulaire, capable de s’adapter à nos besoins spécifiques. » Ce genre de réflexions, qui revient à mettre en cause le principe fondateur de la « neutralité des réseaux » (pas de discrimination selon les applications et les acteurs), agite également les architectes du réseau Outre-Atlantique. Leur idée, en rupture avec la culture libertaire originelle, est de sécuriser ces réseaux en filtrant leur accès à l’entrée.

Ainsi a été lancé, à Stanford en Californie, le projet « Clean State » (table rase) d’un futur Internet qui doit permettre de faire émerger de nouvelles applications empêchées aujourd’hui par un réseau en voie « d’ossification » , manière polie de signifier que plus rien de novateur ne peut sortir de l’empilement de protocoles et de bricolages accumulés depuis trente ans. Impossible, rétorquent ses détracteurs, de réussir cette table rase alors que la quasi-totalité des quelque 30 000 sous-réseaux converge vers l’IP  : toute remise en cause risque de faire s’écrouler l’ensemble de l’édifice. Les 28 000 fournisseurs de services ne vont pas remplacer d’un coup les 500 000 routeurs d’Internet. Si une transition voit le jour, elle pourrait venir d’une « virtualisation », une solution qui consiste à faire tourner en même temps plusieurs réseaux, le vieux et des nouveaux, afin de permettre une migration progressive. Ce scénario, s’il est adopté, ne verra pas le jour avant 2020. D’ici là, il faudra continuer à bricoler.

Paru dans Libération le 14 Avril 2009


La réaction de Benjamin Bayart :


Il faut faire très attention quand on manipule certains concepts sur le Net.

Un des points, vrais, concerne la faible sécurité du réseau. Si je voulais faire un parallèle osé mais simple: la rue, ce n'est pas sécurisé. On peut, a priori, structurellement, s'y faire agresser, kidnapé, violer, assassiner. Et c'est le terrain de jeu de tous les terrorismes. Bin quoi, les terroristes, ils n'ont pas d'ailes, alors ils marchent dans la rue. Et le parallèle n'est pas si crétin que ca.

Un autre point, vrai, concerne le besoin de sécurité. Là aussi, le parallèle marche bien, les transports de fonds ne se font pas dans un sac Auchan avec des billets en tas qui débordent. Sur le net, quand on a besoin de faire transiter des données de manière fiable, on a recours à des sécurités spécifiques (signatures électroniques, chiffrement, délégation de confiance, etc).

Un point faux, par contre, mais souvent répendu, est de faire croire qu'un nouveau réseau, centré sur la sécurité, serait nécessaire. On a essayé ce type de réseau. En France beaucoup plus qu'aux États-Unis. C'est le concept fondamental de Transpac, du Minitel, et des réseaux de ce type là. C'est très solide. Mais ca se sclérose en très peu de temps.

Internet, à l'opposé, à une croissance explosive grâce à son architecture ouverte et légère, sur laquelle on ajoute un peu de sécurité quand c'est nécessaire.

Il y a deux facons de traiter les problèmes de sécurité: éduquer les gens pour qu'ils ne puissent plus se faire avoir par des escrocs, ou mettre des policiers à tous les coins de rue pour surveiller les enfants que nous sommes. À titre personnel, j'ai une préférence marquée pour la première méthode.

Transposée en informatique, elle donne des choses simples: expliquer aux gens comment utiliser les outils de sécurité élémentaire (tout le monde devrait savoir signer électroniquement un mail, évitant ainsi 99% des cas de phishing), diffuser très largement les outils en question, etc.

Bien entendu, le choix habituel reste: on peut assurer la sécurité nécessaire avec l'emploi des bons outils, aux bons endroits (i.e. en périphérie du réseau, sur les postes clients et les serveurs). Ou bien on peut créer un réseau fermé. Je soupconne qu'en aillant fouiller les entrailles du projet de Stanford, on retrouvera en faire une surcouche d'IP, neutre, acentrée, permettant à chacun d'y participer. Comme les mécanismes de signature/chiffrement des contenus actuels.

Mais alors... pourquoi des grands noms de l'informatique proposent le contraire ? Ces gens-là ne sont pas incompétents (ca se saurait). Simplement, ils viennent défendre une source de revenu. Microsoft et Cisco ont tout intérêt à la sortie d'un réseau fermé, parce qu'ils sont les deux acteurs qu'on ne peut pas évincer. Si un seul système d'exploitation devait être autorisé sur ce réseau fermé, ce serait celui de Microsoft, sans quoi le projet est mort né. Si un seul équipementier était présent, ce serait Cisco, sans quoi le projet est mort né.

Si le sujet est tellement à la mode, c'est qu'il y a des enjeux qui grandissent. Il y a de plus en plus de business autour du réseau, et comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, d'énormes intérêts à pouvoir centraliser et vérouiller tout ca. Bien entendu, ce n'est pas pour empêcher ce brave M. Michu (pour changer, aujourd'hui, c'est Monsieur) de s'exprimer librement ou de pouvoir un jour créer un concurrent à telle ou telle entreprise, c'est tout au contraire pour s'assurer de sa sécurité.

Big Brother, ou le Meilleur des Mondes, ce n'est pas pour faire du mal aux gens, comprenez-vous. C'est pour les protéger des dangers immenses qui les guettent.

Combien de gens sont mort cette année du pédo-terrorisme débridé sur Internet ?

Combien de gens sont mort cette année de la débacle financière (ruinés affamés de tous les pays pauvres, comptez-vous) ?

Internet tue moins que la voiture (infiniement moins) et ruine moins de gens que la haute finance. Qu'on commence par interdire la voiture et la finance, avant de venir tuer le réseau.

Fondamentalement, cette approche sert à faire peur aux gens. Et faire peur aux gens, ca sert aux puissants à faire passer des délires sécuritaires. Et c'est très à la mode en cette saison. Dites à M. Michu que sur le nouvel Internet son enfant ne rencontrera jamais de pédophile/terroriste/néo-nazi/téléchargeur-fou (rayer les mentions inutiles), et il sera pour, soucieux qu'il est de protéger ses enfants. C'est le jeux de Cisco ou de Microsoft sur ce type de projet.

Je suis très surpris de voir cette position relayée et appuyée (avec peu d'arguments, pour ce que je peux en lire) sur ecrans.fr.

leon_m

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Re : Benjamin Bayart - FDN
« Réponse #3 le: 15 avril 2009 à 23:14:15 »
Sujet intéressant, à la base, mais qui part d'une grande confusion: le rapprochement entre IP et Internet.
Internet est fait à base d'IP. Mais il y a énormément d'IP en dehors de l'Internet.

Aujourd'hui, c'est une évidence de dire que la majorité des communications à distance convergent vers l'IP. C'est vrai dans le domaine de la téléphonie, la visioconférence, des médias, de la finance, de l'industrie... Pourtant, la grande majorité des flux que je cite ici ne passent pas sur Internet, mais sur des réseaux privés. Ces réseaux IP privés peuvent très bien être interconnectés entre eux, toujours sans passer par Internet. C'est toujours le cas dans l'industrie, la finance, la voix sur IP... Donc si ces flux hautement sensibles ne transitent pas sur Internet, j'ai du mal à voir comment ils peuvent se faire pirater. Et pour les flux les plus sensibles (finances, ordres de production, commande d'installations), les restrictions d'accès sont vraiment drastiques en général. Même si ces réseaux passent par des équipements (routeurs) qui transportent également "de l'internet", les solutions de ségrégation logiques des flux (VPN, VLAN, MPLS) ont prouvé leur efficacité.

Peu de gens savent estimer, je pense, la part des réseaux IP privés par rapport à Internet; mais cette part est énorme. Je travaille dans une boite dont le réseau national est plus gros et plus capilaire celui de certains FAI/opérateurs. Ce réseau étant lui même interconnecté à de nombreux partenaires.
 
Par contre, il ne faut pas nier le fait de l'augmentation exponentielle de la taille des réseaux privés, et donc de la sensibilité de ceux-ci face à une défaillance ou à un acte de malveillance.

Leon.

vivien

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Benjamin Bayart - FDN
« Réponse #4 le: 16 avril 2009 à 22:38:13 »
Autant le dire tout de suite je suis proche de l'avis de Benjamin.

Léon, c'est vrai de plus en plus de (grosses) sociétés ont leur réseau privé. En cas d'incident majeur sur Internet, l'intranet, les mails interne, la VoIP, Microsoft communicator (un MSN interne aux entreprise), les partages de fichiers continueront de fonctionner.

Seulement une entreprise a besoin de contacts avec l'extérieur. Comment continuer sans mail vers l'extérieur ?

Un DDOS sur l'entreprise (surtout si elle n'a pas une connexion 10 Gb/s vers Internet), un spoofing DNS de son nom de domaine,... peuvent couper l'entreprise de l'extérieur à cause de PC sur Internet.

J'ai bine aimé ce commentaire :

Au risque de paraître désagréable à certains, le problème n'est pas du côté du réseau et des protocoles utilisées.

Le problème a deux têtes : la première, c'est le fait que 95% des ordis clients utilisent un système d'exploitation troué, qui laisse la porte ouverte aux virus, trojans et facilite la tâche aux constructeurs de botnets.

La deuxième, c'est que même lorsque les protocoles évoluent, ils ne sont pas déployés rapidement. Dans le cas d'IPv6, c'est un euphémisme. Alors imaginer qu'on puisse se passer d'Internet lui-même, c'est une plaisanterie.

Construire des VPN à l'intérieur n'est pas forcement l'approche la plus pertinente. Même si on leur donne des noms pompeux et en anglais s'il vous plait.

Vous voulez faire quelque chose pour améliorer Internet ? Commencez par migrer vers autre chose que Windows. Au passage, vous gagnerez automatiquement en sécurité.

pilou055

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Re : Benjamin Bayart - FDN
« Réponse #5 le: 18 avril 2009 à 22:30:11 »
Bonjour

Les solutions VPN, VLAN, MPLS ont certes prouvé leur efficacité mais tous ces réseaux sont interconnectés et certains points d'interconnexion restent des maillons faibles, à commencer par le PC qui accède à internet et aux réseaux de l'entreprise. Le risque est même plus souvent lié à l'humain.
En se sens, la réponse de Benjamin Bayart me parait pragmatique, éduquer et pousser à utiliser les moyens les mieux adaptés à chaque cas (cryptage, certificats, ...) au gré de chaque besoin (coté usage).

Confusion IP/Internet :
Je la voie plus sur l'amalgame répandu dans le grand public entre tous ces réseaux et internet.
La connexion à un FAI ne connecte pas à internet mais au réseau du FAI.
Seul le trafic qui doit aller vers internet ira sur internet. Le reste (télévision, VOIP, ...) ira sur des équipements du FAI puis vers les réseaux adéquats.

Pour les entreprises disposant réellement de grosses infrastructures nationales, il s'agit des entreprises exploitant les voix de communications (ferrées, fluviales, routières) et le réseau électrique qui abritent la plus par des câbles. Une bonne partie de ces câbles restent exploités sous forme de concessions par les opérateurs.

Les propos de Benjamin Bayart restent équilibrés sur toute la ligne (à mon gout) sauf peut être sur la volonté de transformer nécessairement toute machine en serveur ou pompe à upload dans la vidéo du début. Mais l'esprit de son discours y compris sur l'upload me parait juste.

@+
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Re : Benjamin Bayart - FDN
« Réponse #6 le: 26 avril 2009 à 09:05:55 »
Léon, c'est vrai de plus en plus de (grosses) sociétés ont leur réseau privé. En cas d'incident majeur sur Internet, l'intranet, les mails interne, la VoIP, Microsoft communicator (un MSN interne aux entreprise), les partages de fichiers continueront de fonctionner.

Seulement une entreprise a besoin de contacts avec l'extérieur. Comment continuer sans mail vers l'extérieur ?

Un DDOS sur l'entreprise (surtout si elle n'a pas une connexion 10 Gb/s vers Internet), un spoofing DNS de son nom de domaine,... peuvent couper l'entreprise de l'extérieur à cause de PC sur Internet.
Vivien, Le Monsieur de Libé parle des flux sensibles (gestion de réseaux, VoIP, etc...). Les e-mails et autres accès à Internet ne constituent en général pas des flux sensibles. Les flux les plus sensibles pour des entreprises, c'est en général les flux de finance, de production, de commerce, de voire de VoIP. Que des flux qui n'ont aucun lien avec Internet (dans le cas de réseaux bien conçus), et sont donc insensibles aux DDOS que tu mentionnes. Ces flux doivent être disponibles tout le temps, et être sécurisés. Et les réseaux mis en place répondent à ces besoins.

Citer
Les solutions VPN, VLAN, MPLS ont certes prouvé leur efficacité mais tous ces réseaux sont interconnectés et certains points d'interconnexion restent des maillons faibles, à commencer par le PC qui accède à internet et aux réseaux de l'entreprise. Le risque est même plus souvent lié à l'humain.
L'interconnexion de réseaux sensibles ne se fait pas n'importe comment. Encore une fois, les vrais réseaux sensibles ne sont pas accessibles depuis Internet, même pas par des VPN.

Leon.

pilou055

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Re : Benjamin Bayart - FDN
« Réponse #7 le: 30 avril 2009 à 22:48:17 »
Dans la lignée de la réaction de Benjamin Bayart, FDN et Libre Acces se joignent au défilé de la SNJ, Syndicat National des Journalistes, du 1er mai pour manifester contre le projet de loi HADOPI.

Article Soluce ADSL

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Re : Benjamin Bayart - FDN
« Réponse #8 le: 06 mai 2009 à 18:10:50 »
Bonjour

J'étais dans le défilé anti HADOPI, Benjamin Bayart aussi.


Nous étions un peu noyé dans la masse des revendications mais cette initiative a permis de mobiliser un peu :

Le départ


L'association Musiques Tangentes a permis à ce défilé de se faire "entendre"




et d'autres photos sur les commentaires de l'article Soluce ADSL

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vivien

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Benjamin Bayart - FDN
« Réponse #9 le: 11 mai 2010 à 22:47:12 »
Ce qu’Ubuntu peut pour sauver l’Internet

Qu’est-ce que la neutralité de l’Internet ?

Video de la conférence de Benjamin Bayart du 28 novembre 2009 intitulée « Ce qu’Ubuntu peut faire pour sauver Internet », à l’Ubuntu Party organisée par Ubuntu-fr à Paris.

Regarder la vidéo : http://mediakit.laquadrature.net/view.php?id=497
Télécharger la vidéo : http://mediakit.laquadrature.net/get.php?id=497

La neutralité des réseaux (Net Neutrality en anglais) est une notion ancienne, plus vielle encore qu’Internet. Cette expression a été formalisée en 2006 par Tim Wu, lorsque les débats sur la question battaient leur plein aux États-Unis. Il s’agit d’un ensemble de conditions concernant la transmission des données sur le réseau que l’on peut résumer ainsi :

  • ne pas privilégier un type de données au détriment d’un autre ;
  • ne pas privilégier des adresses d’émission ou de destination au détriment d’autres ;
  • ne pas altérer les données transférées.

En quoi la neutralité est-elle si essentielle à l’internet ?

L’Internet tel que nous le connaissons aujourd’hui l’est justement parce que tout internaute peut contribuer librement à sa construction. Le réseau se fait par chacun de ses participants, que vous postiez un billet sur votre blog, développiez une application web ou soyez un fournisseur d’accès. Ainsi, le fait que vous puissiez recevoir et distribuer des informations ne dépend donc pas de vos capacités financières ou votre statut social. Au-delà de l’individu, les petites entreprises peuvent avoir une visibilité augmentée et proposer leurs nouveaux services aux côté des grandes.
Il est alors impensable que le vivier pour l’innovation qu’est Internet continue à exister, si à l’avenir certaines données provenant de certaines adresses sur le réseau se voient accordées la priorité de transmission. La neutralité constitue donc un pré-requis indispensable à l’innovation et la liberté d’expression.

En quoi cela nous concerne ?

Seriez-vous d’accord pour que demain votre accès à un site de vidéo quelconque se retrouve au mieux fortement ralenti, au pire totalement inaccessible parce que votre fournisseur préfère que vous alliez sur un autre site de vidéos, avec lequel il a un partenariat ? De même, accepteriez-vous que vous courriers électroniques mettent trois fois plus de temps à arriver si vous avez des amis qui ont l’outrecuidance de ne pas utiliser le même fournisseur que le vôtre ? Enfin, admettriez-vous que votre fournisseur d’accès scrute et analyse tout le contenu que vous envoyez ou recevez (courriel, messages sur des forums, communications téléphoniques, …)?

Cette ombre liberticide plane réellement sur nos têtes, avec les mesures telles que le Paquet Télécom en Europe ou la loi  « Création et Internet » dite « HADOPI » en France, ainsi que ses homologues dans le monde. Très récemment, une nouvelle entorse à la neutralité du réseau a été faite par la compagnie de téléphonie Vodafone, qui propose en Espagne une offre payante d’accès privilégié à Internet sur mobile lors de moments de fort trafic. Tout comme sur l’autoroute, il s’agirait de payer les péages… Il y a donc une certaine tendance à créer un Internet centralisé, un genre de retour à un minitel en plus moderne, qui mettrait fin à l’existence  du réseau en tant que bien commun, avec des incidences politiques, économiques et culturelles énormes.


Source : http://ubuntu-party.org/neutralite-du-net le 25 nov 2009

vivien

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Benjamin Bayart - FDN
« Réponse #10 le: 11 mai 2010 à 22:50:16 »
COLLOQUE NEUTRALITE DES RESEAUX Mars 2010 : Interview de Benjamin Bayart, président French Data Network

Interview de Benjamin Bayart, président French Data Network



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